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	<title>Le Panoptique &#187; Julie Parent et Kelly LeBlanc</title>
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	<description>Perspectives sur les enjeux contemporains &#124; More Perspective on Current International Issues</description>
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		<title>L’Uruguay aux prises avec les papetières ou l’eucalyptus?</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Feb 2007 23:50:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julie Parent et Kelly LeBlanc</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Environnement / Environment]]></category>
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		<description><![CDATA[Le Fleuve Uruguay, qui partage l’Uruguay et l’Argentine, est la scène d’une dispute diplomatique environnementale depuis maintenant plus de quatre ans. Deux entreprises étrangères de pâtes et papiers, industries présentant un fort potentiel de contamination [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Le Fleuve Uruguay, qui partage l’Uruguay et l’Argentine, est la scène d’une dispute diplomatique environnementale depuis maintenant plus de quatre ans. Deux entreprises étrangères de pâtes et papiers, industries présentant un fort potentiel de contamination environnementale, s’installent en Uruguay, provoquant une vive opposition, surtout du côté argentin. Aux effets directs de ces industries sur l’environnement, s’ajoutent les impacts des monocultures d’eucalyptus qui alimentent ces usines. Bien que la problématique entre l’Argentine et l’Uruguay tourne davantage autour de l’emplacement des entreprises, nous centrerons le propos de cet article sur le choix politique uruguayen préconisant la plantation d’eucalyptus, matière première des industries, un choix qui a son lot d’impacts environnementaux et qui, de ce fait, est discutable. </strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img title="Le rouleau de feuille de papier journal 3202 (Newsprint sheet roll 3202)" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/env-papier.jpg" alt=" Le rouleau de feuille de papier journal 3202 (Newsprint sheet roll 3202)" width="294" height="214" /><br />
Amanda Graham, <em> Le rouleau de feuille de papier<br />
journal 3202 (Newsprint sheet roll 3202)</em>, 2005<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Le fleuve Uruguay est limitrophe à l’Argentine et à l’Uruguay   et il est géré par un statut légal. Dans le cas où un   projet risque d’affecter la navigation, le régime du fleuve ou   la qualité de ses eaux, ledit projet doit être soumis à la   Commission administrative du fleuve Uruguay (CARU) afin d’être   accepté des deux nations(1). L’Argentine accuse d’ailleurs   l’Uruguay de ne pas avoir respecté cette obligation dans le cadre   de la construction de deux usines de pâtes et papiers, l’une finlandaise   et l’autre espagnole. À cet effet, elle a demandé une interruption   des travaux jusqu’à ce qu’une entente soit convenue. Cette   demande a été refusée à l’Argentine par la   Cour internationale de justice (CIJ) en juillet 2006. Des manifestations importantes   ont présentement lieu en ce sens et elles créent des problèmes   de communication routière entre les deux États. En novembre dernier,   l’Uruguay, à son tour, a fait une requête auprès   de la CIJ afin de «faire cesser toute interruption du transit entre l’Uruguay   et l’Argentine, y compris la fermeture, le blocage de la circulation   ou l’entrave à celle-ci sur les ponts et les routes qui relient   les deux États(2)». Les nombreuses plaintes officielles et l’organisation   Les Amis de la Terre font écho de la plus grande manifestation environnementale   de l’histoire, qui a mobilisé 120 000 manifestants en avril   2006, et exposent bien le caractère conflictuel de ces investissements étrangers(3).   Au moment où cet article est rédigé, la décision   de la cour, quant à l’obligation pour l’Argentine de déplacer les manifestations, n’est pas encore connue.Les considérations environnementales ont évidemment une importance   majeure dans la dispute en cours et s’additionnent aux questions géopolitiques   qui semblent, selon certains auteurs, des précurseurs à la dispute(4).   L’Argentine craint pour la santé de sa population riveraine en   aval du site des deux usines. En effet, les effluents riches en organochlorés   de l’industrie des pâtes et papiers poseraient un risque à la   santé par bioaccumulation dans la chaîne alimentaire(5). Les Uruguayens   s’inquiètent également des risques occasionnés par   ces usines. Toutefois, la région de Fray Bentos, où les usines   s’installeront, est grandement favorable à leur implantation en   raison de l’emploi qu’elles créeront(6).