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	<title>Le Panoptique &#187; Sébastien Roux</title>
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	<description>Perspectives sur les enjeux contemporains &#124; More Perspective on Current International Issues</description>
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		<title>Les origines socialistes du NPD</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Dec 2006 02:42:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sébastien Roux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis l’arrivée des Conservateurs au pouvoir, les désaccords entre le Nouveau Parti Démocratique (NPD) et le gouvernement minoritaire conservateur de Stephen Harper se multiplient. En effet, leurs différends idéologiques sont bien nets : environnement, contrôle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Depuis l’arrivée des Conservateurs au pouvoir, les désaccords entre le Nouveau Parti Démocratique (NPD) et le gouvernement minoritaire conservateur de Stephen Harper se multiplient. En effet, leurs différends idéologiques sont bien nets : environnement, contrôle des armes à feu, questions autochtones, réforme électorale, assurance-emploi, droits des travailleurs et filet de sécurité sont autant d’exemples des profondes divergences d’opinion qui séparent les deux partis. Or, la source de ces tensions puise à une époque où le NPD se prénommait Cooperative Commonwealth Federation (CCF), un parti d’obédience socialiste. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img title=" Société polarisée V2" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/hist-npd.jpg" alt=" Société polarisée V2" width="294" height="214" /><br />
Leopoldo, <em> Société polarisée V2</em>, 2006<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">C’est sur la toile sombre de la crise économique de 1929 que se dessine,  encore aujourd’hui, l’originalité idéelle du NPD. En  effet, c’est à cette époque que le CCF, un parti socialiste,  prit place sur la scène politique canadienne. En 1961, le NPD reprendra  le flambeau du défunt parti socialiste(1). Encore aujourd’hui, l’héritage  idéologique du CCF est palpable dans la ligne programmatique du NPD, quoiqu’il  apparaisse évident que le repositionnement électoraliste du NPD  a édulcoré le socialisme réformiste d’antan. Retour  sur l’histoire des origines socialistes du NPD.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans entrer dans une description exhaustive du CCF, il s’agit, ici, d’en  tracer un portrait général. Dans un premier temps, j’exposerai  brièvement le contexte d’émergence du CCF. Dans un deuxième  temps, je discuterai de la création et de la composition du CCF. Enfin,  j’exposerai dans quelle mesure la politique canadienne a intégré  les idées du CCF.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les racines socio-économiques du CCF </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La pensée économique (le néo-classicisme) qui précède  la crise économique de 1929 ne remettait pas en cause l’idée  fondamentale d’un marché autorégulé. Conséquemment,  on croyait dans la capacité du marché à trouver un parfait  équilibre entre l’offre et la demande. Ainsi ne fallait-il pas interférer  dans ce processus d’autorégulation d’aucune manière,  ce que l’on nomme communément le <em>laissez-faire</em>. Or, la crise  économique de 1929 allait changer dramatiquement la situation. À  l’égalité juridique formelle du libéralisme allait  se substituer la cruelle évidence des inégalités économiques  d’un système capitaliste fondé sur l’exploitation. Et,  en ces temps difficiles, l’égalité juridique était  une bien mince consolation pour les bouches affamées.</p>
<p style="text-align: justify;">Le libéralisme qui, déjà à cette époque, trouvait  dans le fascisme italien et le stalinisme une opposition farouche, voyait sa légitimé  s’envoler aussi rapidement que les emplois. C’est dans ce contexte  de perte de légitimité que la bourgeoisie capitaliste prêta  une oreille attentive à l’interventionnisme étatique. En effet,  la crise économique révéla les lacunes du laissez-faire en  plus d’être un terreau fertile à l’émergence de  nouvelles conceptions de l’organisation du pouvoir social.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1929, un ouvrier travaillant dans une manufacture gagnait en moyenne 1042$  par année; en 1933, 777$. Le PIB national, qui se chiffrait à 6,85  milliards de dollars en 1929 était tombé à 3,33 milliards  de dollars en 1933 (2). Ce sont toutefois les agriculteurs qui l’ont payé  le plus cher : « [L]e revenu net des fermes tomba de 820 à 145 millions  entre 1928 et 1932 (3). » Andrée Lévesque rappelle que, seulement  au Québec, pas moins de 32 000 fermes étaient en situation de faillite  en 1932, renvoyant quelques 180 000 personnes dans la misère la plus cruelle  (4).</p>
