<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Le Panoptique &#187; Alex Bernard</title>
	<atom:link href="http://www.lepanoptique.com/author/a16/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.lepanoptique.com</link>
	<description>Perspectives sur les enjeux contemporains &#124; More Perspective on Current International Issues</description>
	<lastBuildDate>Sun, 18 Dec 2011 16:21:41 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.1.1</generator>
		<item>
		<title>La prolifération des armes légères. Partie II : les conséquences au « Sud »</title>
		<link>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/la-proliferation-des-armes-legeres-partie-ii-les-consequences-au-%c2%ab-sud-%c2%bb/</link>
		<comments>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/la-proliferation-des-armes-legeres-partie-ii-les-consequences-au-%c2%ab-sud-%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 01 Feb 2009 23:55:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex Bernard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond / Long articles]]></category>
		<category><![CDATA[Formats]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Langue / Language]]></category>
		<category><![CDATA[Politique et économie / Politics and economy]]></category>
		<category><![CDATA[Sections]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[armes légères]]></category>
		<category><![CDATA[conflits intra-étatiques]]></category>
		<category><![CDATA[relations Nord-Sud]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lepanoptique.com/?p=206</guid>
		<description><![CDATA[Au sein du précédent article, nous avons traité du commerce illicite des armes légères et du rôle central du courtier en armement comme catalyseur de ce phénomène. Dans la majeure partie des cas, ce commerce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Au sein du précédent article, nous avons traité du commerce illicite des armes légères et du rôle central du courtier en armement comme catalyseur de ce phénomène. Dans la majeure partie des cas, ce commerce se fait au profit d’individus relativement aisés et ce sont les populations les plus pauvres qui en souffrent. La prolifération des armes légères (PAL) n’a pas que des répercussions dans les pays en voie de développement, elle encourage aussi la criminalité du côté des pays riches, mais ce sont les plus démunis qui se retrouvent avec le plus gros de la facture. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="Global Economic Crisis" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/46/pol.jpg" alt="Global Economic Crisis" /><br />
Worth Baker, <em>Global Economic Crisis</em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">En raison de cette situation, nous avons décidé de présenter les conséquences de la prolifération et du commerce des armes légères sous un angle «Nord-Sud». Plus précisément, comment la présence des armes contribue à maintenir au «Sud» une multitude de pays à travers le monde.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La prolifération des armes légères et  les conflits intra-étatiques</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les conflits intra-étatiques sont des conflits d’une très grande violence. Du fait de la désinstitutionnalisation de ce type de conflit,  presque n’importe qui dans la population peut être considéré comme dangereux et donc pris comme cible. Puisque les rebelles dans ce genre de lutte portent rarement un uniforme distinctif, il peut arriver que l’État s’en prenne sans grande discrimination aux personnes de la même ethnie, religion ou tout autre signe qui caractérise les rebelles(1).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette incertitude quant à l’identification de l’ennemi crée un climat de méfiance à l’intérieur du pays. La situation d’un État durant un conflit interne et à la fin de celui-ci se rapproche de l’état de nature tel que décrit par Hobbes au XVIIe siècle. La population évolue dans un environnement anarchique; c’est-à-dire sans aucune autorité supérieure pour assurer sa sécurité. Dans ces conditions, les civils sont laissés à eux-mêmes et le meilleur moyen pour assurer sa propre sécurité est de se doter d’une arme.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette demande supplémentaire vient augmenter l’arsenal déployé à la grandeur du pays. Un État qui sort d’un conflit doit faire face à un climat où les citoyens sont empreints de méfiance les uns envers les autres, et la plupart d’entre eux ont accès à une arme légère. Comme l’affirme Patrice Sartre: «La vérité est que disposer d’un moyen dont le seul usage est de tuer son voisin constitue un obstacle absolu à la paix sociale, car il est révélateur soit de l’intention de faire obstacle à cette paix, soit de la certitude qu’elle est impossible»(2).</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois les hostilités lancées, il est très difficile de les arrêter et cela même quand un conflit est officiellement réglé. Les armes ne disparaissent pas à la signature d’un accord entre les parties. Les opposants ont toujours la possibilité de reprendre les combats si l’un ou l’autre le juge nécessaire. Le cas récent de la République Démocratique du Congo en est un exemple patent, où l’on assiste à la conclusion d’un cessez-le-feu que pour le voir violer quelques jours plus tard.</p>
<p style="text-align: justify;">La prolifération des armes à feu est un facteur important dans la déliquescence de certains États du Sud. Et de cette faiblesse étatique découle toute une série de dépendances des pays du Sud envers le Nord, particulièrement au niveau militaire et économique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’intervention du Nord au Sud: une aide  intéressée</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’éclatement d’un conflit intra-étatique est souvent un symptôme de la faiblesse d’un État. Il n’est donc pas étonnant que pour vaincre leurs adversaires, les forces étatiques fassent appel à des puissances étrangères pour leur fournir une aide militaire. Mais lorsque accordée, cette aide est rarement désintéressée. Le transfert d’armements à un pays en détresse est un puissant instrument hégémonique, car il permet d’appuyer des forces jugées favorables à en combattre d’autres qui le sont moins. L’un des meilleurs exemples de cette situation est certainement l’appui américain aux moudjahidinesafghans(3).</p>
<p style="text-align: justify;">À la fin des années 1970, le régime en place en Afghanistan fait appel à l’Union soviétique afin de l’aider à vaincre une rébellion en cours. Avec le temps, l’URSS finit par envoyer ses propres troupes au combat. Cette action est jugée par les États-Unis comme une tentative d’expansion de la sphère d’influence communiste. Pour contrer l’effort soviétique, les États-Unis ont fourni une quantité non négligeable d’armes légères aux forces d’opposition afghanes. Il est assez ironique qu’aujourd’hui, les forces de l’OTAN, dans leurs luttes antiterroristes, doivent faire face aux combattants talibans qu’ils ont eux-mêmes armés au cours des années 1980.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont des raisons idéologiques qui ont motivé l’appui américain.  Bien qu’à présent les dimensions idéologiques soient moins évidentes, les puissances du Nord fournissent encore des armes aux États en proie à des conflits internes. On a qu’à penser à la Colombie qui reçoit des centaines de millions de dollars d’équipement de la part des États-Unis pour officiellement lutter contre le trafic de drogue et officieusement, lutter contre les mouvements de guérilla(4).</p>
<p style="text-align: justify;">En gros, ces exemples montrent que les États du Nord agissent pour influencer la situation en leur faveur. Et un point qui soulève peu de doute est que la présence démesurée d’armes légères dans les pays du Sud a de graves répercussions économiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les conséquences économiques de la  prolifération des armes légères</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La PAL contribue à la dépendance économique des pays du Sud envers le Nord, car elle bloque le développement d’une économie moderne et dynamique. Au niveau microéconomique, la forte disponibilité et  la présence des armes poussent la population à investir dans des activités criminelles et combattantes(5) plutôt que dans l’éducation ou dans des activités commerciales.</p>