</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré les risques environnementaux directement liés à l’implantation   des papetières, il est intéressant de connaître le contexte   environnemental dans lequel cette implantation s’inscrit. En effet, bien   que l’Uruguay soit constitué essentiellement de prairies, de grandes   plantations d’eucalyptus couvrent son territoire depuis déjà plusieurs   années. Comme plusieurs pays du Sud, l’Uruguay est aujourd’hui   la terre d’accueil d’industries de pâtes et papiers venant   du Nord. Les deux usines qui suscitent la controverse de part et d’autre   du fleuve Uruguay sont donc, avant tout, une conséquence des plans de   développement qui ont obligé l’expansion des monocultures   d’eucalyptus. Le conflit entourant la construction de ces usines mérite   donc un retour sur la forestation en Uruguay ainsi que sur ses impacts environnementaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Historique des plantations</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La plantation d’arbres exotiques en Uruguay date du XIXe siècle.   Depuis le rapport de la Banque internationale pour la reconstruction et le   développement (Banque mondiale) et de l’Organisation pour l’Agriculture   et l’Alimentation (FAO) en 1951, la forestation est encouragée   par des initiatives privées subventionnées par l’État(7).   La production d’eucalyptus a ensuite été encouragée   en Uruguay par la Loi sur l’exploitation forestière (Loi no 15.939   du 28 décembre 1987) et par les différents décrets qui   lui ont succédé et qui ont accordé des avantages fiscaux   et des subventions pour la sylviculture jusqu’en 2002. La plantation   d’espèces exotiques avait pour but d’augmenter la productivité et   d’éviter à l’Uruguay une dépendance quant à sa   consommation de bois vis-à-vis les pays tiers(8). D’ailleurs,   20 % du territoire était établi comme étant des «terres à priorités   forestières(9)». Cette loi a eu pour conséquence qu’entre   1988 et 2003, 640 000 hectares ont été plantés avec   des espèces exotiques(10). L’eucalyptus étant la principale   espèce non indigène cultivée en Uruguay. L’implantation   de plantations d’eucalyptus a été à son apogée   en 1997 (près de 60 000 hectares), mais a chuté en 2003   (près de 10 000 hectares) en raison, notamment, de la crise économique   en Uruguay et Argentine, mais aussi de la diminution du prix du bois(11). La   première phase du programme (la plantation) est maintenant terminée   et la seconde phase (développement industriel) est aujourd’hui   commencée, notamment avec les deux projets proposés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Impacts environnementaux des plantations</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les deux usines possèdent des plantations d’eucalyptus dans l’Ouest   et dans le Centre de l’Uruguay. Par contre, en raison des coûts   de transport élevés, les deux usines devront s’approvisionner   dans un périmètre ne dépassant pas 150 kilomètres.   C’est pourquoi les deux compagnies devront convertir les terres à proximité des   sites visés, lesquelles leurs appartiennent, en nouvelles plantations   de forêts afin de développer et d’opérer les deux   projets proposés(12). Non seulement cette conversion aura des impacts   environnementaux sur les eaux de surfaces et les eaux souterraines, sur la   compaction des sols, sur le cycle des nutriments et sur la perte de nutriments,   mais elle donnera lieu à un changement de la biodiversité(13).</p>
<p style="text-align: justify;">Le blanchiment de l’eucalyptus fait partie du processus des papetières.   Ce procédé émet des effluents d’eaux usées,   des émissions dans l’air ainsi que des résidus solides   et demande une forte consommation énergétique(14). Les effets   négatifs des plantations d’eucalyptus sur l’environnement   sont reconnus et documentés, mais les académiciens, les industries   et les ONG débattent toujours sur le degré et la nature des impacts à long   terme. Le paysage uruguayen a été modifié depuis plus   d’une centaine d’année par l’humain. Pour certains   experts, il semble difficile de mettre en évidence un lien direct quant   aux effets des plantations d’eucalyptus sur l’environnement.</p>