<p style="text-align: justify;">Dans une société où plus de 99% de la population subissait  durement la crise économique, la colère grandissait contre une minorité  de fortunés maintenant un niveau de vie indécent dans un contexte  de pauvreté et de précarité sociale(5). Humiliés et  déshonorés, ouvriers, agriculteurs et intellectuels allaient bientôt  canaliser leurs frustrations dans une réunion historique d’où  naquît le CCF. Or, plus d’une année auparavant avait été  mis sur pied la <em>League for Social Reconstruction</em> (LSR), un organe réflexif  qui contribua largement, en 1933, à la création du CCF.<br />
<strong><br />
La LSR et sa critique du capitalisme </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Créée à l’hiver 1931-1932, la LSR fut le premier regroupement  d’intellectuels dans l’histoire du Canada à se réunir  sous la bannière du socialisme. La Ligue se voulait un lieu de réflexion,  à la suite de la crise économique, sur les apories du capitalisme  et, surtout, sur les moyens à mettre en œuvre afin d’éviter  que ne se reproduise une telle crise. À la manière de la Société  Fabienne en Angleterre, la LSR se voulait un organe de réflexion et de  recherche visant à élaborer des analyses sur les divers problèmes  du moment et, par le fait même, à fournir des pistes de solution  devant servir à la conduite d’une action politique.</p>
<p style="text-align: justify;">L’influence du groupe sur la société canadienne est principalement  attribuable à ses analyses publiées dans <em>The Canadian Forum</em> ainsi qu’à deux publications majeures : <em>Social Planning for Canada</em> (1935) et <em>Democracy Needs Socialism</em> (1938). Dès ses débuts,  la LSR s’est impliquée dans la mise sur pied du CCF. La LSR s’est  dissoute en 1942, la plupart de ses membres ayant complètement intégré  le CCF.</p>
<p style="text-align: justify;">En janvier 1932, le groupe produisit un manifeste débutant par une vilipende  contre le capitalisme, jugé contraire à une société  démocratique.</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>La Ligue pour la Reconstruction Sociale est une association d’hommes et    de femmes qui travaillent à l’établissement, au Canada,    d’un ordre social dans lequel le principe premier régulant la production,    la distribution et les services sera le bien commun plutôt que le profit    privé. Le système capitaliste est injuste et inhumain, économiquement    porté au gaspillage et une menace directe à la paix et au gouvernement    démocratique. […] Par conséquent, nous travaillons à    l’établissement d’un nouvel ordre social qui substituera    une économie planifiée et socialisée à l’économie    chaotique et individualiste actuelle et qui, en mettant en place une égalité    économique entre chaque personne en lieu et place des inégalités    criantes actuelles, éliminera la domination d’une classe par une    autre(6).</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Or, les membres de la LSR, pourtant les plus radicaux du CCF lorsque ce dernier  sera créé en 1933, n’envisagèrent jamais la révolution  socialiste pour arriver à leurs fins. Dans son manifeste, la LSR déclare  sa volonté de mettre en application une économie planifiée,  la nationalisation des entreprises d’utilité publique (transport,  communication, énergie, etc.) et des banques, le développement de  l’agriculture coopérative, législation sociale, etc. Malgré  une idéologie résolument socialiste, celle-ci ne fut jamais révolutionnaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La naissance du CCF </strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’idée de créer le CCF avait fleuri en août 1932, à  Calgary, lors d’une réunion entre des députés de la  législature provinciale ontarienne (le « Ginger Group »), délégués  des Fermiers Unis (United Farmers) des trois provinces des Prairies ainsi que  des membres des partis ouvrier et socialiste des provinces de l’ouest(7).  Ils convinrent alors de former un nouveau parti politique national et ont adopté  un programme politique temporaire. La composition du parti était déjà  fortement disparate et, conséquemment, les compromis devenaient inévitables.</p>
<p style="text-align: justify;">Le CCF fut officiellement fondé à Régina en juillet 1933,  alors que se tenait la première convention nationale du parti. Le CCF fut  ainsi fondé sur la réunion d’ouvriers, d’agriculteurs  et d’intellectuels qui, avant cette date, avaient systématiquement  évité tout projet commun. «Le premier congrès national,  tenu à Régina en juillet 1933, élabora un programme complet  qui était un compromis entre les marxistes-socialistes et les représentants  fermiers beaucoup plus conservateurs de l’est du Canada(8).» Le choix  de donner au parti une structure fédérative n’était  pas innocent. En effet, il traduisait une certaine méfiance entre les factions,  mais, davantage, les divergences idéologiques fondamentales.</p>