<p style="text-align: justify;">Du point de vue de cette population, ce choix est tout à fait rationnel, car l’État ne peut assurer la propriété. Compte tenu de l’insécurité, dans certains cas, il est plus risqué de se faire voler le fruit de son labeur que de voler celui de quelqu’un d’autre. Dans cette perspective, l’accumulation de richesse peut constituer un risque à la personne. Ce raisonnement, s’il est généralisé à une bonne partie de la population, permet de comprendre les difficultés macroéconomiques des États du Sud.</p>
<p style="text-align: justify;">L’insécurité qui règne dans ces pays décourage tout investissement étranger, et entraîne même le report de projet de développement, de peur que ces derniers soient récupérés par les groupes criminels(6). La situation se résume à: «Les effets multiplicateurs négatifs des armes légères ont débouché sur la baisse des revenus, la diminution de la consommation et la réduction de la demande globale de biens et services»(7).</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, la PAL entraîne la déviation d’une part grandissante des maigres ressources de ces États vers le secteur de la sécurité et ce sont les infrastructures et les services de base comme les routes, le système de santé et l’éducation, qui en souffrent(8). Sans oublier que les difficultés économiques de ces États les poussent à chercher du financement dans les grandes institutions internationales. Ces dernières, par conviction idéologique, poussent les États du Sud à sabrer dans leurs programmes sociaux et à ouvrir leur faible économie à la féroce concurrence extérieure.</p>
<p style="text-align: justify;">En bout de piste, tout ce qui reste aux États du Sud est de se tourner vers le marché des ressources naturelles. Ce qui augmente davantage leur dépendance vis-à-vis des pays du Nord. Car ce type d’économie est fortement lié à la santé de l’économie mondiale. C’est-à-dire que si l’économie va bien, les ressources vont se vendre à un prix raisonnable. Mais à l’inverse, en période de crise, le prix des matières de base chute et les économies qui en dépendent en font tout autant.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un même ordre d’idées, la vente de matières premières rapporte peu aux pays du Sud puisque cette industrie nécessite des travailleurs peu qualifiés et donc peu payés. Les ressources vendues à l’extérieur du pays sont revendues, sous des formes transformées, plus chères aux pays d’origine. Mais il arrive de plus en plus que les États se fassent piller leurs ressources par des groupes rebelles qui s’en servent pour financer l’achat d’armements.</p>
<p style="text-align: justify;">Le cas le plus connu est celui de l’UNITA en Angola qui se sert de la vente de diamants pour effectuer les paiements à ses fournisseurs(9). Plus particulièrement, on peut citer l’exemple du courtier en armement Yair Klein: ce dernier a reçu en échange de ses services au RUF (un groupe rebelle du Sierra Leone) le droit d’exploiter une plantation de caoutchouc et une compagnie diamantaire(10). Cette vente des ressources naturelles à des courtiers vient doublement affaiblir les États aux prises avec la PAL. Dans un premier temps, en raison de la présence accrue des armes, mais aussi par l’exportation souvent vers des États du Nord, des profits liés à l’exploitation des ressources locales.</p>
<p style="text-align: justify;">En résumé, notre propos n’est pas de dire que le Nord agit de façon machiavélique et concertée, qu’il tente de garder volontairement le Sud dans la pauvreté et la misère. Mais il est important de relever que les États du Nord reçoivent d’importants surplus grâce à la PAL, que ce soit directement par les profits de l’industrie de l’armement ou indirectement par l’affaiblissement des économies nationales du Sud. Alors que les États du Sud en assument la majorité des coûts avec des centaines de milliers de morts et blessés chaque année, des sociétés en crise, et des économies faibles et dépendantes.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) SMALL ARMS SURVEY, <em>Annuaire sur les armes  légères 2002</em>, Bruxelles, GRIP, 2002, p. 175.<br />
(2) SARTRE, Patrice, <em>Désarmement, démobilisation,  et réintégration des anciens combattants (DD&amp;R): perspectives, difficultés  et modalités</em>, OCDE [En Ligne],   (consulté le 12 avril  2006).<br />
(3)  WEZEMAN, Pieter D., Siemon T. WEZEMAN, et Nicholas CHIPPERFIELD, <em>Transfers  of small arms and other weapons to armed conflicts</em>, <em>in</em> INSTITUT  INTERNATIONAL DE STOCKHOLM D’ÉTUDE DE LA PAIX, <em>SIPRI  Yearbook 2001:</em> Armaments, disarmament and international security, Oxford,  Oxford University Press, 2001, p. 410.<br />
(4) <em>Ibid., </em>p  412-413<em>.<br />
</em>(5) SMALL ARMS SURVEY, <em>op. cit.</em>, p. 249.<br />
(6) <em>Ibid.</em>,  p. 251.<br />
(7) <em>Idem.<br />
</em>(8) <em>Idem.<br />
</em>(9) <em>Ibid.</em>,  p. 125.<br />
(10) <em>Ibid.</em>, p. 117.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/la-proliferation-des-armes-legeres-partie-ii-les-consequences-au-%c2%ab-sud-%c2%bb/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La prolifération des armes légères. Partie I</title>
		<link>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/la-proliferation-des-armes-legeres-partie-i/</link>
		<comments>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/la-proliferation-des-armes-legeres-partie-i/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2008 01:20:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex Bernard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond / Long articles]]></category>
		<category><![CDATA[Formats]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Langue / Language]]></category>
		<category><![CDATA[Politique et économie / Politics and economy]]></category>
		<category><![CDATA[Sections]]></category>
		<category><![CDATA[armes légères]]></category>
		<category><![CDATA[commerce]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[transnationalisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lepanoptique.com/?p=298</guid>
		<description><![CDATA[Se déroule actuellement en France un superprocès impliquant plusieurs hautes personnalités, dont le fils de l’ancien Président François Mitterrand. Selon Radio-Canada(1), des anciens ministres, hauts conseillers politiques et hommes d’affaires sont accusés d’avoir pris part, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Se déroule actuellement en France un superprocès impliquant plusieurs hautes personnalités, dont le fils de l’ancien Président François Mitterrand. Selon Radio-Canada(1), des anciens ministres, hauts conseillers politiques et hommes d’affaires sont accusés d’avoir pris part, entre 1993 et 1998, à la vente d’armes à l’Angola, alors en Guerre civile. Nonobstant le côté «glamour» de l’exposition des pratiques douteuses de certains hauts fonctionnaires, ce procès a au moins pour effet de donner un peu d’attention à la problématique largement ignorée du trafic des armes légères. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="Toy Guns" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/42/pol.jpg" alt="Toy Guns" /><br />
Sean Aldrich, <em>Toy Guns</em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Ce premier article s’intéresse aux commerces des armes légères, plus particulièrement à ce qu’on appelle le marché gris des armes. Ce marché constitue une étape intermédiaire dans le commerce des armes qui permet de vendre à presque n’importe qui dans le monde les armes souhaitées, et cela avec un certains degré de protection contre des représailles juridiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le marché blanc: la vente légale des  armes légères</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Toutes les transactions impliquant la vente d’armes ne sont pas illégales ou problématiques. Beaucoup d’entre elles sont destinées à approvisionner les forces policières ou les armées nationales. Les États ont mis en place un système pour régulariser ces échanges. Ce système est principalement axé sur des certificats signés par un pays importateur stipulant que les armes ne seront pas réexportées(2). Mais ce système n’est pas sans faille et des personnes clés, avec les bons contacts, peuvent facilement le détourner et faire disparaître des cargaisons d’armes via le marché gris.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le marché gris: le courtage  transnational des armes légères.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La prolifération des armes légères est une  problématique transnationale. Les activités de courtage le démontrent bien.<br />
