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	<title>Le Panoptique &#187; Marc Ouimet</title>
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	<description>Perspectives sur les enjeux contemporains &#124; More Perspective on Current International Issues</description>
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		<title>Boucler la boucle</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Sep 2011 21:50:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Éditoriaux / Editorials]]></category>
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		<description><![CDATA[Le Panoptique est mort, vive Le Panoptique! Alors voilà, notre revue bien aimée aura vécu cinq ans bien sonnés. L&#8217;équipe de rédaction a décidé de mettre un terme aux activités de publication, le rythme de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><strong>Le Panoptique</strong></em><strong> est mort, vive </strong><em><strong>Le Panoptique</strong></em><strong>! Alors voilà, notre revue bien aimée aura vécu cinq ans bien sonnés. L&#8217;équipe de rédaction a décidé de mettre un terme aux activités de publication, le rythme de celles-ci ayant grandement diminué au cours de la dernière année. Cinq ans d&#8217;activité, pour une revue d&#8217;idées comme </strong><em><strong>Le Panoptique</strong></em><strong>, c&#8217;est déjà énorme, même si la perspective de tout arrêter laisse un petit goût amer en bouche. </strong><em><strong>Post mortem </strong></em><strong>d&#8217;un projet intellectuel.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/lightsinthedark/4712901398/" target="new"><img title="Coronal Loops" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/aout2011/boucle2.jpg" alt="Coronal Loops" /></a><br />
Lights in the Dark, <em>Coronal Loops</em>, 2010<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/deed.fr" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chronologie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mis sur pied en août 2006, <em>Le Panoptique</em> est d&#8217;abord l&#8217;œuvre de son premier directeur général, Frédéric Clermont, qui a porté sur ses épaules le projet pendant ses trois premières années d&#8217;existence. Il a su réunir un important bassin de gens de qualité autour du projet d&#8217;une revue d&#8217;actualité internationale proposant des ponts entre la culture et la production universitaires et le grand public. Soulignons à cet égard le travail des collaborateurs de la première heure, dont Jonathan Martineau qui a pondu bon nombre d&#8217;éditoriaux très justes, Simon Chavarie, Eveline Bousquet et bien d&#8217;autres encore qui ont contribué au projet.</p>
<p style="text-align: justify;">La revue est, dès ses début, structurée autour de six grands axes qui fondent autant de sections de rédaction, soit la politique et l&#8217;économie, la société, l&#8217;histoire, les sciences, l&#8217;environnement et les arts et la littérature. Fortement ancrée dans les départements universitaires, la revue y recrute la grande majorité de ses collaborateurs. Ainsi, la mixité francophone-anglophone du milieu universitaire montréalais gagne bientôt <em>Le Panoptique</em> qui, en 2007, met sur pied une version anglophone de la revue, tentant ainsi d&#8217;instaurer un dialogue entre ces mondes trop souvent ignorants l&#8217;un de l&#8217;autre.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est à cette époque que la revue connaît sa production la plus intense, alors qu&#8217;elle publie plus d&#8217;une vingtaine d&#8217;articles de fond par mois et regroupe pas moins de 80 collaborateurs. Le projet s&#8217;essouffle cependant au printemps 2009, alors que l&#8217;équipe de direction fait défection, laissant seulement un petit noyau de collaborateurs reprendre les rennes du projet.</p>
<p style="text-align: justify;">La dizaine de collaborateurs restants décide alors de donner un second souffle au projet, et aussi d&#8217;en changer les cadres de fonctionnement. Nous avons ainsi aboli les différentes sections qui, à notre sens, reproduisaient le cloisonnement du savoir universitaire duquel nous cherchions à nous distancier, invitant du même souffle artistes, professionnels et intervenants sociaux à investir les pages de la revue.  Nous avons alors également décidé de faire du <em>Panoptique</em> une revue authentiquement (du moins à notre sens) bilingue, c&#8217;est-à-dire publiant sans distinction (ni traduction) des articles en français et en anglais, un peu à la façon dont notre petite équipe travaillait alors. Finalement, nous avons voulu mettre de l&#8217;avant une approche participative, tant pour le fonctionnement de l&#8217;équipe que pour celui du site Web, en instaurant des postes rotatifs et en permettant la rétroaction avec les lecteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avions de grands projets pour ce <em>Panoptique</em> seconde mouture, et quiconque a suivi, même de loin, nos pérégrinations des deux dernières années sait bien que les résultats furent mitigés. Nous aurons tout de même réussi à mettre sur pied un nouveau site plus fonctionnel pour la revue et à publier des brochures thématiques qui sont en <a href="http://iris.banq.qc.ca/alswww2.dll/APS_PRESENT_BIB?Style=Portal3&amp;SubStyle=&amp;Lang=FRE&amp;ResponseEncoding=utf-8&amp;no=0003254889&amp;Via=Z3950&amp;View=ISBD&amp;Parent=Obj_718131317079976&amp;SearchBrowseList=Obj_718131317079976&amp;SearchBrowseListItem=90885&amp;BrowseList=Obj_718131317079976?Style=Portal3&amp;SubStyle=&amp;Lang=FRE&amp;ResponseEncoding=utf-8&amp;BrowseListItem=90885&amp;QueryObject=Obj_718121317079976" target="_blank">dépôt à la <em>Bibliothèque nationale du Québec</em></a>. Notre postérité est donc assurée&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Plus que tout, ou du moins de l&#8217;intérieur, ce sursaut de deux ans de la revue aura été l&#8217;occasion de rencontres et de discussions fécondes entre gens de qualité. Je remercierai particulièrement Baptiste Godrie pour son implication et sa rigueur aussi sérieuses qu&#8217;indéfectibles, de même que, entre autres membres de la garde rapprochée, Hugo Lafrance et Inbal Itzak, ainsi que tous les autres Panopticiens qui ont contribué, à un moment ou à un autre, au projet dans sa seconde vie.</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/usfwsnortheast/5343061169/" target="new"><img title="Sea turtle crawl loop" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/aout2011/boucle1.jpg" alt="Sea turtle crawl loop" /></a><br />
U.S Fish and Wildlife Service Northeast Region,<br />
<em>Sea turtle crawl loop</em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les enjeux d&#8217;une revue d&#8217;idées</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On nous a souvent posé la question du pourquoi du nom « Panoptique », dont la référence première est la prison de Bentham, ce qui a de quoi laisser songeur pour une revue d&#8217;actualité internationale se positionnant clairement à gauche&#8230; N&#8217;ayant pas fait partie de l&#8217;équipe fondatrice, je ne peux me prononcer avec certitude sur l&#8217;interprétation première du nom de la revue, d&#8217;autant que la réflexion détaillée qui se trouvait sur l&#8217;ancien site Web est maintenant, après un transfert de plate-forme et un autre de serveur, complètement perdue. À titre de webmestre, je m&#8217;en excuse et j&#8217;en prends la responsabilité, et tiens à souligner que cet oubli fut complètement accidentel&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que je peux dire en tant que directeur général du <em>Panoptique</em> nouvelle mouture, c&#8217;est que nous avons  puisé dans la racine étymologique grecque, soit « pan » et « optique », la perspective que nous avons voulu donner au projet, soit celle d&#8217;un regard embrassant la multiplicité des points de vue<sup><a href="#sdendnote1sym"><sup>i</sup></a></sup>. Ce regard est pour nous une posture intellectuelle refusant les étiquettes et les cadres explicatifs figés et contraignants; il appelle à une liberté d&#8217;interprétation et d&#8217;esprit qui ne se bâdre pas de catégories  académiques ou idéologiques. Nous en avons d&#8217;ailleurs tiré le nom et l&#8217;adjectif « panopticien », qui définit toute personne adhérant à l&#8217;idée d&#8217;appréhender le monde avec un esprit critique mais néanmoins ouvert à la multiplicité des interprétations et du sens qu&#8217;on peut donner à un phénomène et au réel dans sa globalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour enthousiasmant que le projet du <em>Panoptique</em> ait pu être, ou du moins que nous l&#8217;ayons imaginé tel, la réalité des trajectoires personnelles et des nécessités de la vie bassement matérielle nous aura finalement, malgré tout et malgré nous, rattrapés. Je prendrai donc quelques lignes pour décrier, une fois encore, le triste sort fait aux revues, culturelles en général et plus particulièrement d&#8217;idées, au Québec. Il est dérisoire de constater qu&#8217;on doive compter sur la seule bonne volonté et le dévouement bénévole et désintéressé pour mettre sur pied un projet intellectuel qui n&#8217;entre pas dans les cadres admis par le gouvernement et ses valets fonctionnaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a lieu de s&#8217;inquiéter de la place faite aux idées et à la liberté de penser en cette ère conservatrice majoritaire, qui donne malgré tout aux plus fous des utopistes la perspective d&#8217;un changement social et politique d&#8217;autant plus radical que s&#8217;épuise devant nos yeux le modèle que certains ont érigé en idole de la fin de l&#8217;Histoire. Seule la pensée gestionnaire connaît la finitude des redditions de comptes, alors que la pensée vive et critique est, par nature, désenclavée, ouverte et inépuisable. C&#8217;est de celle-là dont les Panopticiens de tout acabits s&#8217;abreuvent et, si notre revue a permis même à quelques-uns seulement de prendre et d&#8217;exiger du monde cette posture, nous aurons, au total et malgré tout, gagné notre pari intellectuel.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<div style="text-align: justify;">
<p><a href="#sdendnote1anc">1.</a> Je 	vous invite à cet égard à consulter la superbe réflexion de 	Danijel Matijevic (<a href="http://www.lepanoptique.com/a-propos/">la mission longue anglaise</a>), qui constitue la version longue et élaborée de 	notre mission, rédigée et reproduite en anglais.</p>
</div>
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		<title>Changer de logique pour réinventer le pays</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Sep 2011 21:30:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le Québec, comme la plupart des sociétés occidentales, est essoufflé et se cherche. Le cynisme de la population à l&#8217;endroit de la classe politique est indéniable et les agissements de nos représentants ne font rien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Le Québec, comme la plupart des sociétés occidentales, est essoufflé et se cherche. Le cynisme de la population à l&#8217;endroit de la classe politique est indéniable et les agissements de nos représentants ne font rien pour améliorer la situation. À cet égard, les propos tenus par Pierre Curzi et Louise Beaudoin au moment de leur démission du caucus du Parti Québécois sont symptomatiques d&#8217;une césure de plus en plus évidente entre la population et nos politiciens ou, plus largement, entre les cercles de pouvoir et la société civile québécoise.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/jef_safi/3686058041/" target="new"><img title="badiousan conatus diƒƒerential" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/aout2011/changer1.jpg" alt="badiousan conatus diƒƒerential" /></a><br />
jef safi, <em>badiousan conatus diƒƒerential</em>, 2009<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/deed.fr" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Les gens cherchent de nouvelles voies, comme le démontre la marée orange des dernières élections fédérales ou encore la popularité de la <em>Coalition pour l&#8217;avenir du Québec</em> de François Legault qui, pourtant, ne propose rien de bien emballant ni révolutionnaire. Cette soif de renouveau politique est peut-être encore plus grande chez les plus jeunes, eux qui ne ressentent pas d&#8217;attachement disons « nostalgique » aux véhicules et idéologies du passé. Tout en reconnaissant les progrès qu&#8217;il a pu amener, plusieurs estiment que « l&#8217;héritage de la Révolution tranquille » pèse aujourd&#8217;hui bien plus lourd qu&#8217;il ne mobilise et constitue une force de changement social au Québec. Certains décrient cet état de fait en appelant à un « dégrisage » du Québec, une attaque à peine voilée contre la génération des Baby Boomers, qui a ses torts autant qu&#8217;elle a le dos large&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">À mon sens, le malaise est plus profond que le supposé échec d&#8217;une génération de personnes et de réformes. Il y a quelque chose comme l&#8217;essoufflement d&#8217;un modèle, d&#8217;une vision du monde. Les scandales politiques et financiers, les catastrophes écologiques de plus en plus nombreuses, tout cela donne l&#8217;impression profonde que notre façon de vivre et d&#8217;habiter le monde ne convient plus. Il faut changer de logique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le modèle libéral</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous vivons depuis près de deux siècles dans une société fondée sur un modèle qu&#8217;on pourrait qualifier de libéral. Certes, tant sur les plans politique qu&#8217;économique, il y a eu d&#8217;énormes évolutions, si bien que le monde actuel est très différent de celui du XIXe siècle. Malgré cela, fondamentalement, l&#8217;économie est toujours capitaliste, alors que la politique telle que nous la pratiquons est encore fondée sur le principe de représentation (par le biais du député), et plus particulièrement sur le parlementarisme britannique.</p>
<p style="text-align: justify;">En gros, les partis dirigent le monde politique comme les entreprises dirigent le monde économique. Ces organes, de plus en plus structurés à mesure qu&#8217;ils sont importants et puissants, imposent une logique verticale d&#8217;autorité aux gens qui en font partie et agissent principalement, voire en tout temps, en fonction de leurs propres intérêts. Dans un cas comme dans l&#8217;autre, le chef donne la direction et les troupes doivent ramer dans la direction indiquée sans trop contester, sous peine d&#8217;expulsion ou de congédiement, l&#8217;unité étant perçue comme garante du succès.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la politique et l&#8217;économie ainsi conçues ont grandement contribué à construire le Québec d&#8217;aujourd&#8217;hui, elles constituent aussi le fondement de plusieurs des problèmes que nous vivons. À force de jouer de démagogie pour faire pencher en leur faveur l&#8217;opinion publique de la population, les partis se sont considérablement discrédités. En cherchant à maximiser leurs profits, les dirigeants et actionnaires d&#8217;entreprises ont largement contribué, depuis une trentaine d&#8217;année, à creuser le fossé économique et social entre les plus riches et les plus démunis et à appauvrir la classe moyenne. En exploitant de façon éhontée les « ressources naturelles » sans se soucier des répercussions sur les écosystèmes, nous avons mutilé le visage du Québec et, globalement, induit un processus de réchauffement climatique qui pourrait bien mettre l&#8217;existence de notre espèce en danger dans un avenir rapproché.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est à cet égard fascinant de voir notre Premier ministre présenter son Plan Nord comme un projet social porteur qui pourrait redonner confiance en la politique aux Québécois. Comme si, depuis le XIXe siècle, nous n&#8217;avions pas assez vu ce que ce genre de développement faisait, pour « durable » qu&#8217;on essaie de nous le présenter. Combien de villes et de villages fantômes ou moribonds peuvent témoigner du côté éphémère et socialement peu constructif de ce genre de développement économique? Est-ce que quelqu&#8217;un croit encore sérieusement que le fait de couper des arbres, de creuser des trous et d&#8217;en vendre le produit à des intérêts étrangers constitue un Grand Bond avant pour le Québec et, plus encore, pour les nations autochtones sur le territoire desquelles ces projets prendront place?</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/jef_safi/3864198455/" target="new"><img title="heteromoginoous vanishing lynes syntonia" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/aout2011/changer2.jpg" alt="heteromoginoous vanishing lynes syntonia" /></a><br />
jef safi, <em>heteromoginoous vanishing lynes<br />
syntonia</em>, 2009<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/deed.fr" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Associations, réseaux et démocratie participative</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis plusieurs années déjà, des modèles alternatifs ont commencé à émerger. À la logique de structure se greffe, voire se substitue, celle de la libre association et des réseaux d&#8217;entraide. L&#8217;idée de coopérative, qui connaît un souffle nouveau dans le mouvement de l&#8217;économie sociale, mène par exemple aujourd&#8217;hui à la création d&#8217;entreprises dont les activités se veulent aussi bénéfiques pour les membres que pour leur milieu. Ces organisations sont portées par des gens dont les valeurs de justice sociale priment sur le goût du profit et qui implantent des modes de gouvernance démocratique qui en changent complètement le fonctionnement. Il en résulte un sentiment d&#8217;appartenance et un dynamisme qui est non seulement bénéfique à l&#8217;interne, mais pour tout le tissu social.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi ne serait-il pas possible de repenser la politique en ces termes, de lui insuffler plus de démocratie pour restaurer la confiance et la participation active des citoyens? Certes, le système politique que nous avons empêche le véritable pluralisme, les partis qui en bénéficient refusant systématiquement d&#8217;instaurer la proportionnelle. Devant ce blocage, pourquoi ne pas tenter une subversion qui revaloriserait le rôle du député, indépendant des structures de partis et redevable de façon directe à la population de sa circonscription, où pourraient s&#8217;instaurer des mécanismes de consultation populaire et participative?</p>
