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	<title>Le Panoptique &#187; Montreal</title>
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	<description>Perspectives sur les enjeux contemporains &#124; More Perspective on Current International Issues</description>
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		<title>The Empire Within, ou le Montréal des mouvances sociales et politiques des années 1960</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Aug 2010 15:04:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a longtemps qu’on attendait un tel livre. De fait, l’ouvrage de Sean Mills, The Empire Within[1], propose un panorama inédit des mouvances sociales et politiques qui animèrent le Montréal des années 1960 jusqu’au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a longtemps qu’on attendait un tel livre. De fait, l’ouvrage de Sean Mills, <em>The Empire Within<a href="#_edn1"><strong>[1]</strong></a></em>, propose un panorama inédit des mouvances sociales et politiques qui animèrent le Montréal des années 1960 jusqu’au début des 1970. Cette démarche permet à la fois de mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre durant ces années mouvementées, et aussi de pluraliser le portrait d’une Révolution tranquille trop souvent comprise uniquement au travers de l’action de l’État, voire d’une question nationale appréhendée seulement en soi et pour soi.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/seeminglee/3969048682/" target="new"><img title=" Continental Divide lr by James Cospito " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/aout2010/empire1.jpg" alt=" Continental Divide lr by James Cospito " /></a><br />
See-ming Lee, <em> Continental Divide lr<br />
by James Cospito </em>, s.d.<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Alors qu’on fête cette année les 50 ans de l’élection du gouvernement de Jean Lesage et des débuts de la Révolution tranquille, il est rafraîchissant de voir se pluraliser la lecture de cette période déterminante de l’évolution du Québec contemporain. Longtemps déterminée par la dichotomie rupture/continuité instaurée par les tenants de l’histoire sociale et ceux de l’histoire politique, l’étude de la Révolution tranquille consista, pour la génération de chercheurs issus du baby-boom, à y voir ou non le passage à la modernité de la société québécoise<a href="#_edn2">[2]</a>. Alors que les tenants de l’histoire politique voyaient dans les réformes du gouvernement Lesage un moment de rupture avec l’ordre « traditionnel » ayant marqué l’époque duplessiste, les tenants de l’histoire sociale replaçaient plutôt des dynamiques modernisatrices de la société québécoise dans un continuum reculant dans certains cas jusqu’au XIXe siècle<a href="#_edn3">[3]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Il fallut attendre les années 1990 pour voir l’émergence de perspectives analytiques nouvelles, les travaux de Gilles Bourque, Jules Duchastel et Jacques Beauchemin restituant d’abord la complexité du discours politique duplessiste dans le cadre d’un État libéral conservateur, expliquant du même souffle la teneur de la « rupture » de la Révolution tranquille comme relevant d’un passage à un État de type providentialiste<a href="#_edn4">[4]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Délaissant de leur côté une approche de cette période centrée uniquement sur la scène politique et la forme de l’État, les travaux de É.-Martin Meunier et Jean-Philippe Warren soulevèrent plutôt le rôle du personnalisme chrétien dans la formation de la pensée de nombreux acteurs de la Révolution tranquille<a href="#_edn5">[5]</a>. Le livre de Meunier et Warren instaura ainsi une vague d’études qui cherchèrent à repositionner l’héritage de l’Église dans l’évolution du Québec contemporain, Michael Gauvreau allant jusqu’à voir, de façon outrancière dirons certains, des racines catholiques à la Révolution tranquille<a href="#_edn6">[6]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Poursuivant ses travaux inspirés de la « nouvelle sensibilité historique » mettant l’accent sur les idées et la culture politique dans l’évolution de la société québécoise, Jean-Philippe Warren étudia également, au cours des dernières années, les mouvements étudiants ayant marqué l’année 1968, ainsi que les mouvements marxistes-léninistes des années 1970, des territoires encore pratiquement vierges au sein de l’historiographie<a href="#_edn7">[7]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Décolonisation et activisme politique dans le Montréal des années 1960</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voilà donc le contexte historiographique dans lequel s’inscrit l’ouvrage de Sean Mills, qui découle de sa thèse de doctorat et propose une étude fascinante des mouvements sociaux ayant agité la scène politique des années 1960. L’intérêt de ce livre est multiple, proposant un panorama des idéologies et mouvements de gauche s’étant déployés auprès des intellectuels et militants de l’époque, voire même au sein d’importants acteurs sociaux tels les syndicats.</p>
<p style="text-align: justify;">Dépassant ainsi une analyse du champ politique ne tenant compte que de l’action des gouvernements et de l’État, <em>The Empire Within</em> propose une analyse de la situation minorisée des Canadiens-français de même que des influences multiples ayant conditionné l’appréhension de la question nationale au sein de la gauche. Alors que l’émergence d’un nationalisme québécois à cette époque n’est souvent considéré qu’en regard de la dynamique particulière du Québec, l’étude de l’influence des idées de décolonisation, de socialisme et même de révolution permet plutôt à Mills de restituer un échiquier idéologique complexe aux ramifications internationales.</p>
