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	<title>Le Panoptique &#187; Environnement / Environment</title>
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	<description>Perspectives sur les enjeux contemporains &#124; More Perspective on Current International Issues</description>
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		<title>Au-delà de l’évitement fiscal : Offshore (Alain Deneault)</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Jun 2010 02:50:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Décary Gilardeau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Compte-rendus / Resumes]]></category>
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		<description><![CDATA[Pour ceux qui suivent le travail d’Alain Deneault depuis quelques années, le thème ne sera pas nouveau. Au contraire, son parcours mène tout droit vers ce nouveau livre. Chercheur universitaire atypique, Alain Deneault est un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Pour ceux qui suivent le travail d’Alain Deneault depuis quelques années, le thème ne sera pas nouveau. Au contraire, son parcours mène tout droit vers ce nouveau livre. Chercheur universitaire atypique, Alain Deneault est un libre-penseur à la plume parfois vive et incisive, parfois posée et sentie. <em>Offshore</em></strong><a href="#_ftn1"><sup><sup>[1]</sup></sup></a><strong> est un heureux mélange de cette dualité, mariant réflexion philosophique profonde et légèreté flagrante, sur un sujet qui ne manque pas de sérieux.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/31465441@N03/3311333128/" target="new"><img title="The Croopier #18 Money Paradise Tour" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/mai2010/offshore1.jpg" alt="The Croopier #18 Money Paradise Tour" /></a><br />
The Croopier, <em>The Croopier #18<br />
Money Paradise Tour</em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/deed.fr" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Alors qu’il poursuivait un doctorat sur la philosophie de l’argent à Paris, Alain Deneault publie le brûlant <em>Paul Martin et compagnies</em> (VLB – 2004) en pleine campagne électorale fédérale. Il y dénonce &#8211; à coup d’anecdotes et d’informations méticuleusement réunies &#8211; un ministre des Finances, qui deviendra Premier ministre, privant l’État des impôts de sa compagnie, la <em>Canadian Steamship Line,</em> en la camouflant à la Barbade. Suivra en 2006 une sélection de textes choisis et commentés du philosophe allemand Georg Simmel<em>, L’argent dans la culture moderne </em>(PUL – 2006). Puis, <em>Noir Canada – Pillage, corruption et criminalité en Afrique </em>(Écosociété – 2008) qui a valu aux auteurs et à la maison d’édition Écosociété une double poursuite pour diffamation de la part de <em>Banro</em> en Ontario et de <em>Barrick Gold</em> au Québec.<a href="#_ftn1"><sup><sup>[2]</sup></sup></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Paradis fiscaux et souveraineté criminelle</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce petit livre d’un peu plus d’une centaine de pages, Alain Deneault décrit minutieusement les paradis fiscaux. De la perte de souveraineté des États au secret bancaire en passant par l’argent illicite, l’auteur explique la forme et la raison d’être de ces structures financières particulières. Il dénonce l’absence de représentation et de débat dans les médias sur ce phénomène, mis à part dans le 7<sup>e</sup> art où il est présenté de manière idyllique sous forme d’une île paradisiaque.</p>
<p style="text-align: justify;">D’entrée de jeu, l’auteur dénonce la critique de l’association facile de la question des paradis fiscaux avec celle de l’évasion fiscale. Certes, cette évasion se fait au détriment des citoyens et amoindrit les capacités financières de l’État, mais se concentrer sur cet aspect, c’est s’interdire « de penser la chose <em>offshore</em> dans son ampleur et son envergure. »<a href="#_ftn2">[3]</a> Projet auquel Deneault s’attaque précisément dans son ouvrage.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour y parvenir, il s’attarde à expliquer l’histoire de l’argent, son apparition, ses fonctions et ses transformations successives de l’argent sonnant en argent écrit jusqu’à une financiarisation presque totale de l’économie. Pour Deneault, la portée sociale de l’argent dépasse la « stricte propriété intime » de celui-ci et agit comme un « élément même de la dépersonnalisation des rapports » sociaux.<a href="#_ftn3">[4]</a> Cette caractéristique de l’argent appelle selon lui, une transparence sur la détention et le contrôle des capitaux. Pourtant, à l’heure des nouvelles technologies, l’argent virtuel, à l’inverse de l’argent papier, se transige à une vitesse phénoménale et s’avère difficile à retracer. Dans le même temps, « l’existence absolue » du secret bancaire, présentée par l’élite financière « comme un attribut de la civilisation »<a href="#_ftn4">[5]</a> et légalement reconnu dans plusieurs pays, concourt à ce que l’argent perde rapidement son odeur.</p>
<p style="text-align: justify;">Si, comme l’affirme Alain Deneault, les paradis fiscaux « concentrent [aujourd’hui] la moitié du stock mondial d’argent »<a href="#_ftn5">[6]</a>, on comprend mieux l’ampleur de la confrontation entre contrôle public et démocratique de l’information sur les mouvements du capital et le secret bancaire.</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/david_reverchon/2938845928/" target="new"><img title="Marathon bancaire" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/mai2010/offshore2.jpg" alt="Marathon bancaire" /></a><br />
David Reverchon, <em>Marathon bancaire</em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/deed.fr" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">L’auteur constate que les échanges se sont transformés et l’argent, virtualisé, mais également que les États souverains ont évolué également vers une diversité de formes. En fait, la notion même d’État de droit se trouve affectée par le phénomène <em>offshore</em><a href="#_ftn6">[7]</a>. Certains États ont multiplié les contraintes pour, selon la formule de Sarkozy, « humaniser le capitalisme » tandis que d’autres ont choisi d’abolir ces contraintes. Ces différents types d’État de droit mènent les détenteurs de capitaux à faire ce que Deneault décrit comme du « shopping fiscal »<a href="#_ftn7">[8]</a>, pendant que les États mènent une course vers le bas pour attirer ces capitaux. Dans cet espace propice à la grande finance internationale, deux systèmes de droit se côtoient, et ce qui est illégal d’un côté est légal de l’autre. Les États s’inspirent de plus en plus des paradis fiscaux, ne serait-ce que pour rester « compétitifs » et maintenir une part de capitaux chez soi. Dans ce contexte, l’État traditionnel au service de sa population semble ne plus être un modèle poursuivi.</p>
<p style="text-align: justify;">Le détour par l’histoire est intéressant afin d’expliquer la genèse de ces paradis fiscaux. Deneault parle de la « généalogie coloniale des paradis fiscaux »<a href="#_ftn8">[9]</a>, faisant à la fois référence au statut d’anciennes colonies de plusieurs paradis fiscaux, mais également à la colonisation du Sud qui transforma « un espace public en un paradis du commerce. »<a href="#_ftn9">[10]</a> Pourquoi ces États offrent-ils des terrains de jeu adaptés à l’économie <em>offshore</em>, monde sans loi, hors de la portée de la justice des pays occidentaux ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qui mène ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, Deneault s’interroge sur l’absence de  traitement de l’enjeu de l’économie <em>offshore</em> dans les médias. Si certains de ces enjeux sont complexes, l’auteur argue que plusieurs aspects sont largement compris et acceptés. Il s’évertue dans son chapitre intitulé « une esthétique <em>offshore</em> de masse » à en faire la démonstration en analysant les représentations des paradis fiscaux dans le 7<sup>e</sup> art. On retrouve, dans le cinéma hollywoodien notamment, de fréquentes représentations de ces paradis au point que le public soit devenu familier avec son vocabulaire et ses enjeux. Selon Deneault, il ne manque « qu’un pas » pour que celui-ci adhère à l’idée que ces centres financiers « sont une nuisance pour lui et pour le bien public »<a href="#_ftn10">[11]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec un peu de recul, on ne peut qu’être impressionné par la cohérence des ouvrages d’Alain Denault. Déjà, en 2004, avec son ouvrage sur Paul Martin, il dénonçait l’« a-légalité » des paradis fiscaux ; suivra <em>Noir Canada</em>, qui constitue une gigantesque étude de cas sur les impacts de l’argent obscur sur l’économie réelle. <em>Offshore</em> vient finalement préciser la pensée de l’auteur sur les paradis fiscaux, la souveraineté financière ainsi que la souveraineté de complaisance. On en vient ainsi à se s’interroger avec l’auteur : « Qui mène ? Qui décide ? » et se dire que c’est bien la « la question politique de l’époque »<a href="#_ftn11">[12]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1">[1]</a> Montréal, Éditions Écosociété, 2010.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1">[2]</a> Nul doute que nous assistons ici à une  poursuite-bâillon définie comme  « une poursuite intentée parce qu&#8217;une  personne ou un groupe a exercé  son droit de participer au débat public »  (Lucie Lemonde, professeure  au département des sciences juridiques à  l’UQAM <a href="http://www.uqam.ca/entrevues/2008/e2008-074.htm">http://www.uqam.ca/entrevues/2008/e2008-074.htm</a>).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref2">[3]</a> p.8.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref3">[4]</a> p.14.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref4">[5]</a> p.15.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref5">[6]</a> p.8.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref6">[7]</a> Pour Deneault, le sens des notions généralement utilisées en pensée politique (État de droit, souveraineté politique, justice, loi, crime, classes sociales, rationalité économique) est devenu obsolète. Par exemple, il mentionne que : « Le “crime” et “l’illégalité” sont des termes de peu de portée lorsque tout ce qu’ils recouvraient antérieurement se trouve autorisé, et même encouragé, dans des juridictions <em>offshore</em> dont on reconnaît par ailleurs la pleine souveraineté » (p. 9).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref7">[8]</a> p.29.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref8">[9]</a> p.19.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref9">[10]</a> p.20.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref10">[11]</a> p.112.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref11">[12]</a> p.7.</p>
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		<title>Compte-rendu du Manuel de l’antitourisme, de Rodolphe Christin</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Jun 2010 23:56:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Carl Rocray</dc:creator>
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		<description><![CDATA[D’emblée, il convient de préciser que le Manuel de l’antitourisme[1] est moins un manuel qu’un pamphlet où l’auteur expose et dénonce les travers du tourisme. Reléguées essentiellement en fin d’ouvrage, les pistes sur la manière [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>D’emblée, il convient de préciser que le <em>Manuel de l’antitourisme<a href="#_ftn1">[1]</a></em> est moins un manuel qu’un pamphlet où l’auteur expose et dénonce les travers du tourisme. Reléguées essentiellement en fin d’ouvrage, les pistes sur la manière d’être «anti-touriste» baignent en effet dans une critique amère du développement touristique.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/yersinia/2065981303/" target="new"><img title="three" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/mai2010/tourisme1.jpg" alt="three" /></a><br />
Yersinia, <em>three</em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/deed.fr" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Le but visé par cette critique est clair : initier une distanciation qui nous amène à remettre en question nos habitudes occidentales. La thèse de Rodolphe Christin transcende en cela le seul tourisme pour s’appliquer à un phénomène bien plus vaste et profond, celui de la mondialisation dont le tourisme n’est en fait qu’un épiphénomène. Selon l’auteur, le tourisme actuel nous éloignerait à la fois de notre environnement et de nous-mêmes. Comment ? En favorisant un développement qui se soucie peu des impacts écologiques, en privilégiant les rapports économiques aux rapports humains et en soutenant une occidentalisation des différentes cultures.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces trois grandes dimensions écologique, économique et culturelle s’entremêlent au fil de l’ouvrage, si bien que les différents chapitres se font écho. Ainsi, les deux chapitres intitulés <em>Le productivisme des vacances</em> et <em>La planète bocalisée</em> discutent d’un même sujet, bien que Christin lui attribue divers noms : « mythologie productiviste », « idéologie développementiste » ou encore « management du monde »<a href="#_ftn2">[2]</a>. Ce même sujet sera repris plus loin sous le nom de « standardisation du monde »<a href="#_ftn3">[3]</a>. Si cette redondance ne favorise pas la clarté du propos (aussi juste et lucide soit-il), elle démontre néanmoins à quel point le tourisme conjugue à lui seul plusieurs aspects de la mondialisation.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le plan de l’écologie, Christin s’interroge sur les conséquences d’un développement touristique en croissance. Élevée au rang de première activité économique mondiale, l’industrie touristique repose sur la démocratisation du transport aérien et contribuerait ainsi à l’augmentation des gaz à effet de serre. Le tourisme entraîne également sur une standardisation des aménagements (hôtels, plages, visite guidée), ce qui entraîne une perte d’exotisme au profit de décors artificiels pour cartes-postales. Même le versant «durable» du tourisme s’inscrit dans une logique de marketing qui renvoie à la dimension économique. En bref, Christin dénonce le fait que les lieux touristiques soient devenus des espaces de consommation : l’environnement est sacrifié au nom d’un présumé progrès.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce constat demeure pourtant superficiel : comment l’enrayement du tourisme pourrait-il régler à lui seul les problèmes de pollution ou de mutilation de paysages (pour ne citer que ceux-là) ? Pareille question démontre combien Christin s’attaque en fait à un phénomène plus profond, soit celui de la mondialisation dont le tourisme n’est qu’un épiphénomène. En ce sens, ne faudrait-il pas plutôt voir le verre à moitié plein et considérer des efforts mercantiles tel que l’ajout d’un «Green Index» dans les guides de voyage <em>Lonely Planet</em> (une seule page pourtant, publicisée en couverture des guides) comme autant d’exemples d’un changement des mentalités ? L’industrie touristique et les touristes eux-mêmes commenceraient-ils à partager les critiques de Christin ? Qui sait ce que sera le tourisme en 2060 ? Et pourra-t-on encore l’appeler « tourisme » ? Le cri d’alarme lancé par Christin reste néanmoins pertinent en ce qu’il contribue à conscientiser le lecteur sur les manières dont le tourisme actuel modifie et uniformise l’environnement au prix d’une perte de la diversité et de l’exotisme.</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/visserligen/2581671938/" target="new"><img title="life is elsewhere" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/mai2010/tourisme2.jpg" alt="life is elsewhere" /></a><br />
Visserligen, <em>life is elsewhere</em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Son propos conserve une pertinence lorsqu’il porte sur les liens entre le tourisme et les deux autres dimensions, soit l’économie et la culture. Selon Christin, le caractère industriel du tourisme fait en sorte que les rapports économiques avec l’Autre l’emportent sur les rapports humains. Finies les relations authentiques ; tout est maintenant calculé, planifié, voire balisé. Encore une fois, la faute n’incombe pas au tourisme lui-même, mais bien à cette mondialisation qui a pour conséquence une standardisation à l’occidentale. Le développement économique devient alors le modèle à suivre pour devenir semblable à l’Occident et ainsi profiter de son présumé bien-être lié au capitalisme. Christin dénonce cette mentalité de zombie où les masses ne questionnent pas le confort dont elles bénéficient depuis l’avènement de l’<em>American Way of Life</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pourtant pas ce confort qui pose problème, mais bien la manière dont nous l’utilisons. Rien de mal à vouloir se développer économiquement, tout est dans la façon de le faire, et si Christin paraît le percevoir, il semble toutefois frapper à côté du clou. Dans le même esprit, Christin chasse des fantômes en critiquant le « management du monde » et l’« idéologie développementiste » selon laquelle il faut tout gérer et tout prévoir « au nom du profit, de l’efficacité, de la rentabilité, de la rationalisation et même de la préservation de la vie. »<a href="#_ftn4"><sup><sup>[4]</sup></sup></a> Ce qu’oublie l’auteur, c’est que ce « management du monde » a toujours existé chez l’être humain selon les moyens offerts à chaque époque (par exemple, le développement des systèmes économiques, du troc préhistorique aux bourses de Wall Street). De fait, les neurosciences conçoivent le cerveau comme un instrument de simulation et de prédiction. Il n’y a donc rien d’anormal à optimiser notre propre développement. Il s’agit plutôt de s’objectiver nous-mêmes (entre autres à travers une autocritique comme celle faite ici par Christin) afin de mieux ajuster notre développement environnemental, économique et culturel. Même si son propos s’attarde à critiquer un épiphénomène de la mondialisation, le pamphlet de Christin reste en cela un effort louable de conscientisation.</p>
<p style="text-align: justify;">La critique articulée par Christin souffre malgré tout d’une argumentation émotive et fondée sur des jugements de valeurs. À titre d’exemple, il écrit que le développement « paraît aller de lui-même, presque naturellement, sans susciter d’interrogations et encore moins de contestations, hormis, bien évidemment, chez quelques écologistes irréalistes, « khmers verts », utopistes libertaires et autres marginaux sans influence. »<a href="#_ftn5">[5]</a> Mis à part quelques statistiques, les références y sont trop souvent littéraires, et peu d’entre elles donnent du souffle à cette « utopie libertaire ». Parsemé d’exagérations telles que « le tourisme est partout ! », le texte ne contient malheureusement aucun commentaire ni aucun apport de ceux qui subissent le tourisme. Il en résulte une critique adressée par un Blanc à d’autres Blancs, alors qu’une participation critique de l’Autre profiterait justement au débat. De plus, Christin semble oublier que cet Autre a lui aussi le droit de se moderniser, même si cela doit se faire à l’intérieur d’un cadre touristique bancal et imparfait. En dépit de ces quelques reproches, le livre de Christin demeure superbement écrit tout en constituant une autocritique salutaire de nos pratiques touristiques occidentales.</p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1">[1]</a> Montréal, Éditions Écosociété, 2010 (2008), 106 p.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref2">[2]</a> Pages 46, 49 et 59.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref3">[3]</a> Page 70.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref4">[4]</a> Pages 59-60.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref5">[5]</a> Page 43.</p>
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		<title>BedZED : objectif zéro énergie fossile</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jan 2010 13:34:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hugo Lafrance</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond / Long articles]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement / Environment]]></category>
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		<description><![CDATA[À la fin des années 1990, BioRegional Development Group et ZedFactory ont conjointement pris l’initiative de créer un écoquartier pour minimiser l’impact environnemental provenant de la construction et des opérations des bâtiments. Leur but premier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>À la fin des années 1990, BioRegional Development Group et ZedFactory ont conjointement pris l’initiative de créer un écoquartier pour minimiser l’impact environnemental provenant de la construction et des opérations des bâtiments. Leur but premier est d’aider les habitants à faire leur part pour un environnement sain et durable sans pour autant sacrifier leur mode de vie. C’est ainsi qu’en mars 2002, dans la ville de Sutton, au sud de Londres en Angleterre, que l’écoquartier BedZed (The Beddington Zero – fossil &#8211; Energy Development) a vu le jour.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href="http://www.facebook.com/album.php?aid=109729&amp;id=541951814#/photo.php?pid=2794234&amp;id=541951814" target="new"><img title=" Ventilation BedZED " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/janvier2010/bed5.jpg" alt=" Ventilation BedZED " /></a><br />
Hugo Lafrance,<br />
<em>Ventilation BedZED </em>, 2009<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les parties prenantes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">BioRegional Development est un organisme environnemental indépendant qui travaille avec l’industrie, le commerce du détail et le secteur public pour mettre en place des projets de développement durable. BioRegional crée des solutions pour un habitat durable, confortable et abordable.</p>
<p style="text-align: justify;">ZedFactory quant à lui est une initiative de Bill Dunster Architects pour créer des bâtiments à carbone neutre. L’équipe travaille avec des spécialistes et des entrepreneurs pour créer des bâtiments dont la performance environnementale est exemplaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Le projet a été développé par le Peabody Trust, la plus importante association en habitation à Londres. BedZED se révèle un véritable village écologique qui comprend 82 unités de logement et 2 500 m<sup>2</sup> d’espace commercial et de bureaux pour les résidents.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un écoquartier de référence</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En conception, BedZED a été étudié sous plusieurs angles. Une analyse de cycle de vie du bâtiment, tenant compte de l’impact environnemental, économique et social du projet, a été réalisée. Tout a été remis en question, en passant par le choix des matériaux, des écotechnologies et l’architecte des bâtiments. BedZed est devenu rapidement une référence dans le domaine des écoquartiers et de l’efficacité énergétique résidentielle, les mesures de contrôle et vérification venant confirmer en large partie la performance de l’ensemble.</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/oneplanetsutton/4035093262/" target="new"><img title=" Energy meters in kitchens " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/janvier2010/bed2.jpg" alt=" Energy meters in kitchens " /></a><br />
BioRegional, <em>Energy meters in kitchens </em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Les occupants de BedZED utilisent en moyenne 2 579 kWh d’électricité par an, ce qui est inférieur à 45% de la moyenne de la ville de Sutton. Comparativement à des habitations classiques en Angleterre, BedZed a réduit ses besoins en chauffage de 90% et ses besoins en électricité de 33%. Malgré que la centrale de cogénération à la biomasse qui alimentait l’ensemble des bâtiments ne soit plus utilisée, les objectifs visés au départ continuent d’être largement atteints.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un éventail d’initiatives</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les bâtiments de BedZED ont été conçus pour réduire la consommation d’énergie des occupants. Le recours aux énergies renouvelables permet de minimiser l’utilisation des ressources naturelles non pérennes. Par exemple, d’abondants panneaux photovoltaïques (777 m<sup>2</sup>) ont été installés sur les façades des habitations et d’un bâtiment de services pour transformer l’énergie du soleil en électricité (108 000 kWh).</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs efforts ont été faits pour maximiser les gains solaires passifs. Ainsi, l’orientation des fenêtres et des balcons aide les habitants à réduire l’utilisation d’éclairage électrique et à accumuler la chaleur du soleil par temps froids pour réduire les besoins en chauffage. Les blocs et les planchers de béton ont été choisis pour leur haute inertie thermique. Cette masse thermique permet d’emmagasiner la chaleur durant les périodes chaudes et de la rediffuser lors des périodes plus froides. Sur les élévations sud, des zones tampons ont été conçues pour éviter les surcharges de chaleur en été. Le système de ventilation passive, qui fait la renommée de BedZED, permet aussi de réduire l’apport en énergie pour le chauffage et la ventilation mécanique.</p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/oneplanetsutton/4035221078/ " target="new"><img title=" Wall section " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/janvier2010/bed3.jpg" alt=" Wall section " /></a><br />
BioRegional, <em>Wall section </em>, 2009<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">L’isolation du bâtiment est particulièrement élevée pour permettre d’économiser l’énergie. Les murs sont isolés avec de la laine de roche choisie pour ses propriétés thermiques, sa stabilité, sa durabilité et son coût. Pour leur part, les planchers et les plafonds sont isolés avec des panneaux de polystyrène. Deux types de fenêtres, dont la performance énergétique est élevée, ont été utilisés pour le projet. Des fenêtres à triple vitrage remplis de krypton ont a été installées sur les élévations nord, est et ouest pour limiter les déperditions de chaleur. Et des doubles vitrages remplis d’argon ont été installées pour la façade plein sud.</p>
<p style="text-align: justify;">BedZED n’est pas un quartier autonome en énergie, mais presque… N’eut été des défaillances de la centrale de cogénération…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelques données</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tableau 1 : Données de mesurage par rapport à la moyenne nationale du Royaume-Uni.</p>
<table style="text-align: justify;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td width="212" valign="top">Points de contrôle</td>
<td width="125" valign="top">Cible de réduction</td>
<td width="133" valign="top">Réduction mesurée après une année</td>
<td width="134" valign="top">Réduction mesurée en 2007</td>
</tr>
<tr>
<td width="212" valign="top">Chauffage des espaces</td>
<td width="125" valign="top">90%</td>
<td width="133" valign="top">88%</td>
<td width="134" valign="top">81%</td>
</tr>
<tr>
<td width="212" valign="top">Consommation d’eau chaude</td>
<td width="125" valign="top">33%</td>
<td width="133" valign="top">57%</td>
<td width="134" valign="top">-</td>
</tr>
<tr>
<td width="212" valign="top">Consommation d’électricité</td>
<td width="125" valign="top">33%</td>
<td width="133" valign="top">25%</td>
<td width="134" valign="top">45%</td>
</tr>
<tr>
<td width="212" valign="top">Consommation d’eau potable</td>
<td width="125" valign="top">33%</td>
<td width="133" valign="top">50%</td>
<td width="134" valign="top">52%</td>
</tr>
<tr>
<td width="212" valign="top">Kilométrage automobile standard (carburants fossiles)</td>
<td width="125" valign="top">50%</td>
<td width="133" valign="top">65%</td>
<td width="134" valign="top">64%</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Tableau 2 : Bénéfices après la première année pour un ensemble de six unités d’habitation</p>
<table style="text-align: justify;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td width="148" valign="top">Parties prenantes</td>
<td colspan="2" width="457" valign="top">Les données</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="2" width="148">Le développeur immobilier</td>
<td width="289" valign="top">Surcoûts de construction</td>
<td width="168" valign="top">685 127 £</td>
</tr>
<tr>
<td width="289" valign="top">Revenus supplémentaires</td>
<td width="168" valign="top">688 800 £</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="5" width="148">Les occupants</td>
<td width="289" valign="top">Réduction des factures de services</td>
<td width="168" valign="top">3 847 £/an</td>
</tr>
<tr>
<td width="289" valign="top">Chauffage des espaces</td>
<td width="168" valign="top">39 420 kWh/an</td>
</tr>
<tr>
<td width="289" valign="top">Consommation d’électricité résidentielle</td>
<td width="168" valign="top">24 494 kWh/an</td>
</tr>
<tr>
<td width="289" valign="top">Consommation d’électricité commerciale</td>
<td width="168" valign="top">19 000 kWh/an</td>
</tr>
<tr>
<td width="289" valign="top">Qualité de vie &#8211; valeur ajoutée</td>
<td width="168" valign="top">Qualitative</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="2" width="148">« La planète »</td>
<td width="289" valign="top">Réduction de CO<sub>2</sub></td>
<td width="168" valign="top">147,1 t/an</td>
</tr>
<tr>
<td width="289" valign="top">Réduction de consommation d’eau</td>
<td width="168" valign="top">1 025 m<sup>3</sup>/an</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;"><strong>Énergie</strong></p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/oneplanetsutton/4035222006/ " target="new"><img title=" BedZED Building Physics " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/janvier2010/bed1.jpg" alt=" BedZED Building Physics " /></a><br />
ARUP, <em>BedZED Building Physics </em>, 2009<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">BedZED a été conçu pour être carbone neutre ; pour générer autant sinon plus d’énergie renouvelable sur site qu’il en serait utilisée dans les habitations pour le chauffage, l’eau chaude et les électroménagers. La demande en énergie a été considérablement réduite et les besoins restants devaient être comblés par une unité de cogénération à la biomasse spécialement conçue pour être alimentée par des résidus de bois locaux. L’unité devait fournir 120 kW  d’électricité et 250 kW  de chaleur, faisant théoriquement de BedZED un projet à énergie positive, mais en pratique elle n’a jamais fonctionné régulièrement à plus de 70% de cette capacité, à cause de divers problème de conception et d’entretien.  Alors que cette unité de cogénération aujourd’hui n’est plus en fonctionnement, l’eau chaude est produite grâce à une bouilloire efficace à condensation au gaz naturel tandis que l’électricité provient en partie du réseau et en partie (20%) des panneaux photovoltaïques installés sur le site.</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les mesures mises en place pour réduire la demande en électricité, notons :</p>
<p style="text-align: justify;">-          Éclairage et électroménagers efficaces</p>
<p style="text-align: justify;">-          Compteurs lisibles ; pour rendre les occupants sensibles à leur consommation</p>
<p style="text-align: justify;">-          Conception architecturale favorisant l’éclairage naturel</p>
<p style="text-align: justify;">-          Ventilation passive réduisant le besoin de ventilation mécanique</p>
<p style="text-align: justify;">-          Aérateur de robinets, limitant les débits d’eau chaude</p>
<p style="text-align: justify;">La consommation électrique a été réduite d’environ 38% alors que la moyenne nationale anglaise était de 5,5 kWh par personne par jour. Selon le BedZED Monitoring Report 2007, la consommation électrique moyenne du projet pour l’année 2007 a été de :</p>
<p style="text-align: justify;">-          3,4 kWh/personne/jour</p>
<p style="text-align: justify;">-          2 579 kWh/logement/an</p>
<p style="text-align: justify;">-          34,4 kWh/m<sup>2</sup>/an</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les mesures mises en place pour réduire la demande en chauffage et en eau chaude, notons :</p>
<p style="text-align: justify;">-          Conception architecturale favorisant les gains solaires passifs</p>
<p style="text-align: justify;">-          Super-isolation; enveloppe de 300 mm d’isolants pour les murs de terrasses</p>
<p style="text-align: justify;">-          Fenêtres efficaces ; double peau de double vitrage aux élévations sud et triple vitrage aux élévations nord</p>
<p style="text-align: justify;">-          Masse thermique élevée grâce aux blocs de bétons architecturaux, aux planchers de béton et aux autres surfaces radiantes favorisant l’absorption de chaleur</p>
<p style="text-align: justify;">-          Ventilation passive avec récupérateur de chaleur</p>
<p style="text-align: justify;">-          Aérateur de robinets, limitant les débits d’eau chaude</p>
<p style="text-align: justify;">-          Compteurs lisibles ; pour rendre les occupants sensibles à leur consommation</p>
<p style="text-align: justify;">La consommation d’énergie pour le chauffage et l’eau chaude a été réduite de près de 77% alors que la moyenne nationale anglaise était de 22,5 kWh par personne par jour. Selon le BedZED Monitoring Report 2007, la consommation moyenne pour le chauffage et l’eau chaude pour l’année 2007 a été de :</p>
<p style="text-align: justify;">-          5,2 kWh/personne/jour</p>
<p style="text-align: justify;">-          3 525 kWh/logement/an</p>
<p style="text-align: justify;">-          48,0 kWh/m<sup>2</sup>/an</p>
<p style="text-align: justify;">Ces dernières données ne sont pas à négliger pour comprendre la situation énergétique et environnementale d’un pays industrialisé comme le Royaume-Uni, où 79% des foyers sont chauffés au gaz naturel. Le chauffage et l’eau chaude domestique comptent pour 85% de l’énergie consommée dans les habitations, ce qui représente 25% de la demande énergétique et 19% des émissions de dioxyde de carbone des anglais. À titre indicatif, la totalité des bâtiments consommerait 46% de l’énergie annuellement au Royaume-Uni.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Encore des efforts</strong></p>
<p style="text-align: justify;">BedZED est une véritable source d’inspiration et un exemple à suivre pour sa performance énergétique, sa gestion efficace de l’eau et sa gestion des matières résiduelles. BedZED a pu réduire considérablement l’empreinte écologique de ses occupants, les outillant par la même occasion, sans toutefois modifier leur style de vie. Malgré le tour de force réalisé à BedZED, BioRegional constate dans son rapport de mesure et vérification de 2007 que d’y habiter ne permet pas encore d’atteindre l’objectif du développement durable. En effet, l’empreinte écologique durable d’un humain devrait représenter l’utilisation des ressources de 2 hectares, soit l’équivalent d’une planète si tous les humains vivaient équitablement, et le résident exemplaire de BedZED atteint l’empreinte de 3 hectares. Il y a là matière à réflexion.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, il n’y a pas de logements disponibles à BedZED et la liste d’attente est longue…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Commentaire de l’auteur</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La prochaine fois que vous entendrez parler de bâtiment vert, dîtes-vous bien que nous en avons encore beaucoup à apprendre pour intégrer les impacts de notre mode de vie et assumer le véritable développement durable. Pour ce faire, <strong>l’habitation doit devenir plus qu’un simple bâtiment.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">HODGE, Jessica et HALTRECHT, Julia. BedZED Monitoring Report 2007, BioRegional Development Group, 44 p.</p>