<p style="text-align: justify;">Un lien beaucoup plus direct entre le représentant politique et la population pourrait ainsi se développer dans un dialogue qui ne se perdrait pas dans les jeux de pouvoir des partis. Sans chanter naïvement les vertus du Web pour une utopique « démocratie numérique », il reste qu&#8217;on est devant un potentiel mobilisateur complètement inédit, surtout chez les jeunes dont on décrie sans cesse le manque d&#8217;intérêt pour la chose politique. Le cas de l&#8217;Islande, qui réécrit présentement sa constitution en donnant voix à la population sur les médias sociaux, est à cet égard un véritable cas de figure de renouveau politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourrait-on penser qu&#8217;une coalition de députés indépendants pourrait faire avancer de grands dossiers nationaux aussi bien et sinon mieux que les partis actuels, en s&#8217;ancrant davantage dans la réalité et les besoins des communautés, et non des groupes d&#8217;intérêt? Il faudrait bien sûr changer nos façons de faire, changer nos valeurs, changer notre logique. C&#8217;est ce qu&#8217;il faudra faire pour changer le monde, qui en a vraiment besoin. Il faut se mouiller le nez dans le rêve et l&#8217;utopie pour sortir du cynisme. Il faut se donner l&#8217;espace de réfléchir, hors des nécessités du pouvoir et des discours actuels, pour réinventer et habiter mieux ce pays que par le passé.</p>
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		<title>Godin : une vie entre poésie et politique</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Mar 2011 23:36:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Diffusé en première mondiale le 21 février dernier aux Rendez-vous du cinéma québécois, le documentaire Godin a valu à son réalisateur, Simon Beaulieu, le prix Télé-Québec du documentaire le plus apprécié du public. Retraçant le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Diffusé en première mondiale le 21 février dernier aux <em>Rendez-vous du cinéma québécois</em>, le documentaire <em>Godin</em> a valu à son réalisateur, Simon Beaulieu, le prix <em>Télé-Québec</em> du documentaire le plus apprécié du public. Retraçant le parcours unique de ce poète de la langue populaire qui se lança dans l’arène politique en 1976, ce documentaire propose une fresque aussi impressionnante qu’unique du Québec et de la question nationale des années 1960 à 1990.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img title="AAA (détail)" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/mars2011/godin1.jpg" alt="AAA (détail)" /><br />
Alexandre Chartrand, <em>AAA (détail)</em><br />
Tous droits réservés.</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Godin</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le parcours tant poétique que politique de Gérald Godin s’avère d’autant plus marquant qu’il s’acheva trop tôt lorsque que celui-ci, âgé d’à peine 55 ans, succomba à une longue lutte contre un cancer du cerveau. D’abord journaliste au <em>Nouvelliste</em> de Trois-Rivières, Godin se démarqua dès le début des années 1960 par la publication, dans la revue <em>Parti Pris</em>, de poèmes écrits en joual, notamment ses célèbres « Cantouques », une déformation populaire et souvent anglicisée du français qui est alors décriée par l’intelligentsia de l’époque, à commencer par le Frère Untel (nommément Jean-Paul Desbiens – dans ses fameuses <em>Insolences</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">Sans qu&#8217;il ne soit lui-même un théoricien du socialisme révolutionnaire propre à <em>Parti Pris</em>, Godin mis de l&#8217;avant une position littéraire par rapport au joual, ou plus simplement au français à la fois typique et déglingué des couches populaires, comportant sans contredit un aspect politique. Langue empreinte du colonialisme anglo-saxon alors omniprésent dans le quotidien des Canadiens français, le joual utilisé par Godin est également un instrument de valorisation de la culture du peuple et de prise de conscience de l’aliénation collective :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Moi, je veux faire une poésie de la quotidienneté. (…) Je veux faire une poésie triviale (…). J’ai justement écrit joual pour permettre aux gens de se retrouver. En grande partie, <em>Les Cantouques</em> est une poésie faite au nom des autres plus qu’en mon nom propre. C’est même la partie de mon livre dont je doute le plus, la plus contestée et la plus contestable d’ailleurs. Le joual, c’est le peuple du Québec photographié à l’infrarouge.<a href="#_edn1">[1]</a></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Ce parti pris poétique (et politique) de Godin pour le peuple et sa langue ne lui valut d’ailleurs, sa vie durant, qu’une faible reconnaissance de la part de l’<em>establishment</em> littéraire. De son côté, Godin continua son travail de journaliste (<em>Maclean</em> et <em>Québec-Presse</em>) et de recherchiste (<em>Radio-Canada</em> et <em>ONF</em>), en plus de prendre la direction des <em>Éditions Parti Pris</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Impliqué dans les milieux artistiques et aussi nationalistes, Godin fait également la rencontre, au début des années 1960, de la chanteuse Pauline Julien, dont il fut le compagnon de vie jusqu’à sa mort. Mentionnons à cet égard que la soirée organisée suite à la projection du documentaire, qui donna une large part à la poésie de Godin, mit également en scène la correspondance souvent passionnée des deux amants par la bouche de Pierre Curzi et de sa propre compagne Marie Tifo, un moment de pur bonheur témoignant de leur amour profond comme de la fragilité de l’homme quand la maladie le frappa.</p>
<p style="text-align: justify;">Emprisonné comme plusieurs intellectuels et hommes de lettres lors de la crise d’Octobre, Godin en garda un amer souvenir et la marque de l’arbitraire parfois violent d’un gouvernement fédéral cherchant à tout prix à écraser le nationalisme québécois naissant. Engagé dans la course aux élections de 1976, il triompha aux dépens du Premier ministre Robert Bourassa dans la circonscription de Mercier, soit le Plateau Mont-Royal (alors un quartier ouvrier et immigrant plutôt pauvre et encore loin du Plateau branché d’aujourd’hui).</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><img title="Feu Godin (En pétard)" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/mars2011/godin2.jpg" alt="Feu Godin (En pétard)" /><br />
Alexandre Chartrand, <em>Feu Godin (En pétard)</em><br />
Tous droits réservés.</div>
<p style="text-align: justify;">Faisant campagne à bicyclette (!), Godin se distingua rapidement par sa proximité avec ses électeurs, sa sensibilité à leurs situations particulières et, notamment, par le lien étonnamment fort qu’il créa avec diverses communautés culturelles. Voilà d’ailleurs comment il devînt, au tournant des années 1980 sous le gouvernement Lévesque, ministre des communautés culturelles et de l’immigration, témoignant d’un nationalisme d’une ouverture peu commune (et quasi prémonitoire) à la diversité de la société québécoise.</p>
<p style="text-align: justify;">Affaibli par un cancer du cerveau qui se manifeste dès 1984, Godin conserve malgré tout ses fonctions à l’Assemblée nationale, combattant à la fois la maladie ainsi que l’évacuation du projet national au sein du PQ suite au départ de René Lévesque. Ainsi, Godin fut l’un des principaux dénonciateurs de la stratégie de Pierre-Marc Johnson, instiguant le retour de Jacques Parizeau au sein du parti et le recentrement de celui-ci sur l’idée de souveraineté.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le film</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le documentaire réalisé par Simon Beaulieu étonne d’abord par l’ampleur de la recherche qui fut nécessaire à cette énorme fresque alliant archives et entrevues avec des acteurs-clés de l’époque et des connaissances du poète. Adoptant le parti de restituer le parcours de l’homme dans le contexte d’une époque particulièrement mouvementée, Beaulieu présente un film qui parle non seulement de Godin et de sa vie, mais également du Québec des années 1960 jusqu’aux années 1990.</p>
<p style="text-align: justify;">Laissons maintenant le soin au réalisateur de décrire sa démarche documentaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Panoptique : Ton film fait une utilisation extensive et peu commune d’archives diverses, au point de se rapprocher d’une démarche d’historien… Pourquoi ce parti pris formel?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Simon Beaulieu</strong> : C’était important pour moi de rester fidèle au document historique, <em>de ne pas faire mentir l’histoire </em>et la meilleure façon d’y arriver est de laisser la matière parler d’elle-même. Du point vue cinématographique, je voulais aussi raconter l’histoire de Godin à travers une matière vivante et organique.</p>
<p style="text-align: justify;">En cinéma documentaire, je  déteste les reconstitutions historiques et tous les procédés de ce genre.  Je voulais donc travailler – un peu à la manière d’une démarche sculpturale – à même ce que je nommerais la mémoire collective audio-visuelle québécoise. L’équipe a travaillé très fort afin de trouver du matériel inédit. Nous voulions construire une trame narrative à partir d’images et de sons neufs de manière à présenter l’histoire depuis un angle différent. Il y a des images tellement utilisées que leur signification est évacuée. Nous voulions éviter cela et offrir une version de l’histoire qui donne le sentiment d’une découverte, d’un renouveau et donc, d’un avenir.</p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img title="Toujours là" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/mars2011/godin3.jpg" alt="Toujours là" /><br />
Alexandre Chartrand, <em>Toujours là</em><br />
Tous droits réservés.</div>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Panoptique : À ton avis, en quoi le parcours poétique et politique de Godin nous renseigne-t-il sur l’évolution du Québec depuis les années 1960?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Simon Beaulieu</strong> : Godin était partout dans les années 60. Il a œuvré dans plusieurs domaines, à chaque fois avec fougue et empressement. Il incarne à mon sens le foisonnement de cette période charnière. Poète, journaliste, éditeur, conjoint de la grande passionaria de la lutte pour la libération nationale québécoise Pauline Julien, Godin est l’incarnation du Québec de l’époque. Par son ouverture, sa curiosité, sa multidisciplinarité, il a su cerner l’ensemble des problématiques de son temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Je pense que c’est ce qu’il y a de plus fondamental chez lui et qui pourrait dans une certaine mesure le rapprocher d’un personnage comme René Lévesque; cette capacité à faire une lecture juste de la réalité ambiante, de sentir, tel un sismographe, ce qui se trame dans l’univers social et de parvenir à modifier des éléments de la réalité avec un pragmatisme étonnant. Godin n’était pas un idéologue, c’était un homme d’action qui voulait changer le monde de façon réelle et qui a fait en sorte d’y travailler toute  sa vie durant.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Panoptique : Selon toi, quel est l’héritage de Godin, en quoi sa vie et son œuvre interpellent-ils le Québec d’aujourd’hui?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Simon Beaulieu</strong> : Godin a beaucoup travaillé pour inclure les immigrants à la culture québécoise et les faire adhérer au projet indépendantiste. Il les aimait profondément et voulait améliorer leur sort. Je crois qu’il s’agit d’une grande leçon d’humanité dont tous les partis politiques devraient s’inspirer.</p>
<p style="text-align: justify;">Godin défendait aussi, par son action militante quotidienne, une certaine culture du respect de la démocratie et des opinions des citoyens. Il répétait souvent que le politicien doit représenter le citoyen auprès du gouvernement et non pas représenter le gouvernement auprès du citoyen. Je pense que le gouvernement actuel (le gouvernement Charest) devrait s’inspirer de cela. Il est inconcevable de gouverner sans tenir compte des désirs des gens. Cette attitude cultive le cynisme et la démobilisation, ce qui est infiniment dommageable pour le tissu social québécois. Il s’agit d’une attitude irresponsable, la pire à adopter en politique partisane.</p>
<p style="text-align: justify;">Godin était idéaliste, jamais il n’a évacué la part du rêve dans son discours politique et dans sa vie. Au fond, peut-être était-il davantage poète que politicien. Et c’est peut-être ce qui manque dans le portrait politique actuel: un peu de poésie<em>.</em> Je pense que Godin dirait qu’il faut réapprendre à rêver.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le film </em>Godin<em>, de Simon Beaulieu, sera présenté dès le 18 mars au cinéma </em>Beaubien<em> à Montréal, ainsi qu’au cinéma </em>Le Clap<em>, à Québec.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.godin-lefilm.com/" target="_blank">www.godin-lefilm.com</a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Réalisation et scénario : Simon Beaulieu</em><br />
<em>Production : Marc-André Faucher et Benjamin Hogue</em><br />
<em>Image : Carlos Ferrand</em><br />
<em>Montage : Simon Beaulieu, Alexandre Chartrand et René Roberge</em><br />
<em>Son : Catherine Van Der Donckt et Patrice LeBlanc</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les toiles de la série « Hommage à Godin » d’Alexandre Chartrand seront exposées à la galerie </em>Point rouge<em> à Montréal, du 23 mars au 10 avril prochains.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.galeriepointrouge.com/" target="_blank">www.galeriepointrouge.com</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref1">[1]</a> « Entretien avec Gérald Godin », <em>Culture vivante</em>, Montréal, janvier 1967. Repris dans Gérald Godin, <em>Traces pour une autobiographie. Écrits et parlés II</em>, Montréal, l’Hexagone, 1994, p. 63-64. Cet extrait est issu de l’article de Joseph Bonenfant « Le cantouque des cantouques québécois », issu du recueil <em>Emblématiques de l’« époque du joual ». Jacques Renaud, Gérald Godin, Michel Tremblay, Yvon Deschamps</em>, sous la direction d’André Gervais, Montréal, Lanctôt Éditeur, 2000, p. 111.</p>
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		<title>The Empire Within, ou le Montréal des mouvances sociales et politiques des années 1960</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Aug 2010 15:04:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Compte-rendus / Resumes]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a longtemps qu’on attendait un tel livre. De fait, l’ouvrage de Sean Mills, The Empire Within[1], propose un panorama inédit des mouvances sociales et politiques qui animèrent le Montréal des années 1960 jusqu’au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a longtemps qu’on attendait un tel livre. De fait, l’ouvrage de Sean Mills, <em>The Empire Within<a href="#_edn1"><strong>[1]</strong></a></em>, propose un panorama inédit des mouvances sociales et politiques qui animèrent le Montréal des années 1960 jusqu’au début des 1970. Cette démarche permet à la fois de mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre durant ces années mouvementées, et aussi de pluraliser le portrait d’une Révolution tranquille trop souvent comprise uniquement au travers de l’action de l’État, voire d’une question nationale appréhendée seulement en soi et pour soi.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/seeminglee/3969048682/" target="new"><img title=" Continental Divide lr by James Cospito " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/aout2010/empire1.jpg" alt=" Continental Divide lr by James Cospito " /></a><br />
See-ming Lee, <em> Continental Divide lr<br />