<p style="text-align: justify;">Montréal s’avère ainsi un véritable laboratoire idéologique croisant des influences et des militants et intellectuels d’origines diverses, dont les luttes s’influencent réciproquement. Le parti pris méthodologique de l&#8217;auteur de concentrer son étude sur Montréal en tant que microcosme lui aura sans doute permis de sortir de la dynamique nationale classique, non pas tant pour évacuer cette question que pour l’articuler à la diversité idéologique, sociale et politique (voire même raciale) de la métropole<a href="#_edn8">[8]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir exposé la situation d’infériorité criante des Canadiens-français, l’auteur retrace les fondements de l’analyse qui se développe alors dans certains cercles de gauche, comme par exemple la revue <em>Parti Pris</em>, et qui marie la situation de colonisation des francophones avec le socialisme révolutionnaire, la question nationale étant pour plusieurs intriquée à la question sociale dans une critique de l’impérialisme anglo-saxon. Cette critique mena d’ailleurs certains groupes, notamment le Front de libération du Québec (FLQ), à verser carrément dans l’action violente et révolutionnaire, alors que certains idéologues (dont Pierre Vallières et Charles Gagnon) se rangeaient du côté du marxisme comme seule voie d’émancipation des classes ouvrières québécoises.</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/8078381@N03/2389552314/" target="new"><img title="* Red Paint Dripping On Cement *" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/aout2010/empire2.jpg" alt="* Red Paint Dripping On Cement *" /></a><br />
Parée, <em>* Red Paint Dripping On Cement *</em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Le langage de la décolonisation et l’analyse de l’oppression n’allaient d’ailleurs pas qu’éveiller des militants canadiens-français. Bientôt, plusieurs immigrants Noirs de la métropole allaient se rassembler pour dénoncer la discrimination dont ils faisaient l’objet, une de leurs actions menant d’ailleurs au saccage de plus de 2 M$ de matériel informatique à l’Université Sir George Williams en 1969. Quelques semaines plus tard se tenait d’ailleurs l’Opération McGill français, qui regroupait syndicats, groupes étudiants et militants politiques (anglophones et francophones) dans la dénonciation de l’impérialisme anglo-saxon incarné par l’institution universitaire.</p>
<p style="text-align: justify;">De leur côté, les femmes allaient bientôt remettre en cause le langage même de la décolonisation, fortement masculin sinon macho et qui les excluait de la lutte active. Voilà d’ailleurs comment émergea un féminisme de gauche au sein de ces mouvements, revendiquant la libération des femmes de concert avec la libération nationale et sociale, mettant de l’avant l’infériorisation dont elles faisaient l’objet au sein même des mouvements luttant pour cette libération.</p>
<p style="text-align: justify;">Revenant ensuite sur la crise d’Octobre 1970 et tissant sa généalogie idéologique ainsi que son impact social et politique sur le Québec, Mills en propose une analyse d’une rigueur et d’une richesse qui, loin d’en faire un épisode incompréhensible, la restituent plutôt dans le continuum révolutionnaire s’étant dessiné dès le début des années 1960.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme l’auteur le montre ensuite, Octobre aura néanmoins marqué un changement profond dans l’appréhension de la lutte nationale. Alors que celle-ci fut alors pratiquement complètement cooptée par l’unique véhicule légitime représenté par le PQ de René Lévesque, on assista également à un glissement généralisé de la gauche vers le marxisme. Cette radicalisation affecta  de nombreux groupes dont les syndicats, dont Mills retrace le discours social et politique au tournant des années 1970, et plus particulièrement lors de l’épisode du Front commun de 1972.</p>
<p style="text-align: justify;">Ouvrage incontournable, <em>The Empire Within</em> participe donc d’une pluralisation de l’historiographie des années 1960 au Québec qui, délaissant le seul cadre de la Révolution tranquille comprise dans ses dynamiques étatiques, restitue la diversité et la mixité idéologique de l’époque et réinscrit les mouvements de la gauche québécoise (et surtout montréalaise) dans le cadre de mouvances internationales ayant grandement influencé l’engagement intellectuel et militant de plusieurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Cinquante ans après le début de la Révolution tranquille et au vu de l’état actuel de la société québécoise, la lecture de l’ouvrage de Sean Mills, pour stimulante qu’elle puisse être, laisse également un léger goût amer. La société québécoise n’a certes pas triomphé de l’ensemble des tares dénoncées à l’époque; seulement les dénonciations n’ont-elles clairement plus aujourd’hui le mordant qu’elles avaient alors. Absence d’idéologie de rechange au libéralisme et à la gestion technocratique prévalant présentement, repli de l’engagement intellectuel dans un confinement académique souvent stérile, les conditions d’émergence d’une pensée critique investissant la praxis et offrant une alternative au monde actuel semblent bien minces. Certes, plusieurs critiques savantes s’élèvent contre les abus du néolibéralisme et de la mondialisation, mais on cherche toujours une véritable alternative au modèle économique et social actuel qui soit tournée vers l’avenir et non le passé. Devant le caractère implacable de la logique de marché, l’étude des mouvements politiques et sociaux des années 1960 nous rappelle l’importance de l’utopie pour penser le monde autrement. Comme le disait jadis Friedrich Hölderlin, « là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref1">[1]</a> Sean Mills, <em>The Empire Within.  Postcolonial Thought and Political Activism in Sixties Montreal</em>, Montréal, McGill-Queen’s University Press, 2010, 303p.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref2">[2]</a> Voir à cet égard la synthèse de l’historiographie québécoise proposée par Ronald Rudin dans <em>Making History in Twentieth-Century Quebec,</em> Toronto, University of Toronto Press, 1997, 294 p.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref3">[3]</a> L’ouvrage par excellence proposant une synthèse de cette approche est <em>L’histoire du Québec contemporain</em> de Paul-André Linteau, Jean-Claude Robert et René Durocher (Montréal, Boréal Express, 1979, 2 vol.).