<p style="text-align: justify;">L’eucalyptus représente environ 80% des plantations d’arbres   en Uruguay. Ce choix a été déterminé en raison   de la croissance rapide de cette espèce et de son habileté à s’acclimater à la   fois aux différents types de sols et aux régimes des eaux(15).   L’usage de pesticides entraîne certainement différents risques   d’impacts. Quant aux effets sur les sols, certaines études ont   démontré que la plantation d’eucalyptus n’entraînait   pas d’effets significatifs sur la biomasse microbienne, mais que la respiration   des sols était affectée de manière significative. De plus,   l’observation de l’activité enzymatique* a permis aux chercheurs   de constater que des changements biochimiques sont générés   par la conversion des prairies naturelles en monocultures d’eucalyptus(16).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Déterminisme environnemental?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’implantation de papetières implique nécessairement des   impacts environnementaux. Or le nœud du conflit actuel ne semble pas   tant concerner ces impacts que les tensions diplomatiques relatives au choix   du site de ces papetières. Puisque les monocultures d’eucalyptus   sont déjà fortement établies en Uruguay, l’implantation   d’industries papetières est probablement une suite logique aux   choix économiques établis par le pays et la Banque Mondiale dans   le passé. Il en ressort donc un questionnement sur les choix de politiques   et de programmes viables et acceptables pour un pays, tant au plan économique   que social et environnemental. Ces choix déterminent les activités   industrielles à venir et, donc, les impacts environnementaux futurs.</p>
<div style="text-align: justify;"><script type="text/javascript">// <![CDATA[
    if (randomnumber==null) {
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            var randomnumber = axel * 10000000000000000;
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<p style="text-align: justify;">Malgré que le gouvernement uruguayen connaisse les risques environnementaux   associés à l’implantation des deux usines de pâtes   et papier, il ne peut pour autant négliger la création d’emploi   alors que la région est aux prises avec un important taux de chômage.   Or les usines se trouvent en zones franches et ne paient, de ce fait, aucun   impôt à l’État. De plus, selon le professeur Carlos   Perez Arrarte cité dans Zibechi (2005), il semble que les industries   en question ne dynamiseront aucun autre secteur économique(17). Il est   ainsi pertinent de se pencher sur l’exact avantage de ces industries   sur la population Uruguayenne ainsi que sur les conséquences futures   des choix politiques qui, trop souvent, suivent une logique économique   au détriment de l’environnement.</p>
<p style="text-align: justify;">* L’activité enzymatique réfère ici à la   vitesse des réactions chimiques et biochimiques dans le sol; c’est   donc une propriété du milieu qui sert d’indicateur des   changements survenant.   <strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">1. ZIBECHE, Raúl, «Cellulose et exploitation forestière :   deux visages d’un modèle déprédateur». [En   ligne]. &lt;<a href="http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1527">http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1527</a>&gt;.   Consulté le 29 décembre 2006.<br />
2. COUR INTERNATIONALE DE JUSTICE, <em>Communiqué de presse 2006/44,   Fin des audiences publiques sur les mesures conservatoires</em>. [En ligne]. <a href="http://ancien.lepanoptique.com/%3Chttp://www.icj-cij.org/cijwww/cdocket/cau/cauframe.htm%3E"></a>.   Consulté le 29 décembre 2006.<br />
3. GODINOT, Sébastien, «Usine Botnia (Uruguay) : la Banque   mondiale jette de l’huile sur le feu». [En ligne]. &lt;<a href="http://www.amisdelaterre.org/article.php3?id_article=3001">http://www.amisdelaterre.org/article.php3?id_article=3001</a>&gt;.   Consulté le 2 janvier 2007.<br />
4. LEGRAND, Christine, «L’Argentine et l’Uruguay s’affrontent à la   Cour de La Haye»<em>. Le Monde, 21/12/2006</em>. [En ligne]. &lt;<a href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-848018@51-848142,0.html">http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-848018@51-848142,0.html</a>&gt;.   Consulté le 29 décembre 2006.<br />
5. NADAL, Hernan, «Plantas de celulosa sobre el Río Uruguay, Greenpeace   Argentine». [En ligne]. &lt;<a href="http://www.greenpeace.org/argentina/contaminaci-n/plantas-de-celulosa-sobre-el-r">http://www.greenpeace.org/argentina/contaminaci-n/plantas-de-celulosa-sobre-el-r</a>&gt;.   Consulté le 2 janvier 2007.<br />
6. ZIBECHE, Raúl, <em>op.cit</em>.<br />
7. GAUTREAU, Pierre, «Pensez la forêt : aux racines du non-aménagement   des forêts uruguayennes». [En ligne]. &lt;<a href="http://www.vertigo.uqam.ca/vol6no2/art10vol6no2/pierre_gautreau.html">http://www.vertigo.uqam.ca/vol6no2/art10vol6no2/pierre_gautreau.html</a>&gt;.   Consulté le 2 janvier 2007.<br />
8. <em>Idib.</em><br />
9. CARRASCO-LETELIER, L. et autres, «Preliminary study of prairies forested   with Eucalyptus at the northwestern Uruguayan soils»,<em> Environmental   Pollution</em>,127, 2004, p. 49-55.<br />