by James Cospito </em>, s.d.<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Alors qu’on fête cette année les 50 ans de l’élection du gouvernement de Jean Lesage et des débuts de la Révolution tranquille, il est rafraîchissant de voir se pluraliser la lecture de cette période déterminante de l’évolution du Québec contemporain. Longtemps déterminée par la dichotomie rupture/continuité instaurée par les tenants de l’histoire sociale et ceux de l’histoire politique, l’étude de la Révolution tranquille consista, pour la génération de chercheurs issus du baby-boom, à y voir ou non le passage à la modernité de la société québécoise<a href="#_edn2">[2]</a>. Alors que les tenants de l’histoire politique voyaient dans les réformes du gouvernement Lesage un moment de rupture avec l’ordre « traditionnel » ayant marqué l’époque duplessiste, les tenants de l’histoire sociale replaçaient plutôt des dynamiques modernisatrices de la société québécoise dans un continuum reculant dans certains cas jusqu’au XIXe siècle<a href="#_edn3">[3]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Il fallut attendre les années 1990 pour voir l’émergence de perspectives analytiques nouvelles, les travaux de Gilles Bourque, Jules Duchastel et Jacques Beauchemin restituant d’abord la complexité du discours politique duplessiste dans le cadre d’un État libéral conservateur, expliquant du même souffle la teneur de la « rupture » de la Révolution tranquille comme relevant d’un passage à un État de type providentialiste<a href="#_edn4">[4]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Délaissant de leur côté une approche de cette période centrée uniquement sur la scène politique et la forme de l’État, les travaux de É.-Martin Meunier et Jean-Philippe Warren soulevèrent plutôt le rôle du personnalisme chrétien dans la formation de la pensée de nombreux acteurs de la Révolution tranquille<a href="#_edn5">[5]</a>. Le livre de Meunier et Warren instaura ainsi une vague d’études qui cherchèrent à repositionner l’héritage de l’Église dans l’évolution du Québec contemporain, Michael Gauvreau allant jusqu’à voir, de façon outrancière dirons certains, des racines catholiques à la Révolution tranquille<a href="#_edn6">[6]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Poursuivant ses travaux inspirés de la « nouvelle sensibilité historique » mettant l’accent sur les idées et la culture politique dans l’évolution de la société québécoise, Jean-Philippe Warren étudia également, au cours des dernières années, les mouvements étudiants ayant marqué l’année 1968, ainsi que les mouvements marxistes-léninistes des années 1970, des territoires encore pratiquement vierges au sein de l’historiographie<a href="#_edn7">[7]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Décolonisation et activisme politique dans le Montréal des années 1960</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voilà donc le contexte historiographique dans lequel s’inscrit l’ouvrage de Sean Mills, qui découle de sa thèse de doctorat et propose une étude fascinante des mouvements sociaux ayant agité la scène politique des années 1960. L’intérêt de ce livre est multiple, proposant un panorama des idéologies et mouvements de gauche s’étant déployés auprès des intellectuels et militants de l’époque, voire même au sein d’importants acteurs sociaux tels les syndicats.</p>
<p style="text-align: justify;">Dépassant ainsi une analyse du champ politique ne tenant compte que de l’action des gouvernements et de l’État, <em>The Empire Within</em> propose une analyse de la situation minorisée des Canadiens-français de même que des influences multiples ayant conditionné l’appréhension de la question nationale au sein de la gauche. Alors que l’émergence d’un nationalisme québécois à cette époque n’est souvent considéré qu’en regard de la dynamique particulière du Québec, l’étude de l’influence des idées de décolonisation, de socialisme et même de révolution permet plutôt à Mills de restituer un échiquier idéologique complexe aux ramifications internationales.</p>
<p style="text-align: justify;">Montréal s’avère ainsi un véritable laboratoire idéologique croisant des influences et des militants et intellectuels d’origines diverses, dont les luttes s’influencent réciproquement. Le parti pris méthodologique de l&#8217;auteur de concentrer son étude sur Montréal en tant que microcosme lui aura sans doute permis de sortir de la dynamique nationale classique, non pas tant pour évacuer cette question que pour l’articuler à la diversité idéologique, sociale et politique (voire même raciale) de la métropole<a href="#_edn8">[8]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir exposé la situation d’infériorité criante des Canadiens-français, l’auteur retrace les fondements de l’analyse qui se développe alors dans certains cercles de gauche, comme par exemple la revue <em>Parti Pris</em>, et qui marie la situation de colonisation des francophones avec le socialisme révolutionnaire, la question nationale étant pour plusieurs intriquée à la question sociale dans une critique de l’impérialisme anglo-saxon. Cette critique mena d’ailleurs certains groupes, notamment le Front de libération du Québec (FLQ), à verser carrément dans l’action violente et révolutionnaire, alors que certains idéologues (dont Pierre Vallières et Charles Gagnon) se rangeaient du côté du marxisme comme seule voie d’émancipation des classes ouvrières québécoises.</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/8078381@N03/2389552314/" target="new"><img title="* Red Paint Dripping On Cement *" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/aout2010/empire2.jpg" alt="* Red Paint Dripping On Cement *" /></a><br />
Parée, <em>* Red Paint Dripping On Cement *</em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Le langage de la décolonisation et l’analyse de l’oppression n’allaient d’ailleurs pas qu’éveiller des militants canadiens-français. Bientôt, plusieurs immigrants Noirs de la métropole allaient se rassembler pour dénoncer la discrimination dont ils faisaient l’objet, une de leurs actions menant d’ailleurs au saccage de plus de 2 M$ de matériel informatique à l’Université Sir George Williams en 1969. Quelques semaines plus tard se tenait d’ailleurs l’Opération McGill français, qui regroupait syndicats, groupes étudiants et militants politiques (anglophones et francophones) dans la dénonciation de l’impérialisme anglo-saxon incarné par l’institution universitaire.</p>
<p style="text-align: justify;">De leur côté, les femmes allaient bientôt remettre en cause le langage même de la décolonisation, fortement masculin sinon macho et qui les excluait de la lutte active. Voilà d’ailleurs comment émergea un féminisme de gauche au sein de ces mouvements, revendiquant la libération des femmes de concert avec la libération nationale et sociale, mettant de l’avant l’infériorisation dont elles faisaient l’objet au sein même des mouvements luttant pour cette libération.</p>
<p style="text-align: justify;">Revenant ensuite sur la crise d’Octobre 1970 et tissant sa généalogie idéologique ainsi que son impact social et politique sur le Québec, Mills en propose une analyse d’une rigueur et d’une richesse qui, loin d’en faire un épisode incompréhensible, la restituent plutôt dans le continuum révolutionnaire s’étant dessiné dès le début des années 1960.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme l’auteur le montre ensuite, Octobre aura néanmoins marqué un changement profond dans l’appréhension de la lutte nationale. Alors que celle-ci fut alors pratiquement complètement cooptée par l’unique véhicule légitime représenté par le PQ de René Lévesque, on assista également à un glissement généralisé de la gauche vers le marxisme. Cette radicalisation affecta  de nombreux groupes dont les syndicats, dont Mills retrace le discours social et politique au tournant des années 1970, et plus particulièrement lors de l’épisode du Front commun de 1972.</p>
<p style="text-align: justify;">Ouvrage incontournable, <em>The Empire Within</em> participe donc d’une pluralisation de l’historiographie des années 1960 au Québec qui, délaissant le seul cadre de la Révolution tranquille comprise dans ses dynamiques étatiques, restitue la diversité et la mixité idéologique de l’époque et réinscrit les mouvements de la gauche québécoise (et surtout montréalaise) dans le cadre de mouvances internationales ayant grandement influencé l’engagement intellectuel et militant de plusieurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Cinquante ans après le début de la Révolution tranquille et au vu de l’état actuel de la société québécoise, la lecture de l’ouvrage de Sean Mills, pour stimulante qu’elle puisse être, laisse également un léger goût amer. La société québécoise n’a certes pas triomphé de l’ensemble des tares dénoncées à l’époque; seulement les dénonciations n’ont-elles clairement plus aujourd’hui le mordant qu’elles avaient alors. Absence d’idéologie de rechange au libéralisme et à la gestion technocratique prévalant présentement, repli de l’engagement intellectuel dans un confinement académique souvent stérile, les conditions d’émergence d’une pensée critique investissant la praxis et offrant une alternative au monde actuel semblent bien minces. Certes, plusieurs critiques savantes s’élèvent contre les abus du néolibéralisme et de la mondialisation, mais on cherche toujours une véritable alternative au modèle économique et social actuel qui soit tournée vers l’avenir et non le passé. Devant le caractère implacable de la logique de marché, l’étude des mouvements politiques et sociaux des années 1960 nous rappelle l’importance de l’utopie pour penser le monde autrement. Comme le disait jadis Friedrich Hölderlin, « là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref1">[1]</a> Sean Mills, <em>The Empire Within.  Postcolonial Thought and Political Activism in Sixties Montreal</em>, Montréal, McGill-Queen’s University Press, 2010, 303p.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref2">[2]</a> Voir à cet égard la synthèse de l’historiographie québécoise proposée par Ronald Rudin dans <em>Making History in Twentieth-Century Quebec,</em> Toronto, University of Toronto Press, 1997, 294 p.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref3">[3]</a> L’ouvrage par excellence proposant une synthèse de cette approche est <em>L’histoire du Québec contemporain</em> de Paul-André Linteau, Jean-Claude Robert et René Durocher (Montréal, Boréal Express, 1979, 2 vol.).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref4">[4]</a> Gilles Bourque, Jules Duchastel et Jacques Beauchemin, <em>La société libérale duplessiste 1944-1960</em>, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1994, 435p.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref5">[5]</a> E-Martin Meunier et Jean-Philippe Warren, <em>Sortir de la « Grande Noirceur » : l’horizon « personnaliste » de la Révolution tranquille</em>, Sillery, Septentrion, 2002, 207p.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref6">[6]</a> Voir entre autres Louise Bienvenue, <em>Quand la jeunesse entre en scène. L’Action catholique avant la Révolution tranquille,</em> Montréal, Boréal, 2003, 291p., ainsi que Michael Gauvreau, <em>Les origines catholiques de la Révolution tranquille</em>, trad. par Richard Dubois, Montréal, Fides, 2008 (2005), 457p.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref7">[7]</a> Cf. Jean-Philippe Warren, <em>Une douce anarchie : les années 1968 au Québec</em>, Montréal, Boréal, 2008, 309p., et  <em>Ils voulaient changer le monde : le militantisme marxiste-léniniste au Québec</em>, Montréal, VLB, 2007, 252p.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref8">[8]</a> L’accent mis sur les dynamiques montréalaises n’est certes pas étranger à une historiographie en partie (ou même majoritairement) anglophone et s’articulant notamment autour du Montreal History Group de l’Université McGill. <a href="http://www.mcgill.ca/ghm-mhg/">http://www.mcgill.ca/ghm-mhg/</a></p>
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		<title>L&#8217;accès pour tous</title>
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		<pubDate>Mon, 10 May 2010 09:51:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Industrie Canada a annoncé hier, par voie de communiqué, qu&#8217;elle approuvait une première tranche de 52 projets visant à implanter Internet haute vitesse en régions, dans le cadre de son programme &#171;&#160;Large bande Canada: un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Industrie Canada a annoncé hier, par voie de communiqué, qu&#8217;elle approuvait une première tranche de 52 projets visant à implanter Internet haute vitesse en régions, dans le cadre de son <a href="http://www.ic.gc.ca/eic/site/719.nsf/fra/accueil" target="_blank">programme &laquo;&nbsp;Large bande Canada: un milieu rural branché&nbsp;&raquo;</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s&#8217;agit sans conteste d&#8217;un progrès important pour plusieurs communautés, qui en étaient encore à l&#8217;âge de pierre de la connexion téléphonique. De fait, ce qui n&#8217;était que frustrant pour les matantes s&#8217;échangeant des photos de minous par courriel était carrément intenable pour nombre de professionnels et d&#8217;entrepreneurs, pour qui l&#8217;absence de connexion décente plombait la productivité, au point où certains résidants quittaient même ces zones pour cette raison.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;on peut donc saluer cette initiative (bien que tardive, il faut l&#8217;admettre), un constat plus général s&#8217;impose: l&#8217;accès à Internet (à la même vitesse que les autres) devient de plus en plus une condition nécessaire à l&#8217;insertion du citoyen dans la société. Or, suffit-il seulement d&#8217;avoir accès à Internet pour être, du coup, véritablement partie de la nouvelle société de l&#8217;information numérique?</p>
<p style="text-align: justify;">Un peu comme pour lire, l&#8217;utilisation disons &laquo;&nbsp;intelligente&nbsp;&raquo; d&#8217;Internet et, plus largement, des technologies de l&#8217;information et des communications (TIC) demande une certaine forme de littéracie particulière, la maîtrise de compétences techniques de base et la compréhension des codes de ce média. Cette compréhension, quoiqu&#8217;on en pense concernant les plus jeunes, n&#8217;est pas innée chez aucun groupe en particulier.</p>
<p style="text-align: justify;">Au contraire, on se rend compte que les groupes les plus défavorisés (classes sociales les plus pauvres, immigrants, etc.) se retrouvent de plus en plus marginalisés par une fracture numérique qui vient s&#8217;ajouter à la fracture sociale, économique et culturelle déjà existante, rendant plus difficile encore l&#8217;insertion sociale et, surtout, professionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce sens, des initiatives comme celles de l&#8217;organisme <em>Communautique</em>, <a href="http://www.communautique.qc.ca/projets.html" target="_blank">qui travaille par exemple à l&#8217;alphabétisation par le recours aux TIC</a>, contribuent à réduire cette fracture numérique. Qu&#8217;il me soit permis, à ce sujet, de dénoncer les coupes du gouvernement fédéral dans le <a href="http://www.ic.gc.ca/eic/site/cap-pac.nsf/fra/accueil" target="_blank"><em>Programme d&#8217;accès communautaire</em></a> (PAC), qui fournit aux communautés des points d&#8217;accès gratuits aux citoyens souvent logés dans des organismes communautaires et des bibliothèques municipale, lesquels pouvant ainsi rejoindre plus facilement des personnes pouvant bénéficier de leurs services.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour dire les choses simplement, c&#8217;est bien d&#8217;avoir une presse pour imprimer des livres, mais encore faut-il que les gens sachent lire, qu&#8217;on leur donne les ressources pour apprendre s&#8217;ils ne le savent pas, et qu&#8217;on leur donne ensuite gratuitement accès à une bibliothèque. C&#8217;est pas tout le monde qui peut se payer des éditions de luxe cartonnées. Même virtuelles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Note de fin de journée</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bon, il semble que mon café ait été un peu trop fort ce matin, <a href="http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/internet/201005/10/01-4278969-au-canada-la-fracture-numerique-retrecit.php" target="_blank">j&#8217;apprends aujourd&#8217;hui que la fracture numérique diminuerait</a> depuis 2 ou 3 ans, et je m&#8217;en réjouis. En un sens, il est vrai que je n&#8217;avais pas parlé de l&#8217;Internet mobile, les cellulaires et tout, avec les satellites même Tombouctou est connecté à la planète virtuelle pour peu qu&#8217;on paie le prix. Fort bien.</p>
<p style="text-align: justify;">On compare des taux de branchés avec le revenu annuel, et même les paumés sont maintenant majoritairement branchés. La fracture se rétrécit. Ah bon. Se réduisait-elle seulement au taux de branchement, ou aussi à l&#8217;utilisation qui est faite de la technologie?</p>
<p style="text-align: justify;">On peut posséder des livres sans savoir les lire, de la même façon qu&#8217;on peut être branché sans savoir véritablement utiliser la bête. En passant, vous comprendrez que je parle à un niveau qui n&#8217;a rien à voir avec la ruralité ou l&#8217;urbain.</p>
<p style="text-align: justify;">Et l&#8217;autre problème, on doit l&#8217;avouer, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;y a pour l&#8217;instant assez peu de livres intelligents qui soient accessibles à tous, numériquement parlant. Vivement le droit d&#8217;auteur libre, mais c&#8217;est un autre débat.</p>
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		<title>Des jeunes et l’avenir du Québec : restaurer la démocratie</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Apr 2010 02:04:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors que les scandales de collusion, voire même de corruption, font les manchettes de façon répétée au Québec depuis plusieurs mois, il est permis de se questionner sur la santé de notre démocratie. Cette problématique, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Alors que les scandales de collusion, voire même de corruption, font les manchettes de façon répétée au Québec depuis plusieurs mois, il est permis de se questionner sur la santé de notre démocratie. Cette problématique, qui forme la trame de fond de la plaquette intitulée <em>Des jeunes et l’avenir du Québec. Les réflexions d’un promeneur solitaire<a href="#_ftn1"><strong>[1]</strong></a></em>, écrite par Paul St-Pierre Plamondon, est au centre des préoccupations du groupe de réflexion <em>Génération d’idées (GEDI)</em>.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/erwan/2878941510/" target="new"><img title=" Paris,  7e arrondissement " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/avril2010/arrondissement.jpg" alt=" Paris, 7e arrondissement " /></a><br />
mainblanche, <em> Paris,<br />