<p style="text-align: justify;">LAZARUS, Nicole. Beddington Zero (Fossil) Energy Development, Toolkit for Carbon Neutral Developments – Part II, BioRegional Development Group, 51 p.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Interview with Bill McKibben of 350.org</title>
		<link>http://www.lepanoptique.com/sections/environnement/interview-with-bill-mckibben-of-350-org/</link>
		<comments>http://www.lepanoptique.com/sections/environnement/interview-with-bill-mckibben-of-350-org/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Dec 2009 05:10:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mark Brooks</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Entrevues / Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement / Environment]]></category>
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		<category><![CDATA[Bill McKibben]]></category>
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		<category><![CDATA[Kyoto Protocol]]></category>
		<category><![CDATA[post-carbon]]></category>
		<category><![CDATA[UNFCCC]]></category>

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		<description><![CDATA[As the world prepares for December’s United Nations Climate Change Conference in Copenhagen, I talked with Bill McKibben, author and founder of 350.org, an international climate campaign that helped organize events in countries around the [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>As the world prepares for December’s United Nations Climate Change Conference in Copenhagen, I talked with Bill McKibben, author and founder of <a href="https://exchange.mcgill.ca/owa/redir.aspx?C=6a68374763e54711a4892ca017b1c506&amp;URL=http%3a%2f%2f350.org" target="_blank">350.org</a>, an international climate campaign that helped organize events in countries around the world, including Canada, for the international day of action on climate change on October 24. In the interview, McKibben discusses the significance of 350 &#8211; what he describes as &laquo;&nbsp;the most important number in the world&nbsp;&raquo;. He also reflects on the current state of international climate negotiations leading up to Copenhagen and what it will take for nations to agree on a bold, global emissions reduction plan. This comes at a time when, given the extremely slow progress of recent negotiations, many observers have concluded that next month&#8217;s conference in Copenhagen will almost certainly not produce a new international agreement to replace the expiring Kyoto Protocol.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/350org/4009733897/" target="new"><img title=" Bill McKibben Portrait " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/decembre2009/bill1.jpg" alt=" Bill McKibben Portrait " /></a><br />
Nancie Battaglia,<br />
<em>Bill McKibben Portrait</em>, 2009<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>MB: What is 350.org?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">BM: 350 is the most important number in the world. James Hansen at NASA produced a paper saying that any amount of carbon in the atmosphere greater than 350 parts per million is not compatible with the planet on which civilization developed or to which life on earth is adapted. We’re already past 350 – we’re at 387 – and rising which is why the Arctic is melting; it’s why Australia is on fire; it’s why we’re seeing historic floods and so on.</p>
<p style="text-align: justify;">Our organization, 350.org, is planning  a huge global day of action on October 24 all around the world six weeks before the United Nations climate negotiations in Copenhagen. It’s going to be the biggest day of environmental action the world has ever seen.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>MB: What does the 350 ppm target mean in terms of the emissions reductions that will be required?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">It requires that we stand on the brakes and throw this whole system into reverse. Not a gradual braking to a halt but a squealing U-turn. It basically means weaning ourselves off fossil fuels by the middle of this century and we have got to leave most of the coal in the ground.</p>
<p style="text-align: justify;">I wrote the first book about this twenty years ago called The End of Nature, which isn’t particularly cheerful, but even then we didn’t understand quite how quickly we were going to need to move.</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/davesag/543705729/" target="new"><img title=" Carbon Planet - Ice Sculpture in Darling Harbour – 19" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/decembre2009/bill3.jpg" alt=" Carbon Planet - Ice Sculpture in Darling Harbour – 19" /></a><br />
Kirsten Spry, <em> Carbon Planet -<br />
Ice Sculpture in Darling Harbour – 19</em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>MB: Many scientists now think it is too late to stop global warming. Do you think that 350 is a realistic target and that we still have time?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">BM: It’s as realistic as we make it. It’s not that we’re going to stop global warming. We’re not. The question is whether we’re going to stop it short of some civilization-scale challenge or not and that’s an open question that will be decided in the next few years.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>MB: What needs to be done for us to get to 350 ppm?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">BM: The sine qua non is to get a price on carbon fast. If that price is stiff enough, then hopefully that will put market systems into action and we’ll see a large scale and rapid mobilization of resources. We also need quick investments by governments in clean energy research and direct regulation of some carbon sources like automobiles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>MB: How have we become so reliant on fossil fuels and why have we completely failed to address this problem so far?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">BM: Because fossil fuels were incredibly cheap and incredibly powerful. That’s why we’re rich in some of the ways and why we’re reluctant to let go. And of course there are also incredibly powerful vested interests that make unbelievable amounts of money. Exxon Mobil made more money last year than any company in the history of money. Hence the need for organizing.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>MB: Would you agree with Thomas Homer-Dixon when he says that “change of the magnitude we require happens only when we are galvanized by some kind of crisis or systemic breakdown”? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">BM: I think we have that now. What does it mean when the Arctic, which has been frozen for millions of years, melts? What does it mean when the government of Australia says we’re not going to call it a drought any longer because drought implies it might come to an end some day? We’re in that breakdown.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>MB: What would the implications of a post-carbon economy be for the tar sands in Alberta?</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/kapten/2746113491/ " target="new"><img title=" Copenhagen Central Space Station " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/decembre2009/bill4.jpg" alt=" Copenhagen Central Space Station " /></a><br />
Björn Söderqvist, <em> Copenhagen<br />
Central Space Station </em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">BM: We’ve got to leave coal in the ground and we’ve got to leave unconventional oil in the ground. The ecological cost of extracting that stuff is simply too high for the planet to bear. It’s not going to make Calgary oil executives happy but on the other hand it’s going to give Athabascan native people some chance of holding on to those landscapes where they have been for thousands of years.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>MB: So 350.org is helping people to plan events all over the world on October 24 including in Canada?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">BM: Yes, 350.org is not organizing events directly so it’s really an opportunity for people to get involved with initiatives that are already being planned or to start their own, large or small. And 350.org is the hub of all this. If there isn’t a rink someplace in Canada with 350 hockey players on it, I’ll be disappointed.</p>
<p style="text-align: justify;">We just passed the 1000 actions mark and we are now getting near to half the countries in the world participating. We need many, many more so go to 350.org and register an event and think creatively. It’s like a potluck supper. We’re setting the date and the theme but we need everybody else to do the cooking and we need them to start right away because there’s really not a moment to waste.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La gestion des ressources naturelles: défis et approches nouvelles</title>
		<link>http://www.lepanoptique.com/sections/environnement/la-gestion-des-ressources-naturelles-defis-et-approches-nouvelles/</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Apr 2009 21:59:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Véronique Landry</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond / Long articles]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement / Environment]]></category>
		<category><![CDATA[Formats]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Langue / Language]]></category>
		<category><![CDATA[Sections]]></category>
		<category><![CDATA[conservation]]></category>
		<category><![CDATA[ressources naturelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Les activités humaines empiètent sur la surface terrestre; les ressources sont extrêmement convoitées et la conservation de la biodiversité et des écosystèmes ne peut plus s’effectuer en vase clos. L’échelle de gouvernance, l’horizon temporel, le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Les activités humaines empiètent sur la surface terrestre; les ressources sont extrêmement convoitées et la conservation de la biodiversité et des écosystèmes ne peut plus s’effectuer en vase clos. L’échelle de gouvernance, l’horizon temporel, le rôle des institutions, les seuils limites sont, on le réalise, des éléments incompatibles avec la gestion des ressources naturelles telle qu’envisagée jusqu’à présent. Une multitude d’approches se sont d’ailleurs succédées au cours des trente dernières années. Confortées ou ébranlées par l’expérience et la recherche, elles ont évoluées et se transforment, mais continuent d’être questionnées. Et pour cause: les problèmes environnementaux sont de plus en plus résistants aux solutions(1).</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="env" src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/env1.jpg" alt="env" width="294" height="214" /><br />
Myyorgda, <em>Natural ressources extraction</em>, 2009<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">D’importants rapports ont jalonné l’histoire de la gestion des ressources naturelles et ont contribué à modifier notre perception de l’état de la situation environnementale. Au tournant des années 1970, c’est une prise de conscience de la finitude des ressources qui est soulevée par des ouvrages tels que Population Bomb(2) et The limits to grow(3). À la fin du XXe siècle, le constat selon lequel l’humain altère considérablement les écosystèmes est établi et l’on cherche, par le biais d’approches de gestion, de modèles et de techniques, des moyens d’assurer leur pérennité. Dans cette quête émerge une volonté d’équité quant à la redistribution des retombées engendrées par la gestion des ressources naturelles. Le fameux Rapport Brundtland(4) fait un pas en ce sens en assimilant la sphère sociale à celle environnementale. Le Millenium Ecosystem Assessment(5) comporte un chapitre concernant la vulnérabilité des populations dont la survie est intimement liée à la qualité de l’environnement. Parallèlement à ces rapport majeurs, ce sont des groupes minoritaires (ethniques, autochtones, femmes, etc.) revendiquant une place dans la gestion des ressources naturelles qui ont favorisé l’émergence de cette considération sociale. Et la participation de ces groupes ouvre sans contredit des pistes nouvelles pour la gestion des ressources naturelles. Avec cet objectif d’équité, la gouvernance habituelle et le rôle des institutions dans un domaine jusque là tenu et contrôlé par l’État sont remis en question.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Incompatibilités</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les approches de gestion ayant prévalues jusqu’à la fin du XXe siècle ont conduit à fragiliser davantage des écosystèmes déjà vulnérables(6). D’autre part, les sociétés ont accru leur dépendance aux ressources et les groupes minoritaires, marginalisés, ne bénéficient aucunement des retombées. Comment expliquer ces constats? Une partie de la réponse se trouve en regard de certaines incompatibilités entre les systèmes socio-économiques et écologiques(7). Des divergences qui obligent à revoir l’imbrication et les liens entre ces ensembles.</p>
<p style="text-align: justify;">La première incongruité est spatiale et scalaire. C’est en partie ce qui pousse à remettre en question le pouvoir de gérer le bien commun, entre les mains de l’État, propriétaire des terres et des ressources. L’échelle écosystémique locale comme échelle spatiale de référence pour la gestion des ressources naturelles est celle retenue par plusieurs institutions telles que l’Unesco et le Millenium Ecosystem Assessment. Ce niveau d’échelle est d’abord promût par le fait qu’il se définisse par une entité géographiquehomogène (il va sans dire, de taille très variable). De surcroît, ce sont les interactionsexistant entre les êtres vivants et leur environnement qui déterminent la dynamique de cette échelle de référence.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, la gestion de la biodiversité nécessite de connaître et decomprendre, au moins partiellement, les interactions écologiques ainsi que les interactionssociété-nature pour pouvoir les gérer. L’identification de ces interactions ne peut être réaliséequ’à partir d’une perception locale – ou écosystémique – des dynamiques en jeu, c’est-à-dire àl’échelle de la perception humaine. En effet, même si le traitement des grands nombres permetd’identifier des corrélations statistiques entre différents paramètres à de larges échellesspatiales, la réalité des interactions décrites est locale.(8)</p>
<p style="text-align: justify;">Aussi, notre horizon temporel est restreint et permet difficilement d’envisager des solutions durables engagées dans la viabilité des écosystèmes et de la biodiversité pour les générations à venir. D’emblée, notre propre durée de vie d’humain biaise notre vision. Aussi, le court horizon temporel politique déterminé par une élection à tous les quatre ans permet difficilement d’engager des actions sur le long terme.</p>
<p style="text-align: justify;">Une incompatibilité est également générée par une vision sectorielle et verticale. L’intégration de multiples données est ardue quand chacun se cantonne dans sa propre discipline, enclavé dans sa science. S’il est vrai que l’interdisciplinarité est maintenant valorisée, c’est que l’intégration de diverses sources de savoirs a fait ses preuves en ce qui concerne les approches de gestion équitable axée sur la viabilité des écosystèmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, les incongruités se prolongent également au niveau fonctionnel et institutionnel. Comme il est rare que les limites territoriales et administratives soient définies à partir la géographie du paysage naturel, elles constituent souvent une aberration pour créer un plan de gestion ou un aménagement durable. Il importe donc de surpasser ces logiques qui génèrent une gestion administrative et sectorielle. De surcroît, en l’absence d’une délimitation cohérente du territoire (sur les plans géographiques, culturels et paysagers), non seulement les différentes politiques publiques perdent de l’efficacité, mais aussi la population locale, tant citoyens qu’élus, se trouve enfermée dans une logique verticale et fragmentaire, alors que d’importantes problématiques appellent davantage à une approche globale. Au final, tous se désengagent des enjeux locaux tels que la qualité de vie et la santé environnementale(9).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une nouvelle gouvernance</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est donc ce qui pousse à redéfinir le rôle des institutions. L’État hésite à partager son pouvoir, mais on assiste, progressivement, à l’émergence de nouvelles perspectives dans lesquelles les pôles de décisions sont (dans une certaine mesure) partagés avec des acteurs locaux. Aujourd’hui, on mise davantage sur une collaboration nuancée par les caractéristiques et les besoins du milieu. L’État devient un partenaire de gestion. Cela fait appel à des modes de décisions consensuels où ce dernier n’est plus l’unique responsable de la régulation et du contrôle. La légitimité et l’imputabilité des organes de gestion demeurent l’une des zones grises de ce partage de pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette nouvelle gouvernance décentralisée questionne la participation citoyenne, la consultation, la concertation, la négociation et la prise de décision. On constate donc un avantage démocratique lorsque la ressource se situe sur un territoire cohérent(10); cela défie les limites politico-administratives et oblige à se mobiliser autour de problématiques communes de développement socio-économique, d’enjeux culturels ou relatifs au milieu naturel. La question de la confiance mutuelle et de la relation entre les acteurs est fondamentale en ce sens. Divers acteurs (citoyens, groupes minoritaires, industriels, élus, instances gouvernementales, etc.) aux intérêts divergents et même souvent contradictoires, doivent s’entendre. C’est, il va sans dire, l’un des grands défis de la gestion des ressources naturelles. Mais le territoire possède cet avantage inhérent d’être mobilisateur, de susciter un sentiment d’appartenance, et «de conduire des acteurs même socialement opposés à travailler ensemble et à se structurer de façon systémique»(11).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lier les systèmes écologiques et les systèmes socio-économiques</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les approches émergentes tentent de lier les systèmes écologiques et les systèmes socio-économiques autrement que dans le concept du développement durable. L’évaluation environnementale stratégique (en tant que démarche de planification suscitant la participation citoyenne) et l’intégration de critères et d’indicateurs sociaux (tel qu’utilisés en cogestion adaptative pour mesurer la satisfaction des acteurs à l’égard de la gestion des ressources) permettent cette intégration de façon plus concrète. Elles se basent sur l’appartenance des acteurs au territoire, sur la reconnaissance que l’histoire et la culture peuvent générer une autorégulation pour la gestion des ressources.</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque situation comporte ses particularités et nécessite son propre modèle. Le défi commun est sans doute d’arriver à lier ces systèmes complexes. Plusieurs incompatibilités les éloignent, mais des similitudes les relient. Certains effets rétroactifs, difficiles à prévoir, sont susceptibles de produire des changements irréversibles de part et d’autre; c’est pourquoi les principes de gestion qui les dictent se doivent d’être adaptables, souples et résilients. Une résilience favorisée par leurs compositions respectives d’une multitude de sous-systèmes. Et finalement, tant dans le système socio-économique qu’écologique, une connaissance contextuelle et historique permet de bien saisir les dynamiques en cours.</p>
<p style="text-align: justify;">Les approches de gestion des ressources naturelles se sont donc, au cours des trente dernières années, territorialisées. L’ancrage est géographique; le territoire, les ressources présentes et les acteurs incarnent un ensemble ayant à définir son propre modèle tout en demeurant en lien avec les processus globaux. Le défi d’en arriver à une gestion des ressources naturelles à la fois durable et équitable impose maintenant d’intégrer l’humain aux modèles conceptuels (plutôt que de traiter ce dernier comme extérieur au système de gestion ou pire, d’occulter sa présence). N’est-ce pas cette omission qui nous a conduits à l’état actuel de dégradation environnementale?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) BERKES, F., J. Colding, and C. Folke (2003). Navigating social-ecological systems: Building resilience for complexity and change. Cambridge University Press, Cambridge, UK. 393 p.<br />
(2) EHRLICH, Paul R. (1968). The Population Bomb, Ballantine Books, États-Unis, 201 p.<br />
(3) MEADOWS, D., (1972). «The limits to growth», New York, Universe Books, 1974, 205 p.<br />
(4) BRUNDTLAND, G. (1987). Notre avenir à tous, Rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développementde l’ONU, 318 p.<br />
(5) TABLE DE TRAVAIL MA (2005). The Millennium ecosystem assessment, Island Press.[En ligne].<br />
(6) HOLLING, C.S. (1986). The resilience of terrestrial ecosystems; local surprise and global change. W.C. Clark and R.E. Munn (eds.), Sustainable Development of the Biosphere, Cambridge University Press, Cambridge, U.K. Chap. 10, 292-317.<br />
(7) FRÉCHETTE, A. (2009). Évolution des systèmes de gestion et les défis de la congruence. Présentation dans le cadre du cours ENV-7140: Principes de gestion intégrée, Département des sciences de l&#8217;environnement, UQAM.<br />
(8) LEVREL, H. (2007). Quels indicateurs pour la gestion de la biodiversité? Paris, Institut français de la biodiversité 99 pages.<br />
(9) ALLIE, L. (2006). Des parcs naturels habités au Québec? Une comparaison inspirée des parcs naturels régionaux français. Inégalités, démocratie et développement, Des enjeux pour la gouvernance des territoires locaux et régionaux. ARUC-ÈS-CRDT-GRIDEQ-GRIR. Rimouski, 303-320.<br />
(10) Par «territoire cohérent» ALLIE, L. Ibid. fait référence à: «(…) un espace de vie collectif partagé et reconnu comme tel qui s’accompagne d’une culture identitaire forte.»<br />
(11) KLEIN, J.-L. (1997) dans KLEIN, J.-L. (2006). De l&#8217;initiative locale au développement territorial: une perspective synthétique. Inégalités, démocratie et développement, Des enjeux pour la gouvernance des territoires locaux et régionaux. ARUC-ÈS-CRDT-GRIDEQ-GRIR. Rimouski, p.153-164.</p>
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		<title>Ils ont marché sur la lune</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Mar 2009 22:25:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Kuzyk</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Environnement / Environment]]></category>
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		<description><![CDATA[Comment se porte le monde? Déforestation, érosion des sols, alimentation, changements climatiques, inégalités sociales, approvisionnement en eau, population, énergie, urbanisation, biodiversité, que penser? Alors que les catastrophistes annoncent la fin du monde, les optimistes technologiques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><span>Comment se porte le monde? Déforestation, érosion des sols, alimentation, changements climatiques, inégalités sociales, approvisionnement en eau, population, énergie, urbanisation, biodiversité, que penser? Alors que les catastrophistes annoncent la fin du monde, les optimistes technologiques nous rassurent et nous préviennent contre la litanie écologiste qui pourrait être un frein au progrès techno-scientifique. Si catastrophisme et rationalité ne vont pas toujours de pair, optimisme et science ont bien souvent trop peu en commun…</span></strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="Hurricane  season, BostonBill, 1935" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/47/env.jpg" alt="Hurricane  season, BostonBill, 1935" /><br />
<em>Hurricane  season, BostonBill, 1935</em><br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Le 20 janvier dernier aura finalement été une journée comme les autres. Car tout comme les crises énergétiques des années 1970 servirent d’argument à un nouveau libéralisme pour repousser les critiques à la croissance effreinée des trentes glorieuses, la crise actuelle, résultat de ce néolibéralisme, est l’occasion de «poser de nouvelles fondations pour la croissance(1)». Le président Obama maintient le leitmotiv aujourd’hui universel de la croissance salvatrice et précise que «la question n’est pas de savoir si le marché est une force pour le bien ou le mal(2)», mais (au sujet de l’environnement) d’«exploiter les énergies solaire, éolienne et géothermique pour faire rouler les automobiles et tourner les usines(3)».</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut assurément se réjouir de son intérêt pour les énergies renouvelables, mais son soutien à la consommation et à la fuite en avant du progrès techno-scientifique, solutions de marché à la crise du marché, ne peuvent que laisser amer. Certains pourraient féliciter sa remise en cause du mode de vie des Américains lorsqu’il est question de l’utilisation irréfléchie des ressources de la planète, mais ce serait oublier l’histoire: les problèmes de rareté des ressources sont trop souvent résolus grâce au calcul économique. Enfin, la réduction des autres grandes questions environnementales à un simple problème énergétique rappelle le pouvoir des boîtes à penser («think tanks») dans les opinions des décideurs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le cas Lomborg </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le meilleur exemple actuel est celui de Bjørn Lomborg et de la  publication en 2001 de son livre <em>The  skeptical Environmentalist</em>, un ouvrage de 515 pages, dont 2930 notes, écrit en un an et demi(4). Le livre est bien écrit et bien présenté. Sa struture et son style le rendent attractif. Il s’agit pour Lomborg de revoir des données factuelles et statistiques provenant d’organismes publics, de scientifiques académiques, ainsi que de certaines associations environnementale, dont le World Watch Institute, enfin, ce qu’il appelle la litanie. Il fait ainsi un portrait des sciences de l’environnement à partir de quelques auteurs dont les écrits sont reconnus par plusieurs pour être erronés ou exagérés et déclare que toute cette science est dans l’erreur(5). Les sujets sont analysés au moyen de sources bien sélectionnées qui indiquent que le problème est inexistant (diminution de la fertilité masculine), surestimé (réduction de la superficie des forêts, perte de la biodiversité) ou trop coûteux (changements climatiques). La solution se trouverait dans le développement économique et technique(6). Non seulement l’état de l’environnement s‘améliore dans toutes les plus grandes problématiques actuelles (épuisement des ressources naturelles, insuffisance de production alimentaire, disparition des forêts, érosion des sols, baisse de la biodiversité, changements climatiques, pollution chimique), mais il s’améliore indépendamment des études scientifiques, des avertissements des environnementalistes, de la perséverance des communicateurs, des actions politiques, des réglementations, des ministères de l’environnement! Le monde va mieux parce que c’est comme ça, ou parce qu’il n’a peut-être jamais été vraiment mal.</p>
<p style="text-align: justify;">Ancien membre de Greenpeace, Lomborg enseigne la statistique dans un département de sciences politiques au Danemark, et avoue ne pas être spécialiste de l’environnement. Il doit son illumination à la lecture de <em>The Ultimate Resource</em> de Julian Simon(7)  qui critiquait la littérature catastrophiste des années 1970 (<em>The Population Bomb</em> de Paul Ehrlich, <em>The</em> <em>Limits  to Growth</em> de l’équipe Meadows) et annonçait que l’environnement allait pour  le mieux:</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>«Les conditions matérielles de la vie vont continuer à s’améliorer pour la majorité, dans la plupart des pays, la plupart du temps, indéfiniment. Dans un siècle ou deux, toutes les nations et la majorité de l’humanité aura un niveau de vie similaire ou supérieur à celui des pays de l’Ouest.(8)»</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Et Lomborg termine ainsi son ouvrage:</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>«Ainsi, tel est le message même de ce livre: les enfants nés aujourd’hui, tant dans le monde industrialisé que dans les pays en développement, vivront plus longtemps et seront en meilleure santé, recevront plus de nourriture, une meilleure éducation, auront un niveau de vie plus élevé, plus de temps libres et davantage de possibilités, sans que l’environnement ne soit détruit.(9)»</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le livre de Lomborg a reçu des critiques fortement partagées. Le  contraste était net entre les journaux d’information tel <em>The Economist</em>, le <em>London  Observer</em> , le <em>London Times</em>, le <em>New York Times</em> et le <em>Washington Post</em> qui ont encensé <em>The Skeptical Environmentalist</em>(10), et  la littérature scientifique, dont <em>Nature,  Science, Climate Policy</em> et <em>Conservation  Biology</em>, qui le fustigèrent. Une série d’articles dévastateurs fut publiée  dans <em>Scientific American</em> concernant l’énergie, les changements climatiques, la biodiversité et la population(11). Ailleurs, Michael Grubb, un économiste réputé du domaine des changements climatiques, était contrarié par la sélection très arbitraire des sources et surtout par le déni de l’important rôle joué par les réglementations dans l’amélioration de la qualité de l’environnement(12). Qu’est-ce qui explique la publication d’un tel livre par un prestigieux éditeur membre de la communauté académique? Il faut savoir que <em>The Skeptical Environmentalist</em> se retrouve dans la collection des sciences sociales, section économie. Le livre n’aurait donc reçu aucune révision par les pairs pour vérifier la fiabilité des données relatives aux sciences naturelles(13).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour une généralisation  de l’optimisme des décideurs</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le résultat d’un ouvrage comme celui de Lomborg est la déformation des données scientifiques auprès des grands médias, dont Claude Allègre dans <em>L’Express</em> qui applaudit la conclusion  claire et convaincante de Lomborg(14), ou Michel Godet dans <em>Le Monde</em> qui use de méthodes de discréditation absentes de toute subtilité en disqualifiant la recherche scientifique («la force du consensus est aveugle», «informations molles», «projets idéologiques») et en traitant indistinctement les écologistes de terroristes, d’intégristes ou de Khmers verts(15). Ironiquement, Godet semble bien au courant des réserves de pétrole (sujet aux données tout aussi variables que celles des changements climatiques) ou des niveaux de CO2 au Moyen-Âge!</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’est-ce qui peut bien expliquer ces visions aux antipodes l’une de l’autre? Il apparaît invraisemblable que tant d’études effectuées par des hommes et des femmes d’horizons si différents soient ignorées à la faveur de quelques centaines de pages noircies par un novice. Godet le résume en une phrase: «l’application maximaliste pourrait s’avérer dangereuse et être un frein à l’innovation(16)». En d’autres termes, il faut réduire le pouvoir de l’État et de ses mesures légales contraignantes pour le développement (principe de précaution), peu importe le risque (les OGM) ou le danger (le nucléaire), car il faut favoriser la croissance économique de la nation dans un monde libre (un marché libre). Les propos de Godet sont sans équivoque, l’environnement ne doit pas être un frein à la croissance économique. Et s’il est cité avec force ici, c’est que son propos représente admirablement bien ce qui a débuté peu après la publication du rapport de la commission Paley en 1952, alors mandatée par le président Truman, pour étudier la question de la rareté des ressources à long terme.</p>
<p style="text-align: justify;">Une des premières réponses des économistes fut la création du think tank «Resources for the Future» financé par la Fondation Ford et dont la première publication fut un recueil statistique justifiant l’augmentation de la disponibilité des ressources par la baisse du prix de leur exploitation(17). Comme en 1963, les conclusions des études d’aujourd’hui sont explicites: les ressources naturelles à exploiter ne deviennent pas plus rares(18) et les solutions pour réduire la pauvreté et donc améliorer la qualité de l’environnement sont la libéralisation du commerce(19) et la technologie(20). Que de bonnes nouvelles pour les grands donateurs corporatifs comme Chevron, Exxon/Mobil, Chrysler, Toyota, Dow Chemical Company, Cogentrix et plusieurs autres(21)! Si la guerre contre le terrorisme écologique de Godet peut sembler excessive, il faut voir l’intervention du président Tchèque Václav Klaus au Cato Institute de Washington (dont Julian Simon était membre) pour apprécier la gravité du sentiment néolibéral envers les environnementalistes. Ainsi, après l’éloge du libre-échange, Klaus élabore sur les principales menaces de notre ère avec en troisième position… l’environnementalisme(22).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et l’état de la  planète? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La question n’est pas simple. Il est tout de même possible de dessiner le futur selon les visions de l’optimiste technologique ou du catastrophiste. Elles sont alors facilement imaginables: d’un monde aux ressources infinies où les voyages interstellaires ne sont qu’une question de temps, on passe au chaos social causé par la chute des économies privées des ressources pour les alimenter. Les totalitarismes du XXe siècle ne sont pas que des fautes qui ne se reproduiront plus, le regain des extrémismes nationalistes, religieux et racistes en témoignent. La crainte de catastrophes climatiques, de pénuries alimentaires, la frustration des inégalités croissantes, sont tous des signes de conflits potentiels. Ah! Que voilà un excellent argument en faveur d’une politique militariste!   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) Traduction libre de «to lay a new foundation for growth», dans OBAMA, Barack, «Inaugural address of President Barack Obama», The Guardian, Tuesday 20 January 2009.<br />
(2) Traduction libre de «Nor is the question  before us whether the market is a force for good or ill», <em>Ibid</em> OBAMA.<br />