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref4">[4]</a> Gilles Bourque, Jules Duchastel et Jacques Beauchemin, <em>La société libérale duplessiste 1944-1960</em>, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1994, 435p.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref5">[5]</a> E-Martin Meunier et Jean-Philippe Warren, <em>Sortir de la « Grande Noirceur » : l’horizon « personnaliste » de la Révolution tranquille</em>, Sillery, Septentrion, 2002, 207p.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref6">[6]</a> Voir entre autres Louise Bienvenue, <em>Quand la jeunesse entre en scène. L’Action catholique avant la Révolution tranquille,</em> Montréal, Boréal, 2003, 291p., ainsi que Michael Gauvreau, <em>Les origines catholiques de la Révolution tranquille</em>, trad. par Richard Dubois, Montréal, Fides, 2008 (2005), 457p.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref7">[7]</a> Cf. Jean-Philippe Warren, <em>Une douce anarchie : les années 1968 au Québec</em>, Montréal, Boréal, 2008, 309p., et  <em>Ils voulaient changer le monde : le militantisme marxiste-léniniste au Québec</em>, Montréal, VLB, 2007, 252p.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref8">[8]</a> L’accent mis sur les dynamiques montréalaises n’est certes pas étranger à une historiographie en partie (ou même majoritairement) anglophone et s’articulant notamment autour du Montreal History Group de l’Université McGill. <a href="http://www.mcgill.ca/ghm-mhg/">http://www.mcgill.ca/ghm-mhg/</a></p>
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		<title>Molson et le Québec : bière, tradition et hockey</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jan 2010 12:35:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 4 décembre dernier, les Canadiens de Montréal célébraient leurs 100 ans bien sonnés, au terme d’une campagne de marketing qui en aura finalement lassé plusieurs tant elle fut longue. Quelques jours auparavant, les Molson [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Le 4 décembre dernier, les Canadiens de Montréal célébraient leurs 100 ans bien sonnés, au terme d’une campagne de marketing qui en aura finalement lassé plusieurs tant elle fut longue. Quelques jours auparavant, les Molson – le jeune Geoffrey en tête – redevenaient officiellement propriétaires de l’équipe après une mise aux enchères quasi-surréaliste de celle-ci, en plein Centenaire, par l’ancien propriétaire George Gillett et qui lui aura rapporté près de 600 millions de dollars. Le contexte pouvait difficilement être plus favorable à l’historien Gilles Laporte, qui venait de publier, quelques semaines auparavant, une histoire de cette famille parmi les plus importantes, les plus implantées et les plus riches de Montréal et du Québec dans son ensemble.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/wallyg/3823553970/in/set-72157622122629426/" target="new"><img title=" Montréal - Downtown Montréal: Bell Centre - Place du Centenaire - Jean Béliveau " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/janvier2010/molson5.jpg" alt=" Montréal –  Downtown Montréal: Bell Centre –  Place du Centenaire –  Jean Béliveau " /></a><br />
Wally Gobetz, <em>Montréal -<br />
Downtown Montréal: Bell Centre -<br />
Place du Centenaire -<br />
Jean Béliveau </em>, 2009<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Professeur d’histoire au cégep du Vieux-Montréal, chargé de cours à l’UQÀM, bédéiste et développeur web, Gilles Laporte est également connu comme un animateur infatigable de l’histoire des Patriotes, lui qui gère le plus important site d’histoire sur le sujet et participe, à chaque année, à la tenue de la Journée des Patriotes. On ne se surprendra donc pas que Laporte ait, d’abord et avant tout, souhaité s’adresser au grand public à travers l’histoire d’une famille qui a fait fortune grâce à la consommation toute populaire d’une boisson – la bière, dont l’auteur retrace également l’histoire – solidement ancrée dans les mœurs québécoises.</p>
<p style="text-align: justify;">Organisé en une quarantaine de chapitres ne dépassant pas 6 pages, <em>Molson et le Québec</em><a href="#_edn1">[1]</a> est un livre d’une lecture facile et agréable qui restitue fort bien l’histoire de cette dynastie hors du commun et de son ancrage dans la société québécoise, et plus encore à Montréal. Chaque chapitre, qu’on peut lire « entre la deuxième et la troisième période » selon les dires de l’auteur, brosse ainsi un court portrait d’une facette de l’histoire des Molson, avec celle du Québec en trame de fond.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est ainsi fascinant de voir le parcours de John Molson, l’entrepreneur qui coupa dès son jeune âge les ponts avec son Angleterre natale pour s’installer à Montréal et fonder sa brasserie dans l’est de la ville, où elle se trouve toujours, à proximité des faubourgs francophones. Du développement des premières lignes de bateaux vapeurs aux premiers chemins de fer, en passant par la création de la Banque Molson et l’implication de la deuxième génération – particulièrement John jr. – dans la répression du soulèvement patriote, les Molson agissent comme des acteurs de premier plan du développement, et parfois aussi des tensions, du Québec du XIXe siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">Le tournant du XXe siècle voit, quant à lui, l’émergence des premiers athlètes de la famille, notamment Percival qui a donné son nom au stade de l’Université McGill qui héberge notamment les Alouettes de Montréal. L’éthique interne du clan Molson ne permettra cependant à aucun de ses membres de passer professionnel, à une époque où tout <em>gentlemen</em> ne pratique le sport que pour fortifier le corps et l’esprit. Reste que l’intérêt de la famille pour le sport, dont certains pour le hockey, s’affirme progressivement, alors que la publicité et le marketing deviennent bientôt indispensables pour assurer le succès de la brasserie, qui aura au passage fait une petite fortune en abreuvant les Américains assoiffés par la prohibition…</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/deniscollette/1960035724/" target="new"><img title=" Iced beer in my wild river!!!" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/janvier2010/molson1.jpg" alt=" Iced beer in my wild river!!!" /></a><br />