7e arrondissement </em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Fondé il y a un an et demi environ par Paul St-Pierre Plamondon, Stéphanie Raymond-Bougie  et Mélanie Joly (tous trois avocats), GEDI se veut un espace de débats et d’action pour la génération des 25-35 ans. Organisme à but non lucratif et non partisan, GEDI désire stimuler la participation des jeunes aux affaires de la Cité, en leur proposant de se prononcer sur différents enjeux de société.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est d’ailleurs l’optique dans laquelle fut lancée <em>Génération d’idées</em> à l’automne 2008, une revue qui regroupe de courts textes d’opinions sur différents sujets, eux-mêmes présentés par un « mentor », spécialiste du domaine ou personnage public. Il est par ailleurs étonnant, pour une revue comme <em>Le Panoptique</em>, de constater la facilité avec laquelle les artisans de GEDI mirent leur projet sur les rails et se réseautèrent dans différents milieux (professionnels, médias, politique, etc.)<a href="#_ftn2">[2]</a>. De fait, le caractère « professionnel » de GEDI transparaît quelque peu dans les réflexions proposées, qui sont souvent davantage orientées sur les solutions que sur une considération large des problématiques traitées. Chacun son créneau, pourrait-on dire, et c’est très bien ainsi.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors même qu’on entend souvent décrier l’apolitisme et l’individualisme de la jeunesse, un projet comme GEDI, et surtout, l’intérêt certain qu’il suscite, est là pour rappeler que les jeunes ont beaucoup à dire pour peu qu’on leur donne une tribune. Par ailleurs, si GEDI est sans doute le groupe ayant le mieux fait parler de lui dans les médias, il importe de souligner que de nombreuses initiatives – de tout horizons politiques – travaillent, malgré le climat malsain qui caractérise présentement les affaires publiques, à instaurer plus de débat et de démocratie dans notre société<a href="#_ftn3">[3]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Des jeunes et l’avenir du Québec</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le livre de Paul St-Pierre Plamondon s’inscrit dans la démarche de GEDI et propose un compte-rendu synthétique d’une tournée du Québec effectuée par l’auteur dans 19 villes afin d’y rencontrer des jeunes de 20 à 35 ans. Le point de départ de l’auteur relève d’un constat, celui de la faible participation des jeunes au sein des institutions politiques existantes, à commencer par les partis, alors même qu’ils s’investissent dans d’autres causes, notamment dans l’humanitaire et l’altermondialisme.</p>
<p style="text-align: justify;">St-Pierre Plamondon émet l’hypothèse, devant le cynisme dont il est témoin envers la classe politique et les scandales qui, depuis près d’un an maintenant, tombent les uns après les autres, d’un bris de confiance au sein de la population envers les institutions publiques, et particulièrement auprès des jeunes. Faisant référence au contrat social de Rousseau (d’où le clin d’œil peut-être de son sous-titre), St-Pierre Plamondon allègue que la corruption des cercles politiques, particulièrement en ce qui a trait au financement, compte pour beaucoup dans le désintérêt qu’on observe.</p>
<p style="text-align: justify;">De fait, l’indépendance des politiciens peut difficilement être garantie s’ils doivent, dans les conditions actuelles du financement politique, avoir recours aux dons privés afin de pouvoir mener campagne. En comparaison, l’indépendance financière des magistrats les désintéresserait des tentatives de corruption du processus judiciaire, une pratique dont St-Pierre Plamondon a été témoin en Amérique du Sud lors d’un stage.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, les allégations récentes quant au trafic d’influence dans la nomination des juges viennent quelque peu refroidir la sympathie envers le système judiciaire que porte la réflexion de St-Pierre Plamondon. Nous apprenons tous, avec un désarroi certain, l’omniprésence des réseaux d’influence et d’intérêts qui affectent manifestement un nombre effarant d’institutions publiques. Comme l’indiquait récemment le chroniqueur Jean-Claude Leclerc dans <em>Le Devoir</em>,</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">À maints égards, plus grave que ce scandale est la corruption mise au jour ces années-ci dans les médias du Québec. Ce n&#8217;est pas seulement l&#8217;attribution des contrats publics ni le financement des élections qui est en cause. Et probablement pas la sélection des juges non plus. C&#8217;est l&#8217;effondrement de l&#8217;éthique et du sens de l&#8217;intérêt public au sein de classes dirigeantes, de milieux d&#8217;affaires, d&#8217;organisations syndicales et d&#8217;institutions vouées à la formation des cadres de la collectivité.</p>
<p style="text-align: justify;">Même une enquête sur le milieu de la construction et ses rapports avec les partis ne suffirait pas à enrayer le cancer qui émerge des officines proches de l&#8217;État. Ce mal a un nom qui est pire que l&#8217;influence indue: c&#8217;est l&#8217;enrichissement effréné d&#8217;une minorité aux dépens des ressources de la collectivité. Quand même des bureaux d&#8217;avocats mesurent la performance de leurs juristes aux «heures» qu&#8217;ils facturent, et non aux progrès de la justice, faut-il s&#8217;étonner de cette déroute?<a href="#_ftn4">[4]</a></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">À cet égard, St-Pierre Plamondon rappelle que la prise du pouvoir par « l’équipe du tonnerre » de Jean Lesage en 1960 se fit justement en réaction à la corruption et au patronage ayant caractérisé le pouvoir duplessiste. Pour l’auteur, la Révolution tranquille fut marquée, au-delà des différentes réformes de l’État, par la tentative d’instaurer un nouveau contrat social : la social-démocratie. Afin de restaurer l’intérêt des jeunes pour la politique, il importerait donc non seulement d’assainir ses pratiques, mais aussi de mettre de l’avant un projet de société, dont St-Pierre Plamondon souhaiterait qu’il s’inspire des idéaux de la social-démocratie.</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/hublera/3392205202/" target="new"><img title=" Et la démocratie, bordel !" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/avril2010/democratie.jpg" alt=" Et la démocratie, bordel !" /></a><br />
Alain Hubler, <em> Et la démocratie,<br />
bordel !</em>, 2009<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Cette réflexion rejoint d’ailleurs le discours d’une bonne partie de la gauche, quelque peu nostalgique des années sociale-démocrates de la période 1960-1980, initiées par la Révolution tranquille, et dont on ne questionne que très rarement les effets pervers. Or, il appert que cette période, au demeurant marquée par une prospérité économique exceptionnelle qui permit les importantes dépenses nécessaires aux réformes sociales, ne profita pas à l’ensemble de la population. S’il est vrai qu’une classe de technocrates fit massivement son entrée dans la fonction publique, la reconfiguration de l’économie et des modes de production entraîna de son côté une forte hausse du chômage chez les travailleurs non qualifiés<a href="#_ftn5">[5]</a>. Également, il est difficile de regarder l’état actuel des systèmes d’éducation et de santé, ainsi que leurs problèmes récurrents depuis des décennies, et de parler de complètes réussites<a href="#_ftn6">[6]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">De fait, si l’État-Providence a bel et bien été porté par une éthique du vivre-ensemble plus solidaire et même humaniste que le néolibéralisme actuel, il importe de se rappeler qu’il ne fut pas parfait et qu’il ne fut possible que grâce à un contexte économique particulier. Si ce contexte est chose du passé, comme les « lucides » se plaisent à le rappeler, alors peut-être faut-il cesser de regarder en arrière en tentant de restaurer ce qui était, et tenter d’inventer ce qui sera au lieu de se le faire imposer.</p>
<p style="text-align: justify;">Il apparaît clairement que, dans l’ordre des démocraties libérales instauré à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle en Occident, pouvoir politique et intérêts économiques ont toujours été intimement liés, bien que selon des modalités différentes. Devant ce constat et devant la persistance du patronage et de la corruption, il importe peut-être de pousser plus loin la réflexion sur la démocratie, plutôt que de se contenter de vouloir en restaurer sous une modalité plus « acceptable ». Il y a certainement des valeurs de la social-démocratie et même du socialisme avec lesquelles il importe de renouer, mais sans doute le XXIe siècle appelle-t-il une refondation plus profonde de la démocratie libérale qui semble, de scandales en crises économiques, de plus en plus essoufflée, et peut-être aussi de moins en moins démocratique.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Génération d’idées</em> et l’ouvrage de Paul St-Pierre Plamondon proposent des pistes intéressantes et pragmatiques, applicables dans le court terme, pour assainir au moins partiellement le fonctionnement de la politique au Québec<a href="#_ftn7">[7]</a>. Or, le fond du problème est peut-être plus profond que le fonctionnement des structures et réside plutôt dans les structures elles-mêmes. Le contrat social ne serait alors pas tant à restaurer qu’à instaurer et la démocratie, à faire progresser dans une phase encore inédite.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour cela, il faut se donner l’espace de penser et d’agir comme le fait GEDI – et également, à sa façon, <em>Le Panoptique</em> – et comme les partis ne le permettront sans doute jamais, peu importe les sources de financement. La Révolution tranquille a eu <em>Pour une politique</em>, de Georges-Émile Lapalme. Il nous faudra aussi un livre blanc, et surtout des gens pour le mettre en œuvre. Il nous faut repenser le pays pour pouvoir l’habiter de nouveau et mieux que par le passé.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1">[1]</a> Montréal, Éditions Les Malins, 2010.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref2">[2]</a> Mélanie Joly était ainsi reçue à l’émission <em>Tout le monde en parle</em> en novembre 2008, quelques mois à peine après le lancement de la revue. Son entrevue, fort intéressante par ailleurs, peut être trouvée sur les sites de partage vidéo.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref3">[3]</a> Parmi ces initiatives, au sein desquelles <em>Le Panoptique</em> a aussi sa place, notons le projet d’une <em>Université populaire </em>à Montréal, issu lui-même du projet de la <em>Nuit de la Philosophie</em>, ainsi que les <em>Nouveaux cahiers</em> <em>du socialisme</em>, édités par les éditions <em>Écosociété</em>, sur lesquels nous reviendrons dans de futures contributions.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref4">[4]</a> Jean-Claude Leclerc, « Le naufrage d’un parti, mais aussi d’une société », <em>Le Devoir</em>, 19 avril 2010.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref5">[5]</a> Voir à ce sujet l’ouvrage de Dorval Brunelle, <em>La désillusion tranquille</em>, Montréal, Hurtubise HMH, 1975, qui comporte peut-être certaines lacunes ainsi qu’une lourdeur conceptuelle, mais propose néanmoins une analyse froide et rigoureuse des données socioéconomiques du Québec de l’après-guerre jusqu’aux années 1970 faisant ressortir des tendances objectives dépassant la mythologie dont cette période fait trop souvent l’objet. Le syndicaliste Michel Chartrand, mort récemment, rappelait justement dans une entrevue rediffusée à Radio-Canada que le taux de chômage n’avait cessé de croître durant les années 1960, tout comme le nombre de conflits de travail. Sur l’émergence des technocrates dans la fonction publique, voir Jean-Jacques Simard, <em>La longue marche des technocrates</em>, Montréal, Éditions Saint-Martin, 1979.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref6">[6]</a> Ce constat de l’échec de plusieurs réformes de la Révolution tranquille fut particulièrement aigu chez certains des acteurs les plus impliqués dans celle-ci. Entre autres exemples, voir les <em>Raisons communes</em> du sociologue Fernand Dumont (Montréal, Boréal, 1997) qui, devant les nombreuses crises sociales marquant la société québécoise contemporaine, voyait la nécessité impérieuse de se redonner les bases d’une culture et d’une éthique communes du vivre-ensemble.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref7">[7]</a> Mentionnons que ce livre sert également de prélude au Sommet de <em>Génération d’idées</em>, qui se tiendra à l’automne 2010 et qui se veut un symposium de réflexion sur l’avenir de la politique et de la société québécoises.</p>
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		<title>Lise Bissonnette et les gazouillis du Web</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Apr 2010 14:30:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je réagis avec un peu de retard aux remarques de l’ancienne directrice générale du Devoir, Lise Bissonnette, qui, lors de la Journée du livre politique, déplorait la dispersion journalistique sur les multiples plateformes du web [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je réagis avec un peu de retard aux remarques de l’ancienne directrice générale du <em>Devoir</em>, Lise Bissonnette, qui, lors de la Journée du livre politique, déplorait la dispersion journalistique sur les multiples plateformes du web où l’on prendrait à tort les gazouillis et autres commentaires pour l’expression de l’opinion publique.</p>
<p style="text-align: justify;">J’y reviens parce que ce n’est pas étranger à un billet que j’ai écrit en sortant du colloque sur le journalisme indépendant justement organisé par <em>Le Devoir</em>, et au cours duquel j’avais déjà pu flairer cette attitude hautaine des journalistes – surtout ceux de l’ancienne garde – envers les plateformes participatives.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette fois-ci, ce n’est nulle autre que l’ancienne directrice du quotidien et aussi de la Bibliothèque nationale qui tambourine sur « l’objectivité » journalistique qui souffrirait de ce rapprochement avec le peuple, dont il n’émerge évidemment que des gazouillis (en référence à Twitter). Ah bon. A-t-on analysé en profondeur la tenue des commentaires qui sont faits dans les forums, sur les blogues et même sur Twitter ou Facebook avant de faire tomber le couperet?</p>
<p style="text-align: justify;">S’il est vrai que certains tombent dans l’autopromotion (on pourra citer le cas de <a href="http://www.michelleblanc.com/" target="_blank">Michelle Blanc</a>, qui est loin d’être inintéressante par ailleurs), plusieurs blogueurs sérieux et compétents dans leur domaine d’activité et de commentaire proposent plutôt des textes fouillés avec de nombreuses références, non vers d’autres textes de leur crû, mais plutôt vers d’autres commentateurs, vers des documents officiels, brefs vers des sources crédibles. Mais qui ne sont pas journalistiques, ou pas toutes.</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être touche-t-on alors à l’os, soit la perte du monopole de la « nouvelle », ou peut-être plus encore de l’analyse qui en découle, par la caste journalistique (une revue comme <em>Le Panoptique</em> en sait quelque chose). Celle-ci, se braquant, taxe alors de commentaire fleuve les textes des non-professionnels, alors que les journalistes de plein droit seraient quant à eux « objectifs » selon les critères de la profession, mais quels sont-ils au fait?</p>
<p style="text-align: justify;">Le fameux détachement de l’écriture journalistique, qui réside dans le meilleur cas dans une méthodologie d’enquête indépendante (ce qu’on voit de moins en moins) et dans une écriture non-personnelle (on écarte déjà les chroniques, dont il faudrait bien admettre qu’elles se rapprochent sacrément du blogue, encore que plusieurs chroniqueurs n’aient pas de compétence/formation spécifique par rapport au domaine sur lequel ils tambourinent) soulève quelques questions.</p>
<p style="text-align: justify;">L’historien que je suis sais que les tenants de sa propre discipline prétendaient – certains prétendent toujours – à l’objectivité. Au début du XXe siècle notamment. Il y eut ensuite des chercheurs pour faire un retour épistémologique sur l’écriture historienne pour faire remarquer qu’un auteur, même traitant d’un sujet datant de plusieurs siècle, est toujours conditionné par son contexte socioculturel qui lui confère une lorgnette particulière, différente de celle des générations précédentes, et c’est d’ailleurs ce qui fait l’intérêt d’une réécriture constante de l’histoire. Le point de vue change avec le temps, répondant aux interrogations précises d’une époque.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faudrait bien qu’un jour un journaliste m’explique en quoi il peut s’abstraire de son propre contexte, de son propre point de vue d’auteur pour proposer un texte véritablement « objectif », comme écrit par la main de Dieu. Et en quoi cette objectivité primerait sur le travail d’autres commentateurs. Parce qu’en comparant, sans préjugés, le travail des uns et des autres, on m’excusera de douter de la supériorité par défaut du travail journalistique, qui relève souvent du commentaire d’événement souffrant d’un manque d’analyse et de contextualisation larges et compréhensives de faits et tendances sociaux. En fait, d’un point de vue d’historien ou de sociologue, les journalistes gazouillent autant que les commentateurs du Web, seulement ils sont payés pour le faire. Personnellement, je n’y vois que corporatisme et rapport hautain au reste de la société, et je ne suis pas le seul (on jettera un œil au <a href="http://www.lepanoptique.com/formats/blogues/le-journalisme-independant-et-le-web/comment-page-1/#comment-2321">commentaire de Martin Lessard </a>sur mon récent billet sur le journalisme indépendant et le Web).</p>