(3) Traduction libre de «We will harness the  sun and the winds and the soil to fuel our cars and run our factories», <em>Ibid</em> OBAMA.<br />
(4) Lomborg, Bjørn, The Skeptical Environmentalist: measuring the real state of the world, Cambridge, Cambridge University Press, 2001, 515 p.<br />
(5) Grubb,  M., «Relying on Manna from Heaven?» Science, vol. 294,  2001, p. 1285-1286.<br />
(6) Zaccaï, E., Goor, F., et Kestemont, B., «Quelle importance à l’environnement? Enseignements du cas Lomborg», Natures Sciences Sociétés, vol. 12, 2004, p. 42-49.<br />
(7) Simon,  Julian, The Ultimate Resource, Princeton, Princeton University Press, 1981, 418  p.<br />
(8) Traduction libre de «The material conditions of life will continue to get better for most people, in most countries, most of the time, indefinitely. Within a century or two, all nations and most of humanity will be at or above today’s Western living standards.» par <em>Ibid</em>, dans Norgaard, R. B. «Optimists, Pessimists, and Science»,  Bioscience, vol. 52, n°3, 2002, p.287-292.<br />
(9) Traduction libre de «Thus, this is the very message of this book : children born today – in both the industrialized world and developing countries – will live longer and be healthier, they will get more food, a better education, a higher standard of living, more leisure time and far more possibilities – without the global environment being destroyed.» par Lomborg <em>op cit</em>, dans NORGAARD, <em>Ibid</em>.<br />
(10) NORGAARD,<em> Op cit</em>.<br />
(11) Respectivement: Holdren, J. P., «Energy: Asking the Wrong Question», Scientific American, vol. 286, n°1, 2002, p. 65-67; Schneider, S., «Global Warming: Neglecting the Complexities», Scientific American, vol. 286, n°1, 2002, p. 62-65; Lovejoy, T., «Biodiversity: Dismissing Scientific Process», Scientific American, vol.286, n°1, 2002, p. 69-72; Bongaarts, J., «Population: Ignoring its Impact», Scientific American, vol. 286, n°1, 2002, p. 67-69.<br />
(12) GRUBB, <em>op  cit</em>.<br />
(13) NORGAARD, <em>op cit<br />
</em>(14) Allègre, Claude,  «Écologie – L’état de la planète ou la conscience sans la science»<br />
L’Express, 22 août 2002.<br />
(15) Godet, Michel, «Peut-on développer durable? L’application maximaliste du principe de précaution pourrait être un frein à l’innovation», Le Monde, jeudi 13 décembre 2007, p. 20.<br />
(16) GODET, <em>Ibid</em>.<br />
(17) Barnett, H. and Morse, C., Scarcity and Growth: The Economics of Natural Resource Availability, Baltimore, Johns Hopkins University Press for Resources for the Future, 1963, 350 p.<br />
(18) Krautkraemer,  J. A., «Economics of Natural Resources Scarcity: The State of the<br />
Debate», Resources for the Future, Discussion  Paper 05-14, 2005.<br />
(19) Margolis,  M., «The Impact of Trade on the Environment», Resources for the Future, Issue  Brief 02-28, August, 2002.<br />
(20) Simpson,  R. D., «Mother Nature Necessitates invention», Resources for the Future, Issue  135, 1999, p. 5-8.<br />
(21) Resources for the Future, Annual Report 2007, Washington, Resources for the<br />
Future, 2007.<br />
(22) Klaus, V., «Environmentalism and Other Challenges of the Current Era», Cato Institute, Economic Development Bulletin n°10, april 20, 2007.</p>
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		<title>L’eau et le conflit israélo-palestinien</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Feb 2009 23:46:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nayla Naoufal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans le conflit israélo-palestinien, l’eau semble à la fois un enjeu important et un dommage collatéral. Les politiques hydriques israéliennes dans les Territoires Palestiniens Occupés et le conflit entraînent des impacts nuisibles sur les ressources [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Dans le conflit israélo-palestinien, l’eau semble à la fois un enjeu important et un dommage collatéral. Les politiques hydriques israéliennes dans les Territoires Palestiniens Occupés et le conflit entraînent des impacts nuisibles sur les ressources en eau partagées et ne font qu’exacerber les hostilités. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img title="paradise, Toulouse" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/46/env2.jpg" alt="paradise, Toulouse" /><br />
simonsterg, <em>paradise, Toulouse</em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Les Territoires Palestiniens comportent cinq sources principales d’eau: en Cisjordanie, le fleuve du Jourdain en surface et trois nappes phréatiques; dans la bande de Gaza, la nappe côtière. Or, depuis l’occupation de la Cisjordanie par l’armée israélienne à l’issue de la guerre des Six Jours en 1967, les Palestiniens ne peuvent plus accéder au fleuve du Jourdain. Pour satisfaire leurs besoins en eau, ils disposent uniquement d’une quantité limitée provenant des nappes phréatiques et des sources, de la collecte des eaux de pluie grâce à des réservoirs sur les toits des habitations, des eaux usées recyclées sans traitement et des camions-citernes venant d’Israël. À l’inverse, les Israéliens sont les uniques utilisateurs du fleuve du Jourdain et les principaux exploitants des nappes phréatiques cisjordaniennes. <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">En effet, les Palestiniens ne disposent que de 20% des nappes phréatiques en Cisjordanie(1), qui se trouvent sur des terres contrôlées actuellement à la fois par Israël et par l’Autorité Palestinienne. L’État israélien puise l’eau des nappes phréatiques à travers des puits localisés dans les Territoires Palestiniens et le long de la ligne verte (frontières internationalement reconnues d’Israël datant de l’armistice de 1949). En raison du sens de l’écoulement des eaux des nappes phréatiques cisjordaniennes et gaziote(2), Israël a décidé de contrôler l’exploitation de ces eaux en amont et donc de limiter la construction des puits par les Palestiniens.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès 1949, l’État hébreu a commencé à réduire le développement des puits en Cisjordanie, alors sous administration jordanienne, et à intensifier son exploitation des ressources hydriques(3). Immédiatement après la guerre des Six Jours en 1967(4), l’armée israélienne a détruit 140 pompes hydriques palestiniennes dans la vallée du Jourdain. Les terres et les fermes des Palestiniens situées le long de la rive occidentale du fleuve du Jourdain ont été confisquées, leurs habitants ont été empêchés d’y retourner et la région déclarée zone de sécurité militaire(5). <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Peu de temps après l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, l’armée israélienne a imposé de nombreuses ordonnances militaires portant sur le contrôle de l’eau. Notamment, l’ordonnance n°92, datant d’août 1967, a fait en sorte que l’eau dans les Territoires Occupés soit considérée comme «ressources stratégiques sous contrôle militaire»(6). D’autres ordonnances militaires ont mis en place de nombreuses restrictions visant les Palestiniens(7): interdiction de forer de nouveaux puits sans l’autorisation préalable des autorités militaires, expropriation de puits et de sources appartenant à des Palestiniens dits absents, fixation de quotas de prélèvement et mise en place de mécanismes pour contrôler l’exploitation palestinienne de l’eau, amendes sanctionnant sévèrement les dépassements des quotas, etc.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un contrôle israélien total sur l’eau des territoires  palestiniens </strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’ordonnance militaire n°158  du 30 octobre 1967 «<em>interdit à quiconque de mettre en œuvre ou détenir des installations hydrauliques sans avoir préalablement obtenu une autorisation auprès du commandement militaire</em>»(8). Depuis, les commandants militaires israéliens peuvent refuser d’accorder un permis d’infrastructure hydraulique à un Palestinien dans les Territoires Occupés sans justifier leur décision et le traitement d’une telle requête peut prendre un an(9). De plus, les Palestiniens peuvent seulement creuser jusqu’à 140 mètres. À l’inverse, les puits des colons peuvent avoir une profondeur de 800 mètres, et utilisent l’épaisseur entière des nappes phréatiques. Ils sont  ainsi plus efficaces et plus puissants(10). Entre 1967 et 1996, seulement 34 permis domestiques ont été accordés aux Palestiniens. Très peu d’autorisations ont vu le jour depuis. De même, trois permis agricoles ont été accordés depuis 1967. Ces ordonnances militaires ont été suivies de nombreuses autres jusqu’en 1991, aboutissant à un contrôle israélien complet sur les ressources hydriques situées dans les Territoires Palestiniens(11). <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le mur de séparation construit par l’Etat hébreu dans les Territoires Palestiniens permet également de contrôler l’accès aux eaux souterraines. En confisquant ou en isolant des terres et des propriétés, ce mur entraîne une destruction des puits ainsi que des infrastructures et empêche l’accès des Palestiniens au fleuve du Jourdain(12). Toutes ces mesures de contrôle de l’exploitation de l’eau en amont permettent de maintenir l’écoulement d’eau vers les puits israéliens situés le long de la ligne verte et vers les autres points d’extraction dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quant au système de distribution d’eau des Palestiniens, il est connecté à celui des colonies israéliennes depuis l’occupation de la Cisjordanie en 1967. En fait, que ce soit en Cisjordanie ou dans la Bande de Gaza, les Palestiniens sont approvisionnés de manière intermittente, à raison de deux fois par semaine, pendant une durée de deux à trois heures. Pendant les pénuries hydriques, par exemple lors des sécheresses, l’opérateur israélien arrête l’approvisionnement palestinien, mais pas celui des colonies(13). Par ailleurs, les conduits qui approvisionnent ces dernières sont de diamètre beaucoup plus important et leurs réservoirs plus grands que les conduits et les réservoirs cisjordaniens et gaziotes(14). <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’eau, un dommage collatéral</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Conséquence des politiques hydriques israéliennes, les colons consomment quatre à six fois plus d’eau que les Palestiniens dans les Territoires Occupés(15). Non seulement y a discrimination entre colons et palestiniens au sujet de la consommation en eau, mais il y aussi discrimination en ce qui concerne la facturation. En raison de subventions et de tarifs agricoles avantageux, les colons paient trois à cinq fois moins cher l’eau que les Palestiniens, selon l’usage, domestique ou agricole(16). Cette différence de facturation est rendue possible par la facturation des colonies par Mekorot, la compagnie d’eau israélienne, tandis que les Palestiniens paient l’eau à leur Département d’Eau.</p>
<p style="text-align: justify;">Le conflit et l’occupation de la Cisjordanie contribuent à dégrader des ressources en eau partagées, dont ont grand besoin Israéliens et Palestiniens, qui se trouvent tous deux en situation critique de stress hydrique. Le dense réseau de puits mis en place par les Israéliens le long de la ligne verte et à l’intérieur de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza est si profond et puissant qu’il génère non seulement un assèchement des sources et des puits palestiniens à proximité, mais aussi une baisse de la qualité de l’eau. En 2007, les trois nappes cisjordaniennes étaient déjà surexploitées, à 25% pour les bassins Oriental et du Nord-Est et à 75% pour l’aquifère Occidental. Quant à l’aquifère de Gaza, il est d’ores et déjà infiltré par l’eau de mer et très pollué par les nitrates.</p>
<p style="text-align: justify;">À la fois les Palestiniens et les colons déversent une grande partie de leurs eaux usées et de leurs déchets sans traitement dans la nature, générant une pollution des eaux souterraines partagées. À cause de la situation de conflit, la plupart des projets de coopération internationale visant à mettre en place des infrastructures hydrauliques ont été suspendus ou annulés. Dans le cas des projets de traitement des eaux usées, par exemple, les difficultés de mise en place sont liées notamment à la restriction de la capacité de mouvement des experts et de l’équipement, à l’absence de coordination entre toutes les parties prenantes, au manque de coopération des autorités militaires israéliennes, à la faiblesse des institutions palestiniennes et à la volonté des pays donateurs de suspendre les travaux jusqu’à ce que le conflit soit terminé, pour éviter des coûts supplémentaires(17).<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Surtout, le conflit et l’occupation affectent beaucoup la qualité et la quantité de l’eau dont disposent les Palestiniens. Depuis 1967, les infrastructures hydrauliques en Cisjordanie se sont détériorées et ont très peu été remplacées. Par conséquent, le service de distribution d’eau est inefficace et peu fiable puisqu’il comporte 25 à 40% de fuites(18). En outre, l’intermittence du système de distribution palestinien provoque une dégradation de la qualité de l’eau, alors que les colonies israéliennes sont approvisionnées de manière continue, avec une eau de bonne qualité. <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’eau, un enjeu majeur du conflit israélo-palestinien </strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs villages palestiniens ne sont mêmes pas raccordés au système de distribution d’eau et sont très dépendants des camions-citernes et des pluies. C’est le cas pour 20% de la population en Cisjordanie selon B’Tselem, le Centre Israélien d’Information sur Les Droits Humains dans les Territoires Occupés. Or, la qualité de l’eau acheminée par camions-citernes est altérée par les longues attentes aux barrages militaires israéliens et par les grands trajets occasionnés par les routes de contournement, résultat notamment du mur de séparation. Force est donc de constater que la question de l’eau est étroitement liée au conflit israélo-palestinien, puisqu’elle constitue un enjeu important de ce dernier, tout en étant affectée par lui. D’ailleurs, en raison d’une grande sécheresse en 2008, les Palestiniens en Cisjordanie ont épuisé toutes leurs réserves, à la suite d’un manque de pluie et de la réduction de l’approvisionnement par les Israéliens de 20 à 30%(19). <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Selon les chercheurs canadiens Arsenault et Green, l’État hébreu ne compte pas se retirer de certaines parties des Territoires Palestiniens afin de conserver l’accès à l’eau, malgré le coût économique et politique de l’occupation(20). Les grandes colonies en Cisjordanie auraient été implantées de manière à pouvoir contrôler l’exploitation de l’eau. Or, les Palestiniens ont conscience du rôle joué par les ressources hydriques dans l’occupation. Les politiques hydriques de l’État hébreu contribuent à renforcer le sentiment de spoliation et d’injustice des Palestiniens et ne font qu’exacerber le conflit déjà existant. L’eau, étroitement liée à l’agriculture et très présente dans les textes religieux, touche aussi à l’attachement à la terre et est intrinsèquement identitaire et symbolique aux yeux des Palestiniens et des Israéliens. <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La question du contrôle de l’eau doit donc impérativement être prise en compte dans la résolution du conflit. Grande absente des négociations, elle ne pourra être réglée que par une entente politique équitable attribuant des droits aux Palestiniens en matière de terre et d’eau et par une coopération israélo-palestinienne autour de la gestion des ressources. Le règlement de cette dispute hydro-politique devra faire appel à des solutions technico-commerciales, telles que le dessalement, la mise en place d’un marché de l’eau, le recyclage des eaux usées, une nouvelle politique de prix reflétant le coût réel de l’eau, etc. En particulier, des interventions éducatives, au travers de projets concrets réunissant Palestiniens et Israéliens, permettraient de créer un dialogue autour de l’eau, d’apprendre à coopérer et à échanger, voire à percevoir l’autre camp différemment. Certains chercheurs et certaines ONG l’ont compris avant l’heure. À titre d’exemple, l’ONG israélo-jordano-palestinienne <em>Friends of the Earth Middle East</em>, s’est donnée pour mission de promouvoir au Moyen-Orient à la fois la paix et la protection de l’environnement, inextricablement liées aux yeux de l’organisation, et met en place des projets en ce sens. Seulement, pour assurer l’efficacité de telles interventions éducatives, un changement structurel et une entente politique sont indispensables au préalable. <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les Israéliens et les Palestiniens partagent le même environnement, des ressources hydriques et des problèmes environnementaux similaires, en particulier le manque d’eau. La construction d’un dialogue autour de l’environnement et la mise en place de projets véritablement partagés et collaboratifs pourrait contribuer à une entente politique, et s’avèrent à tout le moins nécessaires à la préservation des eaux souterraines, dont la dégradation supplémentaire ne fait qu’aggraver le conflit existant.<strong> </strong> <strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1)Lasserre, F.  (2002b). Les eaux de la Terre  sainte Le bassin du Jourdain au cœur de vives convoitises. <em>In</em> Lasserre,  F. et Descroix, L. (ed): <em>Eaux et territoires Tensions, coopération et  géopolitique de l’eau</em> (p. 211-228). Sainte-Foy: Presses de l’Université du  Québec, p. 224<br />
(2)Quelques 90% des aires de recharge des aquifères (où les pluies s’infiltrent principalement et s’accumulent sous terre) sont situées en Cisjordanie. Les eaux des aquifères du Nord-Est et Occidental s’écoulent vers des aires situées en dehors de la Cisjordanie, en Israël. Quant à l’aquifère Oriental, le flux de ses eaux est dirigé vers la Vallée du Jourdain et la Mer Morte.<br />
(3)   ALIEWI, A. et  ASSAF, K. (2007). Shared management of Palestinian and Israeli groundwater resources: a  critical analysis. <em>In</em> Shuval, H. et Dweik, H. (ed): <em>Israeli-Palestinian  water issues – from conflit to cooperation </em>(p. 17-32)<em>.</em> Berlin: Springer, p. 17.<br />
(4) Cette guerre entre l’État hébreu et les pays arabes limitrophes modifie profondément les frontières: Israël quadruple la superficie de son territoire et occupe la bande de Gaza, la Cisjordanie, Jérusalem Est, le Sinaï égyptien (qui sera rendu à l’Égypte lors du traité de paix israélo-égyptien en 1979), le plateau syrien du Golan et le Sud Liban (d’où Israël s’est retiré en 2000 en conservant toutefois les fermes de Chebaa). Parmi les 250 000 Palestiniens de Cisjordanie qui se sont réfugiés en Jordanie en juin 1967, seuls quelques milliers seront autorisés à revenir.<br />
(5)   HADDAD, M. (2007). Politics and water management: a  Palestinian perspective. In Shuval, H. et Dweik, H. (ed): <em>Israeli-Palestinian  water issues – from conflit to cooperation</em> (p. 40-52). Berlin: Springer, p. 44<br />
(6)<em>Ibid<br />
</em>(7)SIRONNEAU,  J. (1996). <em>L’eau: nouvel enjeu stratégique mondial. </em>Paris: Economica, p.  74.<br />
(8)<em>Ibid<br />
</em>(9)<em>op. cit.</em> Haddad, M. (2007) p. 44 et 46.<br />
(10)   BOVET, P., REKACEWICZ, P.,  SINAÏ, A. et VIDAL, D. (2007). <em>L’atlas environnement du Monde Diplomatique.</em> Ivry: Le Monde Diplomatique, p. 26.<br />
(11)<em>op. cit.</em> Haddad, M. (2007) p. 44.<br />
(12)   VADROT, C.-M.  (2005). <em>Guerres et environnement Panorama des paysages et des écosystèmes  bouleversés</em>. Paris: Delachaux et Niestlé, p. 102.<br />
(13)   ALIEWI, A. et ASSAF, K.  (2007). Shared  management of Palestinian and Israeli groundwater resources: a critical analysis. <em>In</em> Shuval, H. et Dweik, H. (ed): <em>Israeli-Palestinian water issues –  from conflit to cooperation </em>(p. 17-32)<em>.</em> Berlin: Springer, p. 20.<br />
(14)   SELBY, J. (2007). Joint  mismanagement: reappraising the Oslo  water regime. <em>In</em> Shuval, H. et Dweik, H. (ed): <em>Israeli-Palestinian  water issues – from conflit to cooperation </em>(p. 203-212)<em>.</em> Berlin:  Springer.<br />
(15)<em>op. cit.</em> ALIEWI, A. et ASSAF, K. (2007) p. 19<br />
(16)<em>op. cit.</em> Sironneau, J. (1996) p. 75.<br />
(17)   TAGAR,  Z., KEINAN, T. et BROMBERG, G. (2007). A seeping timebomb: Pollution of  the mountain aquifer by sewage. <em>In</em> Shuval, H. et Dweik, H. (ed): <em>Israeli-Palestinian  water issues – from conflit to cooperation</em> (p. 417-426). Berlin:  Springer.<br />
(18)<em>op. cit.</em> ALIEWI, A. et ASSAF, K. (2007) p. 29.<br />
(19) BOLE-RICHARD,  Michel. <em>La crise de l’eau s’accentue en  Israël et frappe durement les Palestiniens</em>. Le Monde, 17 août 2008.ARSENAULT, D. et GREEN, J. (2007). Effet of the separation barrier on the viability of a future Palestinian state. <em>In</em> Shuval, H. et Dweik, H. (ed): <em>Israeli-Palestinian  water issues – from conflit to cooperation</em> (p. 273-282). Berlin:  Springer.</p>
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		<title>Les loups dans l&#8217;espace public français: petite leçon de vivre ensemble… ou non</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Jan 2009 18:26:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Antoine Doré</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un peu plus d’un demi-siècle après leur disparition complète, les loups réapparaissent sur le territoire français au début des années 1990. Depuis lors, les paroles se sont amplifiées, propagées et ont pris très vite les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Un peu plus d’un demi-siècle après leur disparition complète, les loups réapparaissent sur le territoire français au début des années 1990. Depuis lors, les paroles se sont amplifiées, propagées et ont pris très vite les tournures d’une véritable dispute publique dans laquelle se sont vus enrôlés un nombre considérable de personnes, mais aussi d’objets, d’animaux, de lieux, d’événements&#8230; Une véritable politique de gestion des loups s’est alors établie pour tenter d’organiser un dialogue où la question du vivre ensemble constitue la trame principale. On se souvient par exemple, en 2003, de l’enquête parlementaire sur les conditions de la présence des loups en France qui a fait couler beaucoup d’encre(1). Plus de quinze années se sont maintenant écoulées depuis le retour de ces animaux et, malgré les efforts dans la recherche de compromis, la situation reste conflictuelle. De notre point de vue, les formes du dialogue et les mécanismes de problématisation qu’elles engendrent constituent un des points névralgiques de ce dossier. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title=" Parc de la Vallée-aux-loups" src=" http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/44/env.jpg" alt=" Parc de la Vallée-aux-loups" /><br />
Alexandre  Duret-Lutz, <em> Parc de la Vallée-aux-loups</em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Le retour des loups a déclenché des turbulences et des débats sur les conditions mêmes de leur réapparition dans les Alpes françaises. Si la thèse d’un retour naturel par l’Italie est globalement acceptée, un certain nombre de personnes &#8211; issues en particulier du monde de l’élevage &#8211; continuent de croire à une réintroduction intentionnelle réalisée par certains lycophiles. Dans son article <em>Controversial origins: a story of  wolves, conspiracy, black helicopters and things that go bump in the night</em>, John D. C. Linnell(2) montre bien comment des débats et des suspicions analogues sur le retour naturel ou non des loups se développent également dans d’autres régions européennes de colonisation de l’animal comme l’ouest de la Finlande, ou la province espagnole de Madrid.</p>
<p style="text-align: justify;">En mai 1993, le magazine Terre Sauvage annonce en une «Bienvenue au loup. Il revient en France». Malgré leur grande discrétion de départ, les loups ont suffisamment de «charisme» pour que les rares indices de leur présence soient rapidement transmis et amplifiés dans l’espace public. Puis, petit à petit, ils cessent d’être discrets et, tout en restant le plus souvent invisibles, ils laissent de plus en plus de traces dans des mondes qu’ils ébranlent et déforment en devenant l’objet d’une multitude de questions: Qui sont-ils?, D’où viennent-ils?, Combien sont-ils?, Que veulent-ils?, Que valent-ils?, Que nous coûtent-ils?, Comment les accueillir?, Comment les protéger?, Comment s’en protéger?, etc. Autant d’interrogations tumultueuses posant toujours en arrière fond la question plus générale de la coexistence ou de la cohabitation des hommes et des loups.<br />
Ces concepts de cohabitation et de coexistence hommes/prédateurs, avec ceux de représentations sociales, de perceptions et d’acceptabilité sociale du prédateur, sont devenus et restent encore les leitmotivs des programmes de gestion des loups. Pourtant, si ces concepts semblent pour beaucoup s’imposer et constituer la réponse «clé en main» à l’analyse des enjeux sociaux de la gestion de la biodiversité en général, les travaux que nous menons plus spécifiquement sur la question des loups nous amènent à penser qu’ils sont porteurs de présupposés forts, pesant sur les formes et la dynamique des débats(3).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des loups ou des fantômes?!</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si les loups font beaucoup parler d’eux, très peu de ceux qui en parlent en ont eu un jour une expérience directe. La référence au petit Chaperon rouge ou à d’autres contes et légendes semble être un point de passage obligé pour comprendre les relations entre les hommes et les loups! Le sociologue est alors convoqué pour analyser les <em>modes de perception</em> et les <em>systèmes  de représentations sociales</em> de l’animal qui fourniront les clés de compréhension des logiques d’acteurs en présence. Ainsi, en forçant un peu le trait, on obtient d’un côté des comportements lycophobes s’expliquant par les «représentations archaïques et moyenâgeuses» issues d’images négatives véhiculées par les contes et légendes, et de l’autre des comportements lycophiles trouvant leurs explications dans un «mythe urbain de la nature retrouvée». Toute relation concrète à l’animal est alors gommée ou considérée comme superficielle et les loups finissent par devenir des fantômes dans l’esprit des acteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Les rapports aux loups ne peuvent être réduits aux seules représentations sociales que les acteurs en ont. Car s’il est vrai que les expériences directes avec l’animal sont rares, les expériences concrètes le sont beaucoup moins. Les loups français sont des animaux récalcitrants qui semblent éviter tout contact avec les humains. Ils se laissent rarement observer et ne déposent que peu de traces sur leurs passages. Pourtant leur résistance est mise à l’épreuve d’un certain nombre d’expériences concrètes qui donnent, malgré tout, une existence et des prises objectives sur lui. Pister les traces dans la neige, poser des filets de protection pour limiter les attaques de troupeaux, faire l’analyse génétique de leurs fèces, accompagner un groupe de touristes sur le territoire d’une meute, instruire les dossiers d’indemnisation des brebis tuées par les loups, assister à une soirée débat sur la protection des grands carnivores, être poursuivi en justice pour destruction d’une espèce protégée… autant d’exemples d’expériences concrètes qui nous racontent qui sont ces loups aux prises avec des humains et qui sont ces humains aux prises avec des loups.</p>
<p style="text-align: justify;">Les notions de perception ou de représentation sociale, telles quelles sont souvent mobilisées pour la gestion des problèmes liés aux loups, obscurcissent le débat en mettant en avant les relations abstraites à l’animal aux dépens des relations concrètes. Ainsi, les discours et les comportements perdent leur valeur intrinsèque en devenant finalement le symptôme d’une représentation sociale implicite. Sans remettre en cause totalement l’intérêt de ces notions dans l’analyse des problèmes et des controverses liées à la gestion de la biodiversité, il apparaît néanmoins nécessaire d’une part de mieux considérer leurs effets propres sur les politiques de gestion et d’autre part de remettre les pratiques et les expériences concrètes des acteurs au cœur des analyses et des débats.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Poser autrement la question de la coexistence ou de la cohabitation pour se donner les chances de vivre ensemble… ou de ne pas vivre ensemble</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avec l’arrivée des loups, des préoccupations diverses, portant sur la place à leur accorder, émergent. Mais personne ne s’arrête aux problèmes de la coexistence et de la cohabitation entre des hommes et les loups. Les disputes se propagent et les questionnements débordent: la coexistence des loups et du gibier, la cohabitation entre les chiens de protection de troupeaux et les touristes, l’alliance des associations de protection des milieux naturels avec les associations de défense des droits des animaux, la discorde entre les éleveurs ovins de plaine et les éleveurs ovins de montagne… C’est en fait la question plus générale du «vivre ensemble» qui agite les collectifs d’humains et de non-humains qui se forment et se déforment autour des loups.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais vivre ensemble ne va pas de soi et chacun des acteurs de la mise en politique des loups a sa propre conception de la question et tente de définir et d’imposer ses propres réponses. Sur le terrain, la théorie du «vivre ensemble» vue comme principe philosophique commun n’est donc qu’une option parmi d’autres. Cette question ne se résume pas au problème du «comment vivre ensemble?» qui supposerait l’existence d’une volonté partagée de vivre ensemble. Elle pose avant tout le problème du «voulons-nous vivre ensemble?, et dans quelle mesure sommes-nous prêts à vivre ensemble?». Car on ne vit pas ensemble pour vivre ensemble… Vivre ensemble c’est avant tout vivre ensemble <em>quelque chose</em>, vivre ensemble une histoire. Cette question ne peut donc pas être posée sans s’intéresser à la question de la définition de ce «quelque chose». En effet, c’est ce «quelque chose» qui est à l’origine d’une histoire commune dans laquelle les acteurs ne peuvent se reconnaître mutuellement pour constituer l’<em>ensemble</em> d’un <em>vivre ensemble </em>qui  ne se résume plus à une articulation binaire entre des hommes d’un côté et des  loups de l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Problématiser la question sous l’angle de la coexistence et/ou de la cohabitation des hommes et des loups engendre une conception bipolaire des conflits de nature. Cette conception ne nous paraît pas rendre compte de ce que nous observons sur le terrain puisque c’est moins la cohabitation de telle personne avec tel animal qui posera problème que la cohabitation ou le refus de cohabitation de telle personne avec telle autre au vu de la présence de l’animal.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Réinterroger  les cadres d’analyse et d’ingénierie sociale des projets de conservation de la  biodiversité</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’usage devenu presque systématique des concepts de représentation sociale, de cohabitation et de coexistence entrave donc, selon nous, les possibilités d’une consistance pragmatique des débats et referme l’éventail des possibles. D’une part ces notions mettent en avant des relations abstraites à l’animal aux dépens des relations concrètes. D’autre part, en proposant une conception bipolaire des conflits de nature, elles ne permettent pas aux acteurs de s’approprier les termes d’un débat pour la définition d’un véritable vivre ensemble… ou non. Il apparaît donc nécessaire de réinterroger les cadres d’analyse et d’ingénierie sociale des projets de conservation de la biodiversité. Un tel travail permettrait de désactiver en partie les automatismes d’usage dont ces cadres font souvent l’objet et qui pèsent sur la forme et la dynamique même des débats.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) Anonyme (Assemblée Nationale), «Rapport de la commission d&#8217;enquête sur les conditions de la présence du Loup en France et l&#8217;exercice du pastoralisme dans les zones de montagne». Paris, Assemblée Nationale, 2 mai 2003.<br />
(2) LINNELL J.D.C., «Controversial origins: a story of wolves, conspiracy, black helicopters and things that go bump in the night», WolfPrint, vol. 21, 2004.<br />
(3) Antoine Doré prépare une thèse au Cemagref sur la place de la science et de l’État dans la construction de l’action publique environnementale. Il s’intéresse plus précisément aux questions soulevées par le retour des loups en France. Il est rattaché à l’Université de Liège en Belgique (SEED) et à l’Institut d’Étude Politique de Paris (CSO).</p>
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		<title>Ciel gris</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Dec 2008 00:33:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie-Soleil Desautels</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le soleil se couche. La journée s’achève. La nuit prend la place qui lui revient. En fait, l’homme lui en arrache une partie: les éclairages en ville souvent abusifs ou inefficaces nuisent à l’environnement nocturne. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Le soleil se couche. La journée s’achève. La nuit prend la place qui lui revient. En fait, l’homme lui en arrache une partie: les éclairages en ville souvent abusifs ou inefficaces nuisent à l’environnement nocturne. Avez-vous vu récemment la voie lactée depuis Montréal, New York, Paris, Tokyo ou en banlieue? Jusqu’où faut-il aller pour retrouver les étoiles et se perdre dans leur magie? La pollution lumineuse ne nuit pas seulement à leur observation, mais elle est synonyme de perte d’énergie et perturbe la vie végétale et animale. Lumière sur le tout. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title=" No light pollution " src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/43/env.jpg" alt=" No light pollution " /><br />
Stefan Jansson, <em> No light pollution </em>, 2005<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Pour 25% de la population mondiale, seules les étoiles les plus brillantes sont visibles: exit la voie lactée et les autres étoiles(1). Pour 93% des Américains et 90% des Européens, la nuit ne devient jamais plus noire qu’un soir de demi-lune(2). Et la pollution lumineuse n’est pas confinée à des pays développés: pratiquement chaque région du monde est touchée(3).</p>
<p style="text-align: justify;">« Est-ce qu’on accepterait de ne plus voir de ciel bleu?(5)», lance celle qui a mené un projet de lutte contre la pollution lumineuse dans la région du mont Mégantic au Québec, Chloé Legris. Depuis 30 ans, les étoiles s’éteignaient une à une à l’Observatoire astronomique situé sur le mont, l’un des plus importants observatoires de l’Est de l’Amérique du Nord.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une  réserve d’étoiles</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le projet à l’ASTROLab du mont Mégantic a débuté en 2003 pour prendre fin il y a quelques mois. Résultats? Une réduction de la pollution lumineuse de 25%, une économie d’énergie de près de 2 millions de kWh/an, une facture de presque 200 000$ par an au Québec(6). Seize municipalités ont participé ou développé de nouvelles réglementations, 700 sites ont été visités, plus de 3 300 luminaires ont été remplacés : quantité de mesures pour créer une zone protégée de 5500 km2 de ciel nocturne.  Une zone d’ailleurs reconnue l’an dernier par l’UNESCO et l’International Dark Sky Association comme étant la première Réserve internationale de ciel étoilé(7).</p>