Faire appel à un courtier en armes légères est l’un des principaux moyens utilisés pour faire passer des stocks d’armes considérés comme «légaux» vers le marché noir. Mais qu’entend-t-on exactement par courtage d’armes légères? Dans son rapport annuel de 2001, le <em>Small arms  survey</em>, une ONG luttant contre la prolifération des armes légères, définit le courtage comme: «[…] la facilitation, l’organisation de transaction de manière relativement autonome moyennant une certaine forme de compensation matérielle […]»(3).</p>
<p style="text-align: justify;">Les courtiers sont considérés comme ayant un rôle majeur dans les transactions illicites d’armes légères. En clair, un courtier est une personne intermédiaire disposant d’un réseau de contacts au sein de domaines stratégiques (gouvernements, industrie de l’armement, compagnies de transport, etc.) et qui met à profit ce réseau pour conclure des ventes. Le courtier permet de mettre en contact des personnes qui, sans lui, n’auraient jamais pu se parler ni conclure d’ententes(4). Il est en quelque sorte le fil conducteur qui relie acheteur et vendeur.</p>
<p style="text-align: justify;">Un courtier doit être le plus possible «invisible». À cause de la nature des transactions que ce dernier conduit, la plupart du temps, les clients désirent qu’elles restent autant que possible secrètes. C’est notamment le cas lorsqu’un État fait appel à un courtier en sous-traitance afin de mener à bien un transfert qui pourrait être jugé douteux, voir carrément illégal par le reste de la communauté internationale. Mais le courtier a des raisons personnelles de rester le plus «invisible» possible. Moins il laisse de traces, moins il est susceptible d’être poursuivi. Dans la majorité des cas, les courtiers n’entrent pas en possession légale des armes dont ils facilitent la vente.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rôle d’intermédiaire joué par les courtiers constitue une protection. En ce sens, les activités de courtage sont dites «intangibles» ou indirectes. Le courtier est l’équivalent d’une agence de rencontre puisqu’il ne participe pas à proprement parler à la transaction(5). D’autant plus que le courtier exerce son métier dans un pays qui généralement ne sert ni de point d’origine des marchandises, ni de transit lors du déplacement des armes. Ceci complique grandement les recours judiciaires contre le courtier, car il ne se trouve que rarement dans les pays dont il a violé les lois(6).</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut dire que la conjoncture internationale favorise les activités de courtage. La fin de la guerre froide a laissé plusieurs pays avec des arsenaux militaires qui sont jugés aujourd’hui trop volumineux. Il y a donc eu une explosion de l’offre, et certains pays ont voulu tirer profit de leurs surplus(7) en le vendant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le courtage facilité: principes  économiques et technologies</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un des effets de l’augmentation de l’offre a été en quelques sortes d’élargir le cercle des courtiers. Une plus grande disponibilité de la ressource a ainsi permis à de nouveaux joueurs ne disposant pas d’autant de capital politique et financier de se faire une place dans le milieu du courtage.<br />
Ces nouveaux arrivants sont principalement des retraités provenant de la fonction publique, des forces armées et du secteur de la sécurité. Et ils mettent à profit le réseau qu’ils ont développé au cours de leur vie professionnelle(8). Par exemple, pour en revenir au cas de l’Angolagate, on peut se douter que c’est ce type de rôle qu’ont joué les officiels français mis en accusation.</p>
<p style="text-align: justify;">Soulignons aussi que la demande pour des armes légères est aujourd’hui plus forte à cause du type de conflits qui éclatent sur la planète. Aujourd’hui, les conflits sont principalement d’ordre intra-étatique. L’arsenal utilisé par les belligérants dans ce type d’affrontement est surtout composé d’armes légères parce qu’elles sont simples d’usage, pas très chères, et plutôt fiables(9). En somme, d’un point de vue strictement économique, le courtage connaît une double pression vers le haut, provenant à la fois de l’offre et de la demande.</p>
<p style="text-align: justify;">Les activités de courtages sont aussi facilitées par le développement des technologies de communication. Grâce à l’Internet et au cellulaire, il est d’autant plus facile pour le courtier d’entrer en contact avec ses clients, de transférer des fonds dans des paradis fiscaux ou de négocier les coûts de transport. Sans oublier que ces nouvelles technologies, par leur nature «non-géographique», permettent au courtier de se faufiler plus facilement parmi les lacunes des différentes législations nationales(10).</p>
<p style="text-align: justify;">Ces lacunes sont parfois aggravées par des fonctionnaires corrompus qui n’hésiteront pas à forger de faux documents par intérêts politiques ou financiers(11). La corruption est l’une des principales alliées du courtier, car elle peut souvent jouer un rôle déterminant dans le transport des armes vers leurs destinataires, notamment en dissimulant la destination ou le contenu réel du cargo. Mais comme le souligne Abdel-Fatau Musah, pour qu’il y ait nécessité de cacher la cargaison, encore faut-il que les frontières soient surveillées(12).</p>
<p style="text-align: justify;">En somme, le courtage illustre la transnationalité du commerce des armes légères. Sans cette capacité transnationale, le courtier ne peut plus exercer aussi facilement ses activités. Ce sont les flous et les vides juridiques nationaux en matière d’armes légères qui lui permettent de passer au travers des mailles du filet. Dans le pire des cas, si l’un des filets nationaux devient trop tendu, il peut toujours se retourner vers un autre État pour s’approvisionner ou faire transiter ses marchandises.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est clair qu’un État seul ne peut pas agir efficacement contre le courtage illicite des armes légères. Et seul des actions concertées entre les pays exportateurs et importateurs pourront un jour venir juguler le problème. Cependant, comme le démontre la liste des accusés dans le scandale de l’Angolagate, les courtiers ont des relations étroites avec les plus hautes sphères politiques, et, tant qu’il n’y aura pas de changement à ce niveau, le problème risque de persister.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le deuxième article de notre série, nous nous intéresserons aux conséquences de la prolifération des armes légères afin de souligner l’importance de ce fléau mondiale.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) RADIO-CANADA, «Le procès de  l’Angolagate s’ouvre à Paris», [En Ligne] &lt;<a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/10/06/003-angolagate-proces-paris.shtml" target="_blank">http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/10/06/003-angolagate-proces-paris.shtml</a>&gt; (consulté le 6 octobre 2008)<br />
(2) WÉRY, Michel et Bernard ADAM, <em>Armes  légères destructions massives</em>, Bruxelles, GRIP, 2004, p. 59.<br />
(3) SMALL ARMS SURVEY, <em>Annuaire sur les  armes légères 2001, </em>Bruxelles, GRIP, 2001, p. 107.<br />
(4) Organisation des Nations Unis, <em>Report  of the Group of Governmental experts on Small Arms</em>, A/54/258, 19 août 1999,  p.9 [En Ligne] &lt;<a href="http://disarmament.un.org/cab/smallarms/docs/rep54258e.pdf" target="_blank">http://disarmament.un.org/cab/smallarms/docs/rep54258e.pdf</a>&gt; (consulté le 6 octobre 2008)<br />
(5) <em>Idem</em><br />
(6) SMALL ARMS SURVEY, <em>Annuaire sur les  armes légères 2004, </em>Bruxelles, GRIP, 2004, p. 144.<br />
(7)  Organisation des Nations Unies, <em>Report  of the Group of Governmental experts on Small Arms</em>, A/52/298, [En Ligne] <a href="http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/GEN/N97/226/20/PDF/N9722620.pdf?OpenElement" target="_blank"></a>&gt; (consulté le 6 octobre 2008)<br />
(8)  SMALL ARMS SURVEY,<em> Annuaire sur les  armes légères 2001,</em> <em>op. cit.</em>, p. 110.<br />
(9) BERNARD, Adam, «Efforts to control the  international trade in light weapons», <em>in</em>, INSTITUT INTERNATIONAL DE STOCKHOLM D’ÉTUDE DE LA PAIX, SIPRI Yearbook: Armaments, disarmament and international security, Oxford, Oxford University Press, 1999, p. 508.<br />