<p style="text-align: justify;">Quant aux remarques cyniques sur les 140 caractères auxquels Twitter restreint l’expression, les détracteurs ont-ils seulement remarqué que ces 140 caractères servent, le plus souvent, à lier du contenu et non le déclamer en phrases simples? Il y a toujours eu des gens pour critiquer la modification de pratiques auxquelles ils ont été habitués au courant de leur vie, on appelle ça le conservatisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Il importe, certes, de se questionner sur les usages qu’on fait de la technologie, sur la façon d’en maximiser le potentiel et la portée sociale. Or, ce n’est pas en prétendant savoir mieux que tous ce qu’est l’opinion publique (qu’est-elle, au fait, Madame Bissonnette, et en quoi les journalistes la représentent mieux que les autres) et être les seuls à la représenter que les journalistes se mettront en position de converser de façon constructive avec un public qui en a de plus en plus assez des monologues d’autorité.</p>
<p style="text-align: justify;">Force est-il de constater que bien des journalistes, surtout de l’ancienne garde, sont bien peu portés à la conversation, préférant le magistère de leur position corporatiste, alors qu’ils dénoncent souvent eux-mêmes la « tour d’ivoire » des universitaires. Heureusement que certains, souvent plus jeunes, se risquent dans la mêlée, sans pour autant délaisser leur jugement critique (soulignons la mise sur pied récente du blogue de Nathalie Collard, de <em>La Presse</em>, portant sur le monde des médias). Peut-être y gagneront-ils quelques interlocuteurs de choix qui pourront, justement, les faire réfléchir en dehors du seul cadre journalistique qui ne représente pas, malgré ce que certains en pensent, le fin du fin de la réflexion critique.</p>
<p style="text-align: justify;">P.S. En tant qu’analyste dans une boîte de recherche indépendante qui fait beaucoup de sondages, je pourrais parler longtemps de l’interprétation faite par les journalistes de l’opinion publique et, en tant qu’historien, je pourrais également prendre à revers cette même vision de l’opinion publique qui s’est développée au XXe siècle… Mais qui prêtera attention à mes gazouillis, dont je me fais honneur de réserver au Web et à tous, et que je vous invite fortement à commenter ci-dessous?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Liens</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blogues.cyberpresse.ca/collard/2010/04/07/lise-bissonnette-et-les-gazouillis/" target="_blank">http://blogues.cyberpresse.ca/collard/2010/04/07/lise-bissonnette-et-les-gazouillis/</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ledevoir.com/societe/medias/286489/huitieme-journee-du-livre-politique-lise-bissonnette-pourfend-gazouillis-et-placotages" target="_blank">http://www.ledevoir.com/societe/medias/286489/huitieme-journee-du-livre-politique-lise-bissonnette-pourfend-gazouillis-et-placotages</a></p>
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		</item>
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		<title>In memoriam Michel Chartrand (1916-2010)</title>
		<link>http://www.lepanoptique.com/sections/societe/in-memoriam-michel-chartrand-1916-2010/</link>
		<comments>http://www.lepanoptique.com/sections/societe/in-memoriam-michel-chartrand-1916-2010/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 13 Apr 2010 13:49:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles courts / Short articles]]></category>
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		<description><![CDATA[C’est avec une grande tristesse qu’on apprend ce matin le décès de Michel Chartrand (1916-2010). Le Panoptique désire rendre hommage à ce grand syndicaliste, pourfendeur des injustices et des inégalités, homme entier dont la force [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>C’est avec une grande tristesse qu’on apprend ce matin le décès de Michel Chartrand (1916-2010). <em>Le Panoptique</em> désire rendre hommage à ce grand syndicaliste, pourfendeur des injustices et des inégalités, homme entier dont la force de caractère et les convictions auront profondément marqué le Québec.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/meantux/301257198/" target="new"><img title=" Michel Chartrand " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/avril2010/chartrand.jpg" alt=" Michel Chartrand " /></a><br />
meantux, <em> Michel Chartrand </em>, 2006<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/deed.fr" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Alors qu’on célèbre souvent les « bâtisseurs », les hommes politiques qui ont joué du système parfois pour faire avancer une idée, beaucoup plus souvent encore leur propre carrière, Chartrand fait figure de tache d’huile auprès de l’intelligentsia, lui l’anarchiste qui refusait les compromis et n’avait cure de froisser les esprits pour dénoncer le vol, de plus en plus assumé, des plus démunis par les plus riches et présenté sous le couvert de la nécessité.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec le décès de Chartrand, qui suit celui de Pierre Vadeboncoeur et de Pierre Falardeau, c’est une autre voix forte que perd le Québec pour se penser en dehors du discours dominant, du <em>politically correct</em> et des intérêts particuliers.  Avec le décès de Chartrand, il faut se soucier d’un Québec qui se fait toujours plus tiré par la droite, qui se fait asservir aux nécessités du marché et, plus encore, de la finance, des créances et des subventions qui tombent toujours dans les mêmes poches.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le rire de Chartrand</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’héritage le plus puissant de Michel Chartrand, c’est peut-être son rire, son grand rire sonore et moqueur qui ne laissait personne indifférent, qui déculottait sur le champ les arnaques qu’on tentait de lui vendre comme une plus-value pour le bon peuple.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rire de Chartrand, ce n’est pas le rire comique qui domine seul maintenant dans l’espace public, le rire humoriste qui se moque de l’insignifiant parce qu’il n’a pas le courage de penser l’ensemble, le politique et le social, desquels on a trop souvent démissionné collectivement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rire de Chartrand, c’est le grand rire carnavalesque, c’est le rire subversif qui se donne le droit de démettre le roi et de le traîner dans la boue de l’ironie, c’est l’impulsion vitale d’un esprit libre et anticonformiste qui a cependant toujours eu la générosité de travailler à améliorer le sort de son prochain et qui, jamais, n’a sombré dans la démission ou le cynisme. Le rire de Chartrand était tout sauf blasé, il était au contraire le rire d’une jeunesse de cœur éternelle et c’est sans doute pourquoi nous aurions voulu le garder encore avec nous, un peu plus longtemps encore.</p>
<p style="text-align: justify;">Chartrand quitte un Québec bien mal en point, à se demander si ses luttes ont servi à quelque chose à voir le niveau de corruption ambiant. Au-delà des luttes et des magouilles, Chartrand l’épicurien qu’on a cherché plus d’une fois à faire taire<a href="#_edn1">[1]</a> nous rappelle l’amour d’un Québec encore à bâtir, de luttes à poursuivre et d’idéaux de justice sociale qui ne pourront triompher que lorsque l’économie cessera d’être considérée comme une fin en soi.</p>
<p style="text-align: justify;">En campagne pour l’<em>Union des forces progressistes </em>en 1998 contre le chef péquiste Lucien Bouchard qui tambourinait son « Déficit zéro », Chartrand opposait une « Pauvreté zéro », rappelant qu’une société n’a pas de dette que financière, mais également sociale envers ses exclus.</p>
<p style="text-align: justify;">Si Chartrand est unique, inimitable et irremplaçable, il faudra bien trouver d’autres figures publiques qui auront suffisamment de couilles pour dénoncer la puanteur du climat politique ambiant. La gauche n’a plus, sauf en de cercles très restreints, son radicalisme d’antan, et ce n’est pas un mal en soi. En remplacement des militants des années 1960 et 1970, on compte maintenant beaucoup d’universitaires pour théoriser la chose sociale, et ce n’est pas inutile.</p>
<p style="text-align: justify;">Seulement, on cherche toujours une voix qui parle au peuple, dont le ton et le vocabulaire soient accessibles et disent de façon simple et juste la colère de l’oppression et de l’humiliation quotidienne de travailleurs qu’on exploite de plus en plus sous couvert de crise économique, de délocalisation et autres concepts gestionnaires dépourvus d’humanité.</p>
<p style="text-align: justify;">Chartrand, comme Vadeboncoeur et Falardeau, était un grand humaniste qui refusait la logique instrumentale qui prévaut un peu partout maintenant. Au langage de la nécessité il opposait la solidarité et même une bonne dose d’idéalisme, parce que c’est en imaginant un monde meilleur qu’on se donne les moyens de le réaliser, qu’on arrive à dépasser les contingences auxquelles les esprits petits se résignent et considèrent comme des faits de nature, alors qu’elles sont plutôt souvent (sinon toujours) le résultat d’un système d’exploitation.</p>
<p style="text-align: justify;">Que résonne donc toujours, dans nos cœurs et nos mémoires, le grand rire de Chartrand, que cette impulsion nous pousse toujours à remettre en cause la logique des affairés et des affairistes. C’est ce rire qui nous montrera le chemin d’un monde meilleur, c’est surtout lui qui nous motivera à le construire et à surmonter le cynisme qui, lui, ne construit rien.</p>
<p style="text-align: justify;">Salut Michel.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref1">[1]</a> Rappelons qu’il a été emprisonné durant quatre mois suite à la crise d’Octobre.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Entrevue avec Yves Otis, de ECTO : outiller le travailleur autonome</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Mar 2010 17:27:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le travail autonome est une réalité de plus en plus présente sur le marché du travail, le phénomène ayant d’ailleurs pris de l’expansion à mesure que se développe le milieu des technologies de l’information et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Le travail autonome est une réalité de plus en plus présente sur le marché du travail, le phénomène ayant d’ailleurs pris de l’expansion à mesure que se développe le milieu des technologies de l’information et des communications (TIC). Décrié par certains comme un recul de la protection sociale des travailleurs dans le sillon de la reconfiguration néolibérale du marché du travail puisque particulièrement propice aux contrats à la pige, il apparaît pour d’autres comme un espace de liberté et d’accomplissement sans égal au sein des emplois traditionnels.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/photonquantique/1818489936/ " target="new"><img title=" Woman 's Thoughts aKa Complex Memetics " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/mars2010/photon.jpg" alt=" Woman 's Thoughts aKa Complex Memetics " /></a><br />
PhOtOnQuAnTiQuE, <em> Woman &#8216;s<br />
Thoughts aKa Complex Memetics </em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Devant l’expansion de ce phénomène, un groupe de travailleurs autonomes a décidé de développer la coopérative <em><a href="http://www.ecto.coop" target="_blank">ECTO</a> </em>pour faire face à certains obstacles, dont l’isolement et le manque d’échanges avec des pairs. Logé dans l’ancienne Phonothèque de Montréal, <a href="http://www.ecto.coop" target="_blank"><em>ECTO</em></a> est plus qu’un simple lieu de travail : c’est un espace de travail coopératif qui propose un lieu d’échange entre professionnels, de formation entre pairs et de diffusion de la connaissance dans un cadre non-institutionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Yves Otis, président et membre fondateur d’<a href="http://www.ecto.coop" target="_blank"><em>ECTO</em></a>, a accepté de rencontrer <em>Le Panoptique</em> afin de parler de la réalité et des perspectives du travail autonome. Historien de formation, Yves Otis est aujourd’hui le cofondateur de la PME <a href="http://www.percolab.com" target="_blank"><em>Percolab</em></a>, qui travaille à l’intégration des plateformes numériques dans des projets éducatifs  au sein du système d’éducation ainsi qu&#8217;en entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;">Cliquez sur ce lien pour accéder à l’extrait audio de l’entrevue.</p>
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		<title>Google de Troie</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 15:39:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je ne sais pas si vous avez suivi un peu les actualités technos depuis les derniers mois, mais une véritable guerre s’est fomentée entre deux géants au très gros égos, à savoir Google et la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas si vous avez suivi un peu les actualités technos depuis les derniers mois, mais une véritable guerre s’est fomentée entre deux géants au très gros égos, à savoir Google et la Chine. Sans blague, je crois que c’est un précédent historique d’accrochage sérieux entre une multinationale et un État, il fallait bien qu’il soit autoritaire pour avoir les couilles de le faire.</p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img src="http://www.lepanoptique.com/images/google.jpg" alt="" /></div>
<p style="text-align: justify;">Toujours est-il que le contentieux porte sur la censure exercée par Google sur sa page chinoise, à la demande des autorités de ce pays, et qui avait déjà été largement critiquée à l’Ouest. Google se vit attaquée cet automne par des pirates qui s’avérèrent provenir d’une école d’informatique chinoise, ce type d’école étant de véritables pépinières à pirates informatiques, l’État chinois les tolérant et les instrumentalisant même souvent à ses propres fins. Voilà d’ailleurs comment les Chinois ont déjà fait savoir subtilement aux États-Unis qu’ils pouvaient <a href="http://www.nytimes.com/2010/03/21/world/asia/21grid.html" target="_blank">foutre leur système informatique stratégique par terre très rapidement</a>, une menace que les États-Unis prennent d’ailleurs bien au sérieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Désavouant publiquement les pirates de Google, le gouvernement chinois n’a pas moins continué de critiquer Google, en promettant même de mettre sur pied son propre moteur de recherche.</p>
<p style="text-align: justify;">On apprenait il y a quelques semaines que Google songeait à quitter la Chine mais, coup de théâtre, <a href="http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/internet/201003/22/01-4263158-google-cesse-de-censurer-en-chine.php" target="_blank">voilà plutôt que les Chinois bénéficient depuis hier d’un accès à la page de Hong Kong du moteur de recherche, qui est non censurée</a>. Et le gouvernement chinois de crier au meurtre, <a href="http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/internet/201003/23/01-4263295-google-fait-mine-de-travailler-normalement-en-chine.php" target="_blank">et d’activer son Firewall national, semble-t-il avec succès</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Google quittera-t-il définitivement l’Empire du Milieu? En attendant, la multinationale passe comme un bastion de résistance face à la censure autoritaire du régime chinois, <a href="http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/internet/201003/23/01-4263286-les-defenseurs-des-droits-de-lhomme-saluent-la-decision-de-google.php" target="_blank">les défenseurs des droits de l’Homme s’en réjouissant</a>. Qui l’aurait cru, Google comme Cheval de Troie de la résistance libérale en Chine.</p>
<p style="text-align: justify;">L’histoire est passionnante, ça bouge d’heures en heures.</p>
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		<title>Le journalisme indépendant et le web</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Mar 2010 22:32:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<category><![CDATA[autorité]]></category>
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		<description><![CDATA[Quiconque lit de temps à autres le quotidien Le Devoir est au courant que ce dernier fête, comme le Canadien l’a fait l’an dernier ad nauseam, ses 100 ans d’existence. Dans un autre registre cependant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Quiconque lit de temps à autres le quotidien <em>Le Devoir</em> est au courant que ce dernier fête, comme le Canadien l’a fait l’an dernier ad nauseam, ses 100 ans d’existence. Dans un autre registre cependant que celui du Tricolore, <em>Le Devoir</em> propose cette année une série d’événement tournant autour d’une problématique fondamentale, brûlante d’actualité en ces temps de convergence, celle du journalisme indépendant.</p>
<p style="text-align: justify;">Organisée par le quotidien et le centre des médias de l’Université McGill, <a href="http://media.mcgill.ca/fr/ledevoir_event_main_news" target="_blank">une journée de conférences se tenait vendredi dernier abordant, sous plusieurs angles, cette problématique du journalisme indépendant</a>. Obligations obligeant, je n’ai pu assister qu’à la première session de l’après-midi, traitant des structures et de la gestion d’un journal indépendant.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans revenir sur les conférenciers dont les présentations furent, somme toute, assez restreintes, j’aimerais aborder la question du rapport entretenu entre le journalisme et le web. À une époque où les quotidiens perdent de plus en plus de plumes face au web, leurs revenus publicitaires fondant comme neige au soleil, il est intéressant de remarquer à quel point les journalistes, tout en reconnaissant que leur avenir ne peut être qu’intriqué au numérique, en comprennent encore très mal les implications.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, j’ai été frappé de constater le même décalage face au web que celui présent dans nos département universitaires, de voir les mêmes éclats hautains et troublés face aux blogues que certains professeurs émettent face à Wikipédia. Car dans les deux cas, c’est à la fois l’autorité et la position monopolisitique d’une corporation qui se trouvent mises à mal, et ça heurte la sensibilité de ceux qui en vivent grassement.</p>