Denis Collette, <em>Iced beer in my wild river!!!</em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Voilà comment se mit en place, durant les années 1950, l’association entre les Molson et les Canadiens de Montréal, à une époque où le hockey devenait la passion des Canadiens français, notamment sous l’impulsion des exploits du Rocket – Maurice Richard – et du leadership du Roc de Gibraltar – Émile « Butch » Bouchard. C’est cependant Jean Béliveau que les Molson choisissent pour personnifier l’association entre le club de hockey et la compagnie, les Molson faisant d’ailleurs l’acquisition du Tricolore en 1957 et s’en servant dès lors comme plateforme promotionnelle, notamment grâce à la rediffusion des matchs lors de la<em> Soirée</em><em> du hockey Molson</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Il importe cependant de souligner que la relation des Molson aux francophones du Québec n’en fut pas toujours une d’amour et de fraternité. Ainsi, si les Molson participèrent à la répression des Patriotes, le Front de libération du Québec n’hésita pas à voir dans cette dynastie le visage de la domination anglo-saxonne, parlant du « chien à Molson » dans son célèbre manifeste.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs années plus tard, l’association renouvelée entre les Molson (et leur bière) et les Canadiens de Montréal (le club fut vendu puis racheté entre temps) allait se voir concurrencée par l’association entre O’Keefe et les Nordiques de Québec, les rivaux en affaires s’affrontant par adversaires interposés – et non moins rivaux – sur la glace, dans une métaphore toute québécoise.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que les Nordiques allaient déménager au Colorado en 1995 pour y devenir l’Avalanche et gagner la coupe Stanley à leur première année, les Molson allaient quant à eux se départir de 80 % des parts du Canadien au tournant des années 2000, George Gillett faisant l’acquisition du club grâce à un prêt gouvernemental et un investissement minime.</p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/givemenoise/2238164655/" target="new"><img title=" Beer in blue " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/janvier2010/molson2.jpg" alt=" Beer in blue " /></a><br />
Eric Michiels, <em>Beer in blue </em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Mis en vente en plein Centenaire, les Canadiens allaient finalement être rachetés par un consortium dirigé par les Molson de la nouvelle génération, leur retour à titre de propriétaires étant salué comme un retour à la tradition pour la Sainte-Flanelle. Signe révélateur de leur attachement à cette tradition, les nouveaux propriétaires allaient forcer le retrait du chandail d’Émile « Butch » Bouchard lors de la cérémonie du Centenaire (ainsi que celui d’Elmer Lach), un geste auquel s’était jusqu’alors refusée l’administration du Tricolore, et ce malgré la pression populaire en ce sens.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Histoire populaire et histoire savante</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au total, le livre de Gilles Laporte n’apprendra peut-être rien de « neuf » (d’un point de vue académique) à un historien spécialisé dans les XIXe et XXe siècles au Québec. Il sera cependant d’un intérêt certain pour toute autre personne (soit les 99 % restants de la population) désireuse d’en apprendre davantage sur l’histoire et la mentalité d’une famille des plus importantes et riches de Montréal et, plus largement encore, du Québec.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce sens, <em>Molson et le Québec</em> remporte pleinement son pari de proposer au grand public une histoire fouillée et sérieuse, bien que parfois écrite avec un humour indéniable, d’un clan qui fascine et intrigue. Plus encore, il s’agit d’un des rares exemples d’une histoire écrite par un historien sans être nécessairement destinée aux cercles académiques. Ces derniers trouveront probablement inacceptable, selon leurs propres standards, l’absence de notes de bas de page, la brièveté des chapitres et le ton parfois ironique de Laporte.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agit cependant de la force de l’auteur, qui a par ailleurs choisi de publier son livre chez un éditeur peu reconnu dans les milieux académiques. De fait, alors que les historiens académiques déplorent autant qu’ils peuvent la faible diffusion de l’histoire auprès du grand public et le fait que les livres qu’on retrouve généralement dans la section « Histoire » des librairies soient souvent écrits par des non-spécialistes (le plus souvent des journalistes), il s’avère extrêmement rare qu’un historien de métier daigne écrire ouvertement pour le grand public et dans un format qui lui soit accessible (tant par rapport à la structure de l’ouvrage qu’au niveau de langage utilisé).</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/wallyg/3872386305/ " target="new"><img title=" Montréal: Brasserie Molson and pont Jacques-Cartier " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/janvier2010/molson4.jpg" alt=" Montréal: Brasserie Molson and pont Jacques-Cartier " /></a><br />
Wally Gobetz, <em>Montréal: Brasserie Molson and<br />