(10) SMALL ARMS SURVEY, <em>op. cit.</em>,  p. 106.<br />
(11) SMALL ARMS SURVEY, <em>Annuaire sur  les armes légères 2002.op. cit.</em>, p. 134.<br />
(12)  MUSAH, Abdel-Fatau, «Privatization of  security, arms proliferation and the process of state collapse in Africa», <em>Development  and change, </em>volume 5, numéro 33, 2002, p. 926<em>.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/la-proliferation-des-armes-legeres-partie-i/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Géorgie et la Russie: un cas d’ingérence humanitaire?</title>
		<link>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/la-georgie-et-la-russie-un-cas-d%e2%80%99ingerence-humanitaire/</link>
		<comments>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/la-georgie-et-la-russie-un-cas-d%e2%80%99ingerence-humanitaire/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 01 Nov 2008 15:23:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex Bernard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond / Long articles]]></category>
		<category><![CDATA[Formats]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Langue / Language]]></category>
		<category><![CDATA[Politique et économie / Politics and economy]]></category>
		<category><![CDATA[Sections]]></category>
		<category><![CDATA[droit d’ingérence]]></category>
		<category><![CDATA[Géorgie]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Ossétie]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lepanoptique.com/?p=325</guid>
		<description><![CDATA[Le 8 août 2008 est passé à l’histoire comme la journée d’ouverture des Jeux olympiques de Beijing. Avec la décision du gouvernement géorgien d’utiliser la force contre la province séparatiste de l’Ossétie du Sud, cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Le 8 août 2008 est passé à l’histoire comme la journée d’ouverture des Jeux olympiques de Beijing. Avec la décision du gouvernement géorgien d’utiliser la force contre la province séparatiste de l’Ossétie du Sud, cette journée est également passée à l’histoire comme le début d’une nouvelle crise internationale. Plusieurs des questions alors soulevées sont demeurées sans réponse. L’Ossétie du Sud a-t-elle droit à l’indépendance? L’usage de la force par la Géorgie pour assurer sa souveraineté est-il légitime? Et l’ingérence militaire de la Russie afin de protéger les victimes civiles est-elle justifiée? </strong><strong>Dans tous les cas, il nous est permis d’exprimer des doutes quant aux intentions réelles des forces russes lorsqu’elles ont franchi la frontière géorgienne, ce samedi du mois d’août. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="15 Bullet Holes" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/40/pol.jpg" alt="15 Bullet Holes" /><br />
Alan Levine, <em>15 Bullet Holes</em>, 2008<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’Ossétie du Sud et son indépendance</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La Géorgie est née de l’éclatement de l’Union Soviétique au début des années 1990. Peu de temps après son accession à l’indépendance, des tensions ethniques entre Géorgiens et Ossètes ont commencé à émerger. En septembre 1990, le parlement ossète adopta une déclaration d’indépendance. En réponse, les autorités géorgiennes abolirent le statut autonome de l’Ossétie et, en janvier 1991, y déployèrent la garde nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces actions déclenchèrent une guerre civile qui s’est conclue 15 mois plus tard par un cessez-le-feu et l’arrivée d’un contingent russe pour maintenir la paix. Depuis lors, l’Ossétie du Sud vit dans un statut de quasi indépendance, c’est-à-dire qu’elle est gouvernée comme un État moderne indépendant, mais sans reconnaissance internationale(1). Cet état de fait est inacceptable pour Tbilissi, la capitale de la Géorgie, et l’invasion militaire de l’Ossétie du Sud se veut ainsi l’aboutissement d’une escalade qui avait débuté quelques semaines plutôt.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’ingérence humanitaire, une norme internationale?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le système international est basé sur le principe de l’égalité formelle des États et du respect de la souveraineté de chacun. Le concept de souveraineté a deux volets: un interne et l’autre externe. Le volet interne se résume à «l’institutionnalisation des relations d’autorités formelles hiérarchisées où l’État exerce l’autorité suprême à l’intérieur d’un territoire délimité(2)». La souveraineté externe consiste, en quelque sorte, en la capacité d’action d’un État sur la scène internationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Les États ont un devoir de non-ingérence envers les autres États. Autrement dit, ils ne doivent pas violer leur souveraineté et intervenir dans leurs champs de compétence internes. Par exemple, il est inacceptable qu’un État finance un parti politique chez son voisin afin de favoriser la mise en place d’un nouveau gouvernement plus conciliant à son égard. Ce principe de non-intervention est reconnu dans la charte de l’ONU, à l’article 2 aliéna 7. Mais comme le souligne le politologue Philippe M. Defarges, ce principe du respect de la souveraineté a certaines limites, et peut être ignoré à quelques occasions(3).</p>
<p style="text-align: justify;">Principalement, on peut invoquer deux raisons pour justifier une violation de la souveraineté d’un État. Premièrement, il y a la protection d’un État faible par rapport aux forts, comme dans le cas de l’invasion par un voisin plus fort d’un pays incapable de se défendre. C’est sur cette base qu’une coalition internationale, les États-Unis à sa tête, repoussa les forces irakiennes en dehors du Koweït au printemps 1991.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est aussi possible d’invoquer la volonté d’empêcher le massacre de populations civiles. C’est-à-dire qu’une intervention est légitime lorsqu’un État est incapable de remplir ses responsabilités de protecteur vis-à-vis l’ensemble de sa propre population. En 1998, les forces de l’OTAN ont invoqué le principe de l’ingérence humanitaire pour légitimer le bombardement de la Serbie, et mettre ainsi fin au massacre et à la déportation des Albanais du Kosovo.</p>
<p style="text-align: justify;">Par contre, l’OTAN n’avait pas agit avec l’assentiment des Nations Unies, puisque la Chine et la Russie avaient apposé leurs vetos contre la résolution présentée au Conseil de Sécurité. Ceci montre que l’ingérence humanitaire est loin de faire consensus et est fortement soumise à des jeux de pouvoir conjoncturels.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Intervention humanitaire ou logique de Guerre froide?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque les chars d’assaut russes ont franchi la frontière géorgienne cet été, ils ont invoqué le concept d’ingérence humanitaire. C’est-à-dire, dans ce cas, arrêter le massacre de la population civile ossète et supporter le contingent russe de maintien de la paix déjà en place en Ossétie du Sud. S’il est encore trop tôt pour être absolument sûr du nombre de victimes civiles chez la population ossète, quelques raisons nous amènent à soulever des doutes quant à la volonté réelle de Moscou lorsqu’elle fit le choix d’envahir le territoire géorgien.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un premier temps, ce serait une erreur de croire que l’ingérence moscovite débuta en août 2008, car depuis 1992, la plupart des Ossètes sont détenteurs d’un passeport russe, et la monnaie de prédilection dans cette province est le Rouble. Ce genre d’interventions s’arrime mal à des motifs humanitaires, mais tient plutôt de l’impérialisme en contrevenant à la souveraineté géorgienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis le démantèlement du bloc soviétique, la sphère d’influence de la Russie n’a cessé de se réduire. Plusieurs anciennes républiques se sont jointes au camp de l’Ouest par le biais de l’Union européenne ou de l’OTAN. De ce point de vue, les actions entreprises par Tbilissi pour mettre au pas sa province rebelle semblent n’être qu’un prétexte utilisé pas Moscou pour mettre son poing sur la table et tenter de mettre fin à l’hémorragie.</p>