<p style="text-align: justify;">Il semble ainsi faire consensus parmi les journalistes que les blogues relèvent davantage du bavardage que de l’information objective (vous me permettrez de faire remarquer à ce sujet que la conception de l’objectivité entretenue par les journalistes a été récusée dans les sciences humaines à partir des années 1930…), un peu comme les professeurs voient dans Wikipédia une hydre non-rigoureuse et inscientifique (et ce malgré le fait que l’encyclopédie en ligne ait un taux de fiabilité concurrençant celui de l’Encyclopedia Britannica).</p>
<p style="text-align: justify;">On affirme l’importance immuable des agences de presse et du filtre journalistique, en ne considérant même pas que des observateurs, simples citoyens sur le terrain, puissent remplacer les structures et institutions héritées du XIXe siècle, et ce malgré le fait que lesdits citoyens puissent être mieux informés d’une situation ou d’un événement, soit parce qu’ils en sont spécialistes, soit parce qu’ils en comprennent le cadre socioculturel, une notion inconnue de la grande majorité des diplômés des écoles de journalisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus encore, si l’on affirme, sans doute à regret, que le journalisme devra migrer sur support numérique, il semble encore étranger à la psyché de plusieurs que l’interaction, l’échange et le partage propres au web (notamment dans sa forme 2.0) dépasse de beaucoup l’ouverture manifestée par le courrier des lecteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">En clair, on est loin du jour où les journalistes accepteront dans l’ensemble de se mettre sur le même pied que leur lecteur et d’engager avec eux une <em>conversation</em>. Pour cela, il faudrait qu’ils descendent de leur piédestal et qu’ils acceptent que l’édifice qui les a fait vivre et leur a donné un certain standing social s’effondre progressivement, que leur renommée ne soit plus fondée sur un statut social, économique et même politique (le fameux 4<sup>e</sup> pouvoir des démocraties) mais sur la seule valeur de leurs interventions.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour cela, il faudra un retour vers le fond pour lequel plusieurs, formés justement à la forme, sont loin d’être aussi bien équipés qu’ils voudraient le croire…</p>
<p style="text-align: justify;">On trouvera un compte-rendu de la journée à l&#8217;adresse suivante: <a href="http://zeroseconde.blogspot.com/2010/03/le-numerique-est-au-coeur-de-l-du.html" target="_self">http://zeroseconde.blogspot.com/2010/03/le-numerique-est-au-coeur-de-l-du.html</a></p>
<p style="text-align: justify;">Le suivi des débat en ligne sur Twitter est regroupé sous le hashtag: <a href="http://twitter.com/#search?q=%23CJI" target="_self">#CJI</a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les technologies intelligentes</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 20:37:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On n’envisage souvent, par rapport aux nouvelles technologies, que leur aspect ludique ou commercial, en oblitérant souvent le rôle de plus en plus important qu’elles occupent dans le milieu de l’éducation. Les environnements numériques d’apprentissage [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">On n’envisage souvent, par rapport aux nouvelles technologies, que leur aspect ludique ou commercial, en oblitérant souvent le rôle de plus en plus important qu’elles occupent dans le milieu de l’éducation. Les environnements numériques d’apprentissage (ENA) constituaient cependant le plat de résistance d’une série de courtes conférences présentées aujourd’hui à ECTO, un espace coopératif pour travailleurs autonomes logés dans l’ancienne Phonothèque de Montréal.</p>
<p style="text-align: justify;">L’événement, organisé par GTN-Québec (le Groupe québécois de travail sur les normes et standards TI pour l’apprentissage, l’éducation et la formation), regroupait principalement des intervenants du milieu de l’éducation (commissions scolaires, cégeps et universités), ainsi que certains intervenants provenant des entreprises, voire même des travailleurs autonomes (dont moi, clairement minoritaire).</p>
<p style="text-align: justify;">Tout ce beau monde se rassemblait donc afin de réfléchir collectivement sur l’intégration des TIC en milieu éducatif, tant dans le réseau scolaire qu’en milieu de travail (ce qu’on nomme e-learning). Une occasion unique de réfléchir sur les avancées, les défis et les problématiques de l’intégration des technologies en contexte d’apprentissage.</p>
<p style="text-align: justify;">Difficile de résumer l’ensemble des discussions, dont le fil Twitter peut être retracé : #ena2010 (un des 5 fils les plus dynamiques au Canada à un certain moment de l’événement…). Au-delà des particularités de l’implantation dans différents milieux, auprès de différents clientèles et grâce à diverses technologies, l’expérience des professeurs ayant intégré les interfaces numériques à leur pratique d’enseignement s’est avérée des plus intéressantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Notons ainsi la contribution particulièrement significative de l’historien Jean Benoit qui, dans le cadre d’une charge de cours à l’Université Bishop, a déployé plusieurs plateformes et les a surtout intégrées de façon très efficace à sa matière. Plus qu’un trip de geek, un constat tout en fond : peu importe les technologies utilisées, l’important est que <strong>leur utilisation repose, d’abord et avant tout, sur un design pédagogique réfléchi et efficace</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, si plusieurs professeurs rechignent à utiliser les ENA ou encore les utilisent de façon très minimale (souvent comme dépôt de fichiers), il appert que le frein ne relève pas uniquement d’une barrière technologique. L’exemple de l’historien Benoit montre plutôt que, pour être utilisées vraiment efficacement, les technologies, même éclatées, doivent d’abord et avant tout reposer sur une réflexion pédagogique en profondeur, la pédagogie étant nécessairement affectée par les dynamiques créées par les interfaces utilisées et les interactions qu’elles suscitent.</p>
<p style="text-align: justify;">Une question se pose donc, qui sans doute deviendra un enjeu de plus en plus important à mesure que les technologies numériques deviennent des composantes incontournables, non plus seulement de nos vies personnelles et professionnelles, mais également des salles de classe. Plus que de simples outil s à intégrer, les ENA appellent à repenser les modes de transmission et d’échange de connaissances, l’interaction entre le professeur et ses étudiants. Si cette interaction est elle-même affectée par des contingences telles la taille des classes et le nombre d’étudiants,qui en limite parfois la portée, il reste que la salle de classe ne pourra faire longtemps encore l’économie de modes de communication devenant dominant non seulement en dehors du système d’éducation, mais également en entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;">Une chose est certaine cependant : il est à la fois réjouissant et rassurant de voir le sérieux et le dynamisme avec lesquels les professionnels présents à ces conférences s’appliquent à développer une utilisation raisonnée et efficace de technologies dont on ne retient trop souvent que le côté frivole ou délétère. Les technologies intelligentes existent et sont supportées par des gens dont l’esprit critique annonce, dans un futur pas si éloigné, une petite révolution dans la passation des connaissances, non pas en évacuant le rapport personnel, mais plutôt en élargissant les possibilités d’interaction entre les différents intervenants du processus d’apprentissage.</p>
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		<title>In memoriam, Pierre Vadeboncoeur (1920-2010)</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 22:40:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le Panoptique désire rendre hommage à l’écrivain Pierre Vadeboncoeur, décédé hier matin, sans conteste l’essayiste le plus marquant qu’ait connu le Québec à ce jour. Unique, l’œuvre de Vadeboncoeur est imprégnée de la marque d’un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>Le Panoptique</em> désire rendre hommage à l’écrivain Pierre Vadeboncoeur, décédé hier matin, sans conteste l’essayiste le plus marquant qu’ait connu le Québec à ce jour.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img title="titre" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/fevrier2010/vadeboncoeur2.jpg" alt="titre" /></div>
<p style="text-align: justify;">Unique, l’œuvre de Vadeboncoeur est imprégnée de la marque d’un libre penseur doté d’une profondeur d’esprit et d’un style peu communs. Dès son premier essai, <em>La ligne du risque</em> (1963), et même bien avant par ses articles publiés dans différentes revues, Vadeboncoeur s’affirme comme une voix unique se penchant tantôt sur l’expérience humaine, sur l’art, sur la politique ou encore la société québécoise.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, son spectre de réflexion connaît peu de limites et, plus intéressant encore, ne se barde pas de la méthodologie et de la dialectique universitaires qui commencent alors à envahir le champ intellectuel (et qui dominent sans conteste aujourd’hui). Vadeboncoeur s’érigea d’ailleurs à plus d’une reprise contre l’académisme et, plus particulièrement, la philosophie qui prétend rendre compte de l’essence de l’expérience humaine au travers de la seule raison et de systématisations froides et peu attentives au caractère effervescent et fondamentalement hétérogène de l’humanité, notamment dans ses retranchements les plus ultimes, soit l’art et la mystique.</p>
<p style="text-align: justify;">La réflexion de Vadeboncoeur plonge ainsi au cœur d’une expérience humaine extrêmement riche et complexe, celle d’un homme qu’on sent justement profondément marqué par l’art et la métaphysique (davantage comprise au sens de l’expérience que de la réflexion logique). Plus encore, elle s’exprime avec une concision et un élan qui relèvent parfois carrément de la poésie, ce genre peut-être seul capable d’exprimer l’expérience humaine dans toute sa densité.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour conclure ce bref hommage à l&#8217;intellectuel unique que fut Pierre Vadeboncoeur, je vous laisse sur quelques citations choisies au fil de lectures encore trop peu nombreuses de son œuvre. Également, je vous invite à consulter l’édition d’aujourd’hui du quotidien <em>Le Devoir</em>, qui contient un texte inédit de l’essayiste, « Fragments d’éternité » :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/282886/pierre-vadeboncoeur-1920-2010-fragments-d-eternite">http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/282886/pierre-vadeboncoeur-1920-2010-fragments-d-eternite</a></p>
<p style="text-align: justify;">« L&#8217;art substitue aux contingences un univers d&#8217;une autre nature, libéré de la vie ordinaire et du quotidien. Il n&#8217;y a plus de quotidien. L&#8217;homme a cherché de tout temps cet exil ou, pour mieux dire, cette autre existence, soit dans la mystique, soit dans l&#8217;art, soit dans la pensée. Nous aspirons sans cesse à sortir ainsi de notre condition.</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;éloigner de la terre, chercher la liberté, échapper à la mort, danser, peindre, chanter, prier, c&#8217;est toujours le même mouvement: nous n&#8217;avons jamais accepté notre vraie situation. De ce point de vue, notre histoire est celle d&#8217;un refus. C&#8217;est aussi celle d&#8217;une industrie perpétuelle tendant à renverser la loi qui nous astreint à la nécessité. »</p>
<p style="text-align: justify;">- « Fragments d’éternité », publié dans <em>Le Devoir</em>, 12 février 2010</p>
<p style="text-align: justify;">« Mes propos ne sont pas déterminés d’avance. Cette initiale liberté se trouve à la racine de mes articles et de mes livres. J’invente généralement tout à mesure. Je me confie en ce qui en moi sait plus que moi-même. Je n’écris pas comme on raisonne.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon écriture consiste à pousser devant des choses que je pressens, que j’aborde sans les connaître encore et que je découvre chemin faisant.</p>
<p style="text-align: justify;">L’objet de ce que j’écris est moins un sujet qu’une expérience – une expérience non ponctuelle, ayant de la durée. »</p>
<p style="text-align: justify;">- « L’ère du fatras », dans <em>La Clef</em><em> de voûte</em>, 2008, p. 127.</p>
<p style="text-align: justify;">« L’humanité, au fond d’elle-même, fait la distinction, laquelle, disons, est à l’abri des philosophes. Car il y a eu autre chose que des philosophes : des mystiques aussi se sont mêlés de tout cela. À remarquer qu’ils se signalaient beaucoup par la qualité de leur humanité. »</p>
<p style="text-align: justify;">- « L’ère du fatras », dans <em>La Clef</em><em> de voûte</em>, 2008, p. 148.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Loto-Québec sur le web</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 17:42:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blogues]]></category>
		<category><![CDATA[Marc Ouimet]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[jeu]]></category>
		<category><![CDATA[Loto-Québec]]></category>

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		<description><![CDATA[On apprend aujourd’hui que Loto-Québec entend développer un portail de jeu en ligne. Le sujet est sensible, le représentant de la santé publique est sur le cul, mais je reste perplexe. Pas que je sois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">On apprend aujourd’hui que Loto-Québec entend développer un portail de jeu en ligne. Le sujet est sensible, le représentant de la santé publique est sur le cul, mais je reste perplexe.</p>
<p style="text-align: justify;">Pas que je sois très pour moi-même, mais seulement il me semble que certains aspects du problème sont contournés.</p>
<p style="text-align: justify;">De un, le jeu en ligne existe depuis plusieurs années déjà, a connu une croissance exponentielle et représente aujourd’hui un marché annuel de 26 milliards de dollars. Les sites de poker, par exemple, se mettent solidement en marché, alors qu’on apprend qu’un joueur dépense en moyenne 3 à 4 fois plus sur de tels sites que lorsqu’il joue en chair et en os. Y’a comme pas les jetons qu’on a ou pas en face de soi pour se ramener à sa condition. Et le crédit, et tout et tout.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai deux exemples personnels. Primo, un gars que j’ai connu qui avait pris une couple de bières un soir (probablement mauvais), qui s’est connecté à un tel site et qui a plafonné sa carte de crédit. Drôle, mais pas drôle en même temps. Et mon frérot, qui joue tranquillement sur une base régulière, toujours avec de petites mises mais avec patience et un certain talent, puisqu’il gagne une couple de cent à chaque trimestre je crois.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fond du problème, donc. Il semble bien, d’abord, que le jeu soit pratiquement dans la nature humaine, c’est un peu comme pour les putes ou la drogue, on peut s’offenser et tout, mais il y en a toujours eu et il y en aura toujours. C’est comme ça.</p>
<p style="text-align: justify;">Et comme pour les loteries-vidéo, il semble que le crime organisé occupe l’espace du jeu en ligne. Dans ce cas, on peut difficilement dire que le fait que l’État occupe à son tour cet espace, de façon disons un peu plus responsable et éthique, ne soit un mal. On nous dit qu’on contrôlera l’âge des joueurs, qu’on leur donnera du support et des balises, et que le site sera impiratable. Faudrait quand même pas sous-estimer les Chinois, sur lesquels je reviendrai d’ailleurs bientôt.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autre part, on ne nous dit pas en quoi cela fera disparaître les sites existants et en quoi les internautes n’y auront plus accès. On imagine difficilement un firewall national qui en bloque l’accès comme en Chine. Donc si le site gouvernemental bloque les jeunes et les compulsifs, ceux-ci pourront toujours se retourner sur les sites illégaux, hébergés sur des serveurs logés dans d’obscurs appartements de no man’s land post-soviétiques. Les pédophiles, entre autres exemple méprisable, connaissent bien le truc.</p>
<p style="text-align: justify;">Par-delà toute morale, pour fondée qu’elle puisse être, existe la réalité du Web, et on ne peut pas appuyer sur le bouton précédent sur ce sujet. Reste que l’immédiateté que permet l’Internet apporte visiblement son lot problèmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’on se rappelle seulement que les produits dérivés des institutions financières qui ont causé la crise actuelle n’ont été possibles que grâce aux réseaux virtuels, que l’économie financiarisée elle-même ne pourrait être pensée sans l’interconnexion planétaire.</p>
<p style="text-align: justify;">À quand une véritable politique du numérique?</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Molson et le Québec : bière, tradition et hockey</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jan 2010 12:35:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Compte-rendus / Resumes]]></category>