pont Jacques-Cartier </em>, 2009<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Peut-être le fait que Gilles Laporte œuvre comme professeur de cégep et comme animateur lui donne-t-il une sensibilité et un intérêt en ce sens, et il ne peut qu’en être félicité. Il fait, à ce titre, partie des très rares historiens qui travaillent à rendre accessible une histoire trop souvent repliée sur elle-même dans le confort des départements universitaires<a href="#_edn2">[2]</a>. Si la recherche et le développement des connaissances comportent, certes, une valeur intrinsèque, l’histoire est cependant trop importante pour une société et pour sa mémoire pour n’être accessible qu’à un groupe restreint d’initiés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le passé n’appartient pas qu’aux spécialistes et l’on ne peut que souhaiter que davantage d’historiens travaillent à le rendre accessible au plus grand nombre, sans pour autant perdre en rigueur (ce qui est souvent le cas des raccourcis que prennent les journalistes). Il s’agit, en un sens, d’un geste démocratique dont il importerait qu’il soit regardé avec davantage de respect par des spécialistes qui, s’ils font parfois avancer la connaissance (à coups de subventions gouvernementales, faut-il le mentionner), manquent souvent de l’humilité et de la générosité nécessaires pour redonner à la société le savoir dont ils sont les dépositaires érudits.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref1">[1]</a> Gilles LAPORTE, <em>Molson et le Québec</em>, Montréal, Michel Brûlé, 2009.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref2">[2]</a> Mis à part Gilles Laporte, mentionnons également Jacques Lacoursière et Denis Vaugeois dans le contexte de l’histoire du Québec. Sans rien enlever à la qualité de ces historiens, on voit qu’il s’agit d’un cercle des plus restreints.</p>
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		<title>L&#8217;âne et la crowbar</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 01:58:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Simon Chavarie</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Simon Chavarie]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Élections municipales]]></category>
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		<description><![CDATA[Bon bon bon, on a réélu l&#8217;idiot du village. En fait je dis &#171;&#160;on&#160;&#187;, mais je nous excluse, parce que c&#8217;est pas vraiment nous. C&#8217;est les ânes de la couronne, périphérique et monarchique. À cause [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bon bon bon, on a réélu l&#8217;idiot du village. En fait je dis &laquo;&nbsp;on&nbsp;&raquo;, mais je nous excluse, parce que c&#8217;est pas vraiment nous. C&#8217;est les ânes de la couronne, périphérique et monarchique. À cause qu&#8217;ils avaient tant peur de Frau Harel, ils se sont dit &laquo;&nbsp;ah.. et puis la corruption, c&#8217;est pas si pire, un moindre mal&nbsp;&raquo;. Donnez-moi les résultats répartis en fonction du salaire annuel des élécteurs, ça presse. Pendant ce temps-là, je vais aller aiguiser ma crowbar. Non non, c&#8217;est pas ce que vous croyez, c&#8217;est que ma porte d&#8217;auto est coincée.<br />
Je crois plus en rien. Les électeurs, les citoyens dis-je, c&#8217;est de la graine de mouton. Personne est fâché, les riches et les pourris reconduisent leur esclave à la mairie, sans tambours ni trompettes, tout tant mieux en tromperies. Et puis je veux plus jamais parler de politique municipale. Mon chapeau est déformé, ma mine est cassée, Montréal-Matin est fermé depuis 1978. C&#8217;est trop de merde pour une seule mouche. J&#8217;accroche ma crowbar.</p>
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		<title>Indice de corruption</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Oct 2009 01:57:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Simon Chavarie</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
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		<description><![CDATA[Pour la première fois de ma vie, sobre du moins, je vais vous entretenir de politique municipale. Déjà, j&#8217;me sens petit journaliste avec chapeau, crayon à mine, pigiste au Montréal Matin. Quelle pourriture. Bande d&#8217;achevés-parvenus, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour la première fois de ma vie, sobre du moins, je vais vous entretenir de politique municipale. Déjà, j&#8217;me sens petit journaliste avec chapeau, crayon à mine, pigiste au Montréal Matin.</p>
<p>Quelle pourriture. Bande d&#8217;achevés-parvenus, à la botte d&#8217;une floppée d&#8217;crosseurs. J&#8217;vois d&#8217;ici leurs chaînes en or, toutes pognées dans leurs poils de torse. Comme dans le bon vieux temps, avant que le monde se réveille. Aujourd&#8217;hui le monde il s&#8217;est rendormi. Gazé au cynisme. Les politiciens nous prient de voter en grand nombre, qu&#8217;il en va de la survie de notre démocratie. Ils ont raison. Ils ont raison aussi de ne pas penser un mot de ce qu&#8217;ils racontent. Cette démocratie qui est la nôtre, elle carbure au sommeil. Plus on ronfle, plus ils ronronent. Quand en sursaut on se réveille, l&#8217;espace d&#8217;un instant, ils n&#8217;ont qu&#8217;à plaider l&#8217;ignorance. Et nous, tout plissés des yeux et de la peau, on s&#8217;offusque pas du fait que soit nos élus sont cons comme la lune, soit ils nous bourrent le mou à la sauvage. Ben c&#8217;est tant pis pour nos gueules.</p>
<p>Presque dans un autre ordre d&#8217;idée, je voudrais lever mon chapeau cette semaine aux soldats italiens, fiers dépositaires d&#8217;une longue tradition militaire qui ferait vomir de honte quiconque un tant soit peu attaché à la chose martiale. Eh bien ces braves, ils ont payé les Talibans pour qu&#8217;ils arrêtent de leur tirer dessus. Voilà, enfin, un vrai processus de paix. Je dis tout ça sans ironie, ni cynisme. J&#8217;y crois. Mais, à leur place, j&#8217;en aurais quand même glissé un mot aux Français arrivés en relève, et qui faute d&#8217;être au parfum, se sont pris la sauce.</p>
<p>Je vous aime.</p>
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		<title>Montreal: Emerging Jazz Capital of the World</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Feb 2009 13:40:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Niki Lambros</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond / Long articles]]></category>
		<category><![CDATA[English]]></category>
		<category><![CDATA[Formats]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire/History]]></category>
		<category><![CDATA[Langue / Language]]></category>