10. DIRECCIÓN GENERAL FORESTAL, «Boletin Estadistico<em>»</em>.   [En ligne]. &lt;<a href="http://www.mgap.gub.uy/Forestal/DGF.htm">http://www.mgap.gub.uy/Forestal/DGF.htm</a>&gt;.   Consulté le 2 janvier 2007.<br />
11. EcoMetrix incorporated pour l’International Finance Corporation (World   Bank Group), <em>Cumulative Impact Study Uruguay Pulp Mills; Annexe B: Plantations</em>.   [En ligne] 37 pages. &lt;<a href="http://www.ifc.org/ifcext/lac.nsf/AttachmentsByTitle/Uruguay_CIS_AnnexB_Oct2006/$FILE/Uruguay_CIS_AnnexB_Oct2006.pdf">http://www.ifc.org/ifcext/lac.nsf/AttachmentsByTitle/Uruguay_CIS<br />
_AnnexB_Oct2006/$FILE/Uruguay_CIS_AnnexB_Oct2006.pdf</a>&gt;.   Consulté le 2 janvier 2007.<br />
12. <em>Idib.</em><br />
13.<em> Idib.</em><br />
14. EcoMetrix incorporated pour l’International Finance Corporation (World   Bank Group), <em>Cumulative</em> <em>Impact Study Uruguay Pulp Mills</em>.   [En ligne] 221 pages. &lt;<a href="http://www.ifc.org/ifcext/lac.nsf/AttachmentsByTitle/Uruguay_CIS_Oct2006/$FILE/Uruguay_CIS_Oct2006.pdf">http://www.ifc.org/ifcext/lac.nsf/AttachmentsByTitle<br />
/Uruguay_CIS_Oct2006/$FILE/Uruguay_CIS_Oct2006.pdf </a>&gt;.   Consulté le 2 janvier 2007.<br />
(15) BRUSSA, C.A.,<em> Eucalyptus: especie de cultivo más frecuente   en Uruguay y regiones de clima templado</em>, Montevideo : Hemisferio   Sur, 1994, 328 pages.<br />
16. SICARDI, Margarita et autres, <em>Soil microbial indicators sensitive to   land use conversion from pastures to commercial Eucalyptus grandis (Hill ex   Maiden) plantations in Uruguay</em>, Applied Soil Ecology, Volume 27, no 2,   2004, pages 125-133.<br />
17. ZIBECHE, Raúl, <em>op. cit.</em></p>
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		<title>À des kilomètres de votre assiette…</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Oct 2006 20:09:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julie Parent et Kelly LeBlanc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[«Il y a quatre grandes questions : d’où venons-nous? qui sommes-nous? où allons-nous? et qu’est qu’on va manger ce soir?» Woody Allen, Hannah et ses sœurs, 1986 Nos choix de consommation ont tous, de près [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;">«Il y a quatre grandes questions : d’où venons-nous? qui sommes-nous? où allons-nous? et qu’est qu’on va manger ce soir?»</p>
<p style="text-align: right;">Woody Allen, <em>Hannah et ses sœurs</em>, 1986</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nos choix de consommation ont tous, de près ou de loin, un impact sur l’environnement, et un geste pouvant sembler aussi banal que de s’alimenter a son lot de conséquences. En choisissant les produits alimentaires que nous consommons, nous posons un geste politique par lequel nous encourageons ou boycottons certains produits, pratiques agraires, entreprises locales ou multinationales. Ce geste nous permet également de prendre position par rapport à des enjeux environnementaux planétaires tels que la préservation et la conservation de nos ressources naturelles, la biodiversité et les changements climatiques.</strong></p>
<div class="photo" style="text-align: justify;"><img title=" Shopping" src="http://www.lepanoptique.com/images/articles/ENV_shopping.jpg" alt=" Shopping" width="214" height="294" /><br />
Ideanorth, <em> Shopping</em>, 2006<br />
Certains droits réservés.<br />
<img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_public.gif" border="0" alt="" /> <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="new"><img src="http://www.lepanoptique.com/wp-content/uploads/2009/07/icon_creative_commons.gif" border="0" alt="" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Dans les prochains mois, nous vous proposerons de prendre en compte certains    aspects environnementaux liés à nos choix alimentaires, car approximativement    un tiers des impacts d’un ménage sur l’environnement sont    liés à la consommation de nourriture et de boisson. Et puisque    nos habitudes influencent fortement les marchés, il convient donc, en    tant que citoyens, de connaître ces impacts afin de devenir des «consomm’acteurs».</p>