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		<category><![CDATA[Histoire/History]]></category>
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		<description><![CDATA[Le 4 décembre dernier, les Canadiens de Montréal célébraient leurs 100 ans bien sonnés, au terme d’une campagne de marketing qui en aura finalement lassé plusieurs tant elle fut longue. Quelques jours auparavant, les Molson [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Le 4 décembre dernier, les Canadiens de Montréal célébraient leurs 100 ans bien sonnés, au terme d’une campagne de marketing qui en aura finalement lassé plusieurs tant elle fut longue. Quelques jours auparavant, les Molson – le jeune Geoffrey en tête – redevenaient officiellement propriétaires de l’équipe après une mise aux enchères quasi-surréaliste de celle-ci, en plein Centenaire, par l’ancien propriétaire George Gillett et qui lui aura rapporté près de 600 millions de dollars. Le contexte pouvait difficilement être plus favorable à l’historien Gilles Laporte, qui venait de publier, quelques semaines auparavant, une histoire de cette famille parmi les plus importantes, les plus implantées et les plus riches de Montréal et du Québec dans son ensemble.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/wallyg/3823553970/in/set-72157622122629426/" target="new"><img title=" Montréal - Downtown Montréal: Bell Centre - Place du Centenaire - Jean Béliveau " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/janvier2010/molson5.jpg" alt=" Montréal –  Downtown Montréal: Bell Centre –  Place du Centenaire –  Jean Béliveau " /></a><br />
Wally Gobetz, <em>Montréal -<br />
Downtown Montréal: Bell Centre -<br />
Place du Centenaire -<br />
Jean Béliveau </em>, 2009<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Professeur d’histoire au cégep du Vieux-Montréal, chargé de cours à l’UQÀM, bédéiste et développeur web, Gilles Laporte est également connu comme un animateur infatigable de l’histoire des Patriotes, lui qui gère le plus important site d’histoire sur le sujet et participe, à chaque année, à la tenue de la Journée des Patriotes. On ne se surprendra donc pas que Laporte ait, d’abord et avant tout, souhaité s’adresser au grand public à travers l’histoire d’une famille qui a fait fortune grâce à la consommation toute populaire d’une boisson – la bière, dont l’auteur retrace également l’histoire – solidement ancrée dans les mœurs québécoises.</p>
<p style="text-align: justify;">Organisé en une quarantaine de chapitres ne dépassant pas 6 pages, <em>Molson et le Québec</em><a href="#_edn1">[1]</a> est un livre d’une lecture facile et agréable qui restitue fort bien l’histoire de cette dynastie hors du commun et de son ancrage dans la société québécoise, et plus encore à Montréal. Chaque chapitre, qu’on peut lire « entre la deuxième et la troisième période » selon les dires de l’auteur, brosse ainsi un court portrait d’une facette de l’histoire des Molson, avec celle du Québec en trame de fond.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est ainsi fascinant de voir le parcours de John Molson, l’entrepreneur qui coupa dès son jeune âge les ponts avec son Angleterre natale pour s’installer à Montréal et fonder sa brasserie dans l’est de la ville, où elle se trouve toujours, à proximité des faubourgs francophones. Du développement des premières lignes de bateaux vapeurs aux premiers chemins de fer, en passant par la création de la Banque Molson et l’implication de la deuxième génération – particulièrement John jr. – dans la répression du soulèvement patriote, les Molson agissent comme des acteurs de premier plan du développement, et parfois aussi des tensions, du Québec du XIXe siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">Le tournant du XXe siècle voit, quant à lui, l’émergence des premiers athlètes de la famille, notamment Percival qui a donné son nom au stade de l’Université McGill qui héberge notamment les Alouettes de Montréal. L’éthique interne du clan Molson ne permettra cependant à aucun de ses membres de passer professionnel, à une époque où tout <em>gentlemen</em> ne pratique le sport que pour fortifier le corps et l’esprit. Reste que l’intérêt de la famille pour le sport, dont certains pour le hockey, s’affirme progressivement, alors que la publicité et le marketing deviennent bientôt indispensables pour assurer le succès de la brasserie, qui aura au passage fait une petite fortune en abreuvant les Américains assoiffés par la prohibition…</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/deniscollette/1960035724/" target="new"><img title=" Iced beer in my wild river!!!" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/janvier2010/molson1.jpg" alt=" Iced beer in my wild river!!!" /></a><br />
Denis Collette, <em>Iced beer in my wild river!!!</em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Voilà comment se mit en place, durant les années 1950, l’association entre les Molson et les Canadiens de Montréal, à une époque où le hockey devenait la passion des Canadiens français, notamment sous l’impulsion des exploits du Rocket – Maurice Richard – et du leadership du Roc de Gibraltar – Émile « Butch » Bouchard. C’est cependant Jean Béliveau que les Molson choisissent pour personnifier l’association entre le club de hockey et la compagnie, les Molson faisant d’ailleurs l’acquisition du Tricolore en 1957 et s’en servant dès lors comme plateforme promotionnelle, notamment grâce à la rediffusion des matchs lors de la<em> Soirée</em><em> du hockey Molson</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Il importe cependant de souligner que la relation des Molson aux francophones du Québec n’en fut pas toujours une d’amour et de fraternité. Ainsi, si les Molson participèrent à la répression des Patriotes, le Front de libération du Québec n’hésita pas à voir dans cette dynastie le visage de la domination anglo-saxonne, parlant du « chien à Molson » dans son célèbre manifeste.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs années plus tard, l’association renouvelée entre les Molson (et leur bière) et les Canadiens de Montréal (le club fut vendu puis racheté entre temps) allait se voir concurrencée par l’association entre O’Keefe et les Nordiques de Québec, les rivaux en affaires s’affrontant par adversaires interposés – et non moins rivaux – sur la glace, dans une métaphore toute québécoise.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que les Nordiques allaient déménager au Colorado en 1995 pour y devenir l’Avalanche et gagner la coupe Stanley à leur première année, les Molson allaient quant à eux se départir de 80 % des parts du Canadien au tournant des années 2000, George Gillett faisant l’acquisition du club grâce à un prêt gouvernemental et un investissement minime.</p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/givemenoise/2238164655/" target="new"><img title=" Beer in blue " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/janvier2010/molson2.jpg" alt=" Beer in blue " /></a><br />
Eric Michiels, <em>Beer in blue </em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Mis en vente en plein Centenaire, les Canadiens allaient finalement être rachetés par un consortium dirigé par les Molson de la nouvelle génération, leur retour à titre de propriétaires étant salué comme un retour à la tradition pour la Sainte-Flanelle. Signe révélateur de leur attachement à cette tradition, les nouveaux propriétaires allaient forcer le retrait du chandail d’Émile « Butch » Bouchard lors de la cérémonie du Centenaire (ainsi que celui d’Elmer Lach), un geste auquel s’était jusqu’alors refusée l’administration du Tricolore, et ce malgré la pression populaire en ce sens.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Histoire populaire et histoire savante</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au total, le livre de Gilles Laporte n’apprendra peut-être rien de « neuf » (d’un point de vue académique) à un historien spécialisé dans les XIXe et XXe siècles au Québec. Il sera cependant d’un intérêt certain pour toute autre personne (soit les 99 % restants de la population) désireuse d’en apprendre davantage sur l’histoire et la mentalité d’une famille des plus importantes et riches de Montréal et, plus largement encore, du Québec.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce sens, <em>Molson et le Québec</em> remporte pleinement son pari de proposer au grand public une histoire fouillée et sérieuse, bien que parfois écrite avec un humour indéniable, d’un clan qui fascine et intrigue. Plus encore, il s’agit d’un des rares exemples d’une histoire écrite par un historien sans être nécessairement destinée aux cercles académiques. Ces derniers trouveront probablement inacceptable, selon leurs propres standards, l’absence de notes de bas de page, la brièveté des chapitres et le ton parfois ironique de Laporte.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agit cependant de la force de l’auteur, qui a par ailleurs choisi de publier son livre chez un éditeur peu reconnu dans les milieux académiques. De fait, alors que les historiens académiques déplorent autant qu’ils peuvent la faible diffusion de l’histoire auprès du grand public et le fait que les livres qu’on retrouve généralement dans la section « Histoire » des librairies soient souvent écrits par des non-spécialistes (le plus souvent des journalistes), il s’avère extrêmement rare qu’un historien de métier daigne écrire ouvertement pour le grand public et dans un format qui lui soit accessible (tant par rapport à la structure de l’ouvrage qu’au niveau de langage utilisé).</p>
<div class="photo2" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/wallyg/3872386305/ " target="new"><img title=" Montréal: Brasserie Molson and pont Jacques-Cartier " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/janvier2010/molson4.jpg" alt=" Montréal: Brasserie Molson and pont Jacques-Cartier " /></a><br />
Wally Gobetz, <em>Montréal: Brasserie Molson and<br />
pont Jacques-Cartier </em>, 2009<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Peut-être le fait que Gilles Laporte œuvre comme professeur de cégep et comme animateur lui donne-t-il une sensibilité et un intérêt en ce sens, et il ne peut qu’en être félicité. Il fait, à ce titre, partie des très rares historiens qui travaillent à rendre accessible une histoire trop souvent repliée sur elle-même dans le confort des départements universitaires<a href="#_edn2">[2]</a>. Si la recherche et le développement des connaissances comportent, certes, une valeur intrinsèque, l’histoire est cependant trop importante pour une société et pour sa mémoire pour n’être accessible qu’à un groupe restreint d’initiés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le passé n’appartient pas qu’aux spécialistes et l’on ne peut que souhaiter que davantage d’historiens travaillent à le rendre accessible au plus grand nombre, sans pour autant perdre en rigueur (ce qui est souvent le cas des raccourcis que prennent les journalistes). Il s’agit, en un sens, d’un geste démocratique dont il importerait qu’il soit regardé avec davantage de respect par des spécialistes qui, s’ils font parfois avancer la connaissance (à coups de subventions gouvernementales, faut-il le mentionner), manquent souvent de l’humilité et de la générosité nécessaires pour redonner à la société le savoir dont ils sont les dépositaires érudits.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref1">[1]</a> Gilles LAPORTE, <em>Molson et le Québec</em>, Montréal, Michel Brûlé, 2009.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ednref2">[2]</a> Mis à part Gilles Laporte, mentionnons également Jacques Lacoursière et Denis Vaugeois dans le contexte de l’histoire du Québec. Sans rien enlever à la qualité de ces historiens, on voit qu’il s’agit d’un cercle des plus restreints.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Des anniversaires et des désastres</title>
		<link>http://www.lepanoptique.com/formats/blogues/des-anniversaires-et-des-desastres/</link>
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		<pubDate>Mon, 16 Nov 2009 16:28:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blogues]]></category>
		<category><![CDATA[Marc Ouimet]]></category>
		<category><![CDATA[CRTC]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Serres]]></category>

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		<description><![CDATA[Retour en blogue et content de le faire, d’autant que ça grouille du côté des technos, beaucoup de choses à souligner et célébrer, et certainement autant à déplorer. Côté anniversaire, notons d’abord les 40 ans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Retour en blogue et content de le faire, d’autant que ça grouille du côté des technos, beaucoup de choses à souligner et célébrer, et certainement autant à déplorer.</p>
<p style="text-align: justify;">Côté anniversaire, notons d’abord les 40 ans bien sonnés du Net, qui représente en soi un mode sans précédent d’échange et de diffusion d’information et de contenu. Je suis de ceux qui croient fermement que nous vivons un changement de paradigme de l’ordre de celui de l’invention (du moins en Occident) de l’imprimerie. Un tournant significatif dans l’histoire de l’humanité. Si vous en doutez, je vous suggère fortement de regarder la conférence suivante de Michel Serres, « Les nouvelles technologies : révolution culturelle et cognitive ». Simplement passionnant.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-revolution-culturelle-et-cognitive" target="_blank">http://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-revolution-culturelle-et-cognitive</a></p>
<p style="text-align: justify;">Également, on soulignera le 5<sup>e</sup> anniversaire du navigateur Fifrefox, de Mozilla. Mozilla est une obnl californienne qui a récupéré le code source légué à la communauté par le défunt Netscape pour en faire le navigateur le plus sécure, le plus efficace et aussi le plus innovateur, notamment par ses fonctions de personnalisation. À essayer.<a href="http://www.mozilla-europe.org/fr/firefox/"></a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.mozilla-europe.org/fr/firefox/">http://www.mozilla-europe.org/fr/firefox/</a></p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui est des choses à déplorer, mis à part les dernières élections municipales, la corruption et l’impression stérile et pathétique que nous laisse tous les paliers de gouvernement, j’aimerais revenir sur les récents déboires du CRTC. Dans sa grande clairvoyance, notre organisme soi-disant chargé de régulation avait décidé, le printemps dernier, d’opter pour le statu quo dans le dossier des productions numériques.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est-à-dire qu’il avait choisi de ne pas réglementer le secteur des productions numériques afin d’y imposer des quotas de contenu canadien comme pour les autres médias, avec pour effet de ne pas obliger les pouvoirs publics à financer la production de contenu original. Ce qui signifie qu’il faudra attendre encore un sacré bout avant de voire les contenus web indépendants financés par l’État, ce qui est par exemple très emmerdant pour le Panoptique qui n’entre dans aucune case de subventions et qui vivote au bout des bras de ses organisateurs dévoués mais souvent essoufflés.</p>
<p style="text-align: justify;">Et maintenant, enfin il y a quelques semaines, notre cher CRTC décide que les pratiques de Bell, entre autres gros fournisseurs d’accès, qui consistent à réduire la bande passante lors des heures d’achalandage pour « réguler » le trafic, sont légales. Ce qui veut dire que même si vous payez pour du « haute vitesse », vous n’obtenez souvent que du « moyenne vitesse » et encore, et que c’est correct tant que c’est fait avec un certain discernement par le fournisseur. Et tout le monde sait que les fournisseurs, Bell en tête, sont des gens qui ont beaucoup de discernement, surtout quand vient le temps de facturer.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui me donne l’occasion de faire l’apologie des fournisseurs indépendants, qui desservent de mieux en mieux la clientèle, du moins urbaine, les régions étant toujours fort pauvres en accès, ce qui est un autre débat sur lequel je reviendrai.</p>
<p style="text-align: justify;">Donc, pour de l’accès coopératif : Cooptel</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cooptel.qc.ca/fr-indexe.php" target="_blank">http://www.cooptel.qc.ca/fr-indexe.php</a></p>
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		<title>Le roi n’est pas nu, il porte du Versace</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Nov 2009 13:20:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Les récents scandales entourant la politique municipale sont désolants. Et le mot est faible. Désolants parce qu’il s’agit vraisemblablement non pas d’un ou deux cas isolés, mais d’un véritable système. Un système qui dénote par ailleurs la faillite d’un autre, celui de nos institutions démocratiques.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href=" http://www.flickr.com/photos/xiaming/2164289785/" target="new"><img title=" Don't be blind to corruption " src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/novembre2009/edito.jpg" alt=" Don't be blind to corruption " /></a><br />
Ming Xia, <em> Don&#8217;t be blind to<br />
corruption </em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href=" http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/deed.fr " target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">2010 marquera les 50 ans du début de la Révolution tranquille, l’équipe libérale de Jean Lesage s’étant fait élire le 22 juin 1960. Étant historien, j’ai récemment passé en accéléré cette campagne électorale opposant Lesage et consorts à l’Union nationale du défunt Maurice Duplessis. Le principal cheval de bataille : la corruption du vieux parti au pouvoir. Et les promesses d’assainissement des mœurs politiques, dont on nous dit qu’elles furent bien meilleures par la suite, et davantage encore grâce aux réformes de René Lévesque dans les années 1970.</p>
