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	<title>Le Panoptique &#187; Frédéric Clermont</title>
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	<description>Perspectives sur les enjeux contemporains &#124; More Perspective on Current International Issues</description>
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		<title>La Russie et la Biélorussie : un partenariat historique et primordial</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Aug 2006 18:10:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédéric Clermont</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond / Long articles]]></category>
		<category><![CDATA[Formats]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire/History]]></category>
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		<category><![CDATA[Europe de l’Est]]></category>
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		<description><![CDATA[Suite aux élections présidentielles qui se tenaient en Biélorussie en mars dernier, les capitales occidentales et Moscou ont réagi de façons diamétralement opposées. Quelles raisons peuvent bien pousser les uns à dénoncer l’événement et les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Suite aux élections présidentielles qui se tenaient en Biélorussie en mars dernier, les capitales occidentales et Moscou ont réagi de façons diamétralement opposées. Quelles raisons peuvent bien pousser les uns à dénoncer l’événement et les autres à l’acclamer ? Il semble que la réponse se trouve dans la particularité des liens qui unissent la Biélorussie à son voisin russe. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au          lendemain de la présidentielle qui se tenait en Biélorussie          le 19 mars dernier, l’Union européenne, les États-Unis,          l’Organisation pour la sécurité et la coopération          en Europe (OSCE) et l’OTAN dénonçaient vivement les          résultats d’une élection qui, selon le porte-parole          de la Maison Blanche, Scott McClellan, «          s&#8217;est déroulée dans un climat de peur avec notamment des          arrestations, des violences et des fraudes (1) ». Au</p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img title=" Abstract" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/bielorussie.jpg" alt=" Abstract" width="294" height="214" /><br />
Phillip Collier, <em> Abstract</em>, 2006<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">même          moment, la Russie allait à l’encontre de la position adoptée          par les Occidentaux et félicitait Alexandre Loukachenko pour sa          réélection à la tête de l’État          biélorusse. Un scénario semblable allait se répéter          trois semaines plus tard lorsque l’Union européenne, appuyée          par les États-Unis, interdit l&#8217;entrée sur son territoire à          trente et une personnalités biélorusses, dont le président          Loukachenko. Encore une fois aux antipodes de Bruxelles et Washington,          Moscou rappelle à cette occasion, par la voix de son ministre des          Affaires étrangères Sergeï Lavrov, son soutien aux          méthodes policières utilisées contre l’opposition          par les maîtres de Minsk. Une double réalité se dessine          à la suite de cette observation. D’une part, la Biélorussie          est plus isolée que jamais sur la scène internationale et          n’a par conséquent d’autre choix que de s’accrocher          à son voisin russe pour sa survie. D’autre part, en supportant          officiellement un régime dictatorial, Moscou semble prêt          à payer le prix fort pour conserver son allié biélorusse.Nous en arrivons par conséquent à nous demander quelles          sont les raisons qui poussent ces deux pays à s’allier si          fortement et en quoi consiste la nature de cette relation. Il semble que          les liens socioculturels profonds hérités d’une histoire          commune de près de deux siècles, le passage raté          de la Biélorussie vers le capitalisme, les rapports exécrables          qu’entretient Minsk avec l’Occident et le développement          d’une relation particulièrement étroite entre les          gouvernements russe et biélorusse depuis 1995 nous démontrent          que Minsk et Moscou sont l’un pour l’autre l’allié          le plus fiable, et que les racines de cette alliance débordent          largement le cadre politique actuel.<br />
<strong><br />
1795-1991 : De la domination russe à la reconnaissance soviétique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 1795, la Pologne vaincue est partagée entre la Russie, la Prusse          et l’Autriche tandis que la Biélorussie est annexée          à l’empire russe. S’ouvre alors une période          de près de deux siècles de relations étroites entre          Russes et Biélorusses.</p>