<p style="text-align: justify;">Ce mois-ci, nous abordons les effets des choix alimentaires sur l’environnement    par le biais du transport. Les conséquences néfastes des transports    dans l’industrie alimentaire, entraînées par l’accroissement    des kilomètres parcourus et par le type de transport utilisé,    sont en constante augmentation. Le transport que cette industrie nécessite    est aujourd’hui absurde. L’impact environnemental des kilomètres    alimentaires (traduction libre de food miles (1)) compte fortement dans le bilan    des émissions de gaz à effet de serre, et il est temps de se questionner    sur les conséquences des choix de ce que nous mettons dans nos assiettes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce qui a changé… et continue de changer</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les habitudes alimentaires des pays industrialisés ont changé    notamment en raison de l’accessibilité à une alimentation    plus variée. C’est maintenant la norme que de se procurer des fraises    en hiver au Canada et du homard frais des États-Unis en Europe. Ces changements    sont dus, d’une part, à des transformations sociales (nous mangeons    moins de ce qui pousse dans notre cours et plus de produits « exotiques    » et hors-saison), mais également, d’autre part, au marché    mondialisé qui a fait augmenter de manière fulgurante la quantité    de produits offerts sur les étalages des supermarchés. Nous passons    ainsi d’une majorité de cultures locales et à petite échelle    aux méga-fermes qui sont la propriété de multinationales    offrant des produits standardisés à l’échelle planétaire.    En préconisant les marchés internationaux, les adeptes du libre    marché n’ont d’autre choix que de faire voyager notre nourriture.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture    estime que la valeur du commerce mondial des produits agricoles est de 600 milliards    de dollars et représente 7% des exportations mondiales de marchandises    produites. Quatre produits constituent 13% du commerce agricole total: le vin,    le tabac, le blé et les préparations alimentaires comme les confitures,    le pain et les plats surgelés(2). Au cours des 40 dernières années,    alors que la population doublait, la valeur du commerce alimentaire triplait    et le volume des denrées quadruplait(3). Comme certaines contraintes    biologiques limitent la quantité de nourriture que nous pouvons ingérer,    ce n’est pas tant la quantité de calories qui ait changé,    mais plutôt les modes de production et de distribution.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos aliments voyagent maintenant autour du monde, et les habitudes des consommateurs    quant aux produits préférés changent aussi. L’offre    de produits de plus en plus transformés a séduit les États-Unis    et commence également à charmer les Européens(4). La tendance    des quelques 20 dernières années montre une augmentation plus    rapide du commerce des aliments transformés que de celui des matières    premières, soit 6% par année contre 3,3%, entre 1981 et 2000(5).    Les coûts élevés associés à la transformation,    à l’emballage, à la publicité, au marché et    à la distribution des aliments ont conduit les matières premières    à ne représenter qu’un très faible pourcentage de    la facture finale(6). Nous achetons ainsi plus de «dentelles» que    de nutriments.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, nos habitudes quant à la façon de faire nos emplettes ont    également changé. Les économies d’échelle    ont permis l’installation de «super» supermarchés!    En un seul déplacement, le consommateur peut se procurer une multitude    de produits spécialisés qu’il aurait retrouvé jadis    dans bien plus d’une boutique: produits de beauté, nourriture pour    chien, produits ménagers, fournitures scolaires. Avec la centralisation    et la concentration des points de vente dans les grandes surfaces, nous sommes    passés d’une habitude d’achats fréquents – voire    quotidiens – dans les marchés locaux, et ce, à pied, à    une habitude d’achats «de masse» hebdomadaires – moins    fréquents – mais effectués en voiture. À ce sujet,    99% des Américains font leurs courses en voiture, et cette tendance gagne    du terrain en Europe(7). Enfin, plus nous adhérons à ce type de    magasinage «de masse», plus le marché profite de l’implantation    de grandes surfaces, tellement étendues qu’elles doivent s’implanter    en périphérie des villes. Ainsi, sont renforcées l’utilisation    de la voiture, l’habitude de faire de plus grosses emplettes, l’utilisation    de gros réfrigérateurs énergivores…</p>
<p style="text-align: justify;">
<strong>Transport des aliments – Notre kilométrage alimentaire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nos modes de vie ont encouragé le transport de nos aliments, mais la    logique de marché a aussi instauré un mode de distribution des    aliments qui est dorénavant tributaire du transport de longue distance.    Des kilomètres séparent le producteur du distributeur et du consommateur    ainsi que les différents maillons de la chaîne de production dans    le cas de produits transformés.</p>