<p style="text-align: justify;">Force nous est de constater que ces mesures comportaient des trous et que certaines personnes ont su, largement, en profiter. De fait, le financement privé des partis politiques constitue un terrain de prédilection à quiconque dispose de liquidités (ou d’argent à blanchir) et cherche à se poser un pied dans les officines du pouvoir. Je te graisse pour ta campagne, tu me refileras plus tard les contrats de la municipalité. Au point où certains entrepreneurs en construction se partageraient des territoires et écarteraient la concurrence à la bonne franquette, c’est-à-dire à coups de menaces et d’intimidation. Comme dans le temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Au point où certains vont jusqu’à rencontrer des élus de banlieue pour leur proposer d’économiser des fonds publics en évitant une élection. Doit-on rappeler qu’il n’est pas du ressort des élus de décider si la population a le droit de les élire ou non? Qu’il s’agit d’un droit fondamental de nos sociétés dites démocratiques?</p>
<p style="text-align: justify;">Il est par ailleurs difficile de penser que la corruption, ou à tout le moins les associations douteuses, ne se limitent qu’au monde municipal quand on sait que l’ancien ministre du Travail a dû démissionner pour une affaire de conflit d’intérêt relative à des contrats octroyés à une compagnie dans laquelle il avait une participation. Le premier ministre n’y avait d’abord rien vu de problématique, avant de se raviser un peu plus tard : un petit coup de balais et on n’en parle plus. Ou quand Madame Harel, en plein débat des chefs, nous dit qu’elle ne s’est pas occupée de la corruption au niveau du financement des partis quand elle était ministre des Affaires municipales parce que ce n’était pas d’actualité. On voit la logique derrière l’action de nos politiciens. Et ça dérange les âmes sensibles.</p>
<p style="text-align: justify;">Le problème réside dans l’opacité de notre démocratie. Opacité du financement, opacité des processus décisionnels. Peut-être la représentation a-t-elle fait son temps, ou peut-être faudrait-il, à tout le moins, la repenser en profondeur.</p>
<p style="text-align: justify;">À une époque où l’actuel président des États-Unis a financé sa campagne de façon privée, principalement grâce à de petits dons de particuliers faits sur Internet, peut-être faudrait-il concevoir autrement les modes de financement et de fonctionnement internes des partis, mais également les modes de gouvernance.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a un cynisme grandissant au sein de la population qui ne date pas d’hier vis-à-vis de la classe politique, et c’est principalement parce qu’on voit bien qu’on nous rit en pleine face. Nous voulons avoir accès à l’information et aux décisions, nous en avons assez des portes clauses et des enveloppes en-dessous de la table dans les banquets bénéfices.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous voulons plus de transparence et pour cela, il nous faudra changer la classe politique actuelle, et il nous faudra également changer les structures du pouvoir. Si à l’âge des structures est en train de succéder l’âge des réseaux, peut-être le gouvernement de demain trouvera-t-il sa légitimité dans l’accès et la transparence plus grands offerts par Internet (pourquoi faut-il constamment invoquer une loi pour avoir accès à l’information?), dans l’inclusion des citoyens – de tous les citoyens et non une clique plus ou moins louche de financeurs de partis – dans les processus décisionnels.</p>
<p style="text-align: justify;">La démocratie est quelque chose de fragile sur laquelle il importe de veiller. Les récents scandales de la politique municipale nous rappellent combien il est facile de la corrompre. L’avenir nous dira à quel point nous y tenons et sommes capables d’investir – et surtout de NOUS investir – dedans. Et cela nécessitera sans doute bien davantage que de seulement cocher un bulletin de vote aux quatre ans.</p>
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		<title>Repenser Le Panoptique</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 07:30:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le Panoptique est mort, vive Le Panoptique! Autant le printemps dernier fut-il difficile pour la revue, autant est-elle aujourd’hui animée d’un souffle nouveau, bien que toujours portée par ce même souci de contribuer de façon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Le</em> <em>Panoptique</em> est mort, vive <em>Le</em> <em>Panoptique</em>! Autant le printemps dernier fut-il difficile pour la revue, autant est-elle aujourd’hui animée d’un souffle nouveau, bien que toujours portée par ce même souci de contribuer de façon réfléchie et critique au débat public.</p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/ijonek/337170702/" target="new"><img title="Pt47-112 - unsuccesful panning" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/octobre_2009/edito.jpg" alt=" Pt47112 - unsuccesful panning" width="294" height="209" /></a><br />
Karmazyniello, <em>Pt47-112 &#8211; unsuccesful panning</em>, 2006<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/deed.fr" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">De fait, si le <em>Panoptique</em> est toujours en vie, c’est grâce à l’équipe de transition qui s’est constituée le 13 juin dernier, dans une salle en racoin de la Grande Bibliothèque. Tous collaborateurs de la revue, provenant de différentes sections et des branches francophone et anglophone, nous avons non seulement décidé de poursuivre le projet, mais aussi d’en renouveler le visage.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce visage, nous avons dès le début voulu qu’il reflète la réalité de notre équipe, soit la présence presque égale et certainement complémentaire de francophones et d’anglophones (et donc d’un bilinguisme tout montréalais), l’ancrage disciplinaire de chacun dans des branches très variées du savoir, ainsi que – voire surtout – la volonté de travailler à un projet qui en soit un de vulgarisation critique et d’investissement de ce savoir dans notre société.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus qu’un simple catalogue de points de vue particuliers, <em>Le Panoptique</em> favorise les perspectives larges, ouvertes à l’interdisciplinarité et attentives à l’ensemble de la société comme lieu de création et d’investissement de la connaissance. Si l’université nous a fourni une formation spécialisée, nous souhaitons cependant nous en distancier quelque peu (et plus particulièrement de ses barrières disciplinaires) pour favoriser l’apport de professionnels, d’artistes, d’intervenants communautaires et de citoyens engagés.</p>
<p style="text-align: justify;">Il nous apparaît ainsi plus que jamais nécessaire de réinvestir le savoir, la réflexion et l’expérience de chacun dans la société afin de dégager des pistes de solution novatrices par rapport aux problèmes contemporains. Nous avons, socialement, plus que jamais besoin de perspectives neuves afin de surmonter la fatalité de la débâcle économique, du cynisme politique et du <em>statu quo</em> social. Parce qu’il importe d’abord de comprendre pour agir avec vision et discernement.</p>
<p style="text-align: justify;">Lieu de critique, d’analyse et de débat, <em>Le Panoptique</em> se veut une tribune ouverte à la prise de position intellectuelle, au sens public et critique du terme. Dans un monde où l’université se replie trop souvent sur elle-même (quand elle ne s’arrime pas au marché) et où les médias de masse laissent de moins en moins d’espace à la pensée critique, notre revue prend avantage des médias numériques et d’Internet pour créer un lieu de débat accessible à tous et libre de toute autorité institutionnelle (ou corporative).</p>
<p style="text-align: justify;">De fait, si le web permet de publier et diffuser du contenu à l’échelle de la planète et à faible coût, la reconnaissance de ce média comme vecteur de production culturelle reste à venir. Alors que de nombreuses revues migrent vers une forme en ligne pour palier aux coûts élevés de la publication papier, l’aide gouvernementale s’avère pratiquement nulle pour quiconque ne donne pas dans la convergence. Ce manque de soutient aux productions culturelles numériques, de même qu’aux revues d’idées en général, s’avère donc un enjeu des plus essentiels à la survie de projets comme <em>Le Panoptique</em> ainsi que, de façon plus large, au maintien de voix indépendantes et critiques au sein de la société civile.</p>
<p style="text-align: justify;">La tâche est donc grande et la relance du <em>Panoptique</em> ne constitue, en fait, que la première étape d’un projet d’émulation intellectuelle, politique, sociale et culturelle. Nous ne prétendons pas disposer de tous les outils et de l’expérience nécessaires pour garantir le succès de notre entreprise, aussi sommes-nous des plus ouverts à l’apport de toute personne intéressée par le projet du <em>Panoptique</em>. Que ce soit comme membre du comité de rédaction, comme auteur, comme commentateur ou simplement comme lecteur, nous sommes heureux que notre projet vous interpelle et participe ainsi du débat constant qu’entretient, avec elle-même et le monde, toute société plurielle et dynamique.</p>
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		<title>Hypertextuellement vôtre</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Mar 2009 13:17:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors voilà, je m’excuse du silence radio de plus d’un mois, que je justifierai par: * le souhait que vous lisiez et relisiez mon billet précédent, parce que ces audiences du CRTC étaient très importantes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Alors voilà, je m’excuse du silence radio de plus d’un mois, que je justifierai par:</p>
<p style="text-align: justify;">* le souhait que vous lisiez et relisiez mon billet précédent, parce que ces audiences du CRTC étaient très importantes et qu’il fallait s’en souvenir;<br />
* Je travaillais sur autre chose, notamment la captation vidéo de moult conférences de la dernière Nuit de la Philosophie, qui seront bientôt disponibles en ligne;<br />
* J’étais occupé à cuver mes doléances envers l’institution universitaire, dans son ensemble et en particulier, ce qui n’est pas neuf, mais tout de même prenant.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus de raisons d’intellectualiser un monde virtuel, plus de prof à impressionner par de fulgurante facultés de synthèse de l’éclaté; je vous rendrai maintenant le fractal de la Toile par tessons bien intentionnés, avec un peu moins de rigueur (à peine) mais plus de verbe, puisque c’est ce qui fait lever les foules.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous voulez des exemples intempestifs qui vous feront friser la souris dans un spasme Giga aux octets turbulents?</p>
<p style="text-align: justify;">Vous doutez de notre interliaison à tous sur cette terre? S’il vous fallait une preuve par la technique, l’Internet Map vous rassurera de notre virtuelle humanité. <a href="http://www.opte.org/maps/" target="_blank">Cliquez ici</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Google cherche. Google présente. Google classe. Google numérise aussi. Des livres. Par millions, de bibliothèques publiques et universitaires. Google possède ensuite les fichiers numériques. Google vendra bientôt l’accès à nos livres, dans nos bibliothèques, chez vous dans votre salon. Big Google. <a href="http://www.ledevoir.com/2009/03/06/237567.html" target="_blank">Cliquez ici</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Free, le livre prochain de Chris Anderson, père de la longue Traînée postmoderne qui enfile les blockbusters à grands coups de contenu éclaté, gratuit et rentable quand même. Genre un nouveau modèle économique? <a href="http://www.wired.com/techbiz/it/magazine/16-03/ff_free" target="_blank">Cliquez ici</a>.</p>
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		<title>Le CRTC, la neutralité d’Internet et le développement d’une stratégie nationale du numérique</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Feb 2009 13:23:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Ouimet</dc:creator>
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		<category><![CDATA[stratégie numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[Des audiences portant sur l’avenir de l’Internet seront tenues par le Conseil de réglementation des télécommunications (CRTC) à partir du 17 février, et ce jusqu’au début mars. Il s’agit de la seconde ronde d’audiences à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<div style="thumb"><img src="http://www.lepanoptique.com/images/zen_classic_logo.jpg" alt="" /></div>
<p style="text-align: justify;">Des audiences portant sur l’avenir de l’Internet seront tenues par le Conseil de réglementation des télécommunications (CRTC) à partir du 17 février, et ce jusqu’au début mars. Il s’agit de la seconde ronde d’audiences à ce sujet, la première s’étant tenue il y a 10 ans, à un moment où la Toile était sans conteste beaucoup moins présente dans nos vies. Le CRTC n’avait à ce moment pas jugé nécessaire de réglementer ce secteur des communications, alors peu important, aujourd’hui incontournable.</p>
<p style="text-align: justify;">Les enjeux de cette consultation sont multiples et s’avèreront cruciaux pour l’avenir du développement de l’Internet au pays, de même que des productions s’y déployant. Le CRTC n’avait ainsi, il y a 10 ans, pas jugé bon de réglementer les productions web, n’imposant aucun quota concernant les productions canadiennes, comme c’est pas exemple le cas pour la télévision ou la radio.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, c’est un secret de polichinelle pour quiconque s’est déjà penché sur le financement des productions « interactives » au Canada et au Québec que celui-ci est à la fois des plus restreint, en plus d’être orienté sur un format extrêmement rigide et formaté, soit les productions de type convergent et multiplateforme, c’est-à-dire, grosso modo, les site web allant de paire avec une émission de télé. Il s’agit de la résultante de l’orientation du Fonds des nouveaux médias de Patrimoine Canada, qui a décidé ces dernières années d’axer son financement sur les productions rentables, et non les œuvres indépendantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors même que la SODEC, et ce bien que tout le monde chante les vertus du numérique, n’injecte pratiquement aucune cenne dans la production numérique, seuls quelques minuscules programmes restent en vie, la plupart dédiés aux partenariats entre les institutions publiques et les compagnies privées. Dans ce contexte, une nouvelle réglementation du CRTC obligerait le gouvernement fédéral à injecter beaucoup plus d’argent dans la production de contenu numérique canadien, ce qui n’est pas une mauvaise nouvelle en soi.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, une démarche exploratoire dépassant les préoccupations de la télé-réalité avait été mise de l’avant par les Archives nationales du Canada et visait au développement d’une <a href="http://www.collectionscanada.gc.ca/scin/index-f.html" target="_blank">stratégie canadienne de l’information numérique</a>. Or, il semble bien que le gouvernement conservateur, dans sa grande sagesse et sa vision d’avenir légendaire, ait coupé les vivres au projet ou qu’une quelconque embrouille soit advenue, puisque le rapport final de ces consultations, qui devait être déposé au mois de mai dernier, semble s’être évaporé en même temps que les subventions à la culture.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre enjeu de ces audiences du CRTC, lui aussi d’une importance cruciale, relève de la neutralité d’Internet, un principe défendu aussi hardiment par différents organismes communautaires et regroupements d’utilisateurs que les grandes compagnies de télécommunications s’affairent à le gruger. Le principe peut se définir autour du fait qu’un fournisseur de service ne fait que fournir l’accès à l’Internet et n’est en aucun cas légitime d’intervenir sur le contenu auquel il donne accès.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, plusieurs fournisseurs Internet s’appliquent maintenant à réguler le trafic sur Internet, restreignant d’abord la vitesse des transferts, quand ce n’est pas l’accès à certains sites jugés trop critiques ou déviants. Si une telle pratique peut être compréhensible concernant des sites pédophiles ou prônant l’incitation à la violence ou à la haine, l’atteinte à la démocratie n’est pas loin quand on coupe l’accès à d’autres sites ne proposant qu’une critique virulente du système économique ou politique. Vous voulez des exemples d’actions contrevenant au principe de neutralité de l’Internet : la Chine qui coupe les sites de dissidents, des fournisseurs qui coupent l’accès à de sites les critiquant, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">On consultera à ce sujet le site <a href="http://saveournet.ca/" target="_blank">saveournet.ca</a>, qui se veut un regroupement d’utilisateurs préoccupés par cet enjeu et voulant en faire la promotion lors des prochaines audiences. N’hésitez pas à signer la pétition en ligne, et suivez de près les audiences du CRTC. Si l’échange d’information est fondamental à la vie démocratique, si la production de contenu original et non commercial est fondamentale à la vie culturelle d’un pays ou d’une nation, les semaines qui viennent pourraient bien déterminer le portrait de notre culture numérique nationale pour les 10 prochaines années…</p>
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