<p style="text-align: justify;">L’ingérence humanitaire dans la région est issue des années 1990, une décennie où les préoccupations sécuritaires avaient laissé plus de place aux considérations humanitaires(4). Mais avec les attentats du 11 septembre et la «Guerre à la terreur», cette hiérarchie des priorités semble s’être inversée à nouveau(5). L’ingérence humanitaire semble avoir perdu son objectif antérieur, celui d’aider les populations dans le besoin. Elle est plutôt venue s’ajouter aux cordes de l’arc des puissants de ce monde pour leur permettre d’atteindre leurs objectifs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, l’intervention humanitaire se veut un moyen de limiter la souveraineté d’un État qui en abuserait aux dépends d’une population civile. Mais, il est important de rappeler que dans les faits, les États sont inégaux et que bien souvent les faibles font ainsi les frais de la politique des puissants. Et jusqu’à ce que l’on définisse clairement les critères d’intervention, on pourra donner à plusieurs ingérences des prétextes humanitaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais compte tenu du changement des priorités au niveau international, où les considérations de sécurité reprennent de l’importance par rapport aux enjeux humanitaires, la possibilité de voir une telle définition est pratiquement nulle.</p>
<p style="text-align: justify;">Il semble plutôt évident à l’observateur extérieur que la Russie avait d’autres motifs que ceux relevant de considérations humanitaires lorsqu’elle a décidé d’envahir la Géorgie. Mais l’on peut difficilement blâmer exclusivement Moscou d’agir ainsi, puisque les Américains ont donné l’exemple en invoquant des raisons humanitaires pour justifier l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak. Ainsi est pavée la voie à la perversion d’un principe qui se voulait au départ apolitique et pour le bénéfice de tous.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) KOLSTO, Pal et Helge, BLAKKISRUD, «Living with Non-recognition: State and Nation-building in South Caucasian Quasi-state»<em>, Europe-Aisa Studies</em>, vol. 60, no. 3, (mai  2008), p. 483-509.<br />
(2) LAPOINTE, Thierry,  «Souveraineté», dans MACLEOD, Alex et <em>al.</em>, <em>Relations internationales: théories et  concepts</em>, Athéna éditions, Outremont, 2004, p. 230.<br />
(3) DEFARGES, Philippe  M., <em>L’ordre mondial,</em> Armand Colin,  Paris, 2003, p. 168.<br />
(4) WHEELER, Nicholas J. et Alex J. BELLAMY, «Humanitarian intervention in world politics», dans BAYLIS, John et Steve, SMITH, <em>The Globalization of World Politics: An Introduction to International  Relations</em>, Oxford University Press, Oxford,  2005, p. 556.<br />
(5) <em>Ibid.</em>, p. 572.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/la-georgie-et-la-russie-un-cas-d%e2%80%99ingerence-humanitaire/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L’identité nationale à l’heure de l’Internet : effacement ou persistance ?</title>
		<link>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/l%e2%80%99identite-nationale-a-l%e2%80%99heure-de-l%e2%80%99internet-effacement-ou-persistance/</link>
		<comments>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/l%e2%80%99identite-nationale-a-l%e2%80%99heure-de-l%e2%80%99internet-effacement-ou-persistance/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 15 Jul 2008 20:45:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex Bernard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond / Long articles]]></category>
		<category><![CDATA[Formats]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Langue / Language]]></category>
		<category><![CDATA[Politique et économie / Politics and economy]]></category>
		<category><![CDATA[Sections]]></category>
		<category><![CDATA[globalisation]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[nationalisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lepanoptique.com/?p=590</guid>
		<description><![CDATA[Selon Statistique Canada, en 2005, 67,9% de la population canadienne faisait usage d’Internet et, chez les 18-34 ans, la proportion s’élevait à 88,9%1. L’Internet est désormais incontournable. L’effet de ce médium sur l’identité de ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Selon Statistique Canada, en 2005, 67,9% de la population canadienne faisait usage d’Internet et, chez les 18-34 ans, la proportion s’élevait à 88,9%<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#r1"><sup>1</sup></a><a name="t1"></a>. L’Internet est désormais incontournable. L’effet de ce médium sur l’identité de ses usagers, particulièrement sur leur identification nationale, est un sujet controversé. Dans la littérature, on retrouve des auteurs qui favorisent la création de communautés virtuelles et globales, et d’autres qui soulignent la possibilité de renforcer l’identité nationale par le biais d’Internet. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title="no!no identity!" src="http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/33/pol.jpg" alt="no!no identity!" /><br />
silvia di natale, <em>no!no identity!</em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">La grande toile évolue de plus en  plus vers l’idéal type du <em>melting pot</em> américain, c’est-à-dire un lieu de rencontre où toutes les cultures se côtoient et se mélangent. Il n’est plus inusité d’être en contact régulier avec des individus qui se situent à des milliers de kilomètres et dont on ne verra jamais le visage. Les environnements virtuels tels Second Life ou les jeux en ligne comme World of Warcraft ont des millions d’adhérents partout sur la surface du globe: ils sont en eux-mêmes de véritables communautés, avec leurs propres jargons et règles de conduite. Pour certains adhérents, la vie en ligne a même préséance sur la vie réelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Compte tenu de la popularité croissante de ce mode de socialisation transnationale, on doit s’interroger sur les effets possibles de ce phénomène sur les identités nationales. Autrement dit, les interactions électroniques contribuent-elles à l’effacement des identités nationales, à leur renforcement, ou demeurent-elles sans effet? Nous proposons d’explorer cette thématique en trois temps. Tout d’abord, il s’agit de définir quelque peu ce que l’on entend par identité nationale. Deuxièmement, nous exposerons la thèse des tenants de l’effacement de l’identité nationale. En dernier lieu, nous présenterons la thèse du maintien et du renfoncement des identités nationales sur Internet.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce  que l’identité nationale?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’identité d’une personne est comparable à un gâteau. Elle est composée de plusieurs ingrédients qui, pris individuellement, n’ont pas tellement de sens mais mélangés ensemble forment un tout cohérent. L’identité nationale est l’une de ces composantes qui définissent une personne. Tous les ingrédients ont un rôle à jouer. Selon  Michael Ng-Quinn, spécialiste de la Chine: «L’objectif de n’importe quelle identité est de régulariser le comportement afin de minimiser les incertitudes et rendre la vie plus simple à gérer.<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#r2"><sup>2</sup></a><a name="t2"></a>» Les multiples facettes de notre identité sont en quelque sorte des points de repère qui orientent nos choix et nos décisions.</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque individu est unique et composé de sa propre recette. L’importance accordée à l’identité nationale varie d’une personne à l’autre. Si l’on reprend notre métaphore culinaire, chez certains, l’identité nationale jouera le rôle de la farine et cimentera le tout. Chez d’autres, elle occupera des fonctions moins essentielles, comme le sucre, et se limitera à donner un goût distinctif. Mais l’ensemble des individus possède une telle identité car, comme l’indique le politologue Thierry Hentsch, l’identité nationale est inculquée depuis la plus tendre enfance par le milieu social<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#r3"><sup>3</sup></a><a name="t3"></a>. Son  apprentissage fait partie du cheminement normal d’une personne.</p>