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		<category><![CDATA[music]]></category>
		<category><![CDATA[Upstairs Jazz Club]]></category>
		<category><![CDATA[Village Vanguard]]></category>

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		<description><![CDATA[The histories of jazz in New York City and Montreal flow together along a current of authenticity. As Montreal prepares to receive $120m, how can its jazz tradition further strengthen its identity as an international [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>The histories of jazz in New York City and Montreal flow together along a current of authenticity.  As Montreal prepares to receive $120m, how can its jazz tradition further strengthen its identity as an international cultural destination?</strong></p>
<p style="text-align: right;">It is no accident that the cities which have historically been centres of intense jazz activity have been those cities in which large numbers of musicians could find steady work.  Montreal was no exception.  The stability, spirit, and creative output of the city’s jazz community [during the 1920s to the 1960s] were directly linked to the capacity of the city’s entertainment industry to provide steady employment for musicians<sup><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#r1">1</a><a name="t1"></a></sup>.<br />
John  Gilmore, <em>Swinging in Paradise</em></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title=" Jazz Paints a Picture" src=" http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/en/6/hist_jazz.jpg" alt=" Jazz Paints a Picture" /><br />
Andrew Eick, <em> Jazz Paints<br />
a Picture</em>, 2006<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jazz in New York City</strong></p>
<p style="text-align: justify;">How does a city become a “jazz capital of the world”? The criteria constitute a combination of factors as unique as a chain of enzymes forming to spark a new form of life into existence.  There have been several throughout the century-long history of jazz, ranging from the southern U.S. cities of its birth such as New Orleans, St Louis and Kansas City, to the urban centers of its youth in Chicago and Philadelphia. Paris had its jazz heyday in the 50s when Sidney Bechet led the way for some of the best jazz players of the time to cross the ocean to tour. A society dame and her wealthy husband helped finance the Newport Jazz Festival in Newport, Rhode Island (now the JVC Festival) in 1954, but by 1972 it had moved to New York, only returning to Newport in 1981 as a twin-site to New York’s more formidable draw. In Switzerland, the Montreux Jazz Festival was born in 1967, but by the 1970s, it was hardly exclusive to jazz. Ultimately, New York City has reigned not only because it was a natural hub for musicians, with its extensive club districts that grew up around the speakeasies where the nescient music developed and throve, its audiences hungry for recordings of the new sounds, but also because from the time the music had been around long enough to have its devotees, it was recognized as a musical form with the potential to rise to the heights of passion, sophistication and culture, and carry its musicians and listeners aloft with it. As with its Art Deco architecture and style, these were just the things New York sought to reflect in all its aspects.</p>
<p style="text-align: justify;">Though the music had humble beginnings in the pick-up bands, which performed in parlours of brothels and in bars, its later practitioners were drawn from conservatories and music schools that enabled musicians to compete with the complexities of classical and symphonic forms. From Duke Ellington to John Coltrane and Bill Evans, musicians were studying structure and incorporating exotic and thrilling modes and inversions into their melodies and harmonies, breaking down chords and displacing rhythms. By the mid-50s, sounds from Latin America and Africa would push their way into the mix, further broadening horizons for the sound.  As early as 1948, the New School for Social Research, located in the downtown Manhattan, was offering a series of well-attended lectures on jazz history and theory, and by the 1950s many colleges and universities were offering jazz classes in their music curriculum. In 1945, band leader Woody Herman commissioned the cosmopolitan Russian composer Igor Stravinsky to write the <em>Ebony Concerto</em>,  a “jazz concerto grosso,” which was performed at Carnegie Hall.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>The Montreal Jazz Scene, 1920s – 1960s</strong></p>
<p style="text-align: justify;">And what was going on in Montreal during this explosive period, when Swing gave way to Bebop, Hard Bop, and Free Jazz? The same factors that had elsewhere caused jazz to ferment in musical (and urban) ghettos were working up north as well. Racism and segregation had caused a large black community to gather in the area below the railroad tracks in the St Antoine district of downtown Montreal, as this was where porters and rail workers—mainly black—were hired and trained. Prohibition in the States also contributed to an influx of freedom-seeking club-goers, who flocked to clubs whose names they recognized from their originals in Harlem, like the Roseland Ballroom and Connie’s Inn (“Bringing Harlem to Montreal”)<sup><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#r2">2</a><a name="t2"></a></sup>. The famous names of New York’s 52nd, or “Swing” Street, like Dizzy Gillespie and Charlie Parker, could be found late-night at Montreal’s Café St Michel and the Terminal Club, sitting in for jam sessions with the locals, while Duke Ellington, Cab Calloway and Jimmy Dorsey brought their dance bands to the Chez Maurice in the 40s, with Ellington’s former trumpet player Louis Metcalf returning to Montreal in the mid 40s to bring the Bebop sound to Montreal, at the Café St Michel. But influence wasn’t all one-sided: Oscar Peterson brought awestruck musicians up from New York on a regular basis<sup><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#r3">3</a><a name="t3"></a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">White musicians also persisted in finding ways to spread ‘authentic’ jazz, like Willie Eckstein’s band, who were some of the first generation of francophone musicians to play jazz<sup><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#r4">4</a><a name="t4"></a></sup>. The all-black Canadian Ambassadors, an entirely indigenous Canadian band, had contracts at The Montmartre and Connie’s, later featuring Montreal native Steep Wade, formerly piano player for Metcalf’s band, who would keep them at the St Michel for years.  