<p style="text-align: justify;">Suite à la victoire de 1795, le pouvoir tsariste, afin de renforcer          son contrôle, se présente à la noblesse polonisée          comme le garant de la stabilité sociale et à la paysannerie          orthodoxe comme son protecteur naturel. Cette dernière n’ayant          aucune conscience nationale, elle accepte sans grande réticence          la russification et la dissolution de l’Église uniate (Église          catholique orientale). Le russe comme le polonais constituent alors des          facteurs d’ascension sociale, plusieurs écrivains originaires          des terres biélorusses participant à la vie culturelle tant          russe que polonaise. La pression de l’administration russe sur l’élite          polonisée n’en reste pas moins vive, son existence n’étant          tolérée que pour maintenir l’équilibre et la          paix sociale. Mais dans la deuxième moitié du XIXe siècle,          le développement du capitalisme éveille la conscience politique,          sociale et nationale des autres couches de la population. Ainsi, sous          l’impulsion d’un courant socialiste autonomiste et des bolcheviks          qui étaient parvenus à s’implanter dans le pays, les          masses biélorusses participent activement aux révolutions          de 1905 et de 1917. À la fin de la Première Guerre mondiale,          les effets conjugués de la guerre, de la révolution russe          et de l’occupation allemande amènent un congrès pan-biélorusse          à proclamer la création de la République populaire          de Biélorussie le 25 mars 1918. L’existence de cette dernière          est cependant de courte durée, puisque n’arrivant pas à          asseoir durablement son pouvoir, elle s’effondre à l’automne          1918 avec le départ des troupes allemandes qui la supportaient.</p>
<p style="text-align: justify;">La Biélorussie accède enfin à l’indépendance          lorsque les bolcheviks, fortement implantés dans le pays, instituent          la République socialiste soviétique de Biélorussie          (RSSB) en 1919. Jusqu’à ce que le pays soit de nouveau envahi          par l’Allemagne en juin 1941, la RSSB développe une étroite          collaboration avec son voisin russe. Le 30 décembre 1922, l’union          de la Russie, de l’Ukraine, des Républiques caucasiennes          et de la Biélorussie donne officiellement naissance à l’Union          des Républiques socialistes soviétiques (URSS). Plusieurs          accords économiques et militaires sont alors signés entre          Minsk et Moscou, et la RSSB peut jouir au cours des années 1920          d’une autonomie relative. Cependant, à partir de 1929, Staline          applique une politique de centralisation et de marginalisation de la langue          biélorusse. Le russe devient l’instrument incontournable          de la promotion sociale, les résistances sont sauvagement brisées          : 80% des intellectuels et des écrivains biélorusses ayant          participé à l’éveil de l’identité          nationale au cours des années 1920 sont arrêtés et          exécutés (2).</p>
<p style="text-align: justify;">Pendant la période d’occupation de la Biélorussie          par l’Allemagne nazie (1941-1944), la brutalité de l’envahisseur          fait périr environ un quart de la population. Face à ces          horreurs, celle-ci n’a d’autres choix que de sympathiser avec          les partisans et les résistants soviétiques, ce qui a comme          conséquence d’enraciner la légitimité du pouvoir          soviétique.</p>
<p style="text-align: justify;">Du départ des nazis à la mort de Staline (1953), les purges          continuent au sein du Parti et de la société biélorusse.          Au début des années 1950, on constate que les bribes restantes          de la culture et du nationalisme biélorusses, tout comme l’élite          intellectuelle de la République, ont été détruites.          La population biélorusse n’en demeure pas moins l’une          des plus loyales au système soviétique. Après 1945,          le pays connaît une reconstruction rapide, ce qui permet la possibilité          d’ascension sociale aux jeunes issus de la paysannerie. Le régime          soviétique permet également aux Biélorusses, sans          entrave ethnique, de participer aux structures dirigeantes. Même          si toute manifestation de nationalisme est interdite, la nomenklatura          biélorusse est l’une des plus habile à conjuguer les          intérêts de la République à travers le système          soviétique. La prospérité économique dont          jouit la RSSB jusque dans les années 1980 et le rôle militaire          de premier plan qui est le sien dans le système de défense          soviétique renforcent également le sentiment d’appartenance          à l’Union soviétique.<br />
<strong><br />