<p style="text-align: justify;">Grâce au transport, l’industrie alimentaire peut fragmenter les    étapes de sa production sur un vaste territoire où se rejoignent    les meilleurs coûts de production et les normes environnementales les    plus souples. Ainsi, l’ingénieur Philippe Mühlstein énumère,    dans la 81e édition de Manière de voir(8), trois exemples flagrants    où les denrées alimentaires ont parcouru des distances nécessitant    beaucoup plus d’énergie que ce qu’elles-mêmes apportent    à son consommateur…</p>
<p style="text-align: justify;">Il évoque ainsi 1) l’exemple du pot de yogourt pour lequel réunir    toutes les composantes de fabrication et assurer la distribution à différents    points de vente cumulera un total de 3500 kilomètres, 2) l’histoire    d’un certain industriel allemand qui fait nettoyer et couper ses pommes    en Italie avant de les rapatrier pour les vendre localement et, enfin, 3) le    voyage des crevettes danoises en terres marocaines où ces dernières    sont décortiquées à moindre coût avant de retourner    au Danemark d’où elles sont ensuite distribuées dans différents    points de vente. Mühlstein propose que cette «optimisation»    économique est rendue possible par la sous-tarification du transport    attribuable à un excédent global de l’offre: «Les    transports sont ainsi un moyen privilégié de transférer    des coûts privés vers l’ensemble de la collectivité(9).»    Le producteur épargne ainsi sur la main-d’œuvre, et une partie    de ses coûts de production (coût marginal privé) se transforme    en externalités assumées par la société (coût    marginal social), soit les problèmes liés au transport. Pensons-y    la prochaine fois que, coincés dans le trafic, nous mangerons un petit    yogourt pour couper notre fringale!</p>
<p style="text-align: justify;">La tendance est à la hausse. Depuis 1978, la quantité annuelle    de nourriture transportée par camions à l’intérieur    du Royaume-Uni a augmenté de 27% et la distance moyenne de chaque voyage,    de 50%(10). Le quart des kilomètres parcourus par les véhicules    lourds du Royaume-Uni est directement associé au transport des denrées    alimentaires. Généralement, le transport par camion est préconisé.    En raison de la distribution «juste à temps», le contenu    des cargaisons des camions a diminué de 30 à 40% et, par conséquent,    a engendré une augmentation des livraisons(11). De plus en plus, le transport    se fait par avion. Tous les produits frais en provenance de régions éloignées    ne peuvent voyager que de cette façon, leur date de péremption    étant limitée. Généralement, la nourriture voyage    dans les avions de passagers. Mais voilà que certains biens de luxe,    dont le marché rend profitable la livraison «juste à temps»,    justifient l’utilisation croissante des avions-cargos(12), ce qui est    écologiquement insoutenable!</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le kilométrage alimentaire et l’environnement</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme le principal impact environnemental du transport est l’émission    de CO2, il s’agit de l’unité majoritairement utilisée    pour mesurer l’impact du kilométrage alimentaire. Ainsi, en 2002,    8,7% des émissions de CO2 associées au transport provenaient,    au Royaume-Uni, du secteur alimentaire(13). Aux États-Unis, la quantité    de CO2 émise, par personne, par le transport de cargaison – incluant    les denrées alimentaires – a augmenté de 23% entre 1973    et 1992(14). Cependant, ni le Clean Air Act ni le Climate Action Plan n’inclut    de suggestions spécifiques pour réduire les problèmes environnementaux    attribuables au transport de cargaison, à l’exception de quelques    standards d’émissions des véhicules.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces quelques statistiques montrent l’importance du kilométrage    alimentaire quant aux émissions de CO2 dans l’atmosphère.    Toutefois, ce ne sont pas tous les moyens de transport qui participent de manière    égale au phénomène. Exprimé en grammes par tonne    kilomètre, équivalant à la quantité de CO2 libéré    par le transport d’une tonne de nourriture sur un kilomètre(15),    l’avion et le camion sont de loin les transporteurs les plus polluants:    ils dégagent respectivement de 570 à 1580 g/tonne Km et de 210    à 1439 g/tonne Km. Viennent ensuite la voiture, le train et le bateau.    Ce dernier ne représente que 15 à 30 g/tonne Km. Un problème    majeur découle de la tendance à l’augmentation du transport    aérien des denrées alimentaires et, tel qu’il a été    mentionné plus haut, de l’augmentation de l’utilisation d’avions-cargos.    Toujours au Royaume-Uni, l’augmentation du trafic aérien a atteint    140% depuis 1992(16)! Le transport par bateau et par avion n’est pas inclus    dans les cibles du protocole de Kyoto; il bénéficie même    de combustibles non taxés. En outre, sachons que les émissions    du transport aérien peuvent avoir un impact disproportionné sur    l’environnement, puisqu’elles sont directement rejetées dans    la stratosphère, contribuant ainsi sévèrement à    la détérioration de la couche d’ozone. Joignons à    cela les allers-retours inutiles dictés par un marché qui incite    la plupart des pays à exporter et à importer le même produit    (par exemple, le lait(17)), ce qui a pour effet d’ajouter des kilomètres    alimentaires qui ne profitent qu’à l’économie.</p>