Rockhead’s Paradise, begun in 1928 by one Rufus Rockhead, the first black club owner in the city, showcased black talent up to the 1960s. Montreal was fortunate in having more integration and generally less militant racism than the U.S. In one legendary incident, The Ritz Carlton Hotel refused to allow the Johnny Holmes Orchestra to play its date because it did not allow blacks—in this case, Oscar Peterson—in the hotel<sup><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#r5">5</a><a name="t5"></a></sup>. But the organization who had hired the band, (the “International Daughters of the Empire”!) called the manager to insist on Peterson’s being allowed to play.  “Not content with the moral victory, Holmes kept Peterson in the spotlight…calling one piano feature after another all night long”<sup><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#r6">6</a><a name="t6"></a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Montreal, however, could not maintain its musicians with steady work after World War II, when many clubs closed down due largely to a crack-down by formerly corrupt police and local government officials who then wanted to “clean up” the city. Also, the advent of television made it difficult for musicians everywhere, but the black community was hit especially hard, with contracts being withdrawn as demand for live shows waned. With Oscar Peterson in Toronto, and local talent split up due to unemployment, the jazz scene shifted away from its traditional roots to morph into the sound-track of the “Quiet Revolution” in the 1960s, with the birth of Musique Nouvelle, or Fusion Jazz, played now by young Quebec-born musicians like those playing in L’Infonie, Walter Boudreau’s “orchestra of the infinite”<sup><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#r7">7</a><a name="t7"></a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A City, A Plan:  Montreal</strong></p>
<p style="text-align: justify;">In the near future, Montreal, with the largest jazz festival in the world that in 2007 attracted over two million people attending shows by over 3000 jazz artists from 30 countries, may begin to give New York a run for the title.  In November 2007, Mayor Gerald Tremblay of Montreal, the Honourable Michael Fortier, Minister of Public Works and Government Services and minister responsible for the region of Montreal, and Premier Jean Charest of Quebec, publicly announced the allocation of $120 million dollars—$40 million from each level of government—to finance the Special Planning Program for the Quartier des Spectacles, intended to “transform the Place des Arts area [where the Montreal Jazz Festival takes place each year]…<strong>to position Montreal as an  international cultural destination</strong>”<sup><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#r8">8</a><a name="t8"></a></sup>. It is precisely because Montreal considers a strong jazz community an emblem of high culture that the jazz community has a lot to hope for from this legislation. As New York City has its “Jazz at Lincoln Center,” run by its Artistic Director, the Pulitzer Prize winning trumpeter and composer Mr. Wynton Marsalis, Montreal may hope to see a year-long jazz concert season in the Place des Arts’ Salle Wilfrid Pelletier, its premier performance venue.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A Tale of Two Managers</strong></p>
<p style="text-align: justify;">How does this translate into making Montreal a centre for jazz in today’s world?  For a perspective fresh from the ranks of those living the jazz life alongside the musicians and their audience, I went to Mr. Joel Giberovich, owner of the Upstairs Jazz Club on Mackay Street in downtown Montreal.  The club, coming into it’s 13th year, was invited to become an official venue of the Montreal Jazz Festival in 2007, in recognition of its commitment to jazz in the city.  As luck would have it, I arrived to find in attendance the club’s most famous regular, Mr. Len Dobbin, Canada’s world-famous jazz critic and life-long chronicler of Canadian jazz, writer, and broadcaster for many years, an authority on the scene as one who lived it.</p>
<p style="text-align: justify;">I asked them whether it would be significant to jazz if part of the focus of the Quartier des Spectacles was to create a specific “jazz village.” Has there been an irretrievable decline in the number of indigenous musicians playing jazz in the city since the destruction of the St Antoine district as a centre? Joel answered first: “To create a district definitely helps; even ten years ago, if you were in New York, you could go to the Vanguard, and if the music’s not what you’re looking for you could go next door to the Blue Note, and there was Sweet Basil down the street down there, feeding off each other as long as each one had its own niche. The Village Vanguard is a very different club than the Blue Note, and anyone who’s in the know is going to look for something different; for me, I always go the Vanguard because I look for the purity of the scene.  But it’s all good as long as they complement each other. We don’t need two Upstairs, we don’t need two House of Jazz [another landmark Montreal club, formerly known as Biddles, on Aylmer Street], we need different club scenes to maintain the musicians, and possibly for serious clubs to work together to promote this music, because let’s be honest, you go into this business because you want this scene to last, to exist. All over the world, jazz is turning less into a club music and more of a concert or festival music. I mean, I went to Italy for my honeymoon and I couldn’t find one jazz club, and I looked. But I found jazz music at a festival.”</p>