Transition ratée vers le capitalisme </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Face à la désagrégation générale des          structures soviétiques, les autorités de Minsk déclarent          l’indépendance de la République biélorusse          le 25 août 1991. Un mélange d’économie de marché          et d’intervention fait alors son apparition dans le pays. Le gouvernement          accepte l’existence d’un secteur privé mais limite          les mesures de privatisation pour ne pas s’aliéner la population.          Entre 1991 et 1993, l’économie biélorusse s’adapte          mieux que celle de ses voisins aux mesures libérales. Mais à          partir de 1993, la situation se dégrade rapidement à cause          de la diminution des exportations vers la Russie et de l’inadaptation          des structures économiques biélorusses. On assiste alors          à une baisse massive des revenus et une augmentation du chômage.</p>
<p style="text-align: justify;">La polarisation politique de la Biélorussie post-soviétique          devient alors évidente. D’un côté, le président          du Soviet suprême, Stanislau Chouchkevitch, prône une politique          de transition réelle vers le capitalisme et d’autonomie par          rapport à Moscou, et de l’autre, le premier ministre, Viatcheslav          Kebitch, entend maintenir le système de direction administrée          de l’économie. Ce conflit entraîne finalement une réforme          de la Constitution et l’établissement d’un régime          présidentiel. Les élections qui suivent (juillet 1994) dans          le but d’élire le futur président de la République          voient en bout de ligne les deux principaux protagonistes être rejetés          par les électeurs au profit d’un ancien officier politique          de l’Armée rouge et ancien directeur de sovkhoze (ferme d’État),          Alexandre Loukachenko.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce dernier s’est présenté aux électeurs comme          un incorruptible qui allait nettoyer le pays de ses dirigeants corrompus          et rétablir des liens étroits avec la Russie. Suite à          l’arrivée au pouvoir de Loukachenko, les réformes          économiques libérales cessent de progresser, le nouveau          président donnant alors l’impression de limiter ses choix          entre le dirigisme économique de la période soviétique          et le modèle chinois. Cela dit, l’abandon du système          économique libéral par Loukachenko n’est que le premier          pas d’une longue marche qui ne cessera de voir les relations entre          l’Occident et le régime biélorusse se détériorer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Détérioration des relations entre la Biélorussie          et l’Occident</strong></p>
<p style="text-align: justify;">De l’arrivée d’Alexandre Loukachenko à la tête          de l’État biélorusse en juillet 1994 aux élections          présidentielles de mars 2006, quatre événements isolant          Minsk des capitales occidentales retiennent plus particulièrement          notre attention.</p>
<p style="text-align: justify;">L’abandon des réformes économiques libérales          par le gouvernement Loukachenko est le premier de ceux-ci pour lequel          l’Occident et ses institutions vont sanctionner la Biélorussie.          La Communauté européenne suspend ainsi un prêt de          25 millions d’euro, deuxième versement d’un prêt          macro-économique de 55 millions d’euro décidé          fin 1995, tandis que le Fond monétaire international (FMI) suspend          un prêt de 300 millions de dollars promis la même année          dans le cadre du Stand-by Arrangement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le référendum de novembre 1996 est l’événement          qui isole le plus Minsk de l’Occident et de la communauté          internationale. Ce dernier a pour objectif d’amender la Constitution          de 1994 dans le but de renforcer les pouvoirs présidentiels afin          que Loukachenko puisse se débarrasser du parlement élu,          principal obstacle à son pouvoir (3). Face à ce qu’elle          considère comme un coup d’État, la communauté          internationale réagit au début 1997. En février,          le Conseil de l’Europe déclare avoir de sérieux doutes          sur le déroulement du référendum et ses résultats          et demande aux autorités biélorusses d’organiser la          séparation des pouvoirs, la liberté des médias et          d’organiser des élections parlementaires libres. L’UE          prend également des sanctions à l’égard de          la Biélorussie : elle annonce notamment qu’elle ne respectera          pas l’Accord de partenariat et de coopération (APC) signé          en 1995 et ne soutiendra pas l’adhésion de la Biélorussie          au Conseil de l’Europe. Quant à l’OSCE et aux États-Unis,          ils prennent publiquement position contre les résultats du référendum          et ne reconnaissent pas le parlement issu de celui-ci.</p>