<p style="text-align: justify;">À l’heure où les changements climatiques constituent une    problématique internationale majeure, il serait peut-être temps    de se pencher sur le système de transport des aliments. Aux États-Unis,    le transport de cargaisons est vu comme nécessaire à l’économie    de la libre entreprise et, à cause des récessions des dernières    années, les politiciens sont très prudents quant à l’instauration    de mesures écologiques qui freineraient, à court terme, l’économie    de marché telle que nous la connaissons en ce moment(18). La localisation    des centres de production et de consommation oblige le transport des denrées    alimentaires: les cultures sont situées sur la côte ouest américaine    et les grands centres urbains, à l’est. Les innovations techniques    sont alors privilégiées, mais elles ne peuvent neutraliser l’impact    de l’augmentation des transports. En résultent des coûts    environnementaux, sociaux et économiques pour la quasi-totalité    de la société civile.</p>
<p style="text-align: justify;">Afin de garder les aliments frais pendant de longues distances, la réfrigération    est essentielle et demande un surplus énergétique important en    plus d’emballages adéquats, lesquels accroissent le problème    des matières résiduelles. Faut-il mentionner que les produits    d’emballage sont souvent fabriqués dans une autre usine pouvant    être localisée dans un autre pays pour être ensuite transportés    jusqu’à la ferme ou à l’usine de transformation et    parfois les deux?</p>
<p style="text-align: justify;">En général, les aliments transformés sont étroitement    liés à un accroissement du transport. Plus de matériel    et plus de maillons dans la chaîne de production augmentent aussi le transport    impliqué(19). Même si les impacts environnementaux directs (déplacements    jusqu&#8217;au magasin, conservation, cuisson et production de déchets) de    la consommation d&#8217;aliments et de boissons sont moins importants que les impacts    indirects (production), ces impacts croissent néanmoins(20).</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a donc le transport destiné à l’assemblage des différents    maillons de la chaîne de production, le transport servant à acheminer    les produits aux distributeurs et aux points de vente et, enfin, le transport    du consommateur qui va faire ses emplettes au méga supermarché    situé à l’extérieur du centre. Résultat: se    mettre à table trois fois par jour entraîne des conséquences    directes et majeures sur les émissions de gaz à effet de serre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alors, que faire? Du cas par cas! </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Revenir à une alimentation traditionnelle composée uniquement    de produits locaux saisonniers est difficilement envisageable. Seulement, quand    les marchés regorgent d’aliments qui poussent non loin de chez    nous, profitons de la belle saison pour diminuer nos kilomètres alimentaires.    En saison froide, c’est un peu plus compliqué. Les produits les    plus transportés par avion sont les fruits et les légumes. Au    Royaume-Uni, les deux tiers des produits transportés par avion appartiennent    à cette catégorie(21). Faut-il pour autant se priver de ces apports    nutritifs en hiver? Bien sûr que non. C’est ici que le consommateur    joue un rôle essentiel.</p>
<p style="text-align: justify;">L’étiquetage des aliments, bien qu’incomplet, permet tout    de même de faire les choix les moins «kilomètre alimentairivores»!    À l’heure actuelle, en ce qui concerne les produits transformés,    la tâche est quasi impossible. La multitude d’ingrédients    qui entrent dans leur fabrication peuvent provenir de différentes régions    ou de différents pays. Cependant, en ce qui concerne les produits laitiers,    les œufs, la viande et le poisson, le pays d’origine est indiqué.    Dans la mesure du possible, on peut donc prioriser des produits d’origine    «voisine». Pour les fruits et les légumes, la provenance    est presque toujours indiquée à l’étalage; on peut    donc également faire un choix en ce sens.</p>