<p style="text-align: justify;">Mr. Dobbin offered further observation: “We’ve got a lot of young, talented people from different parts of the world because of McGill, which offers a Master’s Degree in jazz, and not that many universities offer that degree, so we’re getting some wonderful players here, at least for a short time; and some stay.”</p>
<p style="text-align: justify;">“Concordia and the University of Montreal  also have undergrad programs; we have a record label, <em>Just In Time</em>, which is a major label in the jazz world, we have the Conseil des Arts, specifically to promote music and the arts. You don’t want Montreal to be New York; it’s a small city with a big-city feel.”</p>
<p style="text-align: justify;">“New York is a proving ground,” says Len, “people go and establish their worth there. I find, you pull up in a car in New York, and you feel the vibration.” I ask if there are any Canadians who play more jazz than others, and why I seem to meet so many from Winnipeg.</p>
<p style="text-align: justify;">“Winnipeg has a very strong jazz society,” says Joel. But talent tends to stay local until it has a reason and an opportunity to take it to the next level. “If you look at this club all year round, Montreal musicians play 70% of the time, and on Friday and Saturday we bring in musicians.”</p>
<p style="text-align: justify;">“Great musicians come from all over Canada,” Len interjects, “look at Nanaimo BC, what do they have in the water out there? They have the Jensen sisters, Seamus Blake and Diana Krall, all from that town, they all went to school together!”</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>What about the Quartier des Spectacles?  Will it bring stability to the club scene?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">“It depends on who’s running it,” Len observes dryly, but then offers a practical answer, “Air travel has changed jazz as much as anything, you don’t have to live near the clubs.  In the heyday, bands would travel by bus, a long tour with a lot of dates spread from coast to coast. Now? You can play a weekend gig.”</p>
<p style="text-align: justify;">To get some insightful perspective from the New York scene, I arranged a telephone interview with Mr. Jed Eisenman, who has been the manager of New York’s most famous jazz club, Village Vanguard, since about 1984. The club, located in the Greenwich Village area of the downtown west side of Manhattan, was opened in 1935 by visionary Max Gordon, and is the only one of the original district, (which included Eddie Condon’s, The Blue Note, The Village Gate, and several others) to have survived the test of time.  Not one of the most important artists in jazz failed to play the club multiple times over the 7 decades of its vigorous life, and recordings “Live from the Village Vanguard” are some of the best ever made. What did he think of Montreal’s jazz ambitions?</p>
<p style="text-align: justify;">“New York will always be the world-capital of jazz simply because so much of the music and the history was made here, but Montreal has a great, strong jazz scene—people seem committed to their identity as a centre for jazz in the world. But the old days of a jazz ghetto, where musicians would be able to percolate the sound, to learn from each other and riff off each other—those days are gone. Festivals are the trend, and clubs have to adjust. There was a Greenwich Village Jazz Festival for a while, but it wasn’t commercially successful. I’m sure clubs like Smalls and Sweet Rhythm have a lot of business from being near the Vanguard, but once you’re a fan of jazz, you tend to be loyal to the music.”</p>
<p style="text-align: justify;">So that’s what it takes: an authentic history, decades of participation in the process, a city with a love of sophistication, culture, and liberality, that stays passionate about the arts, which bring people together to both educate and delight them, bring the whole world to join them in a public party that celebrates what it has helped to create. “Ultimately,” Jed concludes, “when a city has that vital, year-round jazz scene, it’s a capital of jazz.”</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>References</strong> </p>
<p style="text-align: justify;"><a name="r1"></a><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#t1">1.</a> Gilmore, John. <span style="text-decoration: underline;">Swinging in Paradise</span>. Montreal: Véhicule Press,  1988: 13.<br />
<a name="r2"></a><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#t2">2.</a> Marrelli, Nancy. Stepping Out: The Golden Age  of Montreal  Night Clubs, 1925-1955. Montreal:  Véhicule Press, 2004: 22.<br />
<a name="r3"></a><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#t3">3.</a> Lees, Gene. <span style="text-decoration: underline;">The Will to Swing</span>. Toronto:  Lester &amp; Orpen Dennys Ltd., 1988.<br />
<a name="r4"></a><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#t4">4.</a> Gilmore, 47.<br />
<a name="r5"></a><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#t5">5.</a> Barris, Alex. <span style="text-decoration: underline;">Oscar Peterson: A Musical Biography</span>. Toronto: Harper Collins, 2002.<br />
<a name="r6"></a><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#t6">6.</a> Gilmore, 105.<br />
<a name="r7"></a><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#t7">7.</a> Gilmore, 239.<br />
<a name="r7"></a><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=72&amp;theme=histoire#t7">7.</a> 2006-2008 Partenariat du Quartier des  spectacles. “$120  million at the Rendezvous.” &lt;<a href="http://www.quartierdesspectacles.com/en/nouvelles/fichenouvelle.asp?id=52">http://www.quartierdesspectacles.com/en/nouvelles/fichenouvelle.asp?id=52</a>&gt; emphasis mine.</p>
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