<p style="text-align: justify;">L’élection présidentielle de septembre 2001 devient          également la cible des critiques et des sanctions venues de l’Occident.          Loukachenko ayant été réélu avec une large          majorité de 75%, la mission d’observation du Bureau des institutions          démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) conclut, comme          pour les élections législatives de l’année          précédente, à l’existence de failles importantes.          L’UE déplore alors officiellement que les élections          n’aient pas été menées dans le respect des          règles de l’OSCE, tandis que les États-Unis optent          pour une approche dure vis-à-vis le régime biélorusse,          l’incluant dans la liste des parias qui ne méritent pas l’assistance          américaine, dont tout faux pas est immédiatement pointé          du doigt et dont l’opposition est soutenue dans tous ses efforts.</p>
<p style="text-align: justify;">La fermeture de l’Université européenne des sciences          humaines de Minsk (UESH) en août 2004 est le dernier événement          majeur, avant les élections présidentielles de 2006, ayant          encore un peu plus éloigné la Biélorussie de l’Occident.          En 2003 est annoncée la mise en place, par le gouvernement Loukachenko,          d’une nouvelle idéologie présidentielle nationale          renforçant le contrôle de l’État sur la société          civile et au sein des institutions qui se concrétise l’année          suivante, notamment par la fermeture de l’UESH. Après que          le ministre de l’éducation, Alexandre Radkov, ait demandé          la démission du recteur de l’université, le professeur          Mikhailov, et que celle-ci eut été refusée pour absence          de motif explicite, l’administration présidentielle réplique          par l’annulation du contrat de location des bâtiments de l’université,          propriété d’État. L’Union européenne          réagit à cette décision en condamnant cette «          stratégie visant à harceler les personnes susceptibles de          diffuser des opinions dissidentes et le non-respect des principes fondamentaux          d’une société démocratique moderne (4) ».<br />
<strong><br />
Une relation particulièrement étroite</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis la chute de l’URSS, la Biélorussie et la Russie continuent          d’être l’une pour l’autre des partenaires fondamentaux          dans les sphères militaires, économiques et politiques.</p>
<p style="text-align: justify;">À l’époque soviétique, la Biélorussie          est considérée comme une des principales bases d’opérations          en cas de conflit avec l’OTAN. Après l’éclatement          de l’URSS en 1991, l’importance des infrastructures militaires          augmente avec l’élargissement de l’OTAN. Jusqu’en          1994, les Occidentaux gardent espoir de signer un accord militaire avec          le premier ministre Kebich. Mais l’arrivée au pouvoir de          Loukachenko change radicalement la donne, le nouveau président          ne porte aucun intérêt aux intentions de l’Occident          et, en janvier 1995, signe une entente avec la Russie sur l’utilisation          commune des installations biélorusses jusqu’en 2020. Une          volonté de coopération militaire s’installe alors          entre les deux pays. Par exemple, le 2 avril 1997, Minsk et Moscou signent          une entente sur l’augmentation du nombre d’activités          militaires communes, et déclarent que le développement militaire          doit avoir pour but d’assurer une défense commune. Du point          de vue militaire, la Russie semble avoir atteint ses objectifs plus que          dans aucune autre ex-république d’URSS, puisque les infrastructures          militaires biélorusses font dorénavant partie des planifications          stratégiques russes.</p>
<div style="text-align: justify;"><script type="text/javascript">// <![CDATA[
// <![CDATA[
    if (randomnumber==null) {
          var axel = Math.random() + "";
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<p style="text-align: justify;">Sur le plan économique, la Biélorussie offre de nombreux          avantages à son voisin russe. Tout d’abord, de par sa situation          géographique et son orientation politique, la Biélorussie          est le seul pays à fournir à la Russie un accès «          sécuritaire » vers l’Europe. De plus, ayant coupé          ses liens avec le reste du monde, la Biélorussie est encore plus          dépendante de l’énergie fournie par la Russie. De          son côté, Minsk dépend de Moscou pour l’absorption          de ses produits d’exportations (souvent inadaptés aux marchés          internationaux) et pour les subventions nécessaires à la          survie de son modèle économique post-socialiste. Ces dernières          se traduisent essentiellement par des portions de dettes effacées,          des locations de bases militaires ou des livraisons de pétrole          à taux préférentiels.