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	<title>Le Panoptique &#187; George W. Bush</title>
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	<description>Perspectives sur les enjeux contemporains &#124; More Perspective on Current International Issues</description>
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		<title>L’idéologie américaine mise à mal</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Sep 2007 08:23:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jonathan Martineau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éditoriaux / Editorials]]></category>
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		<category><![CDATA[idéologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il n’y a pas que les techniques de surveillance utilisées par les agences de renseignement américaines qui soulèvent des questions de légalité. Les façons dont ces techniques sont approuvées aux plus hauts échelons de l’administration [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Il n’y a pas que les techniques de surveillance utilisées par les agences de renseignement américaines qui soulèvent des questions de légalité. Les façons dont ces techniques sont approuvées aux plus hauts échelons de l’administration sont aussi, d’un point de vue légal, contestées. Est-ce que les conceptions de «l’État de droit» se révèlent être de plus en plus des coquilles vides? </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img title="America - Liberté Justice pour tous" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/14/edit-justice.jpg" alt="America – Liberté, Justice pour tous" width="216" height="278" /><br />
Shaners, <em>Capitaine America &#8211; Liberté<br />
Justice pour tous</em>, 2006<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">D’aucuns se rappellent le  fameux <em>Patriot</em> <em>Act</em>, qui dans la foulée immédiate du 11 septembre 2001 donnait entre autres plus de pouvoirs aux services policiers et gouvernementaux américains dans les procédures de surveillance. À l’époque, plusieurs bonnes consciences craignirent une montée du fascisme. Les termes du débat politique aux États-Unis pour les prochaines années étaient désormais confinés entre «sécurité» et «liberté». Il semblait alors que la liberté individuelle, pierre d’assise de l’idéologie américaine, était en danger. Or, il n’y a pas que celle-ci qui soit en danger. Les principes de l’État de droit sont allègrement bafoués dans les hautes sphères politiques américaines et exposent le caractère purement abstrait de ces principes.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, il semble maintenant que les nouvelles formes de légalité mises de l’avant par l’administration américaine ne soient que la pointe de l’iceberg. Un comité sénatorial enquête présentement sur des allégations voulant que certains membres haut placés de l’administration Bush aient eux-mêmes utilisé des moyens de surveillance illégaux. Récemment, c’était Alberto Gonzales, l’ancien <em>attorney-general</em> et fidèle <em>supporter</em> de G.W. Bush, qui était pointé du doigt. En mars 2004, alors qu’il était conseiller légal de la Maison-Blanche, Gonzales aurait passé outre aux indications de son prédécesseur John Ashcroft quant à la légalité d’un certain programme de «sécurité nationale». Robert Mueller, ancien dirigeant du FBI, a récemment confirmé que le programme en question était celui de l’écoute des appels internationaux privés. Gonzales aurait tenté (sans succès) d’obtenir l’aval de M. Ashcroft alors que ce dernier était hospitalisé et sous l’effet de drogues sédatives. Gonzales aurait alors fait une visite «surprise» à Ashcroft dans sa chambre d’hôpital (Gonzales avoue avoir fait cette visite, mais soutient qu’un autre motif en était l’objet)(1).</p>
<p style="text-align: justify;">L’ancien <em>attorney-general</em> n’en était pas à ses premières frasques. Il est également pointé du doigt pour son rôle dans le congédiement apparemment injustifié de neuf procureurs (ils auraient été congédiés pour leur refus de se plier au jeu politique de l’administration). Son leadership et son travail à la tête du département de la Justice est qualifié de «performance lobotomisante qui a détruit ce qui restait de crédibilité au département de Justice(2)». Rappelons que Gonzales a été propulsé à ce poste par G.W. Bush qui récompensait ainsi plusieurs années de loyaux services. Le rapport étroit entre Bush et Gonzales demeure très problématique. Lors d’une commission récente, un sénateur lui demanda s’il comprenait bien que son poste implique qu’il serve le peuple américain, et non le Président. La récente démission de Gonzales est une tentative de faire taire les critiques en donnant l’impression que le problème sera réglé simplement en changeant de personnel. Mais il ne s’agit pas que d’un problème individuel, il s’agit aussi d’un problème structurel.</p>
<p style="text-align: justify;">Les activités illégales de l’administration Bush ne se réduisent pas à ces faits. Pensons également aux dirigeants de Guantanamo qui entretiennent un vide juridique en évitant sciemment de reconnaître les catégories de prisonniers forgées par la Convention de Genève (Convention «dépassée» selon Gonzales), à Lewis Libby, ancien bras droit de Dick Cheney, qui a été reconnu coupable d’avoir permis la divulgation d’informations confidentielles afin de venger ses patrons d’une critique, à l’invasion de l’Iraq qui représente, selon la grande majorité des experts, une violation du droit international et aussi à la déportation de prisonniers vers des pays pratiquant la torture, pratique qui n’est plus un secret, le public canadien ayant pu en mesurer l’impact sur le travail de ses propres services de police dans l’affaire Arar.