<p style="text-align: justify;">L’identité nationale sert à nous distinguer des autres nations. Ce type d’identité comporte deux niveaux. D’abord, on retrouve ce que l’on pourrait nommer des marqueurs primaires. Ce sont des traits qui sont facilement discernables, par exemple: l’ethnie, la langue, la religion et l’appartenance à un État. Ces derniers ne sont pas exclusifs et peuvent être partie prenante de plus d’une nationalité. Le deuxième niveau est plus abstrait et est constitué de mythes et symboles entourant la nation. Il s’agit ici, entre autres, de l’histoire fondatrice, des valeurs qui représentent la nation, etc. Ce deuxième niveau est davantage exclusif que le premier, et tend à être plus sensible aux changements conjoncturels. Par exemple, le contenu symbolique de l’identité allemande a fortement évolué avant et après la défaite de 1945.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Effacement  de l’identité nationale</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Sur Internet, les marqueurs primaires de l’identité nationale sont souvent absents ou fortement atténués. Les interactions se font souvent de manière écrite et ne permettent pas de distinguer l’ethnie de nos interlocuteurs. Dans plusieurs cas, l’anglais sert de langue commune et la majorité des internautes acceptent son utilisation. Sans oublier qu’il s’agit d’un environnement virtuel en grande partie dénué de frontière étatique.</p>
<p style="text-align: justify;">La thèse de la diminution de l’identification politique est surtout associée à la lutte pour les droits de l’homme et aux diverses ONG. L’article du sociologue Saskia Sassen, «Local Actors in Global Politics»<em>, </em>est particulièrement typique de ce courant. Il défend l’idée que l’Internet est une infrastructure qui permet à de petits acteurs locaux, comme les ONG, de s’exprimer dans un environnement global en court-circuitant l’État-nation. Sans nécessairement annihiler l’attachement à la nation, ce nouveau réseau global favorise l’émergence d’identités transnationales en émancipant les acteurs locaux de l’échelon national qui tendait à monopoliser les débats<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#r4"><sup>4</sup></a><a name="t4"></a>. Les forums de discussion sont de remarquables exemples du phénomène. Ils constituent de véritables communautés d’intérêts où les participants se rencontrent et échangent librement des idées sur divers sujets.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette vision des choses se fonde  sur l’ouvrage incontournable de Benedict Anderson, <em>Imagined Communities</em><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#r5"><sup>5</sup></a><a name="t5"></a>.Anderson nous parle d’une communauté imaginée, parce que les membres de celle-ci n’auront pas tous la chance de se connaître mais que des intérêts  et des valeurs communes les lient néanmoins<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#r6"><sup>6</sup></a><a name="t6"></a>. Si, en 1983, l’auteur avait davantage les nations en tête, cette vision s’applique désormais aussi en grande partie aux communautés virtuelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Le politologue Kurt Mills résume assez bien cette thèse, en affirmant que «l’Internet réduit le temps et l’espace au point que les frontières [nationales] disparaissent «virtuellement» et apparaissent beaucoup moins significatives à la construction d’identités, de communautés et d’allégeances.<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#r7"><sup>7</sup></a><a name="t7"></a>» L’Internet joue donc sur les marqueurs symboliques de l’identité nationale en permettant l’émergence et l’expression de discours alternatifs à ceux présents dans les médias traditionnels.</p>
<div style="text-align: justify;"><script type="text/javascript">// <![CDATA[
    if (randomnumber==null) {
          var axel = Math.random() + "";
            var randomnumber = axel * 10000000000000000;
            randomnumber = Math.round(randomnumber);
       }
      document.write ("<scr" + "ipt language=Jav" + "aScript src=http://ads.networldmedia.net/servlet/ajrotator/268593/0/vj?z=networld&#038;dim=148898&#038;pos=2&#038;pv="+randomnumber + "></scr"+"ipt>");
// ]]&gt;</script><script src="http://ads.networldmedia.net/servlet/ajrotator/268593/0/vj?z=networld&amp;dim=148898&amp;pos=2&amp;pv=8231391474502578"></script></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le  renforcement de l’identité nationale</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’Internet demeure pourtant une arme à deux tranchants, car ce que Mills affirme d’un côté, il le concède de l’autre. Les États nationaux peuvent eux aussi se servir de l’Internet pour renforcer le sentiment d’identification nationale en communiquant leurs messages<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#r8"><sup>8</sup></a><a name="t8"></a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Parallèlement, le socio-anthropologue Thomas H. Eriksen nous parle de la province virtuelle. C’est-à-dire que les gouvernements utilisent Internet pour rejoindre leur diaspora et stimuler un sentiment d’identification avec leur patrie d’origine. Dans cet exemple, l’Internet, en tant que lieu de rencontre, devient une province virtuelle de l’État<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#r9"><sup>9</sup></a><a name="t9"></a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les gouvernements réussissent à se servir de l’Internet pour stimuler ou raviver l’identification nationale, c’est en notamment parce que la majeure partie de notre vie se déroule encore de manière «déconnectée». Jusqu’à ce que ce ne soit plus le cas, nos expériences virtuelles demeureront modelées par nos expériences et nos relations concrètes. Une étude sur les communautés en ligne en est venue à la conclusion que les affiliations sur Internet reflètent celles qui se déroulent à l’extérieur du monde électronique<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#r10"><sup>10</sup></a><a name="t10"></a>.</p>
<p style="text-align: justify;">L’un des cas les plus traités sur cette question est probablement celui de la Chine. Bien des journalistes et universitaires occidentaux ont avancé que l’Internet allait contribuer à la démocratisation du pays; quelques années plus tard, le régime est toujours en place et, paradoxalement, Internet semble être de plus en plus populaire chez les Chinois. Les politologues Yongnian Zheng et Guoguang Wu affirment que c’est l’interaction entre la société et l’État qui fera pencher la balance dans une direction ou dans l’autre<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#r11"><sup>11</sup></a><a name="t11"></a>, nous  rappelant ainsi l’importance du réel sur les effets potentiels du virtuel.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, nous avons vu que par sa nature même, en atténuant les marqueurs primaires de l’identité nationale, l’Internet peut favoriser la création d’identités transnationales. Mais c’est surtout au niveau symbolique, celui du message, en favorisant la communication entre les individus et divers acteurs locaux, comme les ONG, que l’Internet produit son plus grand effet.</p>
<p style="text-align: justify;">Par contre, il ne s’agit pas d’un médium à sens unique. Les symboles et les mythes de l’identité nationale peuvent être tout aussi bien véhiculés électroniquement. Sans oublier que l’Internet est dépendant de ce qui se passe à «l’extérieur» et demeurera un miroir (déformé) de la réalité physique.</p>
<p style="text-align: justify;">Trancher la question de façon définitive s’avère une tâche difficile, voire impossible, puisque qu’il semble y avoir une coexistence des phénomènes. Mais peut-être qu’à la base c’est faire erreur que d’examiner les effets du réseau Internet. Peut-être faut-il davantage se tourner vers l’utilisateur et les intentions avec lesquelles il en fait usage. Par exemple, un internaute qui cherche à rencontrer d’autres personnes et à explorer d’autres cultures aura une expérience complètement différente d’un autre qui veut exprimer son indignation face au traitement humiliant de son pays sur la scène internationale.</p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, s’il est vrai que l’Internet influence nos vies, la grande toile ne sera, en définitive, que ce que les utilisateurs décideront d’y apporter lorsqu’ils s’y connecteront.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong> (cliquez sur le numéro de la note pour revenir au texte)</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#t1">1.</a><a name="r1"></a> Statistique Canada,  «Caractéristiques des utilisent Internet», [en ligne] <a href="http://www40.statcan.ca/l02/cst01/comm15_f.htm">http://www40.statcan.ca/l02/cst01/comm15_f.htm</a>. Consulté  le 9 juin 2008.<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#t2">2.</a><a name="r2"></a> NG-QUINN, Micheal., «National Identity in Premodern China: Formation and  Role Enactment», <em>in </em>DITTMER, Lowell et Samuel S. Kim (ed.), <em>China</em><em>’s quest for national identity</em>, Cornell  University Press, Ithaca,  1993, p. 32.