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le plan politique, Moscou considère sa relation avec Minsk          comme un moyen de renforcer son rôle au sein de la Communauté          des États indépendants (CEI (6)), ce qui lui permettra peut-être          de ramener certains de ces pays dans son orbite. De plus, au moment où          se refroidissent les relations de la Russie avec l’Occident, celle-ci          a besoin d’alliés encore plus agressifs envers l’Ouest,          ce que lui offre le régime biélorusse, s’étant          lui-même isolé du reste du monde et n’ayant plus que          la Russie comme allié. Du côté de Loukachenko, le          fait qu’il soit la seule forteresse fiable pour la Russie lui donne          une influence sur le monde politique russe qu’il utilise pour se          maintenir au pouvoir. Il fait miroiter à son peuple la possibilité          d’unification avec la Russie – désirée par une          majorité de Biélorusses – en signant différents          traités d’union qui n’ont encore jamais dépassé          le stade théorique (6).</p>
<p style="text-align: justify;">Les attitudes antinomiques de l’Occident et de la Russie, au lendemain          des élections présidentielles biélorusses du 19 mars          dernier, nous apparaissent maintenant plus claires. Du côté          occidental on réagit au maintien d’un régime qui rejette          les principes du libéralisme économique et de la liberté          d’expression, tandis que du côté russe on félicite          son allié le plus fiable d’être passé à          travers les obstacles érigés par la communauté internationale          pour l’empêcher de se maintenir au pouvoir. L’Occident          ne peut cependant nier que le lien unissant les deux nations slaves dépasse          le cadre politique actuel. En effet, le destin des peuples russe et biélorusse          est profondément lié depuis des siècles, au point          qu’une partie importante des deux nations se confond et réclame          aujourd’hui encore l’union des deux pays. La pierre angulaire          de la situation actuelle est cependant le président Loukachenko.          Sans lui et sa nostalgie de l’époque soviétique, ainsi          que son mépris de l’Occident, la Biélorussie serait          probablement moins isolée de la scène internationale et          du même coup moins dépendante de Moscou. Cela dit, l’attachement          mutuel que se portent les peuples russe et biélorusse, la crainte          du dernier des conséquences de la libéralisation de son          économie, et la dureté avec laquelle le régime Loukachenko          réprime toute forme de dissidence, risque de rendre extrêmement          difficile l’avènement d’une révolution de couleur          (7) en Biélorussie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: left;">(1) Cité par <em>Le Monde 20 </em>mars 2006.<br />
(2) Bruno DRWESKI, Biélorussie : le dilemme de l’indépendance,  dans, Ukraine, Biélorussie, Russie : Trois États en construction,  La documentation française, Paris, 1995, p.42<br />
(3) Emma TOLADENO LAREDO, <em>La relation entre l’union européenne  et la Biélorussie entre 1991 et 2001, dans, Transitions</em>, Centre de  recherches interdisciplinaires sur la transition vers l&#8217;économie de marché  des pays de l&#8217;Est, Institut de sociologie, Université de Bruxelles, Bruxelles,  p.22.<br />
(4) Cité par Virginie Symaniec, <em>La Biélorussie et l’Europe  : des relations tendues</em>, supplément de la lettre #202 de la Fondation  Robert Schuman, mars 2005, <a href="http://www.robert-schuman.org/supplement/sup202.htm" target="new">http://www.robert-schuman.org/supplement/sup202.htm</a><br />
(5) Communauté regroupant les anciennes républiques soviétiques  depuis 1991.<br />
(6) Arkady MOSHES, Lukashanka’s Role in Russian Politic, dans, <em>Independent  Belarus : domestic determinants, regional dynamics, and implications for the West</em>,  Harvard University Press for the Ukrainian Research Institute and Davis Center  for Russian Studies, Harvard University, 2002, p.197-221<br />
(7) Depuis 2003, certaines ex-républiques soviétiques ont été  le théâtre de révolutions pro-occidentales s’identifiant  à des couleurs, telles les révolutions Rose en Géorgie (2003)  Orange en Ukraine (2004) et Jaune au Kirghizistan (2005)</p>
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		<title>L’importance de l’information à caractère international</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Aug 2006 11:36:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédéric Clermont</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éditoriaux / Editorials]]></category>
		<category><![CDATA[Formats]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