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est troublant, c’est de constater qu’historiquement, la grande majorité des administrations américaines ont contrevenu aux lois. L’exemple le plus probant est bien entendu le jugement porté contre le président Nixon. Le concept d’État de droit est ici mis à mal. Il ne s’agit pas de critiquer les États-Unis, mais bien de questionner la validité du modèle politique qui en est véhiculé. Ce modèle contribue à la formation d’idéologies qui nous offrent une vision édulcorée de la réalité. Souvent, un simple examen des faits nous permet de montrer le caractère factice de certains idéaux que nous prenons pour acquis. En ce qui concerne l’État de droit, force est de constater que si, au sein de la société, la plupart des procédures judiciaires nous rappellent simplement que certains citoyens et citoyennes sont «plus égaux» que d’autres, dans les officines du pouvoir la loi n’est souvent qu’un obstacle à contourner, à moins que l’on puisse simplement en faire une nouvelle.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) “A Visit to the Hospital”, <em>The Economist</em>, 2 août 2007.<br />
(2) Kevin Kallaugher, “Dead Man Walking”, <em>The Economist</em>, 12 Juillet 2007.</p>
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		<title>L’hégémonie américaine : du «consentement» à la coercition</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Dec 2006 02:16:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jonathan Martineau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond / Long articles]]></category>
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		<description><![CDATA[Depuis 1990, en continuation de processus historiques aux racines plus éloignées, les États-Unis forment la puissance hégémonique au niveau mondial. Les débats au sein des théories des relations internationales se cristallisent souvent autour des questions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Depuis 1990, en continuation de processus historiques aux racines plus éloignées, les États-Unis forment la puissance hégémonique au niveau mondial. Les débats au sein des théories des relations internationales se cristallisent souvent autour des questions qui visent à définir les sources de cette domination, plutôt qu’à en remettre en cause l’existence. Puissance économique d’abord, ou puissance militaire avant tout ? Rupture ou continuité entre les politiques étrangères de Clinton et de Bush jr ?</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img title=" Justelene" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/pol-hegemonie.jpg" alt=" Justelene" width="294" height="214" /><br />
Justelene Despos, <em> Justelene</em>, 2006<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Les années 90 ont été marquées par la conjonction      de deux processus socio-politiques forts mais distincts, dont la rencontre      a donné lieu à une vaste restructuration des rapports internationaux.      D’une part, l’établissement du néo-libéralisme      comme modèle de gouvernance dans la grande majorité des pays      économiquement avancés a réorganisé les fonctions      politiques de l’État dans ces pays. Deuxièmement, la chute      du bloc de l’Est a créé un vide socio-politique qui s’est      traduit par la réorientation, presque du jour au lendemain, des politiques      étrangères et des politiques économiques d’une      importante partie des anciens satellites et supporters de l’URSS, de      même que des pays soi-disant non-alignés. C’est ainsi qu’en      l’espace d’une décennie, les échanges mondiaux,      qu’ils soient culturels, économiques, politiques, etc., ont semblé      suivre un mouvement d’accélération inédit. Plusieurs      ont conceptualisé ce processus, un peu légèrement, sous      le terme de «mondialisation».</p>
<p style="text-align: justify;">La réorganisation des fonctions politiques et économiques des      États selon le modèle de gouvernance néolibéral      a donné l’impression que l’État, en général,      ne possède plus les leviers de contrôle des processus économiques.      L’État est en quelque sorte soumis au diktat des marchés,      des investisseurs institutionnels, des grandes firmes multinationales et des      banques. Cet apparent retrait de l’État (et de son corollaire      théorique de souveraineté), comme forme d’autorité      «ultime» du monde contemporain, est l’un des thèmes,      sinon le thème le plus étudié en science politique depuis      les 15 dernières années.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que d’une part les États économiquement avancés      ont semblé perdre le contrôle des processus économiques,      et que d’autre part les États nouvellement affranchis des contraintes      que l’ordre bipolaire exerçaient sur eux se sont ouverts aux      échanges mondiaux, le phénomène de «mondialisation»      a pris son envol. L’ordre mondial semble de plus en plus régulé      au niveau supranational, par des institutions comme l’ONU, l’OMC,      la Banque mondiale, le FMI, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est dans ce contexte que la politique étrangère américaine      sous Bill Clinton (1993-2000) s’intègre. Il a pu s’agir      en surface d’une politique étrangère aux visées      multilatérales, souhaitant obtenir l’accord et la coopération      du plus grand nombre d’acteurs par le «consentement». Toutefois,      les critiques s’entendent généralement pour voir dans      la politique étrangère américaine actuelle un soutien      sans condition à la sphère haute-financière intimement      liée aux intérêts de Wall Street. Plusieurs marxistes      et non-marxistes soutiennent des arguments de ce genre(1). Il n’en reste      pas moins que les États-Unis ont exercé une domination