<p style="text-align: justify;">Le programme politique proposé et adopté lors de cette conférence  est connu sous le vocable de Manifeste de Régina (Regina Manifesto). Ce  dernier était dans les faits l’œuvre de la LSR, le CCF devenant  la continuité politique des volontés programmatiques de la LSR.  Cependant, et même si le Manifeste de Régina se terminait en stipulant  qu’aucun gouvernement mené par le CCF ne serait satisfait avant d’avoir  substitué l’économie planifiée au capitalisme(9), derrière  ces mots demeurait l’étouffante réalité de la multiplicité  des groupes composant le CCF. Comme le souligne Young, les échecs du CCF  « étaient les échecs des solutions basées sur le compromis  : bien que le programme contenait de quoi plaire à tous, il ne satisfaisait  entièrement personne». Cette notion de compromis minait d’emblée  toute action politique concertée, démontrant, par le fait même,  une faiblesse intrinsèque au parti. Et ce fut cette multiplicité  d’intérêts qui mina graduellement la base partisane du parti.<br />
<strong><br />
Le repositionnement électoral du Parti Libéral du Canada et sa récupération  des idées du CCF </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La CCF avait avancé des idées telles l’assurance sociale,  les pensions de vieillesse, l’assurance-emploi ainsi qu’un système  de santé universel(11). Si les années 1930 furent le lieu d’une  consolidation lente, mais progressive, de la base électorale du CCF, cette  situation allait bientôt changer.</p>
<p style="text-align: justify;">La crise avait un pour conséquence de créer un terreau fertile à  des réformes économiques. John M. Keynes fit paraître, en  1936, <em>The General Theory of Employment, Interest and Money</em>. Si les idées  du CCF n’avaient eu que peu d’écho chez la classe dominante,  celles de Keynes trouvèrent davantage d’adeptes. D’ailleurs,  seules les idées keynésiennes ne remettaient pas en cause l’idée  même du capitalisme. Pour une classe dominante en mal d’options pour  atténuer les effets de la crise, l’abandon d’un marché  autorégulé au profit d’un interventionnisme étatique  n’était que peu de chose si cela pouvait sauver leurs intérêts.  Et cette ouverture idéologique est fort bien traduite par le repositionnement  électoral du PLC.</p>
<p style="text-align: justify;">Le PLC prit le pouvoir en 1935. Dès 1939, il réalignait son programme  sur celui du CCF afin de contrer la montée de la popularité de ce  dernier et récupérer, à son tour, un pan considérable  de l’électorat pour qui des changements socio-économiques  s’imposaient. De plus, le PLC bénéficiait, à la fin  des années 1930, d’un contexte de plus en plus hostile aux idées  communistes. Le PLC incarnait donc le compromis électoral par excellence  pour une large partie de la population : tout comme le CCF, il proposait des réformes  socio-économiques à une société déchirée,  mais sans faire planer l’insécurité d’un changement  brusque vers une société communiste.</p>
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<p style="text-align: justify;">C’est ainsi que le PLC devint le grand artisan de l’État-providence.  Les électeurs les plus modérés du CCF devaient, à  terme, délaisser le parti. Les plus radicaux recentrèrent leur position,  tempérant le programme original afin d’élargir leur base électorale.  Il en fut de même pour les couches sociales les plus démunies qui  avaient, un temps, formé un important bastion d’électeurs  du CCF. À ceux qui connaissaient maintenant la prospérité  économique, l’idée du socialisme devenait de moins en moins  séduisante. L’après-guerre est l’histoire d’un  déclin électoral permanent du CCF, ce qui mènera, ultimement,  à la création du NPD en 1961. <em>La disparité idéologique  des membres formant la base du parti provenait de leurs disparités socio-économiques  : loin d’être révolutionnaire, le CCF fut, de tout temps, un  parti réformiste, voire social-démocrate, fondamentalement limité  par les éléments les plus modérés de ses membres.</em><br />
<strong><br />
Conclusion </strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’histoire du CCF est importante et mérite notre attention en ce  quelle nous rappelle que c’est un parti socialiste qui est à l’origine  des grandes réformes sociales ayant mené à l’État-providence.  Elle nous rappelle également que les gains sociaux ne sont souvent redevables  qu’à des conjonctures historiques spécifiques. D’ailleurs,  la formation du CCF ne fut jamais que conjoncturelle. La reprise économique  révèlera les limites intrinsèques du réformisme, c&#8217;est-à-dire  l’idée qu’il est possible, à travers des réformes  des institutions en place, de mettre en place un capitalisme « humain ».  Il y a pourtant contradiction dans les termes.</p>