<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#t3">3.</a><a name="r3"></a> HENTSCH, Thierry, <em>Introduction aux fondements du  politique</em>, Presses de l’université du  Québec, Sainte-Foy, 2002, p. 3-4.<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#t4">4.</a><a name="r4"></a> SASSEN, Saskia, «Local Actors in Global Politics», <em>Current Sociology, vol. 54, no.2, juillet 2004, </em>p. 649-670<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#t5">5.</a><a name="r5"></a> MILLS, Kurt, «Cybernations : Identity, Self-determination, Democracy, and the «Internet Effect» in the Emerging Infirmation Order», <em>Global Society</em>, vol. 16, no.1, janvier 2002, p. 70.<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#t6">6.</a><a name="r6"></a> ANDERSON,  Benedcit, <em>Imagined Communities</em>,  Verso, New-York, 2006, 6-7.<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#t7">7.</a><a name="r7"></a> MILLS, <em>op. cit.</em>, p. 75<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#t8">8.</a><a name="r8"></a> <em>Ibid.</em>,  p. 77.<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#t9">9.</a><a name="r9"></a> ERIKSEN, Thomas H., «Nationalism and the Internet», <em>Nations and Nationalism, </em>vol. 13, no.1, janvier 2007, p. 13-14.<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#t10">10.</a><a name="r10"></a> SOON,  Carol et Randolph KLUVER, «The Internet and  Online Political Communities in Singapore», Asian Journal of Communication, vol. 17, no.3, septembre 2007, p. 258.<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=423&amp;theme=politique#t11">11.</a><a name="r11"></a> ZHENG, Yongnian et Guoguang WU, «Information Technology, Public Space, and  Collective Action in China» <em>Comparative</em> Political Studies, vol.  38, no. 5, juin 2005, p.  507-536.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/l%e2%80%99identite-nationale-a-l%e2%80%99heure-de-l%e2%80%99internet-effacement-ou-persistance/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Nationalisme et sanctions internationales en Chine: quels effets?</title>
		<link>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/nationalisme-et-sanctions-internationales-en-chine-quels-effets/</link>
		<comments>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/nationalisme-et-sanctions-internationales-en-chine-quels-effets/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 15 Jul 2008 14:25:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex Bernard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles de fond / Long articles]]></category>
		<category><![CDATA[Formats]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Langue / Language]]></category>
		<category><![CDATA[Politique et économie / Politics and economy]]></category>
		<category><![CDATA[Sections]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Jeux olympiques]]></category>
		<category><![CDATA[sanctions économiques]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lepanoptique.com/?p=628</guid>
		<description><![CDATA[Les Jeux olympiques de Beijing sont probablement l’un des évènements les plus attendus par la population chinoise. Le succès de cet événement pourrait venir concrétiser une réalité qui s’impose sur la scène internationale, soit une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Les Jeux olympiques de Beijing sont probablement l’un des évènements les plus attendus par la population chinoise. Le succès de cet événement pourrait venir concrétiser une réalité qui s’impose sur la scène internationale, soit une place pour la Chine parmi les grands de ce monde. Par contre, depuis la mi-mars environ, la préparation de cette célébration du génie chinois est de plus en plus perturbée par des manifestations concernant l’indépendance du Tibet et la question des droits humains en Chine.  Les pays occidentaux et les ONG qui leur sont rattachées ont vite fait de critiquer la Chine. Certains d’entre eux, dont la France, n’écartent pas l’idée de boycotter la cérémonie d’ouverture des Jeux pour signifier leurs inquiétudes et désaccords face à cette situation. On peut s’interroger sur l’effet réel et sur l’efficacité de cette attitude sur le comportement du gouvernement chinois. Autrement dit, les réprimandes et les critiques occidentales dirigées vers le gouvernement chinois atteignent-elles leurs objectifs? </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img class="" title=" Breathing" src=" http://www.lepanoptique.com/apps/edition/images_editions/31/pol.jpg" alt=" Breathing" /><br />
Jurek Durczak, <em> Breathing</em>, 2007<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Nous défendrons l’hypothèse que l’attitude et les réprimandes de l’Occident face à la Chine risquent de ne pas mener aux conséquences escomptées, mais plutôt à un renforcement d’un nationalisme xénophobe et intolérant. Nous appuyons nos réflexions sur trois arguments, soit la conception nationaliste des relations internationales, la place de l’Occident dans le discours nationaliste chinois et, à titre d’exemple, l’effet des sanctions internationales suite aux incidents de la place Tienanmen de 1989.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La conception nationaliste des relations  internationales</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le darwinisme social est une théorie sociologique qui était très en vogue au cours du XIXe et au début du XXe siècle. Il s’agit d’une transposition de la théorie de Darwin sur l’évolution des espèces à celle des sociétés. Selon cette théorie, toutes les sociétés ne sont pas égales; certaines sont mieux adaptées que d’autres à l’environnement mondial et il est normal que les mieux adaptées dominent les plus faibles. À l’époque de sa popularité, cette théorie légitimait les régimes coloniaux de l’Occident. Mais, comme l’indique l’historien Prasenjit Duara, le darwinisme social a été récupéré par les intellectuels chinois et intégré aux besoins locaux:</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>Le darwinisme social en Chine a traduit la conception historique chinoise de races inférieures en une conception d’un nouvel ordre global hiérarchique entre races et nations. […] Mais en Chine, comme ailleurs, l’élément darwinien, en mettant l’emphase sur la compétition entre les espèces et la lutte pour la survie, a non seulement un élément d’urgence, mais aussi un volontarisme qui rendit possible et éminemment désirable une ascension dans la hiérarchie.<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#r1"><sup>1</sup></a><a name="t1"></a></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, la théorie du darwinisme social a été largement discréditée et il est rare qu’elle soit ouvertement défendue. Tout de même, il ne faut pas chercher très loin au sein du discours nationaliste chinois contemporain pour en découvrir des éléments. En effet, l’idée de hiérarchie entre les nations occupe une place importante au sein du discours nationaliste en Chine, particulièrement chez les auteurs populaires, parce que les théories darwiniennes ont un très fort potentiel mobilisateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Combinée à la remémoration des «100 ans d’humiliation», la rhétorique du darwinisme social joue sur la faiblesse imaginée de la Chine: en mettant l’emphase sur la compétition entre les nations et en soulignant le caractère arriéré de la Chine face aux nations <em>avancées</em>, les nationalistes chinois peuvent défendre plus facilement l’idée que des sacrifices sont présentement nécessaires pour obtenir des bénéfices futurs. De telles idées contribuent à exacerber la xénophobie au sein de la population puisque chaque action posée par une autre nation ou un autre pays peut être interprétée comme une tentative de nuire à la Chine afin que celle-ci ne devienne une puissance importante et menace ainsi le statu quo international.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> La place de l’Occident au sein du discours  nationaliste chinois</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le nationalisme a joué un rôle important au cours de l’histoire moderne chinoise. Selon Suisheng Zhao: «L’histoire moderne chinoise a été ponctuée de nombreuses crises causées par des désordres internes et des agressions étrangères. Les résolutions de toutes ces crises ont requis des actions nationalistes.<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#r2"><sup>2</sup></a><a name="t2"></a>» Une des plus grandes sources d’inspiration du discours nationaliste actuel est ce que l’on nomme «les 100 ans d’humiliation». Il s’agit d’une phase historique s’étendant des Guerres de l’Opium à la formation de la République populaire de Chine, soit d’environ 1840 à 1949.</p>