économique,      renforcée par l’intégration des économies émergentes      en position subordonnée à l’aide des programmes d’ajustements      structurels du FMI et des accords de commerce biaisés, avec l’accord      tacite des autres puissances économiques. La politique budgétaire      de l’administration Clinton demeura équilibrée, les États-Unis      profitèrent de leur position avantagée dans l’économie      mondiale pour enregistrer une relance du secteur manufacturier et de leur      économie nationale en général dans les premières      années Clinton, alors qu’en contraste l’économie      mondiale n’avait toujours pas connu de relance et poursuivait la longue      stagnation qui l’affectait depuis le début des années      1970 et la fin du long boom d’après-guerre. Cette croissance      américaine fut enflée artificiellement par la bulle boursière      des nouvelles technologies de la fin des années 1990, laissant croire      à une économie américaine forte, alors qu’en réalité      les faibles taux de profits se moquaient des valeurs boursières soufflées      aux spéculations(2).</p>
<p style="text-align: justify;">Si bien que le jeu américain a semblé faire l’affaire      des élites; du moins le discours des élites des pays dominants      et dominés s’accordèrent pour dire que la mondialisation      est un processus inévitable et que l’interdépendance économique      profitera à tous à moyen terme. L’armée américaine      ne fut pas un acteur majeur des années Clinton. L’hégémonie      américaine a semblé se situer au niveau économique et      reposer sur le «consentement» de l’exploité plutôt      que de la force militaire. Les discours de la mondialisation, pour et contre,      ont semblé enregistrer cet état de fait. Adversaires et chantres      des processus «mondialisants» ont identifié la sphère      économique comme lieu privilégié de pouvoir au niveau      global.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout ceci nous semble maintenant si près et si loin à la fois.      De Clinton à Bush jr, l’hégémonie américaine      se maintient, mais les moyens employés glissent manifestement du «consentement»      à la coercition, et l’exploitation économique semble requérir      de plus en plus le déploiement de la force militaire.</p>
<div style="text-align: justify;"><script type="text/javascript">// <![CDATA[
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<p style="text-align: justify;">Les processus économiques globaux depuis la fin des années 1990      semblent éroder la domination américaine à ce niveau.      La croissance chinoise pousse plusieurs experts à qualifier la Chine      de prochain «hégémon». L’éclatement      de la bulle boursière qui avait si profondément distordu le      paysage économique américain à la fin des années      1990 a ramené sur terre les optimistes et contribué à      révéler le dynamisme ambigu de l’économie américaine.      Les déficits commerciaux et les déficits budgétaires      de l’administration Bush placent les États-Unis dans une position      de dépendance envers ses créanciers internationaux, notamment      asiatiques et européens. Il semble que le regain d’intérêt      des élites américaines pour le militaire et la force puisse      donc se mettre en contexte. Incapable de continuer à compter uniquement      sur la domination économique, les États-Unis semblent devoir      recourir à l’autre sphère où ils ne sont concurrencés      par personne: le militaire. L’invasion de l’Afghanistan et l’invasion      de l’Irak sont des démonstrations de la nouvelle forme que prend      l’hégémonie américaine: la force. Vulnérable      au niveau économique, le contrôle des sources majeures de carburant      fossile et de son transport est une condition <em>sine qua non</em> de la      continuation de l’«Empire». Ce n’est pas pour<em> avoir</em> du pétrole que les États-Unis occupent l’Irak,      c’est pour en contrôler les flux, et particulièrement pour      empêcher que ceux-ci aillent vers l’Est plutôt que vers      l’Ouest. Il s’agit également d’empêcher les      puissances européennes de reprendre position au Moyen-Orient sans l’intermédiaire      américain. Finalement, il s’agit davantage d’une rivalité      entre puissances plutôt qu’une tentative de vaincre quelques bastions      récalcitrants et de s’approprier leurs richesses. On voit donc      que la protubérance discursive, médiatique et politique entourant      le «terrorisme» est un phénomène important, mais      pour ce qu’il occulte plutôt que ce qu’il révèle.</p>
<p style="text-align: justify;">Il semble donc y avoir rupture entre les années Clinton et les années      Bush jr., mais je crains que le 11 septembre y joue un rôle plutôt      secondaire. La relance des moyens militaires américains peut être      analysée dans un contexte politico-économique global qui propose      que la conjoncture présente oblige les États-Unis à soutenir      l’exploitation purement économique par la force et la coercition.      Les clés des développements futurs résident d’une      part dans le développement de l’économie mondiale à      court et moyen terme, et d’autre part dans les résultats des      luttes sociales, aux États-Unis et ailleurs, pour chasser les élites      en place des postes de commandes de la destinée planétaire.</p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>(1) Chez les marxistes, voir entre autres David Harvey, <em>The New Imperialism</em>, Londres/New York, Verso, 2003. Chez les non-marxistes, voir entre autres Joseph Stielglitz, La grande désillusion, Paris, Fayard, 1997.</p>
<p>(2) Voir l’analyse percutante de Robert Brenner, <em>The Boom and The Bubble</em>, Londres/New York, Verso, 2003.</p>
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