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		<description><![CDATA[La manière dont les différents journaux et revues, qu’ils soient à parutions quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles, traitent de l’actualité internationale, reflète-t-elle le poids de celle-ci dans notre réalité quotidienne ? No logo, 2005 Certains droits [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La manière dont les différents journaux          et revues, qu’ils soient à parutions quotidiennes, hebdomadaires          ou mensuelles, traitent de l’actualité internationale, reflète-t-elle          le poids de celle-ci dans notre réalité quotidienne ?</p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img title="No logo" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/nologo.jpg" alt="No logo" width="294" height="214" /><br />
<em>No logo</em>, 2005<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Quelques          périodiques en font certes une priorité voire une exclusivité, mais pour la grande majorité d’entre            eux, l’actualité nationale et les faits divers font office            de priorité, ce qui relègue trop souvent l’information            à caractère international au rôle de complément            négligé, occupant quelques colonnes en fin de feuillet.</p>
<p style="text-align: justify;">L’espace lui étant accordé ne représente            pas la seule carence dont souffre le traitement de l’actualité            internationale. La nature des articles lui étant consacrés            ne rend compte que rarement de sa complexité, laissant ainsi            le lecteur sur sa soif de connaissance et de compréhension. .<br />
Une polarisation distincte et inégale émerge ainsi du            traitement que l’on en fait. D’un côté une            minorité d’intellectuels produisent des analyses souvent            réservées au monde universitaire, de l’autre, une            pléthore de non-spécialistes à qui on demande d’accumuler            les faits, nous présentent des articles sans analyse ni critique            qui n’améliorent en rien la compréhension du lecteur.</p>
<p style="text-align: justify;">L’objectif du Panoptique est par conséquent double. Il            s’agit d’abord d’offrir à l’actualité            internationale la vitrine qui doit être la sienne, et parallèlement,            de s’immiscer entre les deux tendances dominant la façon            de la traiter, afin de fournir une analyse et une critique n’étant            pas réservée à une minorité d’initiés.</p>
<div style="text-align: justify;"><script type="text/javascript">// <![CDATA[
    if (randomnumber==null) {
          var axel = Math.random() + "";
            var randomnumber = axel * 10000000000000000;
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// ]]&gt;</script><script src="http://ads.networldmedia.net/servlet/ajrotator/268593/0/vj?z=networld&amp;dim=148898&amp;pos=2&amp;pv=9683048311018988"></script></div>
<p style="text-align: justify;">Dans un monde globalisé où un événement            survenant à Tokyo peut, en moins de quelques heures, avoir des            incidences en Europe, en Afrique comme en Amérique, posséder            quelques rudiments de connaissances sur la réalité internationale            devient une priorité. Le Panoptique se donne ainsi la tâche            de présenter, autant que possible, des analyses et des critiques            des différents éléments formant l’actualité            planétaire. La tâche peut sembler ardue mais demeure réalisable,            quant aux raisons qui nous poussent à le faire, elles se résument            ainsi : une société informée est une société            mieux à même de faire des choix éclairés,            et de déjouer les pièges tendus par ceux qui tentent de            la manipuler.</p>
<p style="text-align: justify;">À cette fin, le Panoptique compte offrir des articles de qualité            à partir de sept angles d’approches de l’actualité            internationale (arts et littérature, économie, environnement,            histoire, politique, sciences et société), permettant            à chaque sujet de trouver sa place. Étant rédigés            par des spécialistes de chacun de ces domaines, les articles            ont pour objectif de présenter des éléments d’analyse            et de critique qui permettront une meilleure compréhension des            événements planétaires. De plus, opter pour une            périodicité mensuelle nous donne le recul nécessaire            à la présentation de tels articles.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, j’espère que la formule proposée permettra            aux lecteurs d’approfondir leurs connaissances de l’actualité            internationale. Puisque ce n’est qu’en multipliant les différents            regards sur les événements qui ont lieu au travers notre            planète, que l’on prend conscience de la complexité            et de la diversité du monde qui est le nôtre.</p>
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