<p style="text-align: justify;">La crise économique des années 1970 fut l’occasion rêvée    de remettre en question les avantages sociaux acquis quelques décennies    auparavant. Au nom de la profitabilité, l’offensive néolibérale    qui débuta dans ce nouveau contexte de crise démontre éloquemment    la fragilité des gains sociaux sous le capitalisme. Nous subissons, encore    aujourd’hui, cette cure d’ « amaigrissement ». Et c’est    toujours au nom de cette profitabilité, alors que le coût de la    vie ne cesse d’augmenter, que l’on assiste à l’accroissement    de la précarisation du travail et à l’amincissement des    avantages sociaux. Le capitalisme est fondé sur l’exploitation    du travail et sur la poursuite sans fin du profit, une logique irréconciliable    avec l’idée d’égalité économique. Et    tant que demeureront ces inégalités économiques demeureront    aussi les inégalités réelles quant au bien-être de    tous. L’égalité juridique n’est rien sans l’égalité    économique; la démocratie n’est rien sous le capitalisme,    toujours muselée et limitée dans son expression.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong></strong><br />
(1) La socialisme canadien ne fut certes pas révolutionnaire. Les manifestes  de la LSR et du CCF posaient clairement qu’ils entendaient réaliser  une société débarrassée du capitalisme, mais prétendaient  y arriver à partir d’une réforme des institutions en place.  Contre tout recours à la violence, le CCF participait à la joute  électorale et respectait le cadre parlementaire en place. Dans les faits,  le CCF était un parti<em> social-démocrate</em> qui proposait des  réformes sociales visant à améliorer l’état  actuel de la société canadienne enlisée dans le marasme économique  de la crise de 1929.<br />
(2) Lévesque, Andrée, <em>The Canadian Left in Quebec during the  Great Depression: the CPC &amp; CCF in Quebec</em>, 1929-1939, Duke University:  Department of History, Thèse de doctorat, 1972, p. 37.<br />
(3) Lewis, David et Frank Scott, Un Canada Nouveau : vue d’ensemble de l’historiographie  et de la politique du mouvement C.C.F., Montréal : Valiquette, 1944, p.  89.<br />
(4) Lévesque, <em>op. cit</em>., p. 39.<br />
(5) Lewis et Scott, <em>op. cit</em>., p. 127.<br />
(6) Traduction libre de: «The League for Social Reconstruction is an association  of men and women who are working for the establishment in Canada of a social order  in which the basic principle regulating production, distribution and service will  be the common good rather than private profit. The present capitalist system has  shown itself unjust and inhuman, economically wasteful, and a standing threat  to peace and democratic government. […] We therefore look to the establishment  in Canada of a new social order which will substitute a planned and socialized  economy for the existing chaotic individualism and which, by achieving an approximate  economic equality among all men in place of the present glaring inequalities,  will eliminate the domination of one class by another.» League for Social  Reconstruction, <em>Social Planning for Canada</em>, Toronto: University of Toronto  Press, 1975, p. ix-x.<br />
(7) Higginbotham, C. H., <em>Off the Record: the CCF in Saskatchewan</em>, Toronto:  McClelland and Stewart, 1968, p. 9.<br />
(8) Traduction libre de: «Its first national convention, meeting in Regina  in July, 1933, drew up a lengthy program that was a compromise between the Marxian  socialists and the much more conservative farmers’ representatives from  eastern Canada.» Lipset, S. M., <em>Agrarian Socialism: The Coöperative  Commonwealth Federation in Saskatchewan</em>, Berkeley: University of California  Press, 1959, p. 87.<br />
(9) Traduction libre de: «No C.C.F. Government will rest content until it  has eradicated capitalism and put into operation the full program of socialized  planning which will lead to the establishment in Canada of the Co-operative Commonwealth.»  Young, Walter D., <em>The anatomy of a party: the national CCF</em>, Toronto:  University of Toronto Press, 1969, p. 313.<br />
(10) Ibid., p. 46.<br />
(11) Traduction libre de: « its failing was the failing of all compromise  solutions: whereas it had something in it for everybody, it satisfied no one completely  […].» Horn, Michiel, <em>The League for Social Reconstruction: Intellectual  Origins of the Democratic Left in Canada 1930-1942</em>, Toronto: University of  Toronto Press, 1980, p. 212.</p>
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