<p style="text-align: justify;">Le siècle d’humiliations a créé un dilemme important face à l’héritage culturel chinois. L’affrontement traumatique entre l’Est et l’Ouest a fondamentalement déstabilisé la vision du monde des Chinois et leur place à l’intérieur de celui-ci<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#r3"><sup>3</sup></a><a name="t3"></a>. Pour sauver la Chine, il fallait abandonner une partie de son héritage culturel et adopter, à tout le moins en partie, la technologie et la façon de faire des «barbares». Au cours de cette période, la Chine a subi de nombreuses humiliations imposées par les Occidentaux et le Japon. Ces humiliations ont, entre autres, pris la forme de traités inégaux signés par la Chine et exigeant de cette dernière d’énormes concessions. On a qu’à penser  la cessation de Macao et Honk Kong aux puissances impériales européennes en 1557 et 1842.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon Michael H. Hunt, «chaque nouvelle imposition et humiliation ont déclenché des alarmes chez des patriotes en révélant la faiblesse de la Chine et son incapacité à mettre fin à la crise.<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#r4"><sup>4</sup></a><a name="t4"></a>» Bien qu’aujourd’hui la Chine soit sur la voie de la croissance économique, et ce depuis plus de 20 ans, l’idée d’une Chine faible et vulnérable est encore bien présente. En clair, dans l’historiographie nationaliste chinoise, l’Occident joue un rôle d’agresseur et cherche constamment à empêcher l’ascension de la Chine au sein de la hiérarchie internationale. Cette thèse a surtout trouvé écho au sein de la population chinoise à partir des années 1990.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’effet des sanctions post-Tienanmen</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les évènements de 1989 représentent un point tournant dans la formation du nationalisme chinois. C’est à partir de ce moment que les dimensions xénophobes de l’identité nationale chinoise prirent plus d’ampleur. Les manifestations, sur la Place Tienanmen, étaient dirigées contre la corruption et en faveur de réformes politiques, donc directement adressées à l’élite dirigeante du Parti communiste chinois (PCC). À la suite de la répression violente entreprise contre les manifestants, plusieurs pays, les États-Unis en tête, ont imposé des sanctions économiques à la Chine pour signifier leur désapprobation. Mais, plutôt que d’affaiblir le Parti communiste, ces sanctions ont permis de le renforcer et de justifier ses actions.</p>
<div style="text-align: justify;"><script type="text/javascript">// <![CDATA[
    if (randomnumber==null) {
          var axel = Math.random() + "";
            var randomnumber = axel * 10000000000000000;
            randomnumber = Math.round(randomnumber);
       }
      document.write ("<scr" + "ipt language=Jav" + "aScript src=http://ads.networldmedia.net/servlet/ajrotator/268593/0/vj?z=networld&#038;dim=148898&#038;pos=2&#038;pv="+randomnumber + "></scr"+"ipt>");
// ]]&gt;</script><script src="http://ads.networldmedia.net/servlet/ajrotator/268593/0/vj?z=networld&amp;dim=148898&amp;pos=2&amp;pv=7452949447542884"></script></div>
<p style="text-align: justify;">La très grande majorité des auteurs reconnaissent qu’avec le déclin de l’idéologie marxiste au sein de la population chinoise, le PCC se retrouvait avec un énorme déficit de légitimité. Pour remédier à cette situation, le Parti décida de se tourner vers le nationalisme et s’est alors présenté comme étant le seul défenseur possible des intérêts de la nation contre les ingérences extérieures. Le politologue William Callahan explique que le choix d’un nationalisme agressif visait à détourner l’attention de la population des problèmes internes à la Chine et de la réorienter vers l’extérieur en stimulant un sentiment anti-étranger<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#r5"><sup>5</sup></a><a name="t5"></a>. Les autorités chinoises lièrent alors le discours sur les droits humains avec les sanctions internationales et les «100 années d’humiliation». Cette liaison entre ces trois éléments a permis d’affirmer que l’adoption de la démocratie et des droits humains sont incompatibles avec la Chine et constituent une tentative d’ingérence étrangère néfaste. Le spécialiste de la Chine Peter H. Gries affirme que «le PCC a largement réussi à convaincre sa population que les sanctions occidentales n’étaient pas anti-communistes, mais anti-chinoises. Et les succès des efforts du PCC contribuent à expliquer l’émergence d’un nationalisme populaire à l’intérieur de la Chine de 1990.<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#r6"><sup>6</sup></a><a name="t6"></a>» À partir de ce moment, le PCC a continuellement fait usage de cette rhétorique lorsqu’il était critiqué par la communauté internationale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, nous avons tenté de démontrer que d’éventuelles sanctions comme le boycottage des Jeux olympiques, en réponse à la situation tibétaine et à celle des droits humains en Chine, n’auraient pas l’effet escompté par la communauté internationale. Essentiellement, trois facteurs soutiennent notre position. Les relations internationales sont conçues sur une base hiérarchique entre les faibles et les forts et, au sein du discours nationaliste, l’Occident est présenté comme un agresseur qui veut empêcher la Chine de se développer et d’atteindre un statut de grande puissance. Donc, d’éventuels critiques ou sanctions seraient perçues comme un moyen pour rabaisser la Chine à l’aube de sa gloire. Finalement, les évènements subséquents aux manifestations de la Place Tienanmen, en 1989, nous démontrent que le PCC s’est servi des pénalités économiques pour légitimer son régime, et donc sa façon de faire, ce qui est l’inverse absolu des objectifs justifiant les mesures internationales. Depuis lors, plusieurs autres évènements internationaux<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#r7"><sup>7</sup></a><a name="t7"></a> ont entraîné une réponse similaire de la part des autorités chinoises et peu d’éléments nous portent à penser que la situation actuelle mènera à une réplique dissemblable.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong> (cliquez sur le numéro de la note pour revenir au texte)</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#t1">1.</a><a name="r1"></a> DUARA, Prasenjit, <em>Rescuing history from the nation </em>: <em>questioning narratives of modern China</em>,  University of Chicago  press, Chicago,  p. 139.<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#t2">2.</a><a name="r2"></a> ZHAO<em>, </em>Suisheng<em> A  Nation-State by Construction : Dynamics of modern chinese nationalism</em>, Stanford<em> op.cit.,</em> p. 19.<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#t3">3.</a><a name="r3"></a> GRIES, Peter, <em>China</em><em>’s New Nationalism : Pride, Politics,  and Diplomacy</em>, University of California Press, Berkeley, 2004, p. 47<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#t4">4.</a><a name="r4"></a> HUNT, Michael H., « Chinese National  Identity and the Strong State : the Late Qing-Republianc Crisis », <em>in </em>DITTMER, Lowell  et Samuel S. Kim (ed.), <em>China</em><em>’s  quest for national identity</em>, Cornell University Press, Ithaca, 1993, p. 64.<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#t5">5.</a><a name="r5"></a> CALLAHAN, William A., « History, identity  and security: producing and consuming nationalism in China », <em>Critical asian  studies, </em>vol. 38, no. 2, 2006, p. 186<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#t6">6.</a><a name="r6"></a> GRIES, <em>op. cit.</em>, p. 74.<br />
<a href="http://www.lepanoptique.com/page-article.php?id=402&amp;theme=politique#t7">7.</a><a name="r7"></a> Par exemple, la perte des Jeux Olympiques de 2000 en 1993, le bombardement de l’ambassade Chinoise en 1999 par l’Otan ou la collision entre un avion espion américains et un jet chinois en 2001.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lepanoptique.com/sections/politique-economie/nationalisme-et-sanctions-internationales-en-chine-quels-effets/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