<p style="text-align: justify;">Le tout passe par une lutte contre la pollution lumineuse qui prend mondialement de l’importance: expliquer que ce n’est pas nécessaire d’éclairer autant, que ça ne sert à rien d’éclairer le ciel et que c’est un gaspillage d’énergie, rappelle Hubert Reeves, célèbre astrophysicien canadien(8). « La pollution lumineuse n’est pas un caprice d’astronome et c’est l’aspect le plus difficile lorsqu’on aborde le sujet, rapporte l’ingénieure Chloé Legris. Il faut rattacher la problématique à des enjeux concrets pour les gens, comme l’efficacité énergétique, la qualité de l’éclairage en lien avec l’urbanisme ou la santé et s’attaquer à de fausses perceptions car l’éclairage abusif n’est pas garant de sécurité. »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Éclairer moins, éclairer mieux !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les arguments en faveur d’un meilleur éclairage sont nombreux. L’efficacité énergétique entre ainsi en ligne de compte. Au Québec seulement, les économies sont estimées à 700 GWh annuellement, soit l’énergie électrique pour chauffer 20 000 maisons: une facture de 50 millions de dollars par année. À la grandeur de l’Amérique du Nord, le tiers de la lumière diffusée éclaire le ciel et une meilleure gestion de l’éclairage permettrait d’économiser un milliard de dollars par année(9). Autant d’argent qui resterait dans les poches des gouvernements, citoyens, propriétaires commerciaux, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Vient ensuite l’argument sur la qualité de l’éclairage: « Préfère-t-on un dîner en tête à tête dans un restaurant éclairé aux néons ou avec un éclairage subtil ? » illustre Chloé Legris. Plusieurs solutions existent: éteindre les lumières, contrôler la lumière pour qu’elle n’émette pas au-dessus de l’horizon, utiliser des ampoules éco-énergétiques monochromatiques au spectre limité au jaune (le bleu contenu dans la lumière blanche nuit à l’observation des étoiles), réduire la réflexion(10). Surtout, ne pas éclairer inutilement, réduire l’éblouissement et éclairer une surface limitée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lumière déstabilisante</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a aussi les arguments liés à la santé. La lumière inhibe la formation d’une hormone aux propriétés anti-cancéreuse, la mélatonine(11). Selon des recherches, les risques du cancer du sein seraient d’ailleurs accrus par la pollution lumineuse(12). Il y a aussi une augmentation d’insomnie, de maux de tête, de fatigue, de stress et d’anxiété. « Simplement fermer la veilleuse dans la chambre à coucher des enfants améliore leur sommeil », note Chloé Legris.</p>
<p style="text-align: justify;">La pollution lumineuse modifie également les écosystèmes de même que le rythme biologique des espèces vivantes. Pour ne donner que quelques exemples, la relation prédateur-proie change ainsi que le cycle de reproduction chez certaines espèces alors que d’autres viennent à fuir leur habitat(13). Le sens de l’orientation des oiseaux migrateurs en est aussi perturbé, ce qui explique des initiatives comme celle du <em>Fatal Light Awareness Program </em>pour  réduire la mortalité des oiseaux au-dessus de grandes villes comme Toronto(14).</p>
<p style="text-align: justify;">La pollution lumineuse est l’accroissement de la luminosité dans le ciel au-delà de sa valeur naturelle. C’est l’un des effets secondaires de l’éclairage extérieur, un éclairage au demeurant essentiel à la survie de notre société industrialisée(15). La luminosité du ciel est très variable: elle change à travers la nuit, selon les saisons, le cycle solaire, les particules en suspension dans l’atmosphère, l’altitude, etc.(16). Plusieurs techniques existent pour mesurer la luminosité sans qu’aucune ne soit standardisée(17). Il est néanmoins reconnu que la pollution lumineuse diminue rapidement avec la distance. Plus spécifiquement, l’éclairement décroît en fonction du carré de la distance: un village de 3000 âmes à 10 km d’un point d’observation détériore le ciel autant qu’une ville de 300 000 habitants à 100 km de l’endroit(18).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des  lois pour les étoiles</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’établissement de règlements est essentiel pour assurer à long terme le succès de la recherche astronomique et la préservation de la vue qu’a l’humain sur l’univers. Les réglementations se multiplient à travers le monde : il y a beaucoup à faire, partout, et la plupart des gens ne sont tout simplement pas conscients du problème, d’où l’importance de l’éducation(19).</p>
<p style="text-align: justify;">« Il est possible de développer des environnements nocturnes où l’on se sent en sécurité tout en préservant une qualité de vie », croit Chloé Legris. Puisque le projet est terminé à l’Observatoire du mont Mégantic, ce sont les nouveaux règlements et la sensibilisation réalisés auprès de la population qui garantiront son succès à long terme. Si les premiers bénéficiaires d’une baisse de la pollution lumineuse sont les amoureux du ciel étoilé, tous en sont gagnants: ce n’est pas pour rien que l’UNESCO a reconnu en 1992 le ciel nocturne comme partie intégrante du patrimoine mondial à préserver pour les futures générations(20).   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1)  CINZANO, P. <em>et autres</em>, «<em>The first World Atlas of the artificial  night sky brightness</em>», Notices of the Royal Astronomical Society,  1107-11167, 2004, p. 701<br />
Pdf  en ligne http://www.lightpollution.it/cinzano/papers.html.<br />
(2)  HARISADA, Kohei <em>et autres</em>, <em>Light Pollution Handbook,</em> Springer, 1er  janvier 2004, p. 125<br />
(3) op.  cit. CINZANO, P. <em>et autres. </em>p. 701.<br />
(4)  International Dark Sky Association. <a href="http://www.darksky.org/">http://www.darksky.org</a>.  Consulté  le 20 octobre 2008.<br />
(5) Les propos de Chloé Legris, ingénieure et chargée du projet (2003-2008) pour contrer la pollution lumineuse à l’Observatoire du mont Mégantic, ont été recueillis lors d’une entrevue avec l’auteur le 23 octobre 2008.<br />
(6)  ASTROLab du Mont-Mégantic. <a href="http://www.astrolab-parc-national-mont-megantic.org/">http://www.astrolab-parc-national-mont-megantic.org/</a>.  Consulté le 20 octobre 2008.<br />
Astrolab  facture 2M region<br />
(7) op.  cit. Site Internet de l’ASTROLab du Mont-Mégantic.<br />
(8) Entrevue avec Hubert Reeves au sujet de la  pollution lumineuse, <a href="http://astro-canada.ca/_fr/a3800.html">http://astro-canada.ca/_fr/a3800.html</a>.  Consulté le 20 octobre 2008.<br />
(9) op.  cit. Site Internet de l’ASTROLab du Mont-Mégantic.<br />
(10)  op. cit. HARISADA, Kohei <em>et autres. </em>pp. 19-20<br />
(11) Blask, D. E. <em>et  autres. </em><em>«</em>Melatonin inhibition of cancer growth in vivo involves suppression of tumor fatty acid metabolism via melatonin receptor-mediated signal transduction events», Cancer Res. 1999, p. 59.<br />
(12)  International Dark Sky Association. <a href="http://data.nextrionet.com/site/idsa/030408_e-News.pdf">http://data.nextrionet.com/site/idsa/030408_e-News.pdf</a>. Consulté le 20 octobre 2008. Dans les médias: http://www.israel21c.org/bin/en.jsp?enDispWho=Articles^l2002&amp;enPage=BlankPage&amp;enDisplay=view&amp;enDispWhat=object&amp;enVersion=0&amp;enZone=Health.<br />
(13)  op. cit. Site Internet de l’ASTROLab du Mont-Mégantic.<br />
(14) <em>Fatal Light Awareness Program. </em><a href="http://www.flap.org/">http://www.flap.org/</a><em>. </em>Consulté le 20 octobre 2008.<br />
(15) op. cit. HARISADA, Kohei <em>et  autres. </em>p. XIX.<br />
(16)  op. cit. HARISADA, Kohei <em>et  autres. </em>p. 859.<br />
(17)  op. cit. HARISADA, Kohei <em>et  autres. </em>p. 859.<br />
(18)  op. cit. Site Internet de l’ASTROLab du Mont-Mégantic.<br />
(19)  op. cit. HARISADA, Kohei <em>et autres. </em>p. 896-897.<br />
(20)  Patrimoine mondiale de l’UNESCO. <a href="http://whc.unesco.org/">http://whc.unesco.org/</a>.  Consulté le 20 octobre 2008.</p>
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		<title>Snow, une chronique écologique et féministe de l’après-guerre en Bosnie</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Dec 2008 22:32:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nayla Naoufal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Présenté à Montréal pendant le Festival du Nouveau Cinéma cet automne, Snow, le premier long métrage d’Aida Begic, décrit le quotidien d’un groupe de femmes sous les ruines de la guerre des Balkans. L’unique production [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Présenté à Montréal pendant le Festival du Nouveau  Cinéma cet automne, <em>Snow</em>, le premier long métrage d’Aida Begic, décrit le quotidien d’un groupe de femmes sous les ruines de la guerre des Balkans. L’unique production bosniaque à avoir vu le jour en 2008 est un film profondément écologique, empreint de poésie et de gravité. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="Moon, the beauty of night" src=" http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/42/env.jpg" alt="Moon, the beauty of night" /><br />
Hamed Masoumi, <em>Moon, the beauty of night</em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">À Slavno, un village bosniaque isolé, tous les hommes et tous les enfants de sexe mâle, exception faite du vieil Imam et d’un garçon, ont disparu, emmenés par les militaires. Nul ne sait ce qu’il est advenu d’eux. Restent six femmes et quatre fillettes. Entraînées par le personnage central, Alma, elles s’obstinent à cultiver des fruits et légumes, à confectionner des conserves et des confitures qu’elles essaient de vendre au bord de la route déserte, le marché le plus proche étant à des kilomètres et les voitures ayant toutes été détruites par les combats.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une chronique de l’après-guerre en Bosnie</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Snow</em> a ceci de particulier qu’il est situé en contexte d’après-guerre. Nombre de films dépeignent les conflits armés et leurs cortèges de morts et de malheurs, mais peu d’entre eux se penchent sur ce qui se passe après. Néanmoins, un autre film bosniaque, <em>Grbavica</em>, traitait de l’après-guerre à  Sarajevo, mais dans une perspective urbaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans <em>Snow</em>, la réalisatrice de 32 ans a voulu dépeindre la vie quotidienne de milliers de femmes restées seules dans une Bosnie patriarcale, où une grande partie des hommes ont été décimés. De toute évidence, le film fait référence au tristement célèbre massacre deSrebrenica, en Bosnie-Herzégovine, qui avait fait 8000 victimes. Selon Aida Begic, du jour au lendemain, les femmes ont dû apprendre à être autonomes, et ce, dans le deuil(1).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce deuil est tangible à tout instant dans l’univers complètement coupé du monde, le huis clos où gravitent les six femmes. Les empreintes physiques de la guerre sont partout: maisons détruites recouvertes de bâches bleues du Haut Commissariat des Réfugiés qui laissent passer la pluie, mosquée sans murs, lunettes retrouvées, absence de lignes téléphoniques et d’approvisionnement en eau… Mais la mémoire de ce qui n’est plus est aussi omniprésente, hantant les survivantes, comme dans cette scène où les femmes se livrent à une sorte de jeu de devinettes, mimant les caractéristiques des hommes absents. Ou encore dans ces passages fantastiques où les cheveux du petit garçon traumatisé poussent à toute allure, alors qu’il se rappelle les tueries dont il a été le témoin. En ressort une impression de claustrophobie et de violence retenue qui imprègne tout le long métrage.</p>
<p style="text-align: justify;">S’il est grave  et lucide, <em>Snow</em> n’est nullement austère ou dépourvu de poésie. La première partie du film brosse avec beaucoup de délicatesse et de sensualité les rituels quotidiens des femmes, lorsqu’elles préparent les confitures, qu’elles vont chercher l’eau à la source et qu’elles font leurs ablutions en pleine nature ou lorsqu’elles s’occupent de leur potager. Cette description minutieuse de la répétition des gestes allège la douleur du récit.</p>
<p style="text-align: justify;">L’arrivée de deux investisseurs qui veulent acheter le village donne une nouvelle direction au film et pose un dilemme aux femmes: doivent-elles accepter l’argent pour assurer leur survie, d’autant plus que les premières neiges vont bientôt tomber, ou doivent-elles refuser pour «sauver leur âme»? Tel est le casse-tête auquel ont été soumis les déplacés en Bosnie-Herzégovine après la guerre, selon Aida Begic(2). La réalisatrice explique dans une entrevue que le retour à la maison, prévu pour les Bosniaques musulmans, a échoué car les Bosniaques serbes leur ont acheté leurs terres. Que l’un des investisseurs soit bosno-serbe semble évoquer le fait que les hommes d’affaires d’aujourd’hui, qui contrôlent actuellement la Bosnie-Herzégovine, seraient les bourreaux d’hier.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un film écologique et féministe</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il n’est pas certain qu’Aida Begic ait eu pleinement conscience de la dimension environnementale de son film, réalisé d’ailleurs avec une grande économie de moyens. Dans <em>Snow</em>, les femmes ont un rapport très direct et sensuel à la nature. Elles utilisent les services gratuits que peut rendre la nature, elles ont une connaissance intime de leur milieu. Ces femmes luttent pour être autosuffisantes, en prenant appui sur les ressources locales et en tentant de mettre sur pied une petite entreprise. Ainsi, le rêve d’Alma est de nourrir la moitié de la Bosnie, puis la moitié de l’Allemagne. Le groupe de femmes, aux personnalités diverses et hautes en couleurs, décide finalement de rester dans le village et de mener bataille contre les investisseurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout cela est apparenté au biorégionalisme, un mouvement écologique et socio-économique visant le développement autonome des régions, utilisant de manière mesurée les ressources locales, naturelles et culturelles du milieu de vie( 3). Tout près de chez nous, des approches biorégionalistes sont mises en œuvre au Québec, telles que les jardins communautaires et l’achat de paniers de fruits et légumes bio( 4). Cette dernière démarche relie les fermes locales aux consommateurs, contribuant à une solidarité avec les producteurs agricoles et à la préservation de l’environnement. Elle permet de réduire le nombre de kilomètres parcourus par les aliments ainsi que la quantité d’emballages.</p>
<p style="text-align: justify;">De telles approches présentent l’intérêt de contribuer à la réappropriation du milieu de vie par ses habitants, contrairement à la multiplication des «vandales professionnels et itinérants( 5)», dépourvus d’ancrage et d’attachement aux lieux, qui se préoccupent moins de l’environnement local et de ses autres habitants. Selon de nombreux chercheurs, nous n’habitons plus nos milieux, nous ne sommes plus que des résidents temporaires( 6) qui ont juste besoin, pour vivre, d’une banque, d’un pied à terre, d’un centre commercial, d’un accès à Internet et d’une prise électrique où connecter notre ordinateur portable et notre téléphone cellulaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Un tel mode de vie pourrait entraîner une aliénation par rapport aux lieux qui semblent alors avoir moins d’importance. Or, les lieux et les individus se façonnent les uns les autres( 7). Cette érosion de la dimension symbolique du milieu pourrait donc créer de nombreux problèmes en matière de construction des identités individuelles et collectives. Comment savoir qui nous sommes, si nous ne savons pas où nous sommes? Cette question est clairement posée dans <em>Snow</em>,  lorsque les femmes hésitent entre partir pour assurer leur survie et rester  pour préserver qui elles sont.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, le film est imprégné de féminisme et d’écoféminisme, un courant de pensée qui met l’accent sur les dimensions intuitives, affectives et sensibles du rapport humain à l’environnement( 8). D’après ce courant, les femmes ont une connaissance et une compréhension particulière des processus écologiques de leur milieu( 9). En outre, l’écoféminisme établit un lien entre la domination des femmes par les hommes et l’exploitation de la nature( 10). On retrouve ce parallèle dans <em>Snow</em>, lorsque les deux investisseurs tentent de forcer les femmes à accepter leur offre et à abandonner le village, en vue de le raser, leur assurant qu’elles ne peuvent se débrouiller seules.</p>
<p style="text-align: justify;">La réalisatrice semble tenir à ce féminisme transversal, elle qui vient d’une Bosnie marquée par les traditions et par un système patriarcal encore dominant. Dans ce film tant grave que léger, tant lucide qu’onirique, les personnages féminins sont bouleversants par leur opiniâtreté, leur détermination et leur refus de basculer dans la rancune et la haine.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1)Blottière, Mathilde, Trois questions à une réalisatrice. Aida Begic «En Bosnie, du jour au lendemain, les femmes ont dû apprendre à vivre seules», <em>Telerama</em>,  11 octobre 2008.<br />
(2)<em>Ibid.<br />
</em>(3)Sauvé, L.,  Orellana, I., Qualman, S. et Dubé, S., <em>L’éducation relative à  l’environnement. École et communauté: une dynamique constructive</em>, Montréal  (Québec), Éditions Hurtubise HMH, 2001, p. 119<br />
(4) Les fermes qui proposent des paniers bio au Québec font notamment partie du réseau de l’Agriculture soutenue par la communauté d’Équiterre. Cependant, d’autres fermes ont également intégré ce système.<br />
(5)   Berry, W., <em>Home  economics</em>, San Francisco,  North Point Press, 1987, p. 50.<br />
(6)   Orr, D., <em>Ecological  Literacy – Education And The Transition To A Postmodern World</em>, Albany , State University of New  York Press, 1992, p. 102.<br />
(7)<em>Ibid<br />
</em>(8)Sauvé, L., <em>Couran</em><em>ts et modèles d’intervention en  éducation relative à l’environnement, </em>Module 5. Programme d&#8217;études supérieures – Formation en éducation relative à l&#8217;environnement – Francophonie internationale, Montréal, Les Publications ERE-UQAM, Université du Québec à Montréal – Collectif ERE-Francophonie, 2003, p. 127<br />
(9)<em>Ibid</em>, p. 129<br />
(10)<em>Ibid</em>, p. 127</p>
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		<title>Le septième continent</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Nov 2008 01:58:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Wendy Inksetter</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 1997, le Capitaine Charles Moore et son équipe, voguant d’Hawaii à la Californie à bord du voilier de recherche l’Alguita, passent dans une zone peu traversée du Pacifique connue sous le nom de gyre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>En 1997, le Capitaine Charles Moore et son équipe, voguant d’Hawaii à la Californie à bord du voilier de recherche l’Alguita, passent dans une zone peu traversée du Pacifique connue sous le nom de gyre du Pacifique Nord (North Pacific Gyre, en anglais). Alors que l’équipage de l’Alguita ne s’attendait qu’à voir de l’eau à perte de vue, il découvre plutôt, au cœur de l’océan, à des milliers de kilomètres des côtes, une foule d’objets et des résidus d’objets de plastique. Depuis, cette zone couverte de résidus a été baptisée le septième continent ou le Great Pacific Garbage Patch, en anglais, et a été l’objet de plusieurs études. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="blmurch" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/41/env.jpg" alt="blmurch" /><br />
<em>blmurch</em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Le capitaine Charles Moore est retourné lui-même plusieurs fois pour tenter de mesurer l’ampleur du problème. À l’heure actuelle, l’étendue couverte de débris aurait la taille du Texas, soit 700 000 km carrés(1).</p>
<p style="text-align: justify;">Le terme continent est trompeur puisqu’il ne s’agit pas en réalité d’une masse compacte de résidus, mais plutôt d’innombrables particules de plastique flottant dans une soupe océanique. Les plastiques couramment utilisés ne sont pas biodégradables, mais plutôt photodégradables, c’est-à-dire que l’exposition au soleil cause une dégradation du morceau de plastique initial en morceaux de plus en plus petits, jusqu’à ce qu’il ne reste que des molécules individuelles de plastique. Cependant, les molécules de plastique mêmes ne sont pas biodégradables(2). Les courants d’air et les courants marins du Pacifique Nord font en sorte que les résidus rejetés sur les côtes est du Japon ou sur les côtes ouest de l’Amérique du Nord se retrouvent, après plusieurs années de dérive, au cœur de la gyre Pacifique Nord, où ils peuvent rester jusqu’à 16 ans(3).En effet, le réchauffement de masses d’air à l’équateur et le déplacement de ces masses d’air chaud vers l’ouest, puis vers l’est avec la rotation de la Terre, crée, dans la zone du Pacifique Nord, une immense masse d’air qui circule en sens horaire. Ce courant atmosphérique circulaire produit un courant océanique qui circule également en sens horaire. Les vents au centre de la gyre sont légers, le résultat étant que les débris cumulés restent à la surface de l’eau et se mélangent peu avec la colonne d’eau(4). Une partie des particules de plastique coule tout de même vers le fond. Ceci pourrait affecter les échanges gazeux entre l’eau et les sédiments marins en plus d’interférer avec les espèces vivant dans le fond de l’eau(5).</p>
<p style="text-align: justify;">Jusqu’à 80% des débris trouvés dans la gyre seraient des déchets post consommation provenant des côtes, et le reste serait des rebus de l’industrie de la pêche. Une fraction du plastique flottant dans la gyre serait du plastique «pré-consommation», c’est-à-dire des grains de plastique qui devaient être destinés à la fabrication d’objets de plastique. Ces granules se retrouvent dans l’environnement marin à la suite de déversements accidentels, contrairement aux plastiques «post-consommation» qui s’y retrouvent en fin de vie(6).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Faune  et flore marine</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les plantes aquatiques, qui forment la base de la chaîne alimentaire océanique, ne peuvent croître sans apport lumineux. Hors, dans la gyre du Pacifique Nord, la lumière ne pénètre qu’à une faible distance de la surface, limitant ainsi la croissance en végétaux marins nécessaires pour assurer la survie d’espèces herbivores. La zone est donc également pauvre en espèces prédatrices, situées dans le haut de la chaîne alimentaire, comme le thon(7). Toutefois, cette zone recèle de microorganismes filtreurs qui se nourrissent de plantes microscopiques, appelées du phytoplancton, qui croissent dans la partie supérieure de l’eau où se trouvent les rayons solaires. Ces microorganismes sont, à leur tour, mangés par d’autres espèces et forment ainsi un des premiers maillons de la chaîne alimentaire. Une étude sur le ratio unité de plancton/unité particulaire de plastique dans la gyre du Pacifique Nord a trouvé que l’abondance du plancton était de cinq fois supérieure à l’abondance de particules de plastique, mais ce ratio s’inverse lorsqu’il est question de masse, avec la masse du plastique qui surpassait de six fois celle du plancton. De plus, l’échantillonnage effectué pour cette étude a révélé une concentration et une masse de particules de plastique supérieures à tous les échantillons prélevés antérieurement dans le nord du Pacifique. Bien que les raisons de cette augmentation soient incertaines, il est possible que cet accroissement soit tout simplement dû à une augmentation graduelle du plastique dans l’environnement(8).</p>
<p style="text-align: justify;">Outre la pollution visuelle occasionnée par les débris de plastique, ces derniers posent un réel danger pour la faune de la région. La zone est visitée par des oiseaux qui méprennent les particules de plastique pour des aliments et les ingèrent. Une étude réalisée sur 11 espèces d’oiseaux marins trouvées dans la partie est du Pacifique Nord a révélé des particules de plastique dans huit des espèces d’oiseaux. Chez certains individus, la quantité consommée était négligeable, mais chez d’autres, elle pouvait être suffisante pour nuire à la digestion de la bête(9).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Polluants organiques  persistants<br />
</strong><br />
Les particules de plastique présentent un autre danger pour la biodiversité, beaucoup plus sournois cette fois-ci. En effet, il s’avère que les particules de plastique ont la capacité de se lier avec des polluants organiques persistants hydrophobes, c’est-à-dire non solubles dans l’eau, comme le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) ou les biphényles polychlorés (BPC). Les polluants organiques persistants sont des composés organiques synthétiques utilisés abondamment dans les milieux terrestres et aquatiques. Certains sont considérés comme étant cancérigènes ou comme étant des perturbateurs endocriniens, c&#8217;est-à-dire qu’ils interfèrent avec le système hormonal(10). Les particules de plastique pourraient accumuler des concentrations de ces substances qui excèderaient un million de fois les niveaux trouvés dans l’eau environnante(11). Ces substances ont le pouvoir de se bioaccumuler, ce qui signifie que la substance sera absorbée, stockée dans le corps d’un organisme vivant et se bioamplifiera, c’est-à-dire que la concentration de la substance augmentera à mesure que l’on montera dans la chaîne alimentaire. Ainsi, lorsque ces particules sont ingérées par des espèces dans le bas de la chaîne alimentaires, comme les microorganismes filtreurs qui abondent dans les eaux du Pacifique Nord, elles restent intactes et sont ainsi transmises de bas en haut dans la chaîne alimentaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Présenté comme un matériel polyvalent, durable, léger et peu dispendieux, le plastique a fait son apparition dans nos vies et dans notre environnement il y a à peine 50 ans. Il s’est propagé de manière fulgurante et nous commençons à peine à voir les côtés pervers engendrés par ce matériel et à comprendre comment une bouteille de plastique jetée à la mer au large de la Californie peut affecter des espèces situées à des milliers de kilomètres de là. Le problème est loin d’être réglé: nous consommons aujourd’hui 20 fois plus de plastique qu’il y a 50 ans(12). Le septième continent semble donc être là pour y rester. À savoir qui en réclamera la souveraineté&#8230;   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) MOORE, Charles, «Trashed: Across the Pacific Ocean, plastics, plastics, everywhere», [en ligne], novembre 2003, 10 pages. &lt;http://www.naturalhistorymag.com/index_archive.html&gt;. Consulté le 25 septembre 2008<br />
(2) <em>ibid.</em><br />
(3) DUMAS, Daisy, «Landfill on sea», <em>Ecologist</em>,  Vol. 37, 2007, p. 34-37.<br />
(4)<em> op. cit.</em> MOORE, C. (2003)<br />
(5) DERRAIK, Jose G. B., «The  pollution of the marine environment by plastic debris: a review», <em>Marine Pollution Bulletin</em>,Vol. 44,  n° 9, 2002, p. 842-852.<br />
(6) <em>ibid.</em><br />
(7) <em>op. cit.</em> MOORE, C. (2003)<br />
(8) MOORE, Charles J., MOORE, Shelley L., LEECASTER, Molly K. et WEISBERG, Stephen B., «A comparison of plastic and plankton in North Pacific central gyre», <em>Marine Pollution Bulletin</em>,Vol. 42, n° 12, 2001, p.  1297-1300.<br />
(9) BLIGHT, Louise K., et BURGER, Alan E., «Occurrence of Plastic Particles in Seabirds from the Eastern North  Pacific», <em>Marine Pollution  Bulletin</em>,Vol. 34, n° 5, 1997, p. 323-325.<br />
(10) RIOS, Lorena M., MOORE Charles et JONES, Patrick R., «Persistent organic pollutants carried by synthetic polymers in the ocean environment»,<em> Marine Pollution Bulletin</em>,Vol. 54, n° 8, 2007, p.  1230-1237<br />
(11) <em>op. cit.</em> DUMAS, D. (2007)<br />
(12)<em> op. cit.</em> DUMAS, D. (2007)</p>
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		<title>Les Grands Bancs de Terre-Neuve: l’exploitation à travers les temps</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Nov 2008 15:36:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier Le Guyader</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Environnement / Environment]]></category>
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		<description><![CDATA[La province de Terre-Neuve-et-Labrador a décidé de baser son avenir économique sur le pétrole et un autre pas a récemment été franchi en ce sens. L’accord tant attendu a officiellement été conclu le 20 août [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>La province de Terre-Neuve-et-Labrador a décidé de baser son avenir économique sur le pétrole et un autre pas a récemment été franchi en ce sens. L’accord tant attendu a officiellement été conclu le 20 août 2008, à l’hôtel Fairmont de St. John’s. Hebron, la plate-forme pétrolière maritime, verra le jour aux côtés de ses trois congénères de l’Atlantique Nord. Selon l’entente, Terre-Neuve-et-Labrador prévoit récolter 4,6% des revenus générés, soit environ 20 milliards de dollars, sur les 20 à 25 années de la durée du projet(1). Pour la province qui connut autrefois l’abondance du poisson, avant la crise, cette nouvelle fait l’effet d’un baume. Pour Terre-Neuve-et-Labrador, ce pétrole devient une nouvelle richesse, un or sorti tout droit des profondeurs des Grands Bancs. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="Single and looking" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/40/env.jpg" alt="Single and looking" /><br />
Valerie Everett, <em>Single and looking</em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les Grands Bancs: l’Éden  du poisson</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Connus par les pêcheurs du monde entier, les «Grands Bancs» sont des élévations du plateau sous-marin de l’Atlantique Nord couvrant une aire de 282 500 Km2 au sud-est de l’île de Terre-Neuve(2). Dans ces eaux, où la profondeur peut varier entre 25 et 200 mètres, le courant froid du Labrador se mélange au courant chaud duGulf Stream. Ce contraste offrait, jusqu’au milieu du XXe siècle, les plus importantes ressources de pêcheries au monde en termes de quantité(3).</p>
<p style="text-align: justify;">C’est au XVIe siècle que les Européens se sont intéressés aux Grands Bancs pour leurs eaux hautement poissonneuses. Au fil des siècles, de nombreux chalutiers, partis du Portugal, du Pays basque, de France et d’Angleterre, ont ainsi parcouru 3000 Km dans l’Atlantique Nord pour faire de la pêche en haute mer. Les côtes de Terre-Neuve et de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon sont alors devenues des lieux d’encrage, notamment pour les Français et les Anglais, afin de recueillir le trésor apporté par la mer: la morue(4).</p>
<p style="text-align: justify;">C’est de 1713 à 1904 que Terre-Neuve, passée sous contrôle britannique, donna la permission aux Français de venir pêcher sur ses côtes, dans une bande identifiée comme le <em>French  shore</em>. Ces droits sont définis dans deux traités: le traité d’Utrecht (1713) et le traité de Versailles (1783)(5). De cette époque resteront des descendants francophones, dans la péninsule de Port-au-Port, formant les premiers «franco-terre-neuviens» encore présents, avec les Jesso, les Chaisson, les Barter, les Félix, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">L’auteure Françoise Enguehard décrit l’époque des pêcheries françaises du XIXe siècle, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à travers son roman <em>Les litanies de l’île  aux chiens</em>, contribuant à la culture riche et colorée de Terre-Neuve: une culture mêlée de musique irlandaise, d’accordéon, d’anglais à l’accent unique et, aussi, d’un passé amérindien béothuk(6) à jamais disparu.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les Grands Bancs: la crise</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est au XXe siècle, dans le milieu des années 1950, que la photographe et biologiste française des milieux marins, Anita Conti, tire la sonnette d’alarme concernant l’exploitation des ressources de la pêche qui s’intensifie alors dans la région des Grands Bancs, là où les ressources sont exploitées «aveuglément»(7). Anita Conti, qui accompagne bateaux et marins sur les mers, sait que le point de non-retour est proche, mais rien n’est fait à cette époque pour freiner le processus de surexploitation. De plus, de nouveaux navires arrivent, de véritables usines chalutières, qui raflent tout sur leur passage.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui devait arriver arriva: l’effondrement brutal des stocks de morues entraînant le moratoire sur la pêche de cette espèce, le 2 juillet 1992, et 40 000 personnes se retrouvant au chômage dans l’Atlantique, dont 30 000 dans la seule province de Terre-Neuve-et-Labrador (TNL)(8). À la suite de l’arrêt brutal des pêches, plusieurs personnes quittent la province et des villages entiers se dépeuplent. Certains partent vers l’exploitation du pétrole en Alberta, d’autres se lancent dans la transformation du crabe et des crevettes(9), et l’aquaculture connaît peu à peu une nouvelle valorisation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les Grands Bancs: les  coraux, indicateurs des causes de la crise</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quelques années plus tard, en 2007, les chercheurs Evan Edinger et Rodolphe Devillers, de l’université Memorial de St. John’s, ont découvert  une bande corallienne située entre le plateau continental immergé et la plaine abyssale plus profonde. Elle s’étend au large de la province de TNL, depuis le détroit d’Hudson formé par l’île de Baffin et la pointe nord du Labrador (Cap Chidley), jusqu’à la région sud-ouest des Grands Bancs de Terre-Neuve, en passant par la mer du Labrador. Pour retracer cette bande corallienne, les chercheurs se sont basés sur les stocks de coraux que les pêcheurs recueillaient dans leurs filets de pêche au moment de leurs prises.</p>
<p style="text-align: justify;">En recueillant leurs données, Evan Edinger et Rodolphe Devillers ont ainsi pu retracer la bande corallienne, mettre en lumière l’impact de la pêche sur la destruction des écosystèmes coralliens des grands fonds, puis identifier des conséquences de la pêche sur la disparition des habitats de poissons(10). Certains pensent que les levées sismiques occasionnées au cours des prospections pétrolières avec dynamitage des sols marins auraient aussi pu interagir avec le processus de surpêche(11).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les Grands Bancs: le  pétrole</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’exploitation pétrolière des Grands Bancs a commencé en parallèle de la crise du poisson. C’est à partir des années 1980 que l’on découvre les gisements pétroliers des Grands Bancs que sont Hibernia (1979), Hebron (1981), Ben Navis (1982), Terra-Nova et White Rose (1984). Au fil des années 1990 puis 2000, ces gisements engendrent peu à peu de nouvelles activités, alors que la crise des pêcheries prend fin(12).</p>