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<p style="text-align: justify;">Qu’en est-il du cas des aliments de culture biologique? Les Américains,    pour ne nommer que ceux-là, avouent faire davantage confiance aux aliments    provenant d’Europe, notamment en ce qui a trait à la certification    bio. Malheureusement, le transport impliqué dans la commercialisation    des produits biologiques est souvent si important qu’il élimine    les avantages de la production biologique sur le bilan énergétique(22).    En fait, tout dépend de la distance parcourue ainsi que du moyen de transport    utilisé. C’est donc littéralement un phénomène    de cas par cas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Des bouleversements dans l’industrie alimentaire s’effectuent donc    depuis des années en raison du marché, mais aussi à cause    de nos nouvelles habitudes alimentaires. Conséquemment à l’un    des aspects positifs de la mondialisation, on prend plaisir à savourer    des produits exotiques en toutes saisons. Toutefois, quand le marché    fait basculer le système dans une voie manifestement non durable, il    faut savoir utiliser notre pouvoir de consommateur. Déjà, un retour    vers l’achat local, qui favorise une diminution de la pression environnementale    exercée par les transports, est à la mode dans certains pays.    Or ce n’est pas sans peine. Certaines organisations ayant tenté    de promouvoir l’achat local au Royaume-Uni se sont heurtées à    l’opposition de la bureaucratie britannique sous motif de violation des    lois en vigueur dans l’Union européenne(23). Mais par notre pouvoir    d’achat, et dans les limites du possible, nous pouvons prioriser des denrées    locales. Il y aura toujours des aliments qui devront être importés    pour la simple raison qu’ils ne se trouvent pas dans certains types de    climat. Cependant, il est écologiquement avantageux de préférer    le transport par bateau. Et pourquoi ne pas essayer les produits issus du commerce    équitable et de l’agriculture biologique dans le cas où    l’importation s’impose!</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align: left;">(1) Tim LOBSTEIN. (1994) Foodmiles – Measuring Food by the Mile. Rapport  [en ligne]. http://www.mcspotlight.org/media/reports/foodmiles.html. Consulté  le 3 septembre 2006.<br />
(2) Statistiques issues de la section « Commerce » de FAOSTAT, site  Internet de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et  l’agriculture : .  Consulté le 2 septembre 2006.<br />
(3) Brian HALWEIL. [s.d.] «Essai : L’essor de la démocratie  alimentaire». Chronique – Édition en ligne. Publication de  l’Organisation des nations unies [en ligne]. .  Consulté le 3 septembre 2006.<br />
(4) Stephanie BÖGE. (1996) «Freight Transport, Food Production and  Consumption in the United States and in Europe : or how far can you ship a bunch  of onions in the United States?». Wuppertal : Wuppertal Institute für  Kilam, Umwelt, Energie, no 56 (mai) [en ligne], 18 p. .  Consulté le 2 septembre 2006.<br />
(5) Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.  (2004) The State of Agricultural Commodity Markets. Rome, Editorial Production  and Design Group – Publishing Management Service (FAO), [en ligne], 55 p.  . Consulté  le 1er septembre 2006.<br />
(6) Ibid.<br />
(7) Stephanie BÖGE, op. cit.<br />
(8) Philippe MÜHLSTEIN. «Ravages et voracité du transport».  Manière de voir : Écologie, le grand défi. Paris, Le Monde  diplomatique, no 81 (juin-juillet), 2005, p. 25-27.<br />
(9) Ibid.<br />
(10) Alison SMITH et autres. (2005) The Validity of Food Miles as an Indicator  of Sustainable Development – Final Report produced for DEFRA. Oxon, AEA  Technology Environment (juillet), [en ligne], 103 p. .  Consulté le 1er septembre 2006.<br />
(11) Helena NORBERG-HODGE et autres. Manger local : un choix écologique  et économique. Montréal, Écosociété, 2005,  p. 36.<br />
(12) Observatoire bruxellois de la consommation durable. [s.d.] «Combien  de kilomètres contient une assiette?». [En ligne]. .  Consulté le 3 septembre 2006.<br />
(13) Alison SMITH et autres, op. cit.<br />
(14) Stephanie BÖGE, op. cit.<br />
(15) Alison SMITH et autres, op. cit.<br />
(16) Ibid.<br />
(17) Observatoire bruxellois de la consommation durable, op. cit.<br />
(18) Stephanie BÖGE, op. cit.<br />
(19) Ibid.<br />
(20) Observatoire bruxellois de la consommation durable. [s.d.] «Les comportements  de consommations alimentaires». [En ligne]. .  Consulté le 3 septembre 2006.<br />
(21) Ibid.<br />
(22) Sustain/Elm Farm Research Centre. (2001) Eating Oil – Food in a Changing  Climate. London, [s.n.] (décembre), [en ligne], 5 p. .  Consulté le 4 septembre 2006.<br />
(23) Brian HALWEIL, op. cit.</p>
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