<p style="text-align: justify;">Les premiers pompages se produisent avec Hibernia, à partir de 1997, Terra-Nova, à partir de 2002 et White Rose, depuis 2005(13). La capacité d’extraction, pour chacune de ces stations, est alors évaluée à 940  millions de barils pour Hibernia, 440 millions pour Terra-Nova et 200-250 millions pour White Rose. Les compagnies Exxon-Mobil, Chevron-Canada, Petro-Canada, Norsk-Hydro, Husky Energy et Statoil Hydro sont les principaux investisseurs dans ces grands projets, y compris celui d’Hebron, à différents pourcentages selon les plates-formes.</p>
<p style="text-align: justify;">Le quatrième point d’exploitation, Hebron/Ben Navis, est né tout récemment d’un accord entre TNL et les compagnies pétrolières. Il devrait commencer à pomper l’or noir des grands fonds dès 2017. Hebron, c’est la pépite d’or pour TNL: 20 milliards de dollars attendus pour 20 à 25 ans d’exploitation, soit 581 millions de barils au total. Sa construction est prévue pour 2010 et devrait déboucher sur quelque 4000 emplois.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est important de noter qu’au sortir de la crise des pêcheries, l’essor des activités pétrolières ne représentait pas une solution directe aux problèmes des pêcheurs. Ces projets demandent une main-d’œuvre hautement spécialisée et emploient d’abord des travailleurs déjà expérimentés dans le métier en haute mer et en région froide, à savoir des Anglais et des Norvégiens. C’est par la suite que les Terre-Neuviens se sont immiscés aux autres vagues de travailleurs, d’abord dans la construction puis peu à peu parmi les spécialistes(14).</p>
<p style="text-align: justify;">Jason Foote fait partie de  cette dernière vague. Il est <em>piping  designer</em> ou, autrement dit, concepteur de conduits pétroliers. Il a travaillé sur de nombreux projets reliés aux plates-formes pétrolières dans le Nord Atlantique: White Rose, Terra-Nova et, plus récemment, Hibernia. Cette plate-forme, de 224 mètres de haut, engage 370 personnes pour sa production de 180 000 barils par jour. Jason Foote travaille actuellement pour Production Services Network, dans le centre ville de St. John’s:</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>«Depuis le déclin de la pêche, le pétrole est devenu un composant majeur de l’économie terre-neuvienne et il semblerait avoir de beaux jours devant lui. C’est une raison pour laquelle je suis heureux de travailler dans ce champ industriel, qui donnera un avenir à notre province […] C’est difficile de déterminer combien de gens ont quitté la pêche pour se convertir dans l’extraction de pétrole <em>off-shore</em>, mais je suis sûr que le nombre doit être énorme. Beaucoup de ceux qui ont cessé leurs activités de pêche sont retournés aux études pour se donner une nouvelle fois la chance de s’engager sur un marché en plein essor(15)»</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Jason Foote, comme la plupart des Terre-Neuviens, représente cette catégorie de travailleurs pour lesquels les gisements pétroliers en haute mer sont les symboles d’une fierté grandissante, garante d’un avenir payant et sécuritaire. Mais cet avenir se situe dans un contexte où l’on est de plus en plus contraint de limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES) pour limiter le réchauffement global qui menace la stabilité et l’équilibre des climats. La consommation de pétrole arrive à un carrefour de l’histoire économique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Forage et déversements pétroliers: quels risques pour l’environnement  marin?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Des chercheurs, de l&#8217;Université York de Toronto et de l&#8217;Alder Instituteà TNL, ont constaté, à la suite d’une étude publiée dans le <em>Journal  d’évaluation environnementale </em>du 15 septembre 2008, que les déversements accidentels de pétrole, dans les Grands Bancs, étaient largement supérieurs à ceux prévus au préalable par les compagnies impliquées(16). Par exemple, les rejets de la plate-forme Terra-Nova sont six fois supérieurs à ce que Pétro-Canada prédisait dans son évaluation environnementale, avant la mise en place du projet, ce qui correspond à 34 rejets de la taille d’un baril depuis 1999 (44,4 avaient été prévus pour une durée de 15 ans).</p>
<p style="text-align: justify;">Or, les déversements peuvent avoir des impacts mortels non seulement sur les poissons mais aussi chez les oiseaux, à titre d’exemple. De plus, le forage sous-marin remue le sol et la vase, impliquant des polluants qui ont des effets directs sur les larves et les œufs de poisson, ce qui cause des problèmes considérables sur la reproduction de la faune marine(17). Ces faits mettent en lumière un certain échec des évaluations préconisées par le Canada-Newfoundland Labrador Offshore Petroleum Board, un bureau pourtant créé dans le but de préconiser des exploitations pétrolières environnementalement responsables.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais quelle sera la portée de ces études, et de la crise climatique, dans l’évolution d’une ressource économique majeure, ou même vitale, pour une province? Le pétrole représente peu à peu un renouveau pour les Terre-Neuviens «expatriés», leur donnant espoir de revenir sur leur «rock» d’origine, de retrouver une part d’identité perdue(18). Ceci dit, le pétrole des Grands Bancs n’est pas le même que celui de l’Alberta et les qualifications requises pour travailler à son exploitation ne sont pas les mêmes non plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Le pétrole de TNL apparaît à un moment où tout semble se bouleverser, tant au niveau du réchauffement climatique que de l’exploration des énergies nouvelles, plus propres, plus durables. Dans un monde qui tend à redéfinir son rapport à l’environnement et ses ressources énergétiques, Terre-Neuve-et-Labrador pourra-t-elle compter encore longtemps sur les retombées positives de son nouvel Eldorado de couleur café, d’un café à la profondeur aussi noire qu’improbable?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1)  Communiqué de presse du gouvernement provincial de Terre-Neuve-et-Labrador, 20  août 2008. [En ligne].&lt;<a href="http://www.releases.gov.nl.ca/releases/2008/exec/0820n04.htm">http://www.releases.gov.nl.ca/releases/2008/exec/0820n04.htm</a>&gt;<br />
BAIRD, Moira, «Hello Hebron», <em>The Telegram</em>, 21  août 2008, première page.<br />
(2) Aires marines nationales de conservation du Canada, le plan des réseaux des aires marines nationales de conservation du Canada, les Grands Bancs, Parcs Canada. [En ligne]. <a href="http://www.pc.gc.ca/progs/amnc-nmca/systemplan/itm2-/atl9_F.asp">http://www.pc.gc.ca/progs/amnc-nmca/systemplan/itm2-/atl9_F.asp</a><br />
(3)  DRINKWATER, Ken et CLARKE, Allyn. «Les Grands Bancs de Terre-Neuve», <em>L’Encyclopédie canadienne</em>, édition 2007,  [En ligne]. &lt;<span style="text-decoration: underline;">www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&amp;Params=F1ARTF0003368</span>&gt;.  Consulté le samedi 11 août 2007.<br />
(4)  MacPHERSON, Joyce, «Océan froid», Patrimoine de Terre-Neuve et du Labrador,  édition 1997. [En ligne].<br />
<span style="text-decoration: underline;">&lt;<a href="http://www.heritage.nf.ca/patrimoine/environment/coldocean_f.html">www.heritage.nf.ca/patrimoine/environment/coldocean_f.html</a></span>&gt;.  Consulté le samedi 11 août 2007.<br />
BOUDREAU,  Denis et GODIN, Sylvain, <em>Histoire de  Terre-Neuve-et-Labrador, 500 ans de présence française</em>, Éditions  Beauchemin, Laval (Québec), 2004, 116p.<br />
(5) Newfoundland  and Labrador Heritage Website. [En ligne].<br />
&lt;<a href="http://www.heritage.nf.ca/exploration/french_shore.html">http://www.heritage.nf.ca/exploration/french_shore.html</a>&gt;<br />
Le  Gaboteur, édition 24.16, 16 juin 2008.<br />
(6) Les Béothuks étaient les Amérindiens natifs de l’île de Terre-Neuve avant l’arrivée des Européens. Ils ont été exterminés par les Anglais au fur et à mesure de la colonisation de l’île. La dernière survivante des Béothuks a été Demasduit, capturée par les Anglais en 1819, baptisée sous le nom de Mary March et qui décéda l’année d’après, le 8 janvier 1820.<br />
(7)  THOMPKINS, Edward, <em>Les Terre-Neuvas  d’Anita Conti, photographe</em>, Société 2004 Society, 2004, 96p.<br />
PINSARD,  Laurence, «Un voyage en mer avec Anita Conti», <em>Routard.com</em>, mis en ligne le 20 juillet 2001. [En ligne].<br />
&lt;<span style="text-decoration: underline;">www.routard.com/mag_evenement/id_evt/23.htm</span>&gt;.  Consulté le samedi 11 août 2007.<br />
(8) GATHOUSE, Jonathon, «Dwindling Population in Newfoundland&#8217;s Northern Peninsula», McLean’s magazine, 14 juin 2004. [En ligne].<br />
&lt;<a href="http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&amp;Params=M1ARTM0012615">http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&amp;Params=M1ARTM0012615</a>&gt;.  Consulté le 30 août 2008.<br />
(9)  «Moratoire sur la morue: 10 années difficiles», Radio-Canada.ca, mis à jour le  3 juillet 2002. [En ligne].<br />
.  Consulté le samedi 11 août 2007.<br />
(10) EDINGER, Evan, BAKER, Krista, DEVILLERS, Rodolphe, WAREHAM, Vonda, «Coldwater Corals off Newfoundland and Labrador: Distribution and Fisheries impacts», WWF-Canada, avril 2007.<br />
(11)  Entrevue avec une source désirant rester anonyme pour la publication de cet  article<br />
(12) Commission géologique du Canada, Stratégies coopératives de cartographie géoscientifique au Canada – SCOCARTE, Grands Bancs de Terre-Neuve et du Labrador. [En ligne]. &lt;<a href="http://cgc.rncan.gc.ca/cogmaps/proj/grandbanks/index_f.php">http://cgc.rncan.gc.ca/cogmaps/proj/grandbanks/index_f.php</a>&gt;<br />
(13)  Site Web de la plateforme Hibernia: <a href="http://www.hibernia.ca/index2.html">http://www.hibernia.ca/index2.html</a><br />
Site Web  de la plateforme Terra-Nova:<br />
<a href="http://www.petro-canada.ca/en/about/721.aspx">http://www.petro-canada.ca/en/about/721.aspx</a><br />
Site Web  de la plateforme White Rose:<br />
<a href="http://www.huskyenergy.ca/operations/canadaseastcoast/projects/whiterose.asp">http://www.huskyenergy.ca/operations/canadaseastcoast/projects/whiterose.asp</a><br />
(14)  Entrevue avec une source désirant rester anonyme pour la publication de cet  article<br />
(15)  Entrevue avec Jason Foote, St. John’s, Terre-Neuve-et-Labrador, juin 2007<br />
(16) WINGROVE, Josh, «Oil spills off Newfoundland far exceed estimates, study finds», Globe and Mail, 16 septembre 2008. [En ligne]. &lt;<a href="http://www.theglobeandmail.com/servlet/story/RTGAM.20080916.woil16/BNStory/National/?page=rss&amp;id=RTGAM.20080916.woil16">http://www.theglobeandmail.com/servlet/story/RTGAM.20080916.woil16/BNStory/National/?page=rss&amp;id=RTGAM.20080916.woil16</a>&gt;<br />
(17) LEBLANC, Cyrille, «Contre le forage pétrolier sur le Banc Georges», Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 12 septembre 2008.<br />
(18) «Hebron deal could  lure Newfoundlanders back from Alberta&#8217;s  riches», CBCnews.ca, 21 août 2008, [En ligne].<br />
&lt;<a href="http://www.cbc.ca/canada/edmonton/story/2008/08/21/edm-hebron.html?ref=rss">http://www.cbc.ca/canada/edmonton/story/2008/08/21/edm-hebron.html?ref=rss</a>&gt;. Consulté le 26 août 2008.</p>
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		<title>L’eau du Golan au cœur des négociations de paix au Moyen-Orient</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Oct 2008 16:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nayla Naoufal</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Environnement / Environment]]></category>
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		<description><![CDATA[Plateau syrien occupé par Israël depuis 1967, le Golan fait actuellement l’objet de négociations indirectes entre l’État hébreu et la Syrie, la Turquie assumant le rôle d’intermédiaire. L’aboutissement de ces pourparlers pourrait affecter de manière [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Plateau syrien occupé par Israël depuis 1967, le Golan fait actuellement l’objet de négociations indirectes entre l’État hébreu et la Syrie, la Turquie assumant le rôle d’intermédiaire. L’aboutissement de ces pourparlers pourrait affecter de manière considérable la stabilité de toute la région du Moyen-Orient. Or, la question du contrôle de l’eau du Golan joue un rôle fondamental dans les tractations, intensifiant leur complexité. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/39/env.jpg" alt="" /><br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Localisé au Nord-est d’Israël, le plateau du Golan a été conquis par les Israéliens à l’issue de la Guerre des Six Jours en 1967, puis annexé en 1981. Y vivent 18 000 Druzes, de nationalité syrienne pour la majorité, ainsi que 20 000 colons israéliens. En effet, des colonies ont été implantées au Golan depuis l’occupation du plateau par l’État hébreu.</p>
<p style="text-align: justify;">Après l’échec des négociations en 2000, la question du plateau du Golan constitue une dimension centrale du conflit israélo-syrien et le plus grand obstacle à la normalisation des relations entre les deux pays.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La double importance du Golan</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le plateau du Golan est doublement important aux yeux de son occupant. Tout d’abord, situé à 1000 mètres d’altitude sur le versant est des montagnes de l’Anti-Liban et du Hermon au Liban, et dominant la vallée du Hauran en Syrie ainsi que le plateau de Galilée en Israël, le Golan revêt une importance géostratégique puisqu’il permet à son occupant de surplomber la capitale syrienne Damas, une partie du Liban ainsi que les colonies israéliennes situées en contrebas.</p>
<p style="text-align: justify;">L’autre aspect fondamental du Golan, c’est qu’il s’agit d’un château d’eau, d’où sont issus tous les cours d’eau de la rive orientale du lac de Tibériade, qui constitue la plus grande réserve hydrique de l’État hébreu. En outre, le Golan abrite les sources du Banias et du Dan, les deux affluents orientaux de la partie haute du fleuve Jourdain(1).</p>
<p style="text-align: justify;">Chevauchant les territoires de quatre États (Liban, Syrie, Jordanie et Israël) et du territoire palestinien de Cisjordanie, ce fleuve a fait l’objet d’ardentes disputes au vingtième siècle entre ses riverains arabes d’une part, et l’État hébreu d’autre part. À l’heure actuelle, les eaux du Jourdain sont utilisées principalement par les Israéliens(2). Quant aux Palestiniens, l’armée israélienne les empêche d’accéder au fleuve depuis 1967.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, les eaux du Golan sont déversées dans le lac de Tibériade, d’où elles sont distribuées ensuite par les autorités israéliennes dans le reste de leur pays au moyen du conduit national israélien d’eau, essentiellement vers le désert du Néguev. Par ailleurs, la conquête du plateau a pour conséquence d’éloigner la frontière syrienne des rives du lac de Tibériade.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le dilemme de l’eau </strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’aspect stratégique du Plateau du Golan ne serait que secondaire dans la volonté israélienne de conserver ce territoire syrien(3). Il en irait de même pour la présence des colonies israéliennes au Golan, l’Histoire ayant montré que l’État hébreu n’hésite pas à déplacer ses colonies par la force comme dans le cas du Sinaï lors des accords de paix avec l’Egypte ou le cas de l’évacuation de la Bande de Gaza en 2005. En fait, Israël tiendrait autant au plateau Golan en raison de la présence des sources du Jourdain. Rendre le Golan signifierait la fin de l’irrigation du désert du Néguev(4).</p>
<p style="text-align: justify;">Dans l’hypothèse d’une restitution du plateau en échange d’un traité de paix, Israël insiste jusqu’ici sur un droit d’exploitation et d’usage de l’eau, même si ce dernier a été acquis par la force. Ainsi, les Israéliens affirment ne pas pouvoir se passer de ressources en eau représentant une telle part de la consommation du pays. À l’inverse, la Syrie revendique l’eau du Golan en vertu de la doctrine classique de la souveraineté nationale absolue(5). Entre ces deux positions, une solution qui a été envisagée est que l’État hébreu rende à la Syrie sa souveraineté sur le plateau du Golan tout en conservant l’accès à ses ressources hydriques, Damas s’engageant éventuellement à garantir cet accord (6).</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, selon Zaslavsky, le commissaire de l’eau en Israël de 1991 à 1993, un accord de paix israélo-syrien et la restitution du Golan entraîneraient une pollution et une salinisation de la Mer de Galilée par les eaux usées, à la suite de l’implantation éventuelle d’un million de personnes dans le Golan par la Syrie(7). Aux yeux de l’ancien commissaire, des préoccupations environnementales constituent une entrave à la résolution d’un conflit.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, l’occupation du Golan est coûteuse, à la fois politiquement et économiquement, pour Israël(8). Et si Israël ne se retire pas du plateau syrien, ce serait surtout dans le but de conserver le contrôle de l’eau, dont dépendent étroitement la croissance et la viabilité du pays. Ainsi, environ le tiers de la consommation israélienne en eau provient du Golan, ce qui fait du plateau une ressource hydrique fondamentale pour l’État hébreu(9).</p>
<p style="text-align: justify;">Surtout, Israël dispose de ressources hydriques très limitées, à savoir 240 mètres cube par personne et par an(10), plaçant le pays en situation critique de stress hydrique(11). En outre, l’État hébreu connaîtrait actuellement «la pire crise de l’eau de son existence» selon Uri Shani, le directeur de l’Autorité de l’Eau en Israël, dans un article du <em>Monde</em> daté du 17 août 2008(12): Le lac de Tibériade, d’où provient le tiers de l’approvisionnement en eau israélien, a atteint la ligne rouge, avec un niveau de 213 mètres au-dessous du niveau de la mer. En deçà de la ligne noire (214.4 mètres), que le lac risque d’atteindre cet automne, le plus grand réservoir israélien deviendrait inutilisable en raison des risques de prolifération d’algues et de salinisation. En outre, la nappe phréatique côtière en Israël est d’ores et déjà infiltrée par l’eau de mer, le niveau de cette nappe se trouvant en-dessous de la ligne noire(13). Les bassins souterrains d’eau situés en Cisjordanie, qui approvisionnent l’État hébreu également, sont surexploités eux aussi.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les négociations israélo-syriennes autour du Golan</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Officiellement en état de guerre depuis 1948, la Syrie et l’Israël ont repris fin juillet, après un gel de huit ans, un dialogue indirect par l’entremise de la Turquie. Du côté de Damas, une entente avec Israël lui permettrait de récupérer le Golan.</p>
<p style="text-align: justify;">Du côté israélien, un accord de paix avec Damas serait d’une importance cruciale(14), permettant à l’État hébreu de faire pression dans le dossier israélo-palestinien (la Syrie cesserait de soutenir le Hamas dans la bande de Gaza dans l’hypothèse d’une entente) et dans le dossier israélo-libanais (la Syrie ne livrerait plus d’armes au Hezbollah libanais). Surtout, un traité de paix entre Israël et la Syrie pourrait séparer cette dernière de l’Iran, ennemi numéro un de l’État hébreu.</p>
<p style="text-align: justify;">Seulement, la question de l’eau du Golan joue un rôle fondamental dans les négociations. Les Israéliens ne veulent en aucun cas céder le contrôle des ressources hydriques situées dans le Golan, pour les raisons développées précédemment. Or, une souveraineté ne saurait être partagée. Comment Damas pourrait-il récupérer le Golan, sans retrouver l’eau qu’il recèle? Les tractations israélo-syriennes, où les diplomates turcs font office de médiateurs, risquent donc de traîner en longueur, nécessitant une quinzaine d’années pour aboutir à une entente(15).</p>
<p style="text-align: justify;">Il est fort éloquent que la solution envisagée est de faire d’une grande partie du plateau du Golan un «Parc International de la Paix» sous l’égide des Nations Unies, correspondant à une sorte de zone franche internationale, où les Syriens et les Israéliens pourraient circuler à leur guise(16). Ainsi, l’environnement, après avoir été par le biais de l’eau l’une des sources de la discorde du Golan, serait un facteur de résolution du conflit. En outre, un parc naturel n’étant pas habité, cette option allégerait les craintes d’Israël quant à la pollution des ressources hydriques en raison de la présence de populations riveraines. Selon cette solution proposée par les émissaires et les experts, l’État hébreu conserverait le contrôle de l’eau et la Syrie s’engagerait à ne pas interférer avec le flux de l’eau vers la Mer de Galilée(17).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce projet d’entente est-il vraiment équitable pour la Syrie? Cette dernière dispose de ressources en eau beaucoup plus abondantes qu’Israël et récupérerait la souveraineté du Golan grâce à un éventuel arrangement. Dans tous les cas, s’il venait à aboutir, cet accord de paix israélo-syrien aurait des répercussions certaines sur la stabilité du Moyen-Orient.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong> (cliquez sur le numéro de la note pour revenir au texte)</p>
<p style="text-align: justify;">(1) En effet, les sources du Dan, bien que situées en Israël, ont leur bassin d’alimentation au Liban dans le Mont Hermon et en Syrie sur le Golan. Selon SIRONNEAU, Jacques. <em>L’eau: nouvel enjeu stratégique mondial. </em>Paris:  Economica, 1996, p. 37.<br />
(2) Les eaux du Jourdain sont utilisées à 59% par Israël, 23% par la Jordanie, 11% par la Syrie et 0,3% par le Liban. Selon ALIEWI, Amjad et ASSAF, Karen. Shared management of Palestinian and Israeli groundwater ressources: A critical analysis. <em>In</em> Shuval, Hillel et Dweik, Hassan (ed)  : <em>Israeli-Palestinian water issues – from conflit to cooperation</em> (p.  17-32). Berlin, Springer, 2007, pp. 21-22.<br />
(3) AYEB,  Habib. <em>Le Bassin du Jourdain dans le conflit israélo-arabe</em>. Beyrouth,  Centre d’Etudes et de Recherches sur le Moyen-Orient Contemporain, 1993, p. 19.<br />
(4) <em>Ibid</em><br />
(5) LASSERRE,  Frédéric. Les eaux de la Terre  sainte. Le bassin du Jourdain au cœur de vives convoitises. <em>In</em> Lasserre,  Frédéric et Descroix, Luc: <em>Eaux et territoires Tensions, coopération et  géopolitique de l’eau</em> (p. 211-228). Sainte-Foy, Presses de l’Université du  Québec, 2002, p. 220.<br />
(6)<em> Ibid</em><br />
(7) ZASLAVSKY, Dan. <em>Definition  of Israel’s  water problems or “Water as a metaphor”</em> [en ligne]. &lt;<a href="http://www.biu.ac.il/soc/besa/water/zaslavsky.html" target="_blank">http://www.biu.ac.il/soc/besa/water/zaslavsky.html</a>&gt; 2000,  consulté le 25 août 2008<br />
(8)  ARSENAULT, Daniel et GREEN, Jamie. Effect of the separation barrier on the viability  of a future Palestinian state. <em>In</em> Shuval, Hillel et Dweik, Hassan (ed): <em>Israeli-Palestinian  water issues – from conflict to cooperation</em> (p. 273-282). Berlin,  Springer, 2007, p. 274.<br />
(9) GRESH,  Alain et VIDAL, Dominique. <em>Les 100 clés du Proche-Orient</em>. Paris:  Hachette littératures, 2006, p. 174.<a id="_Toc195893606" name="_Toc195893606"></a><a id="_Toc192495896" name="_Toc192495896"> </a><br />
(10) SHUVAL, Hillel. Meeting vital human needs: Equitable resolution of conflicts over shared water resources of Israelis and Palestinians. <em>In</em> Shuval, Hillel et  Dweik, Hassan (ed): <em>Israeli-Palestinian water issues – from conflict to  cooperation</em> (p. 3-16). Berlin,  Springer, 2007, p. 3.<br />
(11) GRUEN, George E.  Turkish water exports: A model for regional cooperation in the development of  water resources. <em>In</em> Shuval, Hillel et Dweik, Hassan (ed): <em>Israeli-Palestinian  water issues – from conflict to cooperation</em> (p. 157-163). Berlin,  Springer, 2007, p. 160.<br />
(12) BOLE-RICHARD,  Michel. <em>La crise de l’eau s’accentue en  Israël et frappe durement les Palestiniens</em>. Le Monde, 17 août 2008.<br />
(13) <em>Ibid</em>.<br />
(14) Department of  International Relations. <em>The Secret and Unofficial  Talks between Israel and Syria  &#8211; Second Track Diplomacy</em>. Istanbul: Istanbul Kültür  University, 2008 [en ligne]. <a href="http://www.kobikongresi.org.tr/iibf/docs/uluslar/report.pdf" target="_blank">http://www.kobikongresi.org.tr/iibf/docs/uluslar/report.pdf</a>,  consulté le 25 août 2008<br />
(15) <em>Ibid</em>.<br />
(16) <em>Ibid</em>.<br />
(17) <em>Ibid</em>.</p>
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		<title>Green Fury : Science Fiction / Public Trust</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Oct 2008 00:59:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick W. Bélanger</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond / Long articles]]></category>
		<category><![CDATA[English]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement / Environment]]></category>
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		<category><![CDATA[Michael Crichton]]></category>
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		<category><![CDATA[science]]></category>

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		<description><![CDATA[In September 2005 Senator Inhofe invited science fiction author Michael Crichton to Washington to counsel the U.S. Congress on the issue of climate change. Due to his celebrity influence, Crichton’s melding of science fiction with [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>In September 2005 Senator Inhofe invited science fiction author Michael Crichton to Washington to counsel the U.S. Congress on the issue of climate change. Due to his celebrity influence, Crichton’s melding of science fiction with policy recommendations risks hindering the capacity for informed public discussion on scientific matters of concrete social importance. Crichton’s speech collapsed the spheres of entertainment and scientific discourse, and therefore questions the idea of scientific authority (and its origins) in the wider context of environmental discourse.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="Some Science Fiction Crap" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/en/14/env.jpg" alt="Some Science Fiction Crap" /><br />
Timothy Tolle, <em>Some Science Fiction Crap</em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">In debate over public science policy, multiple voices interplay. Not all participants are experts. Ideally, translation of scientific data into policy outcomes requires that the relevant science is both comprehensible to decision-makers, and that the source is credible. As argued by Douglas Powell and William Leiss: “Where risks are concerned, what the public wants to hear is what those charged with risk management responsibility think ought to be done, and why.(2)”</p>
<p style="text-align: justify;">So, who can claim scientific authority, on what grounds, and with what sources? The rhetoric of science is strategic and purposive language. It is important to understand the use of this rhetoric because by directing and deflecting attention, its strategies may motivate action (such as the making of environmental policy) or encourage the adoption of an attitude that leads towards a desired action or understanding (3).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Credibility  and Influence</strong></p>
<p style="text-align: justify;">In his speech “Environmentalism as Religion,” Crichton claims to walk two roads: as popular author, and as scientist. However, only in the realm of the former can he validly profess expertise. His official website notes that he earned an MD from Harvard Medical School but then defines him as “a writer and filmmaker, best known as the author of Jurassic Park and the creator of ER,” and as “one of the most popular writers in the world [whose] books have been translated into thirty-six languages, and thirteen  [of which have been] made into films(4).” His list of professional contributions consists exclusively of contributions to the entertainment industry in the forms of novels, television shows, films and video games. He has never practiced medicine.</p>
<p style="text-align: justify;">Were Crichton’s audience fringe, or his scientific credibility trivial, the opinions made public in his speech would be of minor critical significance. However, due to his international celebrity and self-identification with scientific authority, there is a danger that his views exert disproportionate influence on a public understanding of contemporary environmental issues.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Reducing  Environmentalism to Fanaticism</strong></p>
<p style="text-align: justify;">One extended analogy forms the core of his speech. As is evident in its title, Crichton draws a correlation between environmental and religious thought. As the separation of state and religion is purportedly one of the tenets of American politics, this correlation argues that environmental perspectives lack policy relevance. To do this he employs a synecdoche – environmentalism as a whole is equated with the Deep Ecology movement. The Deep Ecology movement is a very particular branch of environmental thought whose goal is to preserve the intrinsic ecological and cultural diversity of natural systems, a goal often setting the movement against fundamental values of industrial culture. By evaporating the distinctions between a myriad of environmental groups (5), ranging the spectrum from radical (Earth First!), to more conservative (The Nature Conservancy), and reducing the movement as a whole to one of its more extreme versions (Deep Ecology), Crichton presents a choice between two opposing paths: the Enlightenment versus the Dark Ages.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bad  science (aka Religion, Morality and Politics)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">In his Oscar-winning documentary <span style="text-decoration: underline;">An Inconvenient  Truth</span> (6), Al Gore declares of climate change: “I don&#8217;t really consider this a political issue, I consider it to be a moral issue”. Such words, suggests Crichton, are anathema to the scientific project, which should be objective, and thus distanced from religion, morality and politics.</p>
<p style="text-align: justify;">Public awareness of the dangers posed by climate change is now sufficient to render simple denial of its existence problematic. Indecision and apathy are therefore best encouraged by obfuscating the anthropogenic origins of climate change, largely through the denigration of scientific research. Crichton, therefore, depicts mainstream climate science as deficient, biased and incapable of predicting future climate variations. Consistent with Conservative discourse on environmental policies, governmental funding of climate research is equated with the politicization of science, and scientific conclusions are attacked as subjective and therefore insubstantial. Last, the environmental movement as a whole is charged with propagating an elitist and irrational orthodoxy.</p>
<p style="text-align: justify;">In “Environmentalism as Religion,” Crichton  summarizes his argument:</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>“[E]nvironmentalism is in fact a perfect 21st century remapping of traditional Judeo-Christian beliefs and myths. There&#8217;s an initial Eden, a paradise, a state of grace and unity with nature, there&#8217;s a fall from grace into a state of pollution as a result of eating from the tree of knowledge, and as a result of our actions there is a judgment day coming for us all. We are all energy sinners, doomed to die, unless we seek salvation, which is now called sustainability.”</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">These words attempt to demonstrate the mythic (unscientific) origins of the modern environment movement. By doing so, they dissociate environmentalism from empiricism and, by extension, from rational thought. Affirming his allegiance to hard, unyielding science, Crichton states: “We need to stop the mythic fantasies, and we need to stop the doomsday predictions.” Derived from this blueprint, Crichton makes two paramount accusations: first, environmental thought is grounded in dogma; second, mainstream environmental science is corrupted by political (moral and fanatically religious) bias.</p>
<p style="text-align: justify;">Critically important here is the strategic redefinition of scientific consensus as “mythic fantasy.” As observed by Myra MacDonald: “The meanings we attribute to words and images depend on cultural assumptions, and help, in turn, to perpetuate these.(7)” By encouraging the public to falsely equate scientific consensus with either fantasy or orthodoxy (depending on whether environmentalists are assumed to be ignorant, corrupt, or both), Crichton mines a deep cultural aversion to the union of science with faith. This argument resonates strongly in a global context where the rhetoric of extremists’ and terrorists’ religious fanaticism dominates the evening news and serves as justification for America’s War on Terror.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Misappropriated  Scientific Authority</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Full comprehension of scientific issues often requires a specialized ability to trace connections between broad global and historical patterns. An untrained observer is required to trust the recommendations of credible individuals (and expert witnesses), and before doing so, must determine who qualifies as such.</p>
<p style="text-align: justify;">Crichton would like to portray himself as such a trustworthy individual: one who shuns dogmatism, a seeker of pure, apolitical truth. He claims: “[S]cience offers us the only way out of politics. And if we allow science to become politicized, then we are lost. We will enter the Internet version of the dark ages, an era of shifting fears and wild prejudices, transmitted to people who don&#8217;t know any better.”<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Running with this metaphor, he attempts to appropriate the authority associated with the scientific method. His employed terminology suggests neutral, rigorous, pragmatically-informed caution; it alludes to stability and endorses the continuation of current social practice within an ethical framework of far-sighted wisdom. Significantly, his calls for further research and open debate serve also to situate his discourse within a proactive, morally ascendant framework.</p>
<p style="text-align: justify;">Crichton’s claim to scientific expertise can be summed up by the passage: “I can, with a lot of time, give you the factual basis for [my] views, and I can cite the appropriate journal articles…. But such references probably won&#8217;t impact more than a handful of you, because the beliefs of a religion are not dependent on facts, but rather are matters of faith.”</p>
<p style="text-align: justify;">The argument might be paraphrased: trust me. This appeal to popular common sense is an effective tactic, for it claims a potent discursive ground that straddles the worlds of (technical) scientific expertise and (lay) common sense.</p>
<p style="text-align: justify;">Notwithstanding his claims to privileged knowledge, Crichton identifies himself as one aware of the limitations of human knowledge, particularly when faced with a complex issue that exists on a broad scale. Evoking the twin spirits of humility and liberalism, (and contrasting himself to the dogmatism that he equates with environmentalism) he therefore states: “fundamentalism is dangerous because of its rigidity and its imperviousness to other ideas(6).” His suggested response to such unyielding thought alludes to the very communicative processes that he has attempted to suppress: “We need to be humble, deeply humble, in the face of what we are trying to accomplish. We need to be trying various methods of accomplishing things. We need to be open-minded about assessing results of our efforts, and we need to be flexible about balancing needs.” By shunning complex scientific concepts and focusing, rather, on the perceived frailties of environmentalism, he directs his audience’s attention towards a specific (negative) evaluation of the environmental movement and its aims.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Expertise  and Persuasion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Persuasion is central in debate surrounding “controversial” science. As an integral aspect of communication, it is a requisite dimension in the formation of public opinion. Yet how rhetoric is used is not predetermined. Because it sets debate agendas and directly influences policy creation, it may be employed towards socially counterproductive ends. Popular author Crichton, has deployed language to influence public opinion and serve political objectives.</p>
<p style="text-align: justify;">His opinions are potentially dangerous due to their influence on a large (best-selling) audience base, and given their distorted and partial perspective on the critical mass of scientific environmental research. This influence is perhaps amplified by his questionable claim to represent scientific objectivity, and his perceived trustworthiness.</p>
<p style="text-align: justify;">The author purports to champion both scientific integrity and the democratic principle of free inquiry. The latter justifies and even romanticizes the way his project runs contrary to prevailing scientific belief. However, in addressing the former, a paradox infects his works: He simultaneously claims scientific interpretive authority, yet derides the credibility of the scientific establishment. The result is a vacillation between opposing depictions of science as at times beneficial, at others deficient and corrupt. His solution to this dilemma lies in the principle of selectivity, for by choosing his experts, Crichton becomes both judge and jury in the environmental debate (8).</p>
<p style="text-align: justify;">While the coherence of Crichton’s argument dissolves when situated within the broader context of prevailing scientific belief, there is risk that his views exert undue influence on public understanding of contemporary environmental issues. As a best-selling author, his potential audience is massive and includes elite decision-makers: such as, Senator James M. Inhofe, who has pronounced global warming to be “the greatest hoax ever perpetrated on the American people”. In 2005, Senator Inhofe invited Crichton to serve as expert witness to the U.S. Congress on the issue of climate change. Although he received an unfavorable reception from certain members of congress, this event indicates that there are those who welcome his maverick stance on the issue (9).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Despite his assertions to the contrary, Crichton’s arguments are structured along religious lines. His credibility must be accepted without evidence and on faith. The above speech is thus important to the extent that it illustrates how individuals with celebrity may command immense audiences and enjoy privileged rhetorical status. Regardless of actual degree of expertise, such individuals may at times successfully self-identify as authorities on diverse social matters. This phenomenon raises the question: why are our criteria for credibility, authority and trustworthiness skewed by celebrity and commercial success?</p>
<p style="text-align: justify;">While Crichton’s right to free speech is unquestioned, his arguments merit challenge due to their potential broad appeal. Scientific knowledge and the narrative tropes of popular entertainment can never stay entirely separated; the ideal of a purely objective scientific project divorced from religious, moral and political concerns is as much a myth as the purported tenets of the Deep Ecology movement that Crichton critiques. Nonetheless, scientific conclusions may at times be of great social consequence. This does not imply that science can access absolute truth, simply that within any given situation, public decisions should be based upon the best available provisional knowledge. Expert interpretation and communication of scientific information provides a vital foundation for public dialogue about the appropriate societal role of environmental perspectives. The danger is that slippage between the entertainment and technical spheres, compromises that discussion.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>References</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) Crichton, Michael.  “Environmentalism as Religion.” 29 Sep. 2007. <span style="text-decoration: underline;">MichaelCrichton.com</span>.  Commonwealth Club, San Francisco, CA. 15 Sep. 2003.  &lt;<a href="http://www.michaelcrichton.com/speech-">http://www.michaelcrichton.com/speech-</a>environmentalismaseligion.html&gt;.<br />
(2) Powell, Douglas,  and William Leiss. <span style="text-decoration: underline;">Mad Cows and Mother’s Milk: The Perils of Poor Risk  Communication</span>. Montreal: McGill/Queen’s University Press, 1997: 223.<br />
(3) Burke, Kenneth. <span style="text-decoration: underline;">On  Symbols and Society</span>. Chicago: University of Chicago Press, 1989: 115.<br />
(4) “About Michael  Crichton.” <span style="text-decoration: underline;">MichaelCrichton.com</span>. 4 Nov. 2007. &lt;<a href="http://www.crichton-official.com/aboutmichaelcrichton-biography.html">http://www.crichton-official.com/aboutmichaelcrichton-biography.html</a>&gt;.<br />
(5) Corbett, Julia B. <span style="text-decoration: underline;">Communicating  Nature: How We Create and Understand Environmental Messages</span>. Washington:  Island Press, 2006: 26-52.<br />
(6) <span style="text-decoration: underline;">An Inconvenient  Truth</span>. 2006. Paramount Classics and Participant  Productions. Directed by Davis Guggenheim.<br />
(7) MacDonald, Myra. <span style="text-decoration: underline;">Exploring  Media Discourse</span>. London: Hodder, 2003: 9.<br />
(8) Livesey, Sharon M. (2002) Global Warming Wars: Rhetorical and Discourse Analytic Approaches to Exxon Mobil’s Corporate Public Discourse <span style="text-decoration: underline;">The Journal of Business  Communication</span> 39.1, 117-148. (p. 129)<br />
(9)  Janofsky, Michael K.<strong> </strong>“Michael Crichton,  Novelist, Becomes Senate Witness.” 29 Sep. 2005. <span style="text-decoration: underline;">The New York Times</span> 6  Nov. 2007. &lt;http://www.nytimes.com/2005/09/29/books/29cric.html&gt;.</p>
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		<title>Le néocolonialisme durable ou la préservation des écosystèmes grâce à l’écotourisme</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Oct 2008 16:16:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Kuzyk</dc:creator>
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		<description><![CDATA[À l’heure où les industries font leur examen de soutenabilité, le développement touristique «doit être supportable à long terme sur le plan écologique, viable sur le plan économique et équitable sur le plan éthique et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>À l’heure où les industries font leur examen de soutenabilité, le développement touristique «doit être supportable à long terme sur le plan écologique, viable sur le plan économique et équitable sur le plan éthique et social pour les populations locales(1)». Beau programme… La réalité apparaît toutefois bien différente: au Kenya, en Inde et au Honduras, la faune et la flore sont protégées au détriment des populations locales. L’écotourisme ne s’oppose pas aux inégalités, au contraire, il se présente comme une nouvelle assise de la domination du Capital sur les peuples. En imposant les règles du marché et celles de la conservation des écosystèmes au bénéfice des populations du Nord et des élites des pays en développement, l’écotourisme a tout de l’impérialisme. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="Painted tiger/Ending without  stories" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/38/env.jpg" alt="Painted tiger/Ending without  stories" /><br />
<em>Painted tiger/Ending without  stories</em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Dans le courant du mouvement environnemental amorcé à la fin des années 1980 avec le concept de développement durable, à partir duquel la critique de l’industrie ne doit plus condamner la croissance (qui ne peut plus être remise en question), en accord cette fois avec des préceptes d’équité sociale et de maintien d’une qualité minimale de l’environnement, la tendance est au tout durable. Rien d’étonnant donc à ce que l’industrie du tourisme, qui détient 11% du PIB mondial et emploie près de 200 millions d’individus(2), se rallie à la fièvre environnementale en proposant de nouvelles destinations écologiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs problèmes graves apparaissent sur les sites dont l’attraction principale est la nature et où le nombre de visiteurs ne cesse d’augmenter. Ces derniers requièrent plus d’installations, plus d’infrastructures répondant à leurs besoins, ce qui provoque une perte du naturel et, au final, une réduction de l’attrait pour ces sites. Il est connu que l’activité touristique peut «saccager les paysages, détruire les communautés, polluer l’air et l’eau, dépersonnaliser les cultures, uniformiser et plus généralement contribuer à la dégradation continuelle de la vie sur notre planète(3)». Ainsi, parmi les méthodes d’estimation et de mesure des impacts du tourisme sur la soutenabilité, l’analyse de l’empreinte écologique(4) est des plus prometteuses. Dans le cas de Manali, un centre touristique himalayen en Inde, l’empreinte est passée de 2102 hectares en 1971 à 9665 hectares en 1995, une augmentation de 450%(5). Manali a une empreinte 25 fois plus grande que sa taille, et les résidents et touristes deviennent de plus en plus dépendants de l’importation de nourriture, d’énergie et de matériaux de construction. Cet assujettissement place la population dans une position précaire, car elle doit aujourd’hui compter sur un flux de ressources dont elle n’a pas le contrôle. S’ajoute à cela la limitation, voire l’exclusion des résidents locaux à l’utilisation de certaines ressources, occasionnée par la surconsommation des touristes fortunés, ces derniers pouvant dépenser le salaire annuel d’un résident au cours d’une seule excursion de quatre jours…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le charme  des mots</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Alors que la Charte du tourisme durable reconnaît «la nécessité de développer un tourisme qui réponde aux attentes économiques et aux exigences de la protection de l’environnement et qui respecte non seulement la structure sociale et les caractères physiques de la destination, mais aussi la population locale(6)», la <em>Déclaration de Québec sur l’écotourisme</em>, édictée à la suite du Sommet mondial de l’écotourisme à Québec en 2002 (année internationale de l’écotourisme), se distingue notamment en incluant «les communautés locales et indigènes dans sa planification, son développement et son exploitation(7)» ainsi qu’en protégeant leur «patrimoine naturel et culturel(8)», le tout, pour contribuer à leur bien-être.</p>
<p style="text-align: justify;">Au même titre que les grands concepts sociaux à visée humaniste tel que le développement, les «définitions» du tourisme durable et de l’écotourisme sont davantage liées à des idées de conditions idéales de l’existence sociale, ou du devenir d’un projet, qu’à des définitions. Et comme pour le développement durable où certains s’intéressent davantage aux échanges commerciaux équilibrés, d’autres à l’équité inter et intra-générationnelle, ou d’autres encore à la conservation de la nature, chacun mélangeant ces éléments dans des proportions différentes et rendant les acceptions du concept aussi nombreuses que ses acteurs, les chances sont minces pour qu’une définition unique et définitive soit universellement acceptée(9). En effet, le succès de ces concepts repose sur leur caractère indéfinissable et mystérieux où chacune des parties trouve son compte: pour l’industrie du tourisme, le développement est approprié; pour le conservationniste, les principes du XIXe siècle sont de nouveau acceptables; pour l’environnementaliste, le concept justifie la préservation de sections d’écosystèmes contre le développement; et, pour le politicien, cela lui permet de faire de jolis discours.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le nouvel espoir du monde en développement, une «destination prisée pour le tourisme de ²nature² du fait de la richesse de sa faune et de sa flore(10)», est de saisir l’occasion pour que le «profit économique [puisse] aller directement aux populations rurales vivant aux alentours ou au sein de ses sites naturels(11)», les populations directement affectées sont déjà désillusionnées.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La  conservation au Kenya et l’éviction des Maasais(12)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour les Maasais du sud du Kenya, la forêt est le centre spirituel de leur existence de même que le stock essentiel de fruits, de miel, de plantes médicinales, de bois de chauffage et de pâturage pour leurs animaux d’élevage lors de la saison sèche.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le Conseil du Comté de Narok, c’est l’habitat des lions, des éléphants, des buffles et de plusieurs espèces d’oiseaux rares. La région se présente alors comme une réserve idéale où les seuls humains acceptés seraient les gardes-chasses et les touristes payants, et ce, dans le but avoué de protéger la vie sauvage et de rapporter de l’argent à la population pauvre. Depuis longtemps, les conservationnistes soutiennent que les nomades ont toujours été un danger pour la vie sauvage parce qu’ils tuent les prédateurs comme le lion ou la hyène et parce que leur bétail broute l’herbe avec excès. Ils seraient aujourd’hui plus menaçants parce qu’ils cultivent la savane et construisent des clôtures ainsi que des maisons permanentes(13).</p>
<p style="text-align: justify;">Si les territoires sélectionnés pour les parcs du Serengeti, de Maasai Mara,  et de Tsavo Est étaient pratiquement inhabités au moment de leur établissement, principalement à cause de la peste bovine et de la mouche tsé-tsé, ce n’était pas le cas pour la création des parcs plus récents d’Amboseli, de la Réserve nationale Samburu et du Parc national Tarangire. Dans la réserve naturelle du Mkomazi en Tanzanie, le traitement des Maasais a été des plus durs: déplacés dans les pâturages voisins, les fermiers se plaignirent et les Maasais furent arrêtés pour occupation sans permission puis condamnés à une amende. En voulant retourner dans la réserve, ils furent arrêtés et condamnés à nouveau. Leur bétail mourut de faim faute de pâture.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que les Maasais peuvent vendre des droits de campement, construire des chalets pour les safaris ou même présenter les danses traditionnelles aux touristes. Mais la réalité n’est pas aussi simple. D’abord, l’argent est plus souvent qu’autrement récolté par une minorité riche, laissant la majorité dans la misère. Ensuite, plusieurs vivent dans des zones de peu d’intérêt pour les touristes, et donc sans valeur monétaire, ou, par manque de connaissances en affaires, d’argent ou d’éducation, sont dans l’impossibilité de compétitionner avec les grandes compagnies de tourisme. Enfin, la ridiculisation de sa culture est peu séduisante pour qui préférerait reprendre son mode de vie traditionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Au service de la faune et de la flore du Kenya (Kenya Wildlife Service), il est hors de question de permettre aux Maasais de réintégrer les territoires dont ils ont été exclus. Le directeur de l’époque, Richard Leaky, est explicite: «Nous nous occupons d’un État-nation moderne… La mise en réserve de territoires pour des fins de conservation de la faune et de la flore, dans le but de supporter l’industrie du tourisme, est un choix stratégique. Que ce soit pour des projets agricoles, hydroélectriques ou touristiques, l’éthique d’exproprier une population hors d’un territoire est la même. Au fond, les États-nations doivent fonctionner.(14)»</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’impérialisme  environnemental </strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’histoire des Maasais du Kenya est classique, mais elle n’est pas pour autant unique. Le Projet Tigre («Project Tiger») en Inde est un réseau de parcs acclamé par la communauté conservationniste internationale qui pose les intérêts du tigre avant celle des paysans pauvres. La délimitation de la réserve du tigre a été rendue possible par le déplacement de villages et de leurs habitants. Le coup d’envoi de ces projets de conservation du tigre, du rhinocéros ou de l’éléphant, provient de deux groupes sociaux distincts: premièrement, d’anciens chasseurs convertis au conservationnisme et appartenant principalement à l’élite indienne et, deuxièmement, des représentans d’agences internationales telles que le Fonds mondial pour la nature (World Wildlife Fund) et l’Union internationale pour la conservation de la nature. En aucun cas les populations locales n’ont été consultées et, tel qu’en Afrique, les réserves créées profiteront principalement aux touristes fortunés.</p>
<p style="text-align: justify;">Un dernier exemple, en Amérique centrale cette fois: l’institut du tourisme du Honduras a exproprié les Garifunas de 300 hectares de littoral sans les indemniser. Cette terre a été vendue 19 millions de dollars à une société privée mandatée pour la réalisation du projet Los Micos Beach &amp; Golf resort. Là où la nature se veut l’attrait principal ont été aménagés un golf de 25 hectares, 2000 chambres d’hôtel, 170 villas, un centre de convention, une marina, etc.(15).</p>
<p style="text-align: justify;">Comme le remarquait l’historien indien Ramachandra Guha(16), l’environnementalisme dominant voit aujourd’hui la nature comme un antidote temporaire à la vie moderne. À cet effet, le parc national est une institution spécifique de la société industrielle en ce qu’il procure un répit au stress, une opposition au béton, un objet de contemplation et une manifestation de valeurs saines pour ceux dont la vie de tous les jours est urbaine. Dans les États-Unis de l’après-guerre, l’augmentation de l’affluence dans les parcs nationaux était en lien direct avec la croissance économique. L’émergence de cet intérêt pour la nature «sauvage» ne doit pas être perçue comme un retour à l’être primitif mais, au contraire, comme une partie intégrante de la vie moderne. C’est un nouveau confort matériel. Ainsi, cet attrait pour la nature est intimement lié à la société de consommation. La seule impureté des fins de semaines en nature est le véhicule qui nous y a porté. Cette représentation de l’environnement est trompeuse. La cohabitation dans un tout cohérent du bien-être matériel issu de l’expansion économique et du bonheur que procure une nature préservée occulte la présence d’un problème.</p>
<p style="text-align: justify;">Grâce au développement, les pays industrialisés continuent d’utiliser le potentiel économique des régions dominées comme débouché pour les innombrables productions qu’ils contrôlent, ici, le tourisme. La seule différence avec l’époque coloniale est que l’annexion territoriale, non reconnue par le droit international, est assurée par la concurrence économique et par le libre-échange. Le Tiers Monde assimilé à l’économie mondiale, c’est le capitalisme et son système de valeurs qui prévaut.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) COMITÉ 21, <em>Charte  mondiale du tourisme durable de Lanzarotte</em>, [en ligne] http://www.comite21.org/docs/economie/axes-de-travail/tourisme/charte-lanzarote.pdf, p. 103. Consulté le 15 août 2008.<br />
(2) HUNTER, Colin,  «Sustainable tourism and the touristic ecological footprint», <em>Environment, Development and Sustainability</em>,  Vol. 4, 2002, p. 7-20.<br />
(3) Traduction libre de «ruin landscapes, destroy communities, pollute the air and water, trivialize cultures, bring about uniformity and generally contribute to the continuing degradation of life on our planet» dans CROALL, Jonathan, <em>Preserve or Destroy: Tourism and the  Environment</em>, London, Calouste Bulbenkian Foundation, 1995, p. 1.<br />
(4) L’empreinte écologique est la mesure de la charge imposée à la nature par une population humaine donnée. Elle correspond à la surface terrestre et marine requise pour produire en continu les ressources nécessaires à la production des biens consommables et à l’assimilation des déchets produits par la population, et ce, indépendamment de l’emplacement de cette surface. D’après Wackernagel, Mathis et Rees, William, <em>Our Ecological Footprint: Reducing Human  Impact on Earth</em>, Philadelphia, New Society Publishers, 1996, 176 p.<br />
(5) COLE, Victoria, et  SINCLAIR, A. John, «Measuring the Ecological Footprint of a Himalayan Tourist  Center», <em>Mountain Research and  Development</em>, Vol. 22, n° 2, 2002, p. 132-141.<br />
(6) <em>Op. cit.</em> COMITÉ 21, p. 103.<br />
(7) ORGANISATION MONDIALE DU TOURISME, <em>Déclaration de Québec sur l’écotourisme</em>,  [en ligne]  http://www.world-tourism.org/sustainable/IYE/quebec/francais/fra.pdf, p. 2.  Consulté le 15 août 2008.<br />
(8) <em>Ibid.</em><br />
(9) Pour une revue détaillée de la question, voir  BUTLER, Richard W., «Sustainable tourism: a state-of-the-art review», <em>Tourism Geographies</em>, Vol. 1, n° 1, 1999,  p.7-25.<br />
(10) Gbadamassi,  Falila, «L’écotourisme, une nouvelle opportunité pour l’Afrique?», <em>Afrik</em>, mercredi 26 mai 2004, [en ligne]  http://www.afrik.com/article7326.html. Consulté le 16 août 2008.<br />
(11) <em>Ibid.</em><br />
(12) D’après MONBIOT,  Georges, <em>Monbiot.com Keepers of the  Artificial Wilderness</em>. [en ligne] http://www.monbiot.com/archives/1994/07/01/keepers-of-the-artificial-wilderness/. Consulté le 12 août 2008. Georges Monbiot est journaliste pour le <em>Guardian</em> à Londres, auteur,  environnementaliste et activiste. L’article est tiré du livre <em>No Man’s Land: an investigative journey  through Kenya and Tanzania</em> publié aux Éditions Mcmillan en 1994.<br />
(13) Ironiquement, plusieurs écologistes considèrent aujourd’hui que les chasseurs-cueilleurs nomades et l’agriculture sur brûlis («slash and burn») seraient probablement les modes de vie les plus soutenables que l’humanité ait connue. Voir entre autres à ce sujet Kleinman, P. J. A., Pimentel, D., Bryant, R. B., «The ecological sustainability of slash-and-burn agriculture», <em>Agriculture,  Ecosystems &amp; Environment</em>, Vol. 52, 1995, p. 235–249.<br />
(14) Traduction libre de «We’re dealing with a modern nation state… The setting aside of land for the purpose of wildlife conservation, to support the tourist industry, is a strategic issue. The morality of evicting people from land, whether it’s to establish a wheat scheme, a barley scheme, hydroelectric scheme or a wildlife tourist scheme is the same. Basically nation state have got to function.» dans<em> Op. cit.,</em> Monbiot.<br />
(15) D’après VIGNA, Anne, «Les charlatans du  tourisme vert», <em>Le Monde diplomatique</em>,  Juillet 2006, p. 14-15.<br />
(16)  GUHA, Ramachandra, «Radical Environmentalism and Wilderness Preservation: A  Third World Critique», <em>Environmental  Ethics</em>, Vol. 11, n° 1, 1989, p. 71-83.</p>
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		<title>Existe-il encore du vin naturel?</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Sep 2008 16:38:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kelly LeBlanc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après les chaleurs de l’été, le temps des vendanges est commencé. Le vin est depuis l’Antiquité un plaisir olfactif et gustatif pour les amateurs un peu partout dans le monde. Mais de plus en plus, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Après les chaleurs de l’été, le temps des vendanges est commencé. Le vin est depuis l’Antiquité un plaisir olfactif et gustatif pour les amateurs un peu partout dans le monde. Mais de plus en plus, les goûts et saveurs tendent à se ressembler de l’Espagne à l’Australie en passant par l’Afrique du Sud. L’utilisation de pesticides est généralisée et l’ajout de soufre, quasi inévitable. Cependant, voyons comment, en France, des producteurs de vins naturels ont opté pour une démarche différente, plus respectueuse de l’environnement… et du goût.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="Trees in a wine glass" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/37/env.jpg" alt="Trees in a wine glass" /><br />
jesiehart, <em>Trees in a wine glass</em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">À l’heure actuelle, les deux tiers de la production mondiale de vin sont produits par l’Europe, principalement par l’Italie, la France et l’Espagne. Au mois de mars dernier, le Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe), soutenu par le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (France), Global 200 (Autriche) et Greenpeace (Allemagne), publiait une étude révélant que la grande majorité des vins d’Europe et des autres pays producteurs dans le monde contenait des résidus de pesticide(1). L’étude portant sur un échantillon de 40 bouteilles, dont 34 provenaient de l’agriculture conventionnelle et 6 de l’agriculture biologique, dévoilait que 100% des vins conventionnels contenaient au moins quatre pesticides (et un maximum de dix), et qu’un des vins biologiques contenait une quantité faible de résidus, lesquels ont été expliqués par une dérive des pesticides pulvérisés sur les parcelles de terres voisines. Toujours selon cette étude, l’utilisation de pesticides en viticulture est généralisée: la surface agricole couverte par les raisins en Europe représente 3,5% et reçoit environ 15% des pesticides synthétiques utilisés en agriculture.</p>
<p style="text-align: justify;">En amont du champ et du chai, nous pouvons nous demander pourquoi autant de résidus synthétiques se retrouvent dans les bouteilles. Une partie de la réponse se trouve dans la tolérance des institutions en place face à cette méthode de production vinicole. À preuve, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) publiait récemment sa proposition de limites maximales de résidus (LMR) de pesticides dans les vins. Alors que la teneur maximale de résidus de pesticides dans l’eau potable pour tous les pesticides confondus est de 0,5 ug/l, l’INRA propose que le vin puisse en contenir jusqu’à 60 mg/l. Pour une majorité de pesticides, la limite proposée par l’INRA est en réalité plus de cinq fois supérieure à ce que l’on a détecté en laboratoire chez les vins étudiés. De cette liste de 32 produits de synthèse, certains sont largement étudiés ainsi que médiatisés et leurs effets négatifs connus. Citons à ce titre le glyphosate, élément actif du désherbant Roundup, produit par la firme Montsanto.</p>
<p style="text-align: justify;">En plus de l’utilisation intensive de pesticides, la viticulture dite conventionnelle a pour pratique d’appliquer des insecticides et autres produits de synthèse sur les vignes, des désherbants et des engrais dans les sols et d’ajouter des levures et du soufre lors de la vinification. Ces pratiques permettent d’assurer de grandes productions, mais créent un déséquilibre non négligeable sur le sol, la faune et, inévitablement, sur le goût. Des vins standardisés, aux arômes uniformes, sont aujourd’hui la norme. Pourtant, encore très marginaux, quelques vignerons ont décidé de renoncer à ces pratiques productivistes et de privilégier des méthodes plus respectueuses pour la terre et pour nous, amateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est entre les années 1950 et 1980 que la viticulture a subi un tournant que l’on pourrait qualifier de «technologique». En France, lors de cette période d’après-guerre, qui était une période de pénurie, la majorité des œnologues et vignerons ont opté pour la «modernisation» en employant des pesticides, des engrais, des levures industrielles et du soufre, s’inscrivant ainsi dans la logique de la Révolution verte. Par contre, certains ont résisté et leur nombre s’accroît encore aujourd’hui. L’un des pionniers des vins naturels est Jules Chauvet (1907-1989), chimiste et grand dégustateur. Il préconisait le moins d’intervention possible, et ce, à chacune des étapes de la production, afin de conserver tout le caractère naturel et unique qu’il est possible de dégager d’un vin. Il est celui qui a inspiré d’autres dégustateurs très connus tel que Jacques Néauport, mais aussi des vignerons reconnus pour leurs vins naturels, tels que Marcel Lapierre (dans le Beaujolais), Pierre Overnoy (dans le Juras) et Claude Courtois (dans la Sologne). Ces producteurs privilégient un lien plus direct et harmonieux avec la terre de même qu’au moment de la transformation du raisin.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vins naturels ou vins  «bio»?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les vins «bio» ne sont pas nécessairement des vins naturels. Les vins «bio» sont issus de raisins provenant d’une agriculture biologique. Les raisins sont donc bio, mais le vin ne l’est pas nécessairement. Aucun produit chimique de synthèse (engrais, pesticides) n’est appliqué sur les vignes, par contre, rien n’empêche un viticulteur d’ajouter des levures et du soufre lors de la vinification. Cette étape de transformation a été exclue du règlement européen des produits biologiques en 1991, en raison de l’absence de cahier des charges spécifique à cette étape. Le vin naturel, quant à lui, est issu d’une agriculture biologique, et souvent biodynamique(2), mais sans ajout de levure ni de soufre (ou en très faible quantité). La démarche favorise le moins d’intervention possible lors de la vinification.</p>
<p style="text-align: justify;">La levure indigène, composée des champignons microscopiques qui se trouvent sur la peau des raisins et retenus par une matière cireuse appelée la pruine, est la clé du vin. La première action de cet organisme unicellulaire consiste à transformer le sucre (présent dans la pulpe du raisin) en alcool, alors que des résidus secondaires produits lors de cette fermentation résultent en des composés aromatiques. C’est elle qui lui donne ainsi ses arômes les plus délicats et laisse entrevoir la typicité du sol et du climat de la région où la vigne a été cultivée; elle est donc spécifique au millésime.</p>
<p style="text-align: justify;">L’ajout de levures exogènes lors de la vinification a pour effet «d’équilibrer» le goût du vin, voire le standardiser, mais dissimule les saveurs représentatives du terroir et du climat pour obtenir un goût «international». Les vignerons peuvent se procurer des levures exogènes par le biais de laboratoires œnologiques spécialisés, afin d’ajouter des parfums végétaux, minéraux et autres, cachant ainsi les arômes naturels du vin. Il existe dans l’industrie plus de 300 levures aux caractéristiques diverses: certaines sont neutres et ne font que transformer le sucre en alcool, alors que d’autres peuvent produire des arômes de framboise, de cassis, de cerise… Le vin s’éloigne ainsi de son lien direct avec la terre et son environnement et devient un produit que l’on construit selon les goûts des consommateurs ou de certains dégustateurs influents. Les vins aux caractères surprenants se font ainsi de plus en plus rares.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dioxyde de soufre (SO2) est également admit dans les cahiers des charges biologiques (à l’exception des membres de la Fédération Nationale Interprofessionnelle des Vins de l’Agriculture Biologique). Cet agent artificiel est très utile pour stabiliser l’action des levures et par conséquent pour conserver les vins. Nous avons mentionné que sous l’effet des levures, les sucres se transforment en alcool pour atteindre un taux de 15% à 16% après quoi le travail cesse naturellement. Il restera toutefois des sucres résiduels qui, sous l’action de variations de température (chaleur), peuvent fermenter à nouveau mais de manière incontrôlée et ainsi déstabiliser le vin. De ce fait, du SO2 est ajouté afin de mieux conserver le vin, principalement lors de l’exportation. Le dioxyde de soufre est un gaz dense qui inhibe l’action des levures et rend ainsi le travail de vinification, la mise en bouteille et le transport beaucoup plus faciles. Ce composé réactif présent dans la grande majorité des vins et dans de nombreux autres produits alimentaires peut provoquer des réactions inflammatoires chez plusieurs personnes. Se caractérisant par des éternuements, des démangeaisons et des douleurs abdominales, son action peut parfois avoir des conséquences plus graves. Le soufre est la principale cause des maux de tête et agace également le nez et la bouche des dégustateurs. Afin de limiter l’ajout de soufre, les levures indigènes doivent travailler un maximum de temps, mais rien ne peut garantir la stabilité du vin. Il devient alors très important de conserver le vin à une température ne dépassant pas 14 degrés Celsius.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Encore des labels…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Toujours en France, contrairement aux vins issus d’agriculture biologique et biodynamique, il n’existe pas encore de certification ni de cahier des charges pour les vignerons qui produisent du vin naturel. La reconnaissance vient uniquement des pairs. Pour le bio et la biodynamie, des organismes indépendants, tels que la Fédération Nationale Interprofessionnelle des Vins de l’Agriculture Biologique et Écocert, sont habilités à décerner le label «AB» pour l’agriculture biologique. D’autres organismes, tels que Demeter et Biodyvin, le sont pour décerner le label «en biodynamie». Toutefois, les préoccupations environnementales sont différentes d’un vigneron à l’autre et d’un consommateur à un autre. Malheureusement, les différents labels offrent souvent peu d’information pour un marché si complexe. L’efficacité des mesures, des qualifications environnementales et des normes est, à ce jour, encore confus(3).</p>
<p style="text-align: justify;">En France, les vins naturels sont de plus en plus présents sur les tablettes et dans les bars à vins. Au Québec, il est possible de s’en procurer mais, à l’heure actuelle, ce sont principalement les maisons d’importation privé(4) qui les distribuent à des particuliers, bars à vins ou restaurants. Les quantités de vins naturels sont encore trop petites pour pouvoir être distribuées en vente libre par la Société des alcools du Québec. Malgré cet obstacle, il est juste de se rappeler que le choix d’un vin peut se faire selon divers critères, mais que le bon goût demeure probablement le meilleur. Les vins naturels nous offrent des saveurs uniques et typées mais, comme tous les types de vin, ils ne peuvent malheureusement pas nous garantir ce critère tant recherché!   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) Pesticide Action Network Europe, 2008, «Étude vin Pan-Europe, «Message dans une bouteille», Étude sur la présence de résidus de pesticides dans le vin», 20 pages.<br />
(2) «L’approche scientifique de Rudolf Steiner [1924] sur laquelle repose l’agriculture biodynamique peut être qualifiée d’approche écologique/qualitative en opposition à l’approche analytique/quantitative de la science conventionnelle. Cette approche est écologique au sens le plus large du terme puisqu’elle englobe toutes les forces terrestres et célestes qui influencent la vie. Elle est qualitative dans son étude des processus vivants.» Citation provenant de la Maison de l’Agriculture biodynamique, «Les fondements de l&#8217;agriculture bio-dynamique»,[en ligne] &lt;<a href="http://www.bio-dynamie.org/fondements-agriculture-biodynamique/fondements-agriculture-biodynamique-sommaire.htm">http://www.bio-dynamie.org/fondements-agriculture-biodynamique/fondements-agriculture-biodynamique-sommaire.htm</a>&gt;,  Consulté le 6 août 2008.<br />
(3) Teil, Genevieve et al., 2007, «Faire valoir: le marché comme instrument de l&#8217;action collective. Le cas des vins à qualité environnementale.», Communication au Colloque international les approches pragmatiques de l&#8217;action publique, Bruxelles (BEL). 25 pages.<br />
(4) Par exemple la Maison RéZin (sous la bannière Importation sauvage), Oenopole et Les Canons.</p>
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		<title>La consommation durable par le design durable</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Sep 2008 03:59:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julie Parent et Carmela Cucuzzella</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Environnement / Environment]]></category>
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		<category><![CDATA[consommation durable]]></category>
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		<description><![CDATA[L’amélioration technique des moyens de production ne semble plus suffire à maintenir les modes de vie occidentaux dans les limites écologiques de la Terre(1). La consommation est dorénavant dans la ligne de mire stratégique des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>L’amélioration technique des moyens de production ne semble plus suffire à maintenir les modes de vie occidentaux dans les limites écologiques de la Terre(1). La consommation est dorénavant dans la ligne de mire stratégique des organisations internationales et des académiciens. Faut-il encore que le projet devienne politique? En ce mois de la rentrée scolaire, événement commercial notable, cet article propose une réflexion sur la consommation durable de même qu’une introduction à la discipline nécessaire au nouveau paradigme: le design durable. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title=" Eco" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/36/env.jpg" alt=" Eco" /><br />
Britta Frahm, <em> Eco</em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">En se référant à l’équation d’Ehrlich(2), où l’impact environnemental (I) est directement influencé par la population (P), ce qu’elle consomme (A) et l’impact environnemental associé à cette consommation (T), celui-ci étant dépendant de la technologie utilisée, soit I=PAT, il semble intuitif de considérer l’amélioration technologique des moyens de production (T) comme étant la solution la plus simple relativement à une modification de la démographie ou à la remise en question du consumérisme. La consommation détient en effet une place de choix dans le système économique occidental; il s’agit d’un levier majeur de la croissance économique, elle-même considérée comme un objectif permettant l’atteinte de meilleures conditions de vie(3). Seulement, cette poursuite du bien-être semblerait, en définitive, souffrir des moyens qui lui étaient destinés; les impacts écologiques, causés par la consommation, affectent le bien-être que celle-ci est pourtant sensée engendrer(4).</p>
<p style="text-align: justify;">Deux constats émergent: d’abord, le système économique actuel requiert plus de ressources naturelles et produit plus de déchets que ce que les écosystèmes peuvent régénérer et absorber sans menacer l’existence même de l’espèce humaine et des autres espèces(5), puis le «verdissage» des modes de production ne suffit plus; il faut maintenant questionner la durabilité des modes de consommation(6). En effet, il n’est aucunement garanti que l’amélioration de l’efficacité des processus industriels et l’utilisation de technologies plus propres, même si elles offrent indubitablement des avantages du point de vue écologique, confineront la consommation de matériel (et la production de déchets) à l’intérieur des limites écologiques(7). Ainsi naissait la consommation durable (<em>sustainable consumption</em>).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est ce que la  consommation durable?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aucune définition universelle ne détermine ce qu’est exactement la consommation durable(8). Hertwich(9), professeur à l’Université norvégienne de sciences et de technologie, la définit comme «des modes de consommation qui satisfont les besoins primaires, qui offrent aux humains la liberté de développer leur potentiel, et qui puissent être appliqués autour du globe sans compromettre la capacité régénératrice de la Terre(10)». Toutes les définitions ne s’engagent pas également dans la proposition explicite d’une diminution de la consommation, mais certains auteurs considèrent cette diminution, au sein des masses nanties évidemment, comme fondamentale(11).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi consommons-nous?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le défi de transformer les modes de consommation requiert la compréhension de ce qui oblige actuellement une telle consommation. En l’absence d’une compréhension des motivations qui se trouvent derrière la consommation, et en demeurant dans le paradigme de l’économie de marché, les stratégies voulant modifier les impacts environnementaux (et sociaux) de la consommation se limiteront à l’obligation d’une information parfaite sur la nature, la provenance, les impacts, etc. des produits, de même que sur l’internalisation des coûts sociaux et environnementaux(12). En effet, «puisque les coûts environnementaux et sociaux ne sont pas reflétés dans les prix, le prix des services intensifs en travail (tel que les services de buanderies ou les services de réparation) augmente, il devient ainsi plus abordable pour les consommateurs d’acheter des produits de fabrication industrielle (tel qu’une machine à laver)(13).» Si l’information parfaite et l’internalisation des coûts environnementaux sont des stratégies qui ont indubitablement un effet bénéfique sur l’environnement, elles ne semblent pas permettre le changement de comportement requis afin de rester dans les limites écologiques(14).</p>
<p style="text-align: justify;">D’un autre côté, une revue exhaustive des théories s’engageant dans la définition de ce qui modélise le consumérisme semble «ingérable(15)». Certains auteurs supposent qu’une augmentation de la consommation est synonyme d’une augmentation du bien-être, tandis que d’autres soutiennent plutôt que le niveau de consommation des sociétés modernes est dommageable tant pour l’environnement que pour l’esprit et qu’une réduction substantielle ne menacerait aucunement le bien-être des sociétés(16). Dans tous les cas, puisque la première prémisse s’avère insoutenable pour l’environnement dans un contexte de justice sociale – c’est-à-dire où aucun ne serait exclu de consommer librement à l’échelle du consumérisme moderne – la seconde idée mérite une attention potentiellement vitale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La légitimité de la  réduction</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La réduction de la consommation, si elle semble nécessaire pour maintenir l’empreinte humaine à l’intérieur de la capacité régénératrice et absorbante de la Terre, peut se heurter au désir potentiellement insatiable de vouloir plus, au <em>Plenoxia</em> d’Aristote, et à la croyance voulant que la consommation apporte le bien-être. Si l’évaluation empirique de la corrélation entre bien-être et consommation ne semble pas très convaincante(17), les motivations soutenant la consommation ne sont pas nécessairement illégitimes. Que ce soit par instinct d’acquisition, pour des motivations sexuelles ou dans le but d’afficher la classe sociale à laquelle il appartient (pour plus de détails sur ces différentes théories, se référer à l’article de Jackson(18)), l’humain est peut-être pris, malgré lui, avec des caractéristiques naturelles insoutenables; «la durabilité ne vient pas naturellement(19)».</p>
<p style="text-align: justify;">Légitime ou non, naturel ou non, le caractère consumériste de l’humain est vraisemblablement insoutenable à l’échelle planétaire. Ajoutons que la réduction de la consommation matérielle, conçue comme un projet de société, n’est pas une injure à la liberté de choix dans la mesure où le consommateur n’est pas réellement libre, les modes de consommation insoutenables favorisés par le marché(20), et le consommateur victime de la <em>pathologie consommation</em>(21).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le changement : le rôle du  designer</strong></p>
<p style="text-align: justify;">S’il apparaît paradoxal de parler de design des produits dans l’optique d’une réduction de la consommation, les designers sont pourtant porteurs de changement comme le propose un concept essentiel à la consommation durable: le design durable. La transformation des modes de consommation devra être un projet social et non le simple cumul d’actions individuelles(22). Les choix individuels demeureront cependant une variable majeure dans la transformation des modes de consommation et le design des produits jouera ainsi un rôle indispensable dans le changement de paradigme.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’est-ce que le design durable et que peut-il réaliser à l’échelle des produits? Trois stratégies, différentes et non exclusives, sont proposées: redessiner le produit, ce qui signifie de le rendre plus éco-efficace, c’est-à-dire d’améliorer principalement les moyens de production (incluant le recyclage ou la mise au rebut); la réorganisation, qui réfère à la création de la même fonction mais de manière à ce la demande en ressources diminue (par exemple, le fait de minimiser l’utilisation de la voiture individuelle en implantant des services de partage de voitures); la redécouverte, qui questionne les besoins comblés par l’objet, le service ou le système, et la manière dont ces besoins sont comblés(23). Plus la stratégie questionne les besoins, plus elle s’éloigne d’une approche simplement axée sur le produit, soit l’optimisation du système du produit, qui est l’approche propre à l’éco-design. En améliorant l’aspect technique des produits, l’éco-design apporte indubitablement des bénéfices environnementaux. Cependant, cette seule approche peut également augmenter l’utilisation des ressources en proposant toujours plus de nouveaux produits éco-efficaces sur le marché. La pression sur les ressources naturelles résultant d’une amélioration technique qui ne balance pas l’augmentation de la consommation affectera également l’économie à long terme et les conditions sociales qu’elle soutient(24).</p>
<p style="text-align: justify;">L’approche du design durable cherche à satisfaire les besoins humains fondamentaux en redécouvrant les modes de vie au quotidien. Cette approche questionne les raisons d’être de la consommation (question qui n’est pas simple, comme il a été précédemment mentionné) et cherche ainsi à intervenir dans l’équation de la consommation durable, en manipulant la demande et non seulement l’offre, soit selon l’approche de l’éco-design.</p>
<p style="text-align: justify;">La modification de la demande, c’est-à-dire la transformation de la façon dont les gens consomment, ne peut être imposée par le haut. Certes, il faudra des cadres législatifs encourageant une «demande durable» &#8211; l’écosystème urbain devra également être repensé – mais ces changements plus globaux, de même que les changements à l’échelle de l’action individuelle, devront être acceptés et adoptés par les citoyens. Les «designers durables» doivent ainsi agir localement afin d’influer un changement des modes de consommation; l’adage «penser globalement, agir localement(25)» est ainsi une idée clé du design durable.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La modification des modes de consommation, nécessaire à l’atteinte d’une durabilité, implique une multitude de variables et demande un effort multidisciplinaire dans la recherche de solutions. Le design durable pose les questions nécessaires à cette transformation en s’intéressant, entre autres, à des disciplines des sciences sociales, notamment la psychologie. Les obstacles pour l’implantation d’un nouveau paradigme de consommation restent significatifs, mais le design durable a l’avantage de considérer l’offre, l’amélioration technique des produits (T), la demande, les modes de consommation (A), et le fait que cette demande doit se positionner dans un esprit de justice sociale, que tous ont droit d’atteindre un niveau de vie satisfaisant leurs besoins (P). Le design durable intègre ainsi les trois variables de l’équation d’Ehrlich: I=PAT.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) MONT,  O., «Institutionalisation of sustainable consumption patterns based on shared  use», <em>Ecological Economics</em>, 50 (2004), pp. 135-153.<br />
(2) GRETCHEN, C. D. et Ehrlich, P.R., «Population, Sustainability, and Earth&#8217;s Carrying Capacity», BioScience, Vol. 42, No. 10 (Nov., 1992), pp. 761-771.<br />
(3) JACKSON, T. et Marks, N., «Consumption, sustainable welfare and human needs &#8211; with reference to U.K. expenditure patterns between 1954 and 1994.» <em>Ecological Economics</em>, 23 (3, 1999), pp. 421-441, cité  dans MONT, O. <em>op. cit</em>. (2004).<br />
(4) MONT,  O., <em>op. cit</em>. (2004).<br />
(5)  PRINCEN, T., «Principles for Sustainability: From Cooperation and Efficiency to  Sufficiency», <em>Global Environmental  Policies</em>, 3 (1, 2003), pp. 33-50.<br />
(6) COOPER,  T., «Product Development Implications of Sustainable Consumption», <em>Design Journal, </em>3 (2, 2000), pp.46-57; JACKSON, T., «Live  better by consuming less? Is there a <em>double  dividend</em> in Sustainable Consumption?», <em>Journal  of Industrial Ecology</em>, 9 (1-2, 2005), pp.19-36; MONT, O., <em>op. cit</em>. (2004).<br />
(7) JACKSON, T., <em>op.  cit</em>. (2005)<br />
(8) <em>Ibid</em>.<br />
(9)  HERTWICH, E.G., «Life Cycle Approaches to Sustainable Consumption: A Critical  Review», <em>Environmental Science and  Technology</em>, 39 (13, 2005), pp. 4673-4684.<br />
(10) Traduction libre de «Sustainable consumption patterns can be defined as patterns of consumption that satisfy basic needs, offer humans the freedom to develop their potential, and are replicable across the whole globe without compromising the Earth’s carrying capacity.» <em>Ibid.</em><br />
(11)  JACKSON, T., <em>op.cit.</em> (2005).<br />
(12) <em>Ibid.</em><br />
(13) Traduction libre de «As environmental and social costs are not reflected in prices, the prices of labour-intensive services (i.e. laundry services and repair services) are increasing, and it becomes cheaper for consumers to buy industrially produced products (e.g. washing machines).» MONT, O., <em>op. cit.</em> (2004).<br />
(14) JACKSON,  T., <em>op.cit.</em> (2005).<br />
(15) <em>Ibid.</em><br />
(16) <em>Ibid.</em><br />
(17) MONT, O., <em>op. cit.</em> (2004) et JACKSON, T., <em>op.cit.</em> (2005).<br />
(18)  JACKSON, T., <em>op.cit.</em> (2005).<br />
(19) DAWKINS, R. «Sustainable doesn’t come naturally: An evolutionary perspective on values», Values Platform for Sustainability, Inaugural lecture presented at <em>The Environment Foundation</em>, Mercredi, 14  novembre 2001, The Royal Institution, London, cité dans JACKSON, T., <em>op.cit.</em> (2005).<br />
(20)  SANNE, C., «Willing consumers &#8211; Or locked in? Policies for a sustainable  consumption», <em>Ecological Economics</em>,  42 (1-2, 2002), pp. 273-287 cité dans JACKSON, T., <em>op.cit.</em> (2005).<br />
(21) BAUDRILLARD,  J., <em>La société de consommation, ses  mythes, ses structures</em>, Paris, Folio/Essais, 1970.<br />
(22)  JACKSON, T., <em>op.cit.</em> (2005).<br />
(23)  FLETCHER,  K., Drewberry, E., &amp; Goggin, P., Eds., «Sustainable Consumption by Design», <em>Exploring Sustainable Consumption:  Environmental Policy and the Social Sciences</em>. Oxford (UK), 2001, Pergamon:  Elsevier Science.<br />
(24) CUCUZZELLA, C. et De Coninck, P., «The Limits of Current Evaluation Methods in a Context of Sustainable Design: Prudence as a New Framework<em>»</em>, <em>International Journal of Design Engineering</em>,  special issue: <em>From green design to  eco-innovation and sustainable product design</em> (forthcoming-2008).<br />
(25) SCHUMACHER, E.F., <em>Small  Is Beautiful: Economics as If People Mattered</em>, New York, Harper and  Row Publishers Inc., 1989 (first publication 1973).</p>
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		<title>The Question of Aboriginal Harvesting in Canada’s National Parks</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Sep 2008 03:32:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathan Cardinal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Aboriginal people have harvested throughout North America for thousands of years. National parks, which have long been places of refuge for stressed ecosystems, have normally prohibited such traditional practices. Concurrent developments in Aboriginal rights and [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Aboriginal people have harvested throughout North America for thousands of years. National parks, which have long been places of refuge for stressed ecosystems, have normally prohibited such traditional practices. Concurrent developments in Aboriginal rights and ecological thinking have put pressure on parks to allow Aboriginal harvesting. What does this mean both for national parks and Aboriginal people?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bio: Nathan is a national park warden and has  conducted research on a wide variety of Aboriginal-related issues.</p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="Grass 01" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/en/13/env.jpg" alt="Grass 01" /><br />
Sa&#8217; d Khorsid, <em>Grass 01</em>, 2006<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Archaeological projects, ecological studies, and firsthand accounts from harvesters themselves all indicate that Aboriginal people in North America actively harvested plants, fish, and wildlife from the lands and waters now under the jurisdiction of national parks (1,2,3). It is only during the last century that Aboriginal harvesting on lands now under the jurisdiction of Parks Canada have become virtually nonexistent, largely a result of conservationist ideologies combined with past governmental attempts to subjugate and assimilate Aboriginal people (4). More recently, a growing respect for potential Aboriginal rights to the land, due to various court decisions, legislation, and the modern treaty process (5), has met with an evolution in conservationist thinking that recognizes the role of humans – especially indigenous groups – in the landscape. This has heightened pressure on Parks Canada to increase the opportunities for traditional harvest within Canada’s national parks (6).</p>
<p style="text-align: justify;">While the return of Aboriginal harvest to national parks is an important step forward for park management and the recognition of asserted Aboriginal rights, there has been little exploration of its potential impacts (7). The introduction of Aboriginal harvesting represents a clash of mandates and interests: national parks have long been a bastion for conservation and are mandated to maintain ecological integrity, while Aboriginal groups strive to assert their rights to practice traditions that are centuries old and important for them as a people. But how will harvesting influence the function and mandate of our national parks, and how will it affect Aboriginal people?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>The  First National Parks: Preservation and Aboriginal Exclusion </strong></p>
<p style="text-align: justify;">The origins of the national park can be traced back to George Catlin, the artist-cum-explorer who, in 1832, called for the creation of a “nation’s park” to protect the wild animals of the plains and the traditional life of the American Indian (8). Forty years later, Yellowstone, the world’s first national park was created in the United States, and Canada followed suit with the creation of Rocky Mountain Park in 1885 (9). The creation of national parks was in one respect an attempt by early preservationists to protect monumental examples of wild America thought to be “untrodden by man” (10). Yet, these national parks were hardly the unoccupied lands they were envisioned to be; both Yellowstone and Banff National Park had already been occupied by Aboriginal people for thousands of years (11). The last Aboriginal inhabitants were forced out of Yellowstone by 1879 (12), while Banff National Park was established on lands ceded by the Siksika and Nakoda tribes to the Crown in 1878 (13).</p>
<p style="text-align: justify;">Historically, the very concept of a “national park” was often diametrically opposed to the presence of people, including Aboriginal people, much less their traditional pursuits. Many were forcibly removed from areas that became part of a national park (14), and others were encouraged to sell or trade their reserves for lands outside the national park (15), thereby both creating the untrammelled landscape originally envisioned for national parks and alienating its original inhabitants. Aboriginal activities, especially harvesting, were largely prohibited in national parks, and their involvement remained at a minimum until the Calder court case (16) initiated by the Nisga’a in 1967 (17).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Recognizing  Aboriginal Rights</strong></p>
<p style="text-align: justify;">The latter half of the 20th century saw a growing recognition of the rights of Aboriginal people in Canada, and a concurrent development in the ecological mindset of parks management. Calder was a watershed moment for Aboriginal rights, and subsequent court cases (18) further acknowledged the potential for Aboriginal rights, as well as the right to traditional harvest. The <em>Constitution Act</em>, 1982, entrenched the concept of Aboriginal rights and title in the highest law of the land, a huge step forward that served to usher in a new era of Aboriginal-Canadian relations.</p>
<p style="text-align: justify;">During the same period, conservationist thinking began to view human presence in the landscape as a critical part of the ecosystem rather than a detriment (19). Combined with further developments in ecosystem-based management, the management of Canada’s national parks moved beyond a policy of preservation to a focus on ecological integrity (20). These advancements, in addition to the growing recognition of asserted Aboriginal rights, led Parks Canada to introduce the concept of “national park reserves” in 1972 (21). Park reserves recognize that Aboriginal rights may still exist and, as such, still allow for the continuance of traditional harvesting (22). Prior to 1972, any harvesting that occurred was generally prohibited and counter to the preservation credo of national parks at the time.</p>
<p style="text-align: justify;">The passing of the <em>Constitution Act</em>, 1982 however, created some discrepancies in the ability of Aboriginal people to exercise their rights within national parks. Parks Canada’s position is that legislation used to establish national parks prior to 1982 extinguishes any Aboriginal or treaty rights with regards to those parks. Consequently, of the forty national parks and park reserves in Canada, harvesting as an Aboriginal or treaty right takes place in twenty of them — primarily in parks and park reserves established after 1982 or those established in northern Canada under comprehensive land claims (23).</p>
<p style="text-align: justify;">The continued recognition of Aboriginal rights and title in the courts and the pursuance of Aboriginal land claims and treaties have generated a growing interest to increase the level of Aboriginal harvesting in national parks. Modern treaties have become one method of legitimizing harvesting rights in national parks (24); however, there has been little study of the impact that such rights will have on national parks or Aboriginal people.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>The  Impacts and Benefits of Harvesting in National Parks</strong></p>
<p style="text-align: justify;">National parks are a critical part of biological conservation in Canada, protecting over 250,000 km2 from development (25). More than 160 listed species at risk can be found in national parks — roughly one-third of all species classified at risk in Canada (26).<strong> </strong>Because of high levels of development, fragmentation, and introduced species, many of the ecosystems and species within the parks are outside their natural limits and would benefit from the harvesting of hyper-abundant and introduced species (27). Yet, there may be other extremely sensitive or at-risk species and ecosystems intermixed with these harvestable species. Harvesting in such conditions in light of additional stressors from both within (e.g. visitor use) and without (e.g. climate change) could cause detrimental impacts to certain species. Furthermore, there may be certain species used for traditional purposes that are already at risk; their harvesting would only increase the level of risk they already face.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">In addition to concerns regarding conservation, many national parks experience high visitor use and/or are in close proximity to private, farm, or industrial lands, even residential areas. Over 13 million Canadians visited national parks in 2006-07 (28), and over one-third of all national parks either have towns within them or are situated adjacent to urban areas. The conduct of certain traditional harvesting activities in the presence of such human use could potentially lead to dangerous situations. For example, over 50,000 people visit the Gulf Islands National Park Reserve annually, a small national park within the heavily populated southern Gulf Islands of British Columbia (29). The harvesting of deer with high-powered rifles raises significant public safety concerns given the neighbouring private residences and high levels of visitor use.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Not all types of traditional harvesting pose concerns for public safety, however, and may even offer visitors opportunities to enhance their understanding of Aboriginal culture, while fostering an appreciation for traditional harvesting. Visitors who can see, touch, and learn about the traditional history and uses of butter clams or bull kelp would be provided with an experience to remember for years to come. But such visitor experiences are a two-edged sword. Public sentiment may initially be against opening parks to traditional harvesting, areas often envisioned as refuge for animals. Public support may deteriorate further if traditional harvests include charismatic species such as grizzly bears or endangered species.</p>
<p style="text-align: justify;">Furthermore, harvesting resonates deeply for Aboriginal people and their communities. It provides a direct connection to tradition, not only through the foods and medicines that such acts can provide but also through the act itself. Harvesting can foster the sharing of traditional knowledge and culture among generations, and it can help revitalize traditional ties to the land, much to the benefit of future generations. It is difficult to overestimate the importance of this act, whose benefits spread beyond the initial provision of sustenance to provide “food security, alternatives to market-based poverty, [and] self-affirmation in valued cultural life-ways” (30).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ways  Forward</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aboriginal people throughout Canada with historical ties to land within national parks want to assert their rights to harvest plants and wildlife from within them. In some national parks and park reserves, they are already asserting these rights. This does not mean that Aboriginal people are out recklessly harvesting plants and wildlife without regard for the safety of others or the ecosystem. Albeit, modern influences and economic hardship can lead to negative impacts on the environment for any society; however, Aboriginal people tend to have a long-standing relationship with the ecosystems they inhabit, one that is much more akin to a spiritual or familial connection. Strong cultural mores and rules often effectively overcome individual greed. Such a relationship fosters inherent respect for the environment, and promotes an ethic that looks to both the needs of the future and the needs of the past.</p>
<p style="text-align: justify;">In light of the many complexities and threats faced by national parks, some form of harvest management needs to be implemented in order to adequately conserve the ecological integrity of the region. Planning must be done in cooperation with interested Aboriginal groups and at a pace comfortable for all parties. This will help to avoid a situation in which Aboriginal people continue to assert their rights, but in a combative rather than cooperative context, to the detriment of all interested parties and the ecological integrity of the parks. This planning will vary from park to park, and will be based on a variety of factors, including: the number of groups involved, their cultural perspectives, and their resource/harvest needs; concerns regarding public safety, public health, and conservation; and the status of the ecosystems, the potentially harvestable species and their associated habitats. The type and level of harvest planning may vary from a simple protocol or set of guidelines that identify how groups will work together and how harvest should take place, to a complete harvest management plan that covers all aspects of harvest and monitoring, and may cover such topics as permits and quotas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aboriginal harvesting is the point at which the history and mandate of national parks comes into contact with the assertion of Aboriginal rights. Parks have historically dedicated themselves to conservation, which included the prohibition of harvesting. Yet for Aboriginal people, harvesting is an integral part of their culture. Consequently: “the security of Aboriginal harvesting rights is an especially sensitive interest that impinges upon traditional values and contemporary management practices” (31). It is only in recent history that there has been any impetus towards reviving the presence of Aboriginal people in Canada’s national parks. As a result, through the increased recognition of Aboriginal rights, the settlement of comprehensive land claims in northern Canada, and the development of modern-day treaties in BC, Canada has largely become a pioneer regarding the presence of Aboriginal harvesting in national parks. Actions that are undertaken in Canada’s national parks, whether through park-wide policy, individual park agreements, or in court, will have implications for other parks throughout the world, where other Indigenous people are struggling to assert the harvesting rights they historically held for thousands of generations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>References</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) Fedje, D.W., Wigen, R.J., Mackie, Q., Lake, C.R., and Sumpter, I.D. “Preliminary Results from Investigations at Kilgii Gwaay: an Early Holocene Archaeological Site on Ellen Island, Haida Gwaii, British Columbia.&nbsp;&raquo; <span style="text-decoration: underline;">Canadian Journal of Archaeology</span> 25 (1968): 98-120.<br />
(2) Berkes, F., Colding, J., and Folke,  C. “Rediscovery of Traditional Ecological Knowledge as Adaptive Management.” <span style="text-decoration: underline;">Ecological  Applications</span> 10.5 (2000): 1251-1262.<br />
(3) Carlson, K.T. Ed. <span style="text-decoration: underline;">A Stó:lo-Coast Salish  Historical Atlas</span>. Vancouver, BC: Douglas &amp; McIntyre, 2001.<br />
(4) Similar to what happened to American Indians in the United States — see Spence, M. “Dispossessing the Wilderness: Yosemite Indians and the National Park Ideal.” <span style="text-decoration: underline;">The Pacific Historical Review</span> 65.1  (1996): 27-59; Keller, R.H. and Turek, M.F. <span style="text-decoration: underline;">American Indian and National  Parks</span>. Phoenix, AZ: University of Arizona Press, 1996.<br />
(5) The present-day BC Treaty process has codified the importance of traditional Aboriginal harvesting practices. Modern treaties such as the Tsawwassen Final Agreement and the Maa-nulth Final Agreement entrench the right of Aboriginal people to harvest within a national park.<br />
(6) Currently, harvesting in Canada’s national parks is limited largely to parks in northern Canada, which were established through comprehensive land claims agreements. Some harvesting opportunities are permitted in southern parks, but such opportunities are limited to certain parks and generally occur infrequently.<br />
(7) The development of traditional harvest planning in parks is a relatively new concept, one that other agencies outside of Canada are struggling with; few, if any, have developed any sort of harvesting agreement or strategy.<br />
(8) Nash, R. “The American Invention of National Parks.” <span style="text-decoration: underline;">American  Quarterly</span> 22 (1970): 726-735.<br />
(9) Similar prevailing social values as to those in the U.S., a desire to protect sites of significant beauty, and an interest in exploiting the benefits of the newly discovered hot springs led to the creation of Canada’s first national park, which later became Banff National Park in 1930.<br />
( 0)  Marsh, G.P. <span style="text-decoration: underline;">Man and Nature, or Physical Geography as Modified by Human  Action</span>. Cambridge, MA: Harvard University Press, Belknap Press, 1965.<br />
( 1)  Spence, M.D. <span style="text-decoration: underline;">Dispossessing the Wilderness</span>. Toronto, ON: Oxford  University Press, 1999; Fedje, D.W. “Early Human Presence in Banff National  Park, Alberta.” In <span style="text-decoration: underline;">Early Human History of British Columbia</span>. Eds.  Carlson, R.L., Dalla Bona, I. Vancouver, BC: UBC Press, 1995.<br />
( 2)  See Spence, M.D. <span style="text-decoration: underline;">Dispossessing the Wilderness</span>. Toronto, ON: Oxford  University Press, 1999.<br />
( 3)  Peepre, J., Dearden, P. “The Role of Aboriginal Peoples.” In <span style="text-decoration: underline;">Parks and  Protected Areas in Canada</span>. Eds. Dearden, P., Rollins, R. Toronto, ON:  Oxford University Press, 2002.<br />
( 4)  Morrison, J. “Aboriginal Interests.” In <span style="text-decoration: underline;">Protecting Canada’s Endangered  Spaces: An Owner’s Manual</span>. Ed. Hummel, M. Toronto, ON: Key Porter Books, 1995. It is also important to note that non-Aboriginal people were also removed from certain national park lands.<br />
( 5)  Morrison, J. “Aboriginal Interests.” In <span style="text-decoration: underline;">Protecting Canada’s Endangered  Spaces: An Owner’s Manual</span>. Ed. Hummel, M. Toronto, ON: Key Porter Books,  1995.<br />
(16) Calder v. B.C. (Attorney General) [1973] 1 S.C.R. 313. The Calder case opened the door for contemporary land-claim negotiations in areas where treaties were nonexistent, including the northern territories, BC, and Quebec.<br />
( 7) Although the people were banished, this did not prevent national parks from later highlighting the historical story of Aboriginal people and culture in national parks while glossing over their role in the halting of such cultural practices. As Burnham points out, “Indian past is usually honoured at the expense of Indian country.” Burnham, P. <span style="text-decoration: underline;">Indian Country, God’s Country:  Native Americans and National Parks</span>. Washington, DC: Island Press, 2000.<br />
( <img src='http://www.lepanoptique.com/wp-includes/images/smilies/icon_cool.gif' alt='8)' class='wp-smiley' /> Delgamuukw v. British Columbia [1997] 3 S.C.R. 771; R. v. Sparrow [1990] 1 S.C.R. 1075; R. v. Marshall; R. v. Bernard, 2005 SCC 43, [2005] 2 S.C.R. 220; R. <em>v.</em> Powley, [2003] 2 S.C.R. 207, 2003 SCC 43<br />
( 9)  Meffe, G.K., and Carroll, C.R. Eds. <span style="text-decoration: underline;">Principles of Conservation Biology</span>.  Sunderland, MA: Sinauer Associates, 1997.<br />
(20) Parks Canada’s 1994 Guiding Principles and Operational Policies officially moved the Agency in a direction of ecosystem-based management, focusing on the conservation of ecological integrity as the primary goal of national parks. Ecological integrity is defined in this document as “a condition where the structure and function of an ecosystem are unimpaired by stresses induced by human activity and are likely to persist”.<br />
(2 )  Three national park reserves were created in 1972: Kluane, Nahanni, and  Auyuittuq.<br />
(22) The <em>Canada National Parks Act</em> (CNPA), s.4.2, describes a park reserve as “an area or a portion of an area proposed for a park [that] is subject to a claim in respect of aboriginal rights and has been accepted for negotiation by the Government of Canada.”<br />
(23) Of the 13 national parks and park reserves established after 1982, Aboriginal harvesting is permitted in 12. Harvesting is prohibited in many of the older, southern parks, including Canada’s first national park, Banff.<br />
(24) The recently approved Tsawwassen and Maa-nulth treaties have specific chapters dedicated to national parks, and provide beneficiaries with the right to harvest wildlife in the national park reserve in their traditional territory. [online] <a href="http://www.bctreaty.net/nations/agreements/Maanulth_final_initial_Dec06.pdf">http://www.bctreaty.net/nations/agreements/Maanulth_final_initial_Dec06.pdf</a>. (28 July 2008);  [online] <a href="http://www.bctreaty.net/nations/agreements/Tsawwassen_final_initial.pdf">http://www.bctreaty.net/nations/agreements/Tsawwassen_final_initial.pdf</a>.  (28 July 2008).<br />
(25) McNamee, K. “From Wild Places to Endangered  Spaces.” In <span style="text-decoration: underline;">Parks and Protected Areas in Canada</span>. Eds. Dearden, P., Rollins, R. Toronto, ON: Oxford University Press, 2002. Rocky Mountain Park became Banff National Park in 1930.<br />
(26) [online] <a href="http://westnet/intranet/calgary/ecosystem_services/sara/">http://westnet/intranet/calgary/ecosystem_services/sara/</a>. (20 July 2008).<br />
(27) The loss of large carnivores such as wolves in areas like Banff and Jasper have led to hyper-abundant prey species such as moose and elk, creating significant problems for both vegetation and the town sites within each park.<br />
(28) Parks Canada. <span style="text-decoration: underline;">Performance Report  for the Period Ending March 31, 2007</span>. Ottawa, ON: Parks Canada, 2007.<br />
(29) Gulf Islands National Park Reserve. <span style="text-decoration: underline;">Interim  Management Guidelines</span>. Sidney, BC: Gulf Islands National Park Reserve,  2006.<br />
(30) Fediuk, K., and Thom, B. “Contemporary and Desired Use of Traditional Resources in a Coast Salish Community: Implications for Food Security and Aboriginal Rights in British Columbia”. Paper presented at the 26th Annual Meeting of the Society for Ethnobiology. Seattle, WA, 2003.<br />
(31) Most work done to date on traditional harvest planning has been completed in areas of northern Canada where land claims are active and have been established for some time, such as Nunavut and the Inuvialuit Settlement Region. Harvest management plans are now being developed for the Porcupine caribou herd, one of the most important ungulate species in North America that has been hunted by Aboriginal people for thousands of years, crossing multiple jurisdictions and harvested by multiple groups. See Nah?a Dehé Consensus Team and Dehcho First Nations. <span style="text-decoration: underline;">Nah?a Dehé Traditional Harvesting Protocols</span>. Yellowknife, NT:  Nah?a Dehé Consensus Team and Dehcho First Nations, 2006; Porcupine Caribou  Management Board. <span style="text-decoration: underline;">Draft Scoping Report for the Preparation of a Harvest  Management Strategy in the Canadian Range of the Porcupine Caribou Herd</span>.  Whitehorse, YT: Porcupine Caribou Management Board, 2004; [online] <a href="http://www.nwmb.com/english/resources/harvest_study/NWHS%202004%20Report.pdf">http://www.nwmb.com/english/resources/harvest_study/NWHS%202004%20Report.pdf</a> (05 August 2008).</p>
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		<title>Pierre Dansereau: penseur de la crise et du pouvoir écologique</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Aug 2008 04:27:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>René Audet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’œuvre de l’écologiste québécois Pierre Dansereau est riche d’enseignement pour penser la crise écologique actuelle ainsi que les possibilités d’en sortir. Le cœur de cette œuvre est animé par la nécessité de repenser la relation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>L’œuvre de l’écologiste québécois Pierre Dansereau est riche d’enseignement pour penser la crise écologique actuelle ainsi que les possibilités d’en sortir. Le cœur de cette œuvre est animé par la nécessité de repenser la relation entre l’humanité et son environnement, notamment à travers l’idée du pouvoir humain sur les écosystèmes et la belle métaphore du paysage intérieur. Il s’agit ici de revisiter l’écologie de Dansereau à la recherche de pistes porteuses d’espoirs. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title=" Post-it Landscape" src=" http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/35/env.jpg" alt=" Post-it Landscape" /><br />
Guillermo Ruiz de Loizaga,<br />
<em> Post-it Landscape</em>, 2006<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">L’énormité de la crise écologique actuelle nous oblige à repenser la relation entre l’humanité et l’environnement et, en cela, il peut être utile d’explorer de nouveau les intuitions oubliées de géants comme Pierre Dansereau, fondateur incontesté de l’écologie québécoise. Comme il était de mise, pour les précurseurs comme Dansereau, de dénoncer la pollution agricole, de prédire la raréfaction des ressources, de s’apitoyer sur la perte des derniers espaces véritablement sauvages, etc., il est dorénavant nécessaire de décrier la contamination généralisée de la chaîne alimentaire, de combattre l’eutrophisation des lacs et des océans, de mobiliser les politiques pour lutter contre le réchauffement climatique. La crise écologique a changé d’échelle, et notre capacité d’y faire face s’en trouve conséquemment affaiblie. Dans cet article, nous examinerons comment la pensée de Pierre Dansereau sur la crise et le pouvoir écologiques  a tracé la voie à une conception de la relation humain-nature qu’il importe aujourd’hui de revisiter.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’écologiste aux pieds nus</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Écologiste, Pierre Dansereau a reformulé plusieurs concepts des sciences naturelles pour les faire entrer dans un modèle novateur de l’écosystème qui permet nombres d’applications concrètes. Pédagogue, il a milité pour une science écologique se posant comme «une toile de fond pour un nouvel humanisme», un vecteur pour un changement global de notre «paysage intérieur(1)». «Écosociologue(2)», il a tenté de comprendre ce paysage intérieur, domaine des représentations sociales de l’environnement, et a théorisé de manière novatrice la notion de pouvoir afin de l’appliquer à l’action humaine sur les écosystèmes. Tout comme ses contemporains (notamment René Dumont(3), pour ne nommer que lui), Dansereau a parcouru le monde, ses forêts et ses villes, au point où il fut surnommé «l’écologiste aux pieds nus» par ses collaborateurs du Sud.</p>
<p style="text-align: justify;">Un des points de départ de Dansereau concerne tout particulièrement la recherche de solutions viables: face à la crise de l’environnement, celui-ci avance que nous avons besoin d’une nouvelle perspective sociologique pour gérer notre pouvoir incontrôlé de transformation des écosystèmes. La crise est donc non seulement de nature écologique, mais aussi politique au sens large, car elle «est le résultat de la différence qui existe entre les intentions et les accomplissements de l’homme(4)». On ne saurait donc la considérer sans s’attarder sur les questions du pouvoir et de la puissance de l’intervention humaine dans les écosystèmes, et sur leur fondement profondément social et symbolique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Écosystèmes et pouvoir  écologique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, à l’heure de la mondialisation économique, du déplacement des lieux de pouvoir et de l’intensification des flux culturels, les sciences sociales portent de plus en plus leur regard sur la ville, sur le cadre urbain et sur la puissance des mégalopoles. Il y a quarante ans, Dansereau le faisait déjà puisqu’il a consacré une partie de ses travaux à l’étude de ce «grand mouvement centripète [qui] implique un énorme flux d’énergie(5)». Sa compréhension de l’étendue du pouvoir de la ville réside dans la définition qu’il a lui-même donnée à sa discipline, l’écologie, soit l’étude des écosystèmes. L’écosystème se définit comme «un <em>espace</em> limité où le <em>cyclage  des ressources</em> à travers un ou plusieurs <em>niveaux trophiques</em> est effectué par des <em>agents</em> plus ou moins fixés et nombreux, utilisant simultanément et  successivement des <em>processus</em> mutuellement compatibles qui engendrent des <em>produits</em> utilisables à courte ou longue échéance(6)».<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si les notions d’espace, de ressource, d’agent, de processus et de produit portent ici des significations qui relèvent généralement du sens commun, il importe de s’arrêter sur la notion de niveau trophique qui demande un plus grand effort de compréhension. Les niveaux trophiques, qui sont au nombre de six, sont en quelque sorte les strates des écosystèmes. Ainsi, on peut facilement se représenter le niveau minéral qui renvoie au sol et à une partie des nutriments que nécessite la vie. Le niveau végétal est tout aussi évident, bien qu’il faille également imaginer les fonctions de cyclage qu’il remplit, notamment à travers son utilisation des minéraux du sol et en tant que réservoir d’aliments pour les deux strates supérieures que sont la faune herbivore et la faune carnivore. Les animaux, qu’ils appartiennent à l’une ou l’autre des ces strates, remplissent aussi des fonctions de cyclage des ressources en déplaçant celles-ci, en creusant, aménageant, etc. Le cinquième niveau trophique est celui de l’investissement, c’est-à-dire «la mise en réserve de matériaux ou la construction d’artefacts qui ont un usage à long terme pour le maintien d’une certaine condition ou pour le cyclage d’une ou de plusieurs ressources(7)».</p>
<p style="text-align: justify;">L’investissement est donc une réorganisation et un stockage des ressources provenant des autres niveaux trophiques. Si plusieurs plantes et animaux en sont capables, ce qui rend typique l’investissement humain est son intensité, comme en témoignent nos villes, nos routes et nos infrastructures en général. En tant qu’écosystème, la ville présente donc une forte densité en minéraux (qui constituent la majorité des matériaux de construction), en investissement (la mise en réserve de ces matériaux par la construction) et en contrôle. Le contrôle est le dernier des six niveaux trophique et est en grande partie le propre de l’humain. Il s’agit de la capacité à influencer, à diriger et à décider de la circulation des ressources provenant de tous les niveaux trophiques, que ce soit au sein d’un écosystème ou au sein d’écosystèmes éloignés. Incarné par nos systèmes commerciaux, administratifs, économiques, politiques, religieux et culturels, le niveau trophique du contrôle détermine «la qualité, la quantité et la périodicité d’importation de pierres et de fer, de légumes et de viande [… et fait] sentir [son] impact bien au-delà de la ville(8)». À cause de leur forte densité d’investissement et de contrôle, les écosystèmes urbains sont sérieusement dépendants de tous les autres écosystèmes et, en retour, ils exercent un pouvoir considérable sur ceux-ci en contrôlant à distance les processus d’exploitation et de cyclage des ressources.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce pouvoir, l’être humain l’a trop longtemps exercé de manière inconsciente et inconsidérée. Quand les penseurs des Lumières ont imaginé qu’il était possible de «vaincre la nature», ils ont supposé qu’il s’agissait de l’ordre naturel des choses. Ainsi, bien cantonnées dans des villes devenues hyperpuissantes en termes écologiques, nos sociétés n’eurent de cesse de «modeler le milieu afin qu’il corresponde à l’image idéale(9)», mais n’ont jamais, jusqu’à récemment, sondé les motivations, les représentations et l’imaginaire qui sont à la source de cette image idéale. Il est temps, affirme Dansereau, de se pencher sur notre «paysage intérieur», notion qui traduit ce domaine des représentations sociales et de l’imaginaire, car le changement nécessaire «ne peut se faire jour, à l’instar des révolutions précédentes dans l’histoire humaine, que si l’homme adopte une vue de lui-même différente de celle qu’il a entretenue jusqu’ici(10)».<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conclusion: une joyeuse  austérité</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le salut de l’humain comme de la planète Terre passe obligatoirement par un exercice plus rationnel de notre pouvoir écologique et donc, en quelque sorte, par «le contrôle de notre contrôle». Ceci n’est possible, en retour, que par la prise de conscience et l’exploration de notre paysage intérieur. Cette formulation contraste, il faut l’admettre, avec l’idée d’une «prise de conscience des problèmes écologiques». La démarche que propose Dansereau est plus profonde, à maints égards de nature spirituelle, et à tout le moins d’échelle sociétale.</p>
<p style="text-align: justify;">Le principal cheval de bataille de Pierre Dansereau a été, à l’instar de l’écologie politique des années soixante-dix, la critique de la croissance économique qui «a pris les proportions d’un mythe en symbolisant la promesse même du bonheur terrestre(11)». Ainsi, la société de consommation, cette «vaste conspiration de la réclame(12)», doit être confrontée à la réalité de la limite des ressources et à l’absurdité de la fondation principale de nos économies: la propriété privée. Le principe de «joyeuse austérité» que propose Pierre Dansereau est antagonique à l’état actuel des choses et c’est pourquoi il demande un énorme travail sur notre paysage intérieur: «la joyeuse austérité à laquelle j’ose rêver ne peut guère être basée que sur le consentement(13)».   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong> (cliquez sur le numéro de la note pour revenir au texte)</p>
<p style="text-align: justify;">1. DANSEREAU, Pierre, «Les forces de la nature, les réponses de la culture», dans <em>Vie des arts</em>, no 141, 1990, p. 14.<br />
2. Sans que Dansereau ne se soit jamais, à notre connaissance, revendiqué de la sociologie, Jean-Guy Vaillancourt l’a qualifié d’«écosociologue» pour souligner son apport à la réflexion sur la relation humain-nature. VAILLANCOURT, Jean-Guy, «Pierre Dansereau, écologue, écosociologue et écologiste», dans <em>Sociologie et sociétés</em>,  vol XXXI, no 2, 1999, pp. 191-193.<br />
3. René Dumont (1904-2001) était un agronome et écologiste français ayant largement défendu les causes tiers-mondistes et écologistes. Il est considéré comme le père du Parti vert français.<br />
4. DANSEREAU, Pierre, <em>La terre des hommes et  le paysage intérieur</em>, Montréal, Leméac, 1973, p. 8.<br />
5. <em>Ibid</em>, p. 110.<br />
6. Nous avons utilisé l’italique pour souligner les principales notions que la définition de l’écosystème mobilise.DANSEREAU, Pierre, «Les dimensions écologiques de l’espace urbain», dans <em>Cahiers de géographie du Québec</em>, vol 31, no 84, 1987, p. 340.<br />
7. DANSEREAU, <em>La  terre des hommes…</em>,<em>Op. </em><em>Cit</em>., p. 73.<br />
8. <em>Ibid</em>, p. 90.<br />
9. DANSEREAU, Pierre, «L’écologie et l’escalade de l’impact humain», dans <em>Revue internationale des sciences sociales</em>,  vol XXII, no 4, 1970, p. 703.<br />
10. DANSEREAU, <em>La  terre des hommes…</em>, <em>Op. </em><em>Cit</em>., p. 81.<br />
11. <em>Ibid</em>, p. 163.<br />
12. <em>Ibid</em>, p. 170.<br />
13. <em>Ibid</em>, p. 176.</p>
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		<title>Imagining the Future</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Aug 2008 03:44:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erin Despard</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Stories have a role to play in environmental debates and problem-solving because they help to engage a wide range of voices and perspectives. Literary writing in particular provides a means of exploring the nuances and [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Stories have a role to play in environmental debates and problem-solving because they help to engage a wide range of voices and perspectives. Literary writing in particular provides a means of exploring the nuances and complexities of environmental issues. In this context, how might stories enable us to re-imagine our ways of living in response to large-scale environmental imperatives such as climate change? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bio: Erin is a  doctoral student in communication studies.</p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="story in a small town" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/en/12/env.jpg" alt="story in a small town" /><br />
Nasir Nasrallah, <em>story in a small town</em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">In an article published recently in<em> The Guardian</em> (UK), the Australian agriculture minister allegedly responded to a new scientific report about projected increases in droughts in his country, by saying, &laquo;&nbsp;parts of these high-level projections read more like a disaster novel than a scientific report (1).&nbsp;&raquo; Rather than a criticism of the report’s objectivity, this was a means of indicating the severity of the scenario described therein. As a reference to the drama of climate change, it is consistent with the context in which most people have learned and developed opinions about it: through stories. After all, as Jon Palfreman put it: “journalists are storytellers (2),” and it is through the media that most people gain their understanding of environmental issues.</p>
<p style="text-align: justify;">Given what is at stake in stories about  climate change<em>,</em> it seems worthwhile to question the implications of their construction, and to  investigate the power of stories in relation to environmental issues more generally. This article will consider the role of narrative not only in media coverage, but also literary works that contribute to public engagement with environmental issues indirectly. I will explore the possibility that literary works encourage us to re-imagine different aspects of the ways we live together, and that this may be an important component of future social and cultural changes we make in response to problems such as climate change.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Narratives in the News.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">To what extent does the need to tell a good story influence media coverage of a given issue? Katherine McComas and James Shanahan have argued that coverage of climate change has varied in the past not only for event-based and sociopolitical reasons, but also because the content of news stories is influenced by narrative criteria (3). Meaning that, over time, individual news stories contribute to the construction of a ‘metanarrative’ that follows a predictable plot line: the introduction of a central conflict, followed by complications and then a resolution of some form (4). While the initial drama and ensuing complications generate interest however, there is a certain narrative momentum which may result in a premature resolution and cut short public discussion of a given issue. Further, as other authors have argued, the choice of a particular narrative form<strong> </strong>(e.g. tragedy or comedy) may effect whether media coverage contributes to social change or the maintenance of the status quo (5).</p>
<p style="text-align: justify;">The media is often criticized for its tendency to focus on the dramatic elements of a given issue rather than in-depth analysis. While this is an important criticism that a consideration of narrative criteria helps to explain, there is also an observation about the power of stories underlying this tendency: that is, people engage with issues not only out of a sense of civic responsibility or political self-interest, but also because the stories related to a particular issue engage the imagination in some way.</p>
<p style="text-align: justify;">The quote presented above from the Australian minister of agriculture, was drawn from an article in which a current version of the climate change story can be identified: there is a description of the dire effects climate change will bring about in the future (droughts, heat waves) and discussion of how politicians are weighing the need to take significant action against the economic and political costs of doing so. It is a dramatic story accompanied by a compelling central conflict: will politicians uphold the collective good by ‘taking action’, or will they choose to protect short-term economic interests and maintain the status quo?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>True Stories </strong></p>
<p style="text-align: justify;">While an environmental metanarrative, constructed or amplified in media coverage, may capture our attention temporarily, storytelling in a literary context serves to engage readers with environmental issues in a more lasting way. Deborah Slicer argues that this is partially due to the way a narrative format requires certain interpretative activities on the part of the reader, resulting in a more meaningful engagement with the subject matter. She writes:</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>narrative requires the attentive reader to grapple, imaginatively, with emotionally and intellectually bewildering choices between incommensurable goods, with complex characters that we learn to trust and perhaps emulate or as importantly not to trust and never to emulate, with risk, and unpredictability (6).</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">She argues that stories accomplish what more analytic writing cannot: they elicit emotional responses and encourage deeper, more creative thought in relation to environmental questions.</p>
<p style="text-align: justify;">A good contemporary example of storytelling that is not explicitly environmental in its orientation (and is therefore more accessible to a broad audience) is John Vaillant’s <em>The Golden Spruce</em>. Winner of the 2005 Governor General’s Award for Non-Fiction, this book tells the story of a golden spruce tree which grew on Haida Gwaii, in the Queen Charlotte Islands off the coast of British Columbia. Bearer of cultural and spiritual significance for the native people of Haida Gwaii, the tree was also botanically unique, and protected from the otherwise extensive logging taking place in the area. In 1997 however, a former forestry worker named Grant Hadwin cut the tree down – in a somewhat misguided but apparently genuine attempt to bring attention to the destructive practices of the logging industry.</p>
<p style="text-align: justify;">Not only does <em>The  Golden Spruce</em> draw on a wide variety of materials, integrating histories of the coastal rainforest, logging in the North Pacific, with Hadwin’s life story, its language is also richly evocative. In the opening paragraphs of the book, Vaillant describes the majestic, yet foreboding coastal rainforest:</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>You can be twenty paces from the road or a beach and become totally disoriented; once inside, there is no future and no past, only the sodden, twilit now. Underfoot is a leg-breaking tangle of roots and branches and, every fifteen metres or so, your way is blocked by moss-covered walls of fallen trees that may be taller than you and dozens of metres long. These so-called nurse logs will, in turn, have colonnades of younger trees growing out of them, fifty years old and as orderly as pickets. In here, boundaries between life and death, between one species and the next, blur and blend&#8230;You have the feeling that if you stop for too long, you will simply be grown over and absorbed by the slow and ancient riot of growth going on all around you (7).</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">This is the setting of a story in which good and bad are not always easy to pinpoint, and not everything makes sense, even in the end. Oppositions between nature and culture, sanity and insanity – which so often form the basis of more superficial and stereotyped accounts of human conflict  – are vulnerable to contamination and confusion right from the start. Though Vaillant’s account is detailed and thorough, he leaves the enigma at the heart of the story intact. Why did Hadwin do it? Was he insane, or is it the logging industry and the society supporting it, that beg a diagnosis? As with any good story, we are left with questions and something to think about after it has ended.</p>
<p style="text-align: justify;">Although it arises in a personal context, such thinking cannot help but connect with a broader discussion of environmental issues. “Wonder and wondering are closely related,” writes J. Edward Chamberlin, “and stories teach us that we cannot choose between them (8).”</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Imagining Different Ways of Living Together</strong></p>
<p style="text-align: justify;">In <em>If  This is Your Land, Where are Your Stories? </em>Chamberlin writes about the importance of stories and storytelling to improving understanding between different cultural groups. He argues that imagination<strong> </strong>enables us to construct an understanding of a huge variety of things we will never see, as such – not only faraway places, but also things like micro-organisms and ecosystems. It is how we come to invest not only our interest, but also our beliefs, in particular social and cultural realities. Thus, he writes, “the reality of our lives is inseparable from the ways in which we imagine it (9).” He sees stories and storytelling as a means of re-imagining the ways in which we live together.</p>
<p style="text-align: justify;">To take a mundane example of how this might apply to environmental questions: if one of the things that people can do to help reduce greenhouse gas emissions is car-pool, then they must be able, as a start, to <em>imagine</em> regularly sharing the drive to work with another person – perhaps someone they don’t know, or who is very different from them. In general, sharing space, time and resources with people we don’t know very well can be surprisingly intimidating. Even minor, everyday changes to the way we live require a certain amount of imaginative reconciliation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Environmental Fiction</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Reading fiction is one way of coming to understand something about people living in different circumstances than our own. This is not so much a matter of acquiring <em>knowledge</em> of different people and places, but rather, of becoming aware of other possibilities: it is not like it is here, everywhere; things have not always been this way, and they could be different.</p>
<p style="text-align: justify;">In the short story, “Buffalo Gals, Won’t You Come Out Tonight,” by Ursula K. LeGuin, we are introduced to a human protagonist (a young girl), and a cast of non-human characters who help the little girl to survive after a plane crash. These animals have what seem to be human characteristics, though they are different in certain important ways. By giving them opinions, habits and ways of speaking, LeGuin manages to blur the boundaries between human and non-human, nature and culture. In the following excerpt, she introduces Coyote:</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>The child turned. She saw a coyote gnawing at the half-dried up carcass of a crow, black feathers sticking to the black lips and narrow jaw.</p></blockquote>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>She saw a tawny-skinned woman kneeling by a campfire, sprinkling something into a conical pot&#8230;The woman’s hair was yellow and gray, bound back with a string. Her feet were bare. The upturned soles looked as dark and hard as shoe soles, but the arch of the foot was high, and the toes made two neat curving rows. She wore blue jeans and an old white shirt. “Come on, eat crow!” she said (10).</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">To the girl, Coyote is a strange, yet protective mother figure: a doggish woman who pisses on the fire to put it out, and dances around singing for no reason. But as Coyote explains to her, what you see in other people depends on your perspective.</p>
<p style="text-align: justify;">By helping us to see difference not in rigid categories but in ways of living, LeGuin provides a whimsical take on what it is like to live in a community of individuals vastly different from, but nonetheless interested and invested in one another. The effects are surprisingly powerful, given the somewhat childish premise. A story like “Buffalo Gals, Won’t You Come Out Tonight” – already inexplicable and intriguing in its title – sticks with you. It makes you wonder.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">It is not only that stories are engaging, but that they encourage a way of thinking about things and living in the world which is more open. As Chamberlin puts it, to live in a world animated by storytelling is &#8211; not to escape reality &#8211; but “to live in both grief-stricken reality and the grace of imagination, to both wait for spring and wonder if it will arrive” (11). Engaging with stories helps people to see the world as full of possibility; to believe in more than the obvious and, eventually, to bridge old ways of thinking with new. The combination of hope with creative thought is a crucial component of, not just finding workable environmental solutions to problems such as climate change, but of learning how to live with those solutions, and with one another.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>References</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) McMahon, B. “Climate change report like a disaster novel, says  Australian minister” <em>The Guardian</em>.  July 7, 2008. [online]  http://www.guardian.co.uk/environment/2008/jul/07/climatechange.drought  (accessed 07/07/08).<br />
(2) Palfreman,  J. “A Tale of Two Fears: Exploring Media Depictions of<br />
Nuclear  Power and Global Warming.” <em>Review of Policy  Research</em>, 23 (1), 2006: 23-43.<br />
(3) McComas, K; and Shanahan, J.  “Telling Stories about Global Climate Change,” <em>Communication Research</em> 26 (1), 1999: 30-57.<br />
(4) The metaphors associated with a particular metanarrative also contribute to its elaboration over time, as well as its potential to create connections with other narratives and issues in circulation. For further discussion of the role of metaphors in media coverage, see: Valiverronen, E. and Hellsten, I.  “From ‘Burning Library’ to ‘Green Medicine’: The Role of Metaphors in Communicating Biodiversity,” <em>Science Communication</em> 24 (2), 2002:  229-245.<br />
(5) Ott, B. and Aoki, E. “The  Politics of Negotiating Public Tragedy: Media Framing of the Matthew Shepard  Murder,” <em>Rhetoric and Public Affairs</em>, 5 (3), 2002: 483-505.<br />
(6) Slicer, D. “Introduction:  Special Issue on Environmental Narrative” <em>Ethics  and the Environment</em> 8 (2), 2003: 2.<br />
(7) Vaillant, J. <em>The Golden Spruce</em>. Toronto: Albert A.  Knopf Canada (2005): p. 8.<br />
(8) Chamberlin, J.E. <em>If This is Your Land, Where are Your  Stories? Finding Common Ground. </em>Toronto: Alfred A. Knopf, 2003: 9.<br />
(9) Chamberlin, J.E. <em>If This is Your Land, Where are Your  Stories? Finding Common Ground. </em>Toronto: Alfred A. Knopf, 2003: 8.<br />
(10) Le  Guin, U.K. “Buffalo gals, won’t you come out tonight?” in <em>Buffalo Gals and </em> <em>Other Animal Presences. </em>Santa Barbara:  Capra Press (1987).<br />
(11) Chamberlin, J.E. <em>If This is Your Land, Where are Your  Stories? Finding Common Ground. </em>Toronto: Alfred A. Knopf, 